NUIT NOIRE

Chapitre 6 : Négociation

3284 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/11/2025 16:07

Les yeux fixés sur le seul vitrail encore en état, Shikamaru laissait ses pensées naviguer entre deux eaux. Son attention tanguait. D’abord bercée par les conversations houleuses du conseil, elle finissait par dériver dans le tumulte des ses derniers souvenirs. Étrangement, ce n’est ni les déchiqueteurs, ni le son des chairs transpercées par les balles, qui le hantait. Cette fois, les mâchoires claquantes et les yeux sans vie avaient été devancés par des images éparses de barre en fer et de chevelure d’or. Les sourcils froncés, il tentait de les chasser… En vain.


…faire des concessions. Qu’en penses-tu ?


La main qui se posa abruptement sur son épaule le fit sursauter.


Quoi, balbutia-t-il aussitôt, conscient qu’une dizaine paires d’yeux le fixaient désormais.


Shikaku pressa doucement son épaule alors qu’il reprenait contenance.


Ton père propose de donner asile à Gaara et ses sœurs pour quelques jours, le temps de statuer sur leur cas, lui souffla Ino à sa droite.


Anko, trop occupée par l’installation des panneaux solaires sur le mur Est, l’avait désignée comme remplaçante. Un rôle que la chef des cuisines avait endossé le temps d’un conseil. Loin d’être sa première expérience à la table ronde, Anko entendait à ce que sa participation devienne récurrente.


Ce ne serait que pour deux ou trois jours, précisa Shikaku. Le temps que nous puissions faire plus ample connaissance avec nos invités.


Relâchant l’épaule de son fils, il poursuivit sa marche en direction de l’ancien autel de l’église.


C’est risqué, marmonna Inoichi, l’air renfrogné. Les Kobalts ont peut-être un contentieux avec cette fille. Après tout, nous n’avons aucune idée de ce qu’elle a trafiquée pendant des jours sur leur territoire.


Raison de plus pour lui poser directement la question, sourit Naruto.


Si les éclaireurs l'avaient désigné comme leader, sa présence restait rare au conseil. En presque trois ans, on pouvait compter son nombre de participation sur les doigts d’une main. Rattaché à la section des soldats, le groupe de Naruto n'interférait qu’occasionnellement aux réunions du conseil. Souvent pour des questions en lien avec les explorations en dehors du territoire. De fait, sa présence interrogeait nombre des membres.


Proposer de les héberger ne me dérange pas, assura timidement Josh. Mais…


Les joues du médecin rosirent tandis que l’attention du groupe se posait sur lui.


N’avaient-ils pas exprimé le souhait de partir, continua-t-il non sans mal. Je veux dire… Gaara a clairement fait comprendre qu’il n’attendait que le retour de… De…


Il semblait chercher ses mots.


Temari, intervint Ino.


Shikamaru lutta à nouveau contre le torrent de ses souvenirs à l’entente de son nom.


Oui, voilà. Temari. Maintenant qu’elle les a rejoint, rien ne dit qu’ils ne repartiront pas sur les routes dès ce soir.


Si les intentions de Gaara avaient été claires, celles de sa sœur n’étaient connues de personne autour de leur table. Même Naruto n’avait pas pris le temps d’échanger avec elle, trop occupé à nettoyer les dégâts causés par leur dernière sortie. Les retrouvailles du trio avaient été si vite expédiées qu’on doutait presque qu’elles aient eu lieu. Seule la tension qui subsistait chez la plupart des chefs de sections en portait la trace.


S’ils repartent ce soir, l’affaire sera réglée, assura Inoichi. Mais s’ils restent…


La chambranle de la porte principale de l’ancienne église trembla sur ses mots. Une ombre se glissa rapidement dans l’ouverture, comme pressée par le temps. Malgré la petitesse de l’édifice, ses pas résonnèrent. Le son porté par les pierres de la nef centrale semblait se décupler à chaque foulée. Bientôt, ses traits se dévoilèrent à l’ensemble des membres, provoquant interrogations chez les uns, et effarement chez les autres.


Joli timing, s'enthousiasma Gai.


Il était bien le seul à sourire. Du coin de l'œil, Shikamaru mesurait sans mal l’agitation qu’avait provoquée cette apparition. Même Ino, à l’aise en toute circonstance, semblait avoir perdu de sa superbe.


On part ce soir, annonça la nouvelle venue d’un ton abrupt.


On aurait presque dit qu’elle n’était pas sûre de ses propres mots. Soigneusement cachée à la vue du plus grand nombre, ses mains tremblaient. Son regard ne savait pas quel visage accrocher, certainement décontenancé par le nombre. D’après ce qu’il savait, elle avait vécu en nomade avec seulement deux autres être humains. Après des mois à rester à l’écart de tout type de communauté, se retrouver entouré par une dizaines de personnes pouvait perturber.


Merci d'avoir accueilli si généreusement mon frère et ma sœur.


Brièvement, son attention s’était portée sur l’un des rares membres du groupe qui lui était familier. Le seul qui -à ses mots-, avait sauté de sa chaise.


Pourquoi partir maintenant ? De nuit, qui plus est, souffla-t-il, perplexe.


Voyager à l’aveugle était dangereux, même lorsque l’on avait quelques notions d’astronomie. Si s’orienter avec les étoiles permettait de garder un cap, cela n'empêchait pas les mauvaises rencontres. Qu’elles soient humaines… Ou non. Naruto ne l’exprimait pas, mais c’est d'abord à Miraï qu’il pensait. Savoir une gamine de son âge livrée aux mille dangers de l’extérieur le dérangeait. Peut-être parce qu’à travers elle, c’est Konohamaru qu’il voyait.


Nous échapperons plus facilement à la vigilance de vos voisins, assura Temari.


Y-a-t-il une chance qu’ils aient pu vous suivre, s’enquit aussitôt Inoichi.


Le regard de la blonde se voila presque aussitôt, provoquant chez l’assemblée, une vague de curiosité. Jusqu’ici, personne n’avait eu le privilège d’entendre le récit de sa course poursuite avec les Kobalts. L’ignorance ne les rendait que plus fébriles, avides de la moindre source d’information qui pourrait se déverser à leurs pieds.


Aucune chance.


Sa voix était légèrement rauque. Comme chez certains anciens gros fumeurs, ses cordes vocales semblaient avoir vécues. Shikamaru se surprit à relever ce détail. Le moins intéressant de tous, quand on prenait en compte les cicatrices qu’elle arborait. Même ses habits couvrants ne parvenaient pas à toutes les dissimuler.


— Vous allez nous dire ce qu’il s’est passé dans cette forêt, questionna Ino l’air agacée.


Comme souvent, elle formulait tout haut les pensées du plus grand nombre. À ses mots, Temari recula, comme heurtée par la demande. Un simple geste qui assura à Shikamaru que jamais ils n’auraient de réponse plus fournie que celle qu’elle dénia leur donner ce soir-là.


— Non.


Simple, efficace et sans hésitation possible.



Face à ses maigres effets, Miraï sentait une boule naître au creux de sa gorge. Si le lit trop mou, les cours barbants du professeur Lee, et les œillades incessantes de Jake l’avaient vacciné de la vie en communauté, leur départ créait chez elle des émotions inattendues. Gaara aussi, semblait sur les nerfs à faire et défaire son sac sans interruption. Pourtant chacun d’eux s’était fait une promesse. Un trio contre le reste du monde, voilà ce qu’ils étaient. 

Leur seule expérience parmi un groupe avait fini de pourrir ce qu’il leur restait de confiance en l’humain. Si Miraï était trop jeune pour comprendre tout ce que Gaara et Temari taisaient, elle avait appris à observer. Il lui était facile de déchiffrer la méfiance dans les gestes de Gaara à chaque interaction avec un membre de la Ville. Même les plus succinctes généraient chez lui crainte et suspicion. Quant à Temari, elle avait moins de mal à tenir une conversation avec Margot qu’avec un des leurs. Apprendre à aller au-delà du traumatisme n’était pas un luxe qu’ils avaient pu s’offrir, malgré plusieurs mois de vie en autarcie. Qui sait, peut-être avaient-ils fini par la contaminer ? La défiance était pour elle une seconde peau. Elle l’enfilait à chaque rencontre. Beaucoup d’entre elles avaient eu raison de sa naïveté. Les enfants du nouveau monde étaient-ils tous comme elle ? L’attitude de Jake lui soufflait que non. Mais qui avait tort ?


— Restez jusqu’à demain. Nous vous conduirons en personne où bon vous semble dès que le soleil sera levé.


La jeune adolescente sursauta. En glissant la tête entre l’interstice de la porte de la chambre, elle aperçut deux têtes blondes à côté de l’entrée.


— On a de quoi acheminer votre jument, on peut très bien préparer ce qu’il faut.


Miraï tiqua. Après trois jours passés ici, elle n’avait encore jamais pu arpenter la totalité du territoire. La Ville ne s’étendait pourtant pas bien loin, accueillant moins d’une cinquantaine de personnes d’après les estimations de Gaara. Ils avaient des voitures, mais elle n’avait vu aucun cheval aux alentours. Ses expéditions ne l’avaient jamais emmené bien loin du centre, puisque tout y était concentré : habitations principales, infirmerie, école de fortune, église et cantine. Si Jake lui avait affirmé qu’ils possédaient des animaux, il assurait que c’était avant tout à des fins alimentaires. Poules, cochons et lapins étaient dorlotés par Neji, le vétérinaire de leur communauté. Mais, elle en était sûre, Jake n’avait jamais parlé de chevaux.


— Pourquoi prendre le risque de vous faire voir en notre compagnie par vos voisins, hein ? Qu’est ce que vous attendez de nous exactement ?


Le cœur de Miraï commença à s’agiter tandis que sa sœur élevait la voix.


— On n’attend rien de votre part, se défendît son vis-à-vis. On veut seulement vous éviter des dangers inutiles.


Le silence qui s'ensuivit força Miraï à se faire toute petite.


— Que vous ne souhaitiez pas rester, c’est un choix que je respecte. Personne ne vous retiendra, insista le blond. Mais partir précipitamment ne vous apportera rien de positif.


Miraï sentit un mouvement dans son dos. En un coup d’œil, elle comprit que Gaara l’avait vu le premier. Pourtant lorsqu’elle fixa son regard clair, il lui intima le silence. Tout comme elle, il écoutait l’échange, attentif à chaque mot prononcé, mais aussi à chaque parole retenue.


— Si nous avions voulu vous faire du mal, vous croyiez vraiment que vous auriez retrouvé votre fratrie en un seul morceau ?


Temari ricanna.


— Vous me prenez pour une enfant ?


Piquée au vif, Gaara se retint de descendre, les points serrés.


— Est ce que j’ai l’air d’une personne qu’on peut manipuler facilement ?


L’homme n’eut pas le temps de répondre.


— Ne venez pas me sortir votre grand discours sur les bienfaits du communautarisme, ça ne prend pas avec moi, assura Temari. On a déjà donné, et on a perdu bien trop pour réitérer.


Miraï fronça les sourcils. Elle n’avait encore jamais entendu Temari aborder le sujet à voix haute. Tout était une affaire de non-dit et de tabou lorsqu’il s’agissait de raconter leur passif au sein du clan d’Atlanta. Si elle n’avait pas de grands souvenirs de cette période, quelques images de sang et d’horreur lui revenaient parfois en mémoire.


— Toutes les communautés ne sont pas des nids à monstruosités.


— Je ne prendrais pas le risque de vérifier cette hypothèse, grinça Temari.


— Et le fait que vous nous gardiez ici de force ne joue pas en votre faveur.


Miraï sursauta derechef. Elle n’avait pas entendu Gaara descendre. Par réflexe, elle rentra la tête dans son antre, soucieuse qu’on ne l'aperçoive pas. Si son frère gardait son secret, elle tenait à ce qu’il en soit le seul détenteur.


— J’imagine, oui, soupira Naruto. J’en suis désolé. Je veux seulement que Miraï… Bon sang, votre petite sœur est si jeune.


— Elle a certainement passé plus de temps que vous dehors, le sermonna Temari. Ne venez pas insinuer qu’elle ne saurait pas se débrouiller, alors qu’elle n’a attendue personne pour survivre à tout ça jusqu’ici.


Il ne l’a contredit pas, et Miraï sentis une bouffée de fierté lui gonfler le poitrail. Sans vraiment pouvoir l’en empêcher, un sourire naissait sur son visage. Sa grande sœur l’estimait et le clamait à qui voulait bien l’entendre. Cet amour-là donnait des ailes.


— Je comprends, et vous avez peut-être raison. Mais une nuit de plus à l'abri de nos murs ne lui fera pas de mal non plus.


Lorsque Miraï sortit la tête à nouveau, ce n’est ni le regard de Temari, ni celui de Gaara qui vint à sa rencontre. Des yeux bleu foncés la dévisagèrent sans surprise, comme si sa présence était convenue. Attendue. Par volonté de courage, elle ne détourna pas le regard, une flamme de défi s’allumant au creux de ses entrailles. Elle ne laisserait pas son frère et sa sœur prendre les armes pour elle. Elle pouvait se défendre, même si elle n’avait pas tout à fait treize ans.


— Si vous êtes capables de vous défendre contre ce qui rôde dehors, alors qu’est-ce qu’une nuit de plus parmi nous pourrait bien vous faire, lâcha finalement Naruto.


Il n’avait pas détourner les yeux, forçant Temari et Gaara à tourner la tête vers Miraï. Doucement, l’adolescente sortie de l’ombre. Sans vraiment s’en rendre compte, elle lui rendit son sourire.



— Ils sont en haut, demanda Hinata, l'air curieuse.


— Ils partiront demain. Miraï n’a pas pu s’empêcher de relever le défi que je lui ai lancé.


La tireuse eut un sourire amusé. Assise sur le perron de la maison de Shikaku et son fils, elle profitait des dernières lueurs du jour aux côtés de Naruto. Dans sa contemplation, son voisin se promit de retranscrire son profil dans l’un de ses dessins. Il ferait sûrement pâle figure face à celui qu’elle lui offrait, mais en garder une trace était un privilège. Presque un besoin.


— J’imagine que vous ne rentrerez pas tout de suite de cette expédition.


Le regard du blond scilla.


— Shikaku a dit que vous aviez de plus en plus de mal à trouver de quoi contenter tout le monde. Les agglomérations alentour ont été pillées à de trop nombreuses reprises.


C’était vrai. Les étagères des épiceries, pharmacies et supermarchés s’étaient vidées avec les années. Par leur fait, mais aussi par les Kobalts et quelques survivants nomades. À chaque sortie, il était désormais nécessaire d’aller plus loin. Cela voulait aussi dire partir plus longtemps, et plus régulièrement. Hinata ne s’en plaignait jamais, comme si elle pouvait lire en lui. Dès leur première rencontre, elle l’avait aimé pour ce qu’il était. Un homme du dehors. Seulement avec le temps, son besoin vif de liberté et d’ailleurs se confrontait violemment à son envie d’elle. Or l’emmener n’avait jamais été une option, pour l’un comme pour l’autre.


— On compte retourner sur nos pas, admit Naruto en fixant ses mains. On y a laissé pas mal de matériels à cause des déchiqueteurs qui nous ont pris par surprise. Tenten et Kiba étaient tellement frustrés qu’ils ont sauté sur l’occasion quand j’ai proposé de raccompagner Gaara et ses sœurs au-delà de nos frontières.


La main de Hinata vint envahir son champ de vision lorsqu’elle s’empara des siennes. D’un regard doux, elle chercha son attention. Il n’était pas dur de l’obtenir en ce qui la concernait. S’il ne le formulait jamais, chaque geste, chaque non-dit, chaque pensée, criaient qu’il était fou d’elle. Loin d’en jouer, elle lui vouait le même amour inconditionnel, rendant par les mots ce qu’il taisait.


— Je comprends, souffla-t-elle en caressant doucement le dos de sa main.


Incapable de détacher ses yeux de ce simple geste, Naruto ne repondit pas, lui laissant le temps d’ajouter ;


— Quand tu reviendras, fait en sorte de passer nous voir avec Sasuke. Tu lui manques beaucoup, même s’il te dira le contraire.


— Ah vraiment, ricana Naruto en suivant la danse de ses doigts.


— On t’aime tous les deux assez pour s’inquiéter quand tu tardes à rentrer.


D’un geste aérien, sa main rejoint le bas de sa mâchoire pour se glisser sur sa joue. Le cœur de Naruto s’envola.


— Dans tous les cas, sois prudent s’il te plait.


Naruto savait qu’il avait devant lui la seule femme capable de le retenir. Elle pouvait tout obtenir de lui, y compris la fin de ses expéditions. Seulement s’il l’aimait autant, c’est aussi parce qu’elle lui avait prouvé à mainte reprises qu’elle ne le ferait pas.


— Je-


— Patron !


D’un bon, Naruto sauta des marches. Tenten courrait vers lui, Kiba sur ses talons. Son appel avait brisé la bulle intime dans laquelle il s’était glissé. La mine atterrée de ses acolytes ne lui inspirait rien de bon.


— Cet abrutis va finir par casser notre van équestre si tu ne viens pas nous aider à le fixer !


— Je sais parfaitement comment ça marche, se défendit aussitôt Kiba. Seulement le nôtre est vieux et ça ne s’accroche pas comme il faut !


— Traduction, ajouta précipitamment Tenten, c’est un bon à rien.


Hinata pouffa, assez habituée à leur chamaillerie quotidienne pour ne pas s’en inquiéter.


— Vous devriez demander à Neji de vous aider. Il connaît bien ce genre de matériel, sourit-elle.


Comme s’ils prenaient tout juste conscience de sa présence, les deux pitres la saluèrent d’une même voix adoucie. Naruto secoua la tête, l’air agacé. Il se promit de choisir avec plus de soin le prochain lieu où il s’isolerait.


— Neji a déjà pas mal à faire avec nos poules, avoua Tenten. Elles ont la goule.


— La gale des pattes, pauvre idiote, la corrigea aussitôt Kiba.


— Je le savais, vociféra Tenten en lui assénant une claque monumentale à l’arrière de la tête.


Avant qu’une bagarre ne finisse pas éclater, Naruto déposa un baiser léger sur la joue de sa compagne, lui jurant de la retrouver dans la soirée. Il éloigna ensuite de force les deux idiots qui lui servaient de coéquipiers, leur assénant des remontrances bien senties sur le chemin. À la fenêtre, Temari n’avait rien loupé de la scène, les bras croisés sur la poitrine. En son fort intérieur, elle se demandait qui avait raison. Elle et son instinct, ou son rêve d’ancienne naïve. L'un lui soufflait de partir loin d'ici. L'autre, en revanche, lui faisait une nouvelle promesse. Celle d'une vie plus simple. Une vie moins isolée, avec ce brin d'espoir qu'elle avait perdu depuis longtemps.


🅰 🆂🆄🅸🆅🆁🅴

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