NUIT NOIRE

Chapitre 5 : La cavalière

3803 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/11/2025 16:20

Trois jours étaient passés. Sous la chaleur bouffante et le soleil de plomb, Gaara regardait Miraï s'entraîner. Depuis leur arrivée, il ne cessait de la taquiner. Il l'avait affectueusement renommée "petite menteuse" depuis qu'elle avait volontairement grossi son âge face à tous les membres du conseil. Une petite tromperie dont elle semblait louer les mérites, puisqu'elle se targuait d'être plus respectée par ses pairs grâce à elle.


Miraï voulait grandir trop vite. Mais à seulement onze ans, comment lui en vouloir ?


— Relève davantage tes coudes, lui ordonna-t-il.


Il sourit à ses jurons.


— Que tu aies onze ou treize ans ne te dispense pas de politesse... Petite menteuse.


Son regard lançait des éclairs tandis qu'il ricanait dans sa barbe, avare de sagesse et de retenue. Temari l'aurait certainement grondé en prenant la défense de leur sœur adoptive. Temari... Il soupira. Après 2 jours d'attente, ses espoirs semblaient faiblir. Chaque soir, il se couchait en espérant que leurs retrouvailles prochaines chasseraient son anxiété grandissante, mais seule Miraï semblait encore totalement confiante. À chaque fois qu'elle cernait le doute chez lui, elle lui racontait sa propre version de la réalité. Temari était en vie. Certainement en pleine chevauché, faisant en sorte d'amener l'ennemie sur une mauvaise piste... Au fils de ses récits, Gaara la trouvait plus déterminée et confiante que jamais. Sa foi inébranlable le touchait, mais sa naïveté n'en demeurait pas plus contagieuse. À l'aube de leur 3e jour sans nouvelle, ses propres certitudes s'effritaient.


— T'es nul comme prof', s'énerva-t-elle en ratant sa cible. Voilà deux heures que je m'entraîne sans changement !


Le cœur serré, il lui offrit un sourire aussi grand qu'il le pouvait.


— Il paraît qu'ils donnent des cours d'auto-défense ici, lui apprit-il. On pourrait peut-être... Peut-être que je pourrais demander à ce que tu y assistes ? Il paraît que Naruto est un super prof' de tir.


Terrain glissant. Les sourcils froncés, Miraï semblait en proie au doute. Des deux, c'est elle qui rejettait le plus la vie en communauté. À chaque fois qu'il abordait le sujet, Gaara se prenait un mur de glace en pleine figure. Miraï ne voulait pas rester. Elle n'avait confiance qu'en leur trio, et se passait bien de tout commentaire concernant les multiples avantages à appartenir à un groupe d'individus. Mais au fond... Comment lui en vouloir ? Elle qui s'était faite abandonnée comme une épave sur le bord d'une voie ferrée. Au fond, sa réticence était une réaction bien naturelle.


— Naruto est un bon entraîneur, mais je pense être bien plus pédagogue.


D'un bond, Gaara se releva pour faire face à la nouvelle arrivante. Une jolie brune aux traits fins, de petite taille. Une main sur la hanche, elle regardait tour à tour la cible puis Miraï, un sourire doux sur les lèvres.


— Pardon, je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Matsuri. Je suis la cousine de Kiba.


Gaara pouvait sentir l'agacement de Miraï sans peine. Il la dissuada pourtant d'un regard de faire une remarque déplacée. Même s'ils ne souhaitaient pas rester, il ne voulait risquer aucun conflit avec les habitants avant leur départ.


— Gaara, finit-il par répondre en guise de présentation. Et elle c'est-


— Miraï, sourit Matsuri. Jake ne tarit pas d'éloges te concernant.


Gaara vit sa jeune sœur se pincer les lèvres, les joues soudainement plus colorées qu'à l'accoutumée. Il dû faire un grand effort pour retenir le rire qui naissait dans sa gorge. Jake était l'un des 5 gamins de la Ville. Il devait avoir entre douze et treize ans, pas plus, et avait déjà tenté une première approche timide pour accoster Miraï. Une approche qui n'avait malheureusement pas eu l'effet escompté...


— Ça ne t'engage à rien, finit par déclarer Matsuri face au silence de la jeune brune. Mais tu peux venir assister à un cours quand tu veux. Je donne le mien d'ici une petite heure si ça te tente.


Les joues gonflées, Miraï détourna le regard. Gaara n'eut pas le temps d'excuser son attitude que Matsuri s'était déjà avancée vers elle pour lui confier d'un ton conspirateur.


— On apprend comment battre les hommes en deux coups à peine, si ça t'intéresse.


Toute l'attention de Miraï semblait sûrement s'être allumée, parce qu'il ne lui en fallut pas plus pour lui demander l'endroit et l'heure exacte à laquelle se déroulait la séance. Visiblement, cette Matsuri savait cerner les gens... Alors qu'elle tournait les talons après un dernier salut, Miraï se plaça plus près de Gaara pour lui murmurer d'une voix feutrée.


— Alors elle, elle te kiffe à mort. C'est clair.


Gaara manqua de s'étouffer tandis qu'elle argumentait en toute innocence.


— Tout le monde sait que pour avoir le frère, il faut se mettre sa sœur dans la poche.


Finalement... Onze ans ou treize ne changeait pas le fait qu'elle semblait toujours en savoir bien plus que les enfants de son âge...


...


Au camp, l'arrivée de deux nouvelles têtes n'était pas passée inaperçue. Et pourtant : l'organisation n'avait pas changé d'un iota. Sentinelles, patrouilles, tour de garde... Chaque journée était réglée comme du papier à musique, forçant les habitants à faire fit des rumeurs qui se murmuraient d'allées en allées. Cette après-midi là, la moitié de l'unité de patrouille était prête à lancer leur partie de chasse. En qualité d'accompagnateur, Naruto, Kiba, Tenten et Shikamaru encadraient le groupe pour la sortie. En totalité, on dénombrait 10 sortants. Parmi eux, Josh et Lise prenaient part aux festivités en tant que "médecins". Il n'était pas rare de les voir participer aux virées extérieures. Assez souvent, la chasse demeurait un prétexte de sortie globale. On allait explorer les alentours, chercher des outils, des matériaux ou même simplement des morceaux de bois pour alimenter un feu central. Aujourd'hui, bien qu'ils soient également munis d'armes, Josh et Lise servaient avant tout la cause médicale. Ils venaient ramasser des plantes médicinales et des herbes pour leurs remèdes maison.


Pour chaque sortie, c'est d'abord l'efficacité qui prônait. Chaque membre se voyait soumis à un plan strict et indiqué, adapté aux besoins de la Ville. Pour des parties de chasse et de la cueillette, on s'éloignait des villes voisines pour côtoyer davantage les forêts et zones de nature sauvage. L'idée : aller à l'essentiel, de manière rapide et ordonnée.


Voilà comment en une heure, ils avaient déjà vidé les pièges fixes, attrapant un lièvre et un marcassin. La plupart des trappes étaient souvent pillées par les déchiqueteurs, poussant la leurs ingénieurs à créer des pièges plus discrets pour une meilleure conservation du bétail. Bien que maigre, la chasse avait offert à la Ville deux proies parfaitement préservées et fraîches. Pour les autres, il faudrait viser juste et bien.


— Nous ne sommes qu'à quelques kilomètres de la Ville, expliqua Kiba à Lise. En fait, c'est comme si nous étions en orbite autour de la place centrale. On essaie systématiquement de garder une distance raisonnable avec elle pour un repli rapide et sans bavure.


— Je pense qu'elle en a parfaitement conscience, lui lâcha Tenten avec un regard lourd de sens.


Devant les bafouillements gênés de la jeune infirmière, Naruto ne put retenir un ricanement. Personne n'empêchait jamais Kiba d'exercer ses talents de baratineur. Pas même la fin du monde. Leur groupe avançait avec méthodologie et application. Si la chance leur souriait, ils attraperaient un cerf avant le coucher du soleil.


— Josh, nous sommes dans votre secteur, lui lança leur meneur ; Inoichi. Nous vous laissons avec Naruto, Tenten et Shikamaru.


Avant qu'il n'ait eu le temps de protester, Kiba se fit entraîner par le père de Ino. Même si ce dernier ne l'aimait guère, il reconnaissait sans mal ses qualités de pisteur. Naruto était aussi parmi les premiers à les saluer. Il ne comptait plus les fois où Kiba les avait menés loin des hordes de déchiqueteurs. Sans ses talents, il savait le groupe bien plus faible pour trouver, mais aussi éviter, les dangers qui se dressaient sur leur chemin.


— Notre bourreau des cœurs va en avoir gros sur la patate, chantonna Tenten alors que Lise et Josh s'attelaient déjà à leur cueillette.


— Soit attentive au lieu de te moquer. Les déchiqueteurs aiment arriver quand on ne les attend pas.


La brune leva les yeux en ciel avant de se poster plus en hauteur. Naruto avait beau être un rabas-joie de service, elle le savait prudent pour de bonnes raisons. Raisons qui lui avaient d'ailleurs sauvé la vie plus d'une fois. Depuis son piédestal, elle pouvait observer ses deux compagnons encadrer le médecin de la Ville et son infirmière. Attentif et sur la défensive, leurs orbes se fixaient sur des points stratégiques. Le silence environnant offrait une bonne marge de manœuvre puisque l'on entendait bien souvent les morts arriver de loin. Leur démarche bancale et peu discrète les rendait facilement visibles. Une aubaine quand on se trouvait dans une forêt plutôt dense.


— Naruto...


Placé à sa droite, Shikamaru le héla d'une voix qui semblait appeler à la discrétion. En un regard, Naruto pouvait distinguer sa tension intérieure. Il savait qu'il avait des questions. Des tas et des tas de questions auxquelles le blond n'avait bien souvent pas de réponse appropriée à donner. Après bientôt trois jours d'attente, la sœur de Gaara et Miraï n'avait pas refait surface. Le conseil s'impatientait, la plupart de ses membres agacés par l'inconfort de la situation. Il fallait que leurs deux invités prennent une décision. Et il semblerait que Naruto apparaisse comme le meilleur des messagers.


— Nous n'avons toujours aucune nouvelle d'une éventuelle cavalière survivante dans les environs... Aucune de nos patrouilles ne l'a encore croisé et tu sais tout comme moi ce que les Kobalts sont capables de faire à des visiteurs inopinés. Peut-être serait-il temps pour Gaara et Miraï de voir les choses sous un nouvel angle.


Naruto soupira. Shikamaru, à l'instar de son père, n'était pas né pour la politique. Son intelligence accrue le poussait à voir le monde par le prisme de la logique. Il analysait, s'adaptait et trouvait plusieurs chemins possibles et statistiquement favorables à une réussite globale. Il était fin stratège et se débrouillait dans moult domaines intellectuels... Mais à bien des égards, il fallait aussi reconnaître qu'il possédait presque autant de tact et de bienséance qu'une huître.


— Je ne suis pas sûr qu'ils accueillent ce genre de discours avec bonne humeur, marmonna Naruto en balayant les alentours d'un œil attentif.


— Je ne suis pas le plus indiqué pour faire de beaux discours, approuva Shikamaru.


Il avait au moins l'intelligence de reconnaître ses faiblesses.


— Mais il faut qu'ils fassent un choix. On ne pourra pas les garder indéfiniment s'ils ne prennent pas rapidement une décision.


— Il s'agit de leur sœur...


Naruto soupira avant de se tourner entièrement vers son ami.


— Et sans elle, les Kobalts nous seraient tous tombés dessus. Laisse-leur du temps.


— J'aimerais être seul décisionnaire... Mais-


— Mais le conseil... Oui, je sais. Pourquoi ne pas leur demander de donner un coup de main ? Gaara pourrait aider sur les chantiers ou sur le mur. Et Miraï a déjà assisté à un cours de Matsuri ce matin. Elle se défend plutôt bien.


— Tu sais comment ils sont. Ils veulent des garanties. On ne peut pas tout dévoiler à des gens qui s'en vont. Cela nous mettrait en danger.


— Ils savent pourtant déjà où nous nous trouvons. Au moins approximativement.


Mais ils ne connaissaient ni le nombre exact d'habitants, ni la force de frappe de la Ville en cas de contre offensive. Ils n'avaient également qu'une idée basique de leur force défensive et de leur vivre. Leur organisation était bien gardée, tout comme nombre d'autres secrets. Naruto n'était pas dupe. Un jour de plus entre leur mur dévoilait à Gaara et Miraï une information supplémentaire. Un fait que le conseil redoutait à juste titre.


La tournure des évènements de ces trois dernières années avait rendu fou la plupart des survivants. Des alliances et des groupes à l'image des Kobalts étaient nés dans les quatre coins du globe, rendant des lieux tels que le leur en proie à des dangers aussi divers que réels.


— Je comprends tes inquiétudes Shikamaru, commença Naruto en cherchant ses mots.


Il n'eut malheureusement pas le temps d'en trouver davantage. Le hurlement de Tenten coupa toute réflexion, actionnant ses mécanismes de défenses les plus primitifs. D'un même souffle, les deux comparses se tournèrent vers le haut de la falaise, se plaçant rapidement devant Lise et Josh. Tenten affrontait déjà 3 déchiqueteurs, l'un de ses canifs coincés dans la tête dégarnis du plus gros. Naruto n'eut pas le temps de courir la rejoindre. Deux cadavres tombaient déjà dans le vide, inertes. Tenten ne tarda pas à prendre le même chemin.


Elle dégringolait, Shikamaru couvrant ses arrières en abattant un quatrième invité surprise. La mâchoire serrée, il voyait Josh relever la brune. Elle avait certainement une ou deux côtes fêlées.


— Il y en a une dizaine qui foncent droit sur nous, grinça-t-elle une fois sur ses deux jambes.


— Le bruit risque d'en attirer davantage, s'inquiéta aussitôt Lise.


— On va devoir lever le camp. Prenez votre récolte.


Naruto tirait déjà dans le tas. Certains cadavres tombaient jusqu'à eux, définitivement mis sous silence par les balles. D'autres avançaient encore, crachant la mort sur le bitume. Le groupe reculait au rythme des tirs, cherchant la meilleure sortie à prendre.


— À gauche, lança Tenten tandis qu'un trio de cadavres se dirigeait avidement vers eux.


Leurs mâchoires claquaient au rythme de leurs pas. La faim les poussait à suivre la cadence, chacun d'eux étant ravagé par la folie de ce virus. Celui-là même qui avait mis le monde à feu et à sang trois ans plus tôt.


Dans leur course, Josh perdit une partie de ses trouvailles et Naruto vida son premier chargeur. Peu à peu, ils se dégageaient de la forêt pour des terrains plus vastes. Le paysage changeait tandis qu'ils approchaient de la Ville et de ses murs protecteurs.


— On arrive par le mur Est ! Cria Naruto une fois son nouveau chargeur en place. Tenten, ouvre la marche et dégage le passage !


Les tirs fusaient, mais les marcheurs cadavériques semblaient être plus nombreux à chaque slavent. La panique traversait le visage de Josh et de Lise tandis que Tenten enrageait face à sa lenteur inhabituelle. Son épaule la lançait presque autant que ses côtes, mais l'adrénaline maintenait son corps en alerte. Elle maniait son arme favorite : le sabre. Aucune tête ne résistait longtemps à ses dents fines et affutées. Derrière elle, Shikamaru tirait à vue, ses sens en ébullition.


— Il y en a trop, paniqua Lise.


L'avancée du groupe se faisait plus hésitante. Les morts gagnaient du terrain.


— Il ne faut pas ralentir, s'insurgea Naruto. Continuez d'avancer !


Son tir rata sa cible. Une seconde plus tard, le cadavre en tête de peloton fondait sur lui. Il entendit le cris de Tenten, le juron de Shikamaru et le hoquet de terreur de Lise. Sa vue se brouillait alors que le cadavre tentait vainement de lui arracher la peau du ventre. Ses bras malhabiles se dandinaient, sa mâchoire à demi-cassée à moins d'une dizaine de centimètres de son cou. Shikamaru avait fait demi-tour pour gravir les quelques mètres qui les séparaient, mais d'autres déchiqueteurs entraient déjà dans la danse.


Naruto n'eut le temps que de se dégager des mains voraces de son ennemi. La créature revenait à la charge, suivie de près par la seconde. Il n'allait pas pouvoir esquiver la morsure. Il le savait. Son sang ne fit qu'il tour tandis qu'il bondissait en arrière. Il faudrait 5 secondes à Shikamaru pour l'atteindre. Le déchiqueteur pouvait aisément franchir la distance en 3.


— Merde, jura Naruto.


Il tira au hasard, alors qu'il poussait désespérément l'un des cadavres loin de lui... Puis il l'entendit. Un hennissement. Un bruit de sabots. Il eut un mouvement de recul. À peine de quoi entrevoir une tête blonde brandir une barre de fer, lancée au galop sur un cheval à la robe sombre. D'un geste brutal, elle visa la tête de son adversaire morbide. Une autre tomba l'instant d'après sous ses assauts.


Chaque coup était sanguinaire et meurtrier. Elle était la force brute incarnée, telle une déesse vengeresse aux bras acérés. Ses mouvements étaient sans pitié, d'une brutalité rare. Un à un, les morts tombaient sous ses attaques. Elle maniait son cheval avec dextérité, presque aussi bien que Sasuke, cavalier né et ancien amateur de rodéo. D'une main de maître, elle zigzaguait entre les morts, distribuant les coups de massue avec précision. Derrière le blond, Shikamaru s'était figé, effaré. Naruto avait le souffle coupé, paralysé par le spectacle offert. Seule Tenten semblait encore active. Elle évita à leur sauveuse improviste une morsure au mollet en abattant le déchiqueteur encore à ses trousses d'un lancé de sabre précis. En quelques minutes seulement, une dizaine de cadavres avaient mordu la poussière.


Naruto mit quelques instants à reprendre ses esprits. Il l'avait reconnu sans mal ; la cavalière qu'il avait perdu de vue quelques jours plus tôt, alors qu'elle confiait à son groupe les deux membres de sa fratrie. Aujourd'hui, elle leur sauvait encore la vie. D'un regard, il la dévisagea, Lise et Josh semblant sur la défensive tandis qu'elle jetait son arme improvisée sur le sol, le souffle court.


— Ma dette est payée, semble-t-il.


Ses yeux verts étaient fixés sur Naruto tandis qu'elle reprenait son souffle, les bras légèrement tremblants. L'adrénaline tombait.


— On peut savoir... Qui vous êtes ? Demanda maladroitement Josh, le souffle court.


Pour toute réponse, la jeune femme descendit de sa jument, rattrapant habilement les rennes. Elle avait un regard dur et perçant.


— Je suis Temari. Je viens chercher Miraï et Gaara.


Josh échangea un regard avec Shikamaru puis Naruto, l'air ahuri.


— Il s'agit de mon frère et de ma sœur. C'est l'endroit qu'on m'a indiqué pour les trouver.


Au moins, pensa Naruto, elle ne passe pas par quatre chemins.


...


Miraï tressait paresseusement ses cheveux fraîchement démêlés. Elle n'avait pas beaucoup dormi. Alors qu'un troisième jour s'écoulait sans nouvelle de Temari, l'inquiétude commençait doucement à lui serrer l'estomac. Elle avait regardé Gaara fureter de part et d'autre de la Ville et discuter un peu avec son professeur d'un jour : Matsuri. Elle s'était occupé l'esprit, répétant en boucle son mantra.


Temari reviendra. Temari revient toujours.


Si d'aucun avait eu loisir de prendre sa certitude pour la naïveté, Miraï se savait avant tout téméraire et sûre d'elle. La confiance qu'elle avait glissé entre les mains de Temari dès leur rencontre n'avait jamais faibli depuis. Chaque mois passé en sa compagnie avait même eu le mérite de la renforcer. Elle et Gaara étaient aujourd'hui la seule famille qu'elle avait. La seule dont elle avait réellement besoin.


Mais Miraï percevait aussi la peur et le doute de son frère et protecteur. Derrière ses provocations et son sarcasme se cachait une inquiétude malvenue. Inquiétude qui réveillait les craintes les plus noires de sa petite sœur.


— Il y a du mouvement au mur Est !


La voix de Sasuke raisonna jusqu'aux abords du chantier des fortifications. Miraï vit sa partenaire, une certaine Hinata Hyuga, descendre du mur en vitesse. Ses cheveux volaient au rythme de sa course. Quelques personnes s'attelaient à ouvrir les grilles alors qu'un amas de civils se formait déjà autour de l'entrée. Parmi la foule, Miraï reconnaissait quelques visages ; celui d'Ino, de Jake, mais aussi de Shikadai, le leader. Aucun ne portait d'arme. Peut-être était-ce le retour du groupe de chasse ?


— Miraï !


La voix de Gaara s'élevait alors qu'il bravait la foule pour la rejoindre. Elle le voyait se tortiller entre les corps, Matsuri sur ses talons. Décidément, cette femme était définitivement piquée...


— Miraï éloigne-toi des grilles.


Gaara arrivait à mi-distance mais un son distinct stoppa sa course. Un hennissement. Margot.


Sans prendre la peine d'écouter les ordres de son frère ou de quiconque, Miraï se précipita vers le mur. Elle suivait les traces d'Hinata, ignorant royalement les paroles de Gaara. Un second hennissement la fit accélérer.


Temari revient toujours.


Elle voulait y croire. Maintenant plus que jamais. Sa sœur avait tenu sa promesse. Comme elle le faisait toujours. Elle était rentrée. Elle était vivante.


— Temari ? L'appela Miraï en forçant le passage.


Elle avait mis un premier pas hors des murs. Puis un second. La poussière noyait déjà ses yeux et pourtant elle l'avait remarqué. Cette masse blonde qui reflétait les rayons du soleil. Des larmes se formèrent aussitôt au bas de sa cornée. Elle accusa la poussière. Elle incrimina le vent et son souffle destructeur. Mais en essuyant sa première larme d'ivresse, elle ne mit ses émotions sur le dos de personne d'autre.


Temari revient toujours.


— Temari, souffla la voix de Gaara derrière elle.


Elle ne l'attendit pas pour s'élancer. Son cœur brûlait alors que sa sœur lui offrait un sourire doux. L'un des rares qu'elle n'avait pas encore perdu parmi les affres et la souffrance envahissante du nouveau monde. Tombant à genou à côté de sa jument, la blonde ouvrit ses deux bras pour accueillir Miraï et ses quelques larmes discrètes. Cette dernière la serra si fort qu'elle en eut le vertige. Mais elle n'en montra rien. Ses yeux verts se posaient déjà sur Gaara. Gaara qui souriait comme un idiot.


— T'en a mis du temps, finit-il par lui lancer.


Miraï sentit un rire parcourir le poitrail de sa sœur. Elle rit à son tour.


— Pardon pour le retard.


Elle serra Miraï.


— Pardon à tous les deux.




🅰 🆂🆄🅸🆅🆁🅴


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