Eight Travelers - EN PAUSE

Chapitre 5 : Cyrus l'érudit

4471 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 23/03/2019 22:14

Le Best Boy arrive ^^ Vive Cyrus, le personnage le plus drôle de 2018 !

Bonne lecture à tous !


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Pendant ce temps, dans les Basses Plaines...

Il faisait grand soleil. Aucun nuage à l’horizon. Cependant, il faisait frais. Le vent, non stoppé par les montagnes, balayait les herbes vertes des Basses plaines sans pitié.

Alors que les plus petits villages s’étaient habitués au vent, une seule ville résiste. La capitale des Basses plaines. Diguedin.

Diguedin est une merveille d’architecture et de grandeur. Un grand mur de pierre tout autour de la ville la protège du vent. Des grandes demeures toutes aussi grises s’élèvent çà et là, donnant un air immense à la ville.

Cependant, cette ville n’est pas connue dans tout Orsterra uniquement pour son architecture. Non, elle est connue pour son Académie.

Cette Académie, en face d’une immense bibliothèque en bois, contient tous les plus grands esprits d’Orsterra. Des érudits étudiant et enseignant toutes sortes de matières. Des sciences, des mathématiques, de l’histoire...

Cette ville est prospère. Tous sont éduqués, tous sont bien élevés, et tous semblent aisés.

Mais la famille la plus aisée est sans aucun doute la famille royale. L’idéal de raffinement de la ville. Le roi veille sur son peuple, et son unique fille, la princesse Mary, est fort prometteuse.

Cependant, elle doit encore apprendre. Elle est dans la capitale du savoir, elle se doit d’être éduquée. Quelle honte pour la famille royale elle serait !

Elle a comme professeur l’érudit le plus prometteur et le plus enthousiaste de la cour, voire de la ville entière... Selon certains, du continent !

Ce professeur, justement, est en plein cours avec la princesse, et une autre élève. Dans une salle de classe presque démesurée, à l’intérieur même du palais. Il est situé sur un petit promontoire, alors que ses deux élèves prennent des notes sur un bureau.

-Et c’est ainsi que Diguedin fut fondée, il y a environ deux siècles. Commence le professeur. Notre belle cité-Etat compte parmi les plus anciennes du continent d’Orsterra. Mais il existait une autre cité-Etat à l’histoire aussi longue et noble que la nôtre, et qui connut une fin tragique il y a huit ans seulement.

Il s’arrête dans sa tirade et va de l’autre côté de son promontoire. Passant devant la carte représentant le continent entier.

-Qui peut me donner son nom ? Thérèse, peut-être ?

Il tourne le regard vers l’élève assis près de la princesse Mary. Elle baisse immédiatement la tête. Elle a toujours été timide... Ses cheveux violets pâles lui cachaient le visage, et ses poings étaient refermés sur ses genoux, couverts par une robe aussi claire que ses cheveux.

Il n’y a que deux choses qui contrastent avec sa pâleur sont sa cape bleue nuit, et ses yeux vert émeraude. Cependant, comme elle garde souvent la tête baissée, on ne les voit pas aussi souvent qu’il le faudrait.

-Euh... Je crois que c’était, euh...

Le professeur secoue la tête. Il sent que son élève est beaucoup trop hésitante. Il lance :

-Allons, vous n’avez pas à vous sentir gênée. Il n’y a aucune honte à reconnaître ses lacunes, tant que l’on a le désir de les combler.

Il lève lentement la main, pour montrer le livre de cours de Thérèse indirectement.

-La réponse se trouve dans votre manuel. Allez-y, cherchez-la.

-Oui, Professeur... Souffle Thérèse

Elle baisse la tête vers son livre, et tourne quelques pages.

-Voyons... Elle souffle

Un long silence règne quelques secondes. Thérèse finit par relever les yeux.

-Je pense qu’il s’agit de... Cornebourg. Répond Thérèse

-Bonne réponse !

Le professeur est soudain très heureux. Il est enthousiaste, il aime apprendre et faire apprendre !

Il lâche un petit sourire, fier de son élève, alors qu’elle n’a que retourné qu’une feuille pour trouver une réponse. Mais tant qu’elle apprend quelque chose, il a réussi sa mission.

Ce professeur se nomme Cyrus.

Cyrus porte une chemise blanche dont le ventre est couvert d’un tissu doré, et un pantalon noir. Il porte aussi une très courte cape noire, tenue par une pierre tout aussi noire. Ces cheveux bruns très sombres sont mi longs, et attachés par un ruban blanc.

Ses yeux sont noirs. Et son visage, pour un érudit, est selon beaucoup de jeunes femmes drôlement séduisant. Hélas pour elles, il est bien plus intéressé par les livres et les cours.

Il se retourne vers la carte du continent, et montre un point dans les Hautes terres.

-La cité de Cornebourg était gouvernée par une famille royale qui, dit-on, descendait des prêtres d’une religion depuis longtemps oubliée. Explique Cyrus. Notre belle Diguedin, en revanche, fut fondée par l’un des premiers clans à élire domicile dans les Basses Plaines.

Cyrus va à l’autre bout de son promontoire, pour se mettre devant son autre élève.

-Qui peut me dire combien de clans peuplaient les Basses plaines à cette époque ? Votre Altesse ? Fais Cyrus

La princesse Mary hoche la tête. Ses cheveux blonds sont légèrement attachés en arrière, pour qu’on puisse voir ses yeux saphir. Sa robe dorée est plus longue que celle de Thérèse, et elle ne porte pas de cape.

-Si l’on en croit les histoires, les Basses plaines étaient alors occupées par huit clans différents. Affirme-t-elle

Cyrus hoche la tête.

-Bonne réponse, Votre Altesse.

Il se retourne vers la carte à nouveau.

-Les Basses plaines ont longtemps été déchirées par la guerre acharnée que se menaient ces huit clans.

Cyrus lève le bras, afin de montrer une ville côtière.

-Puis, il y a deux siècles, les armées de Grand-port envahirent ces territoires. A l’époque, les dirigeants de Grand-port cherchaient à étendre leur influence vers l’intérieur des terres.

Pendant que Cyrus continue son cours, un homme entre. Un membre de la cours, sans doute. Mais Cyrus ne le remarque pas.

-Ironie du sort, cette agression poussa les tribus belligérantes à mettre leurs différends de côté pour s’unir contre leur ennemi mutuel.

Cyrus remarque enfin l’homme, qui semble attendre. Il s’écrie alors :

-Oh, mais je n’avais pas vu l’heure ! Nous reprendrons cette leçon la prochaine fois.

L’homme repart, satisfait. Cyrus va au centre de son promontoire. Ses élèves sont déjà en train de ranger leurs affaires.

-N’oubliez pas de lire les chapitres trois et quatre d’ici là, et préparez-vous à répondre à des questions sur leur contenu.

-Oui, Professeur. Souffle Thérèse

Les deux filles hochent la tête. Cyrus descend, et va au centre des deux tables des élèves. Les deux se tournent vers lui.

-Merci encore une fois pour cette leçon des plus enrichissantes, Professeur Albright. Affirme la princesse Mary

Cyrus hoche la tête, souriant, et part sans plus de cérémonies. Il a encore beaucoup de travail : les cours, les recherches, son prochain ouvrage à continuer...

Mais lorsqu’il sort de la salle, un garde l’interpelle, le faisant quitter ses pensées.

-Professeur Albright ! Vous avez reçu un message de la bibliothèque royale.

Cyrus se tourne vers lui, intrigué.

-On vous a donné l’autorisation d’accéder aux archives spéciales.

(Les archives spéciales ?) Pense Cyrus

Il saute de joie. Enfin ! Enfin, il va pouvoir y aller ! Depuis le temps qu’il réclamait d’aller aux archives spéciales de la bibliothèque, il peut enfin y aller !

Ca y est, il se retransforme en enfant. Quels secrets contiennent ces incroyables ouvrages ? Des étoiles brillent dans ses yeux. Il réussit enfin à articuler :

-Fantastique ! Je vais enfin pouvoir commencer mes recherches.

Le garde s’incline respectueusement, et s’en va plus loin. Cyrus garde son sourire.

(La bibliothèque est juste à l’extérieur du palais. Ne perdons pas un instant.) Il pense

Il se dirige vers la sortie du palais. Il est si impatient qu’il ne remarque pas sa plus timide élève qui l’attendait, cachée aux côtés des escaliers.

Elle garde le silence, et l’attend. Son cœur bat de plus en plus vite sous l’appréhension. Elle aperçoit enfin son professeur. Elle prend une lourde inspiration, fait un pas, et lance :

-Profess... !

Cependant, elle se fait couper par un bruit de course. La princesse Mary, bien plus assurée, arrive juste derrière le charmant Cyrus.

-Professeur Albright !

Thérèse pousse un petit cri de surprise indescriptible, et repart se cacher, reprenant toute sa timidité. Cyrus, lui, se retourne vers son élève royale.

-Le ciel soit loué, vous n’êtes pas encore parti ! Je craignais d’arriver trop tard. Affirme la princesse

-Que puis-je faire pour vous, Votre Altesse ? Demande

-Si vous avez un instant, j’aimerais vous poser une question sur ce que nous avons appris aujourd’hui. Souffle Mary

Cyrus sourit.

-Mais bien sûr, Votre Altesse. Je me ferais un plaisir de vous donner des précisions. Sachez que mon rôle de précepteur me tient tout autant à cœur que mes recherches.

Cyrus perd cependant son sourire joyeux pour un plus gêné.

-Malheureusement, je n’ai guère de temps à vous consacrer. S’agit-il d’une question rapide ?

-Oui, Professeur. Je ne vous retiendrai pas longtemps. Acquiesce la princesse

Elle s’éclaircit la voix, réfléchis quelques secondes à la formulation de sa phrase, et lance finalement :

-Je m’interrogeais sur la religion qui était autrefois pratiquée à Cornebourg. Pouvez-vous me dire sur quoi portaient ces croyances ?

-Excellente question, Votre Altesse. Affirme Cyrus

Il soupire.

-Je crains toutefois que la plupart des textes détaillant la nature de cette religion n’aient été brûlés ou perdus lors de la chute de Cornebourg.

Mary baisse la tête, déçue.

-Je vois. C’est bien dommage.

-Néanmoins, j’ai ma propre théorie... Reprend Cyrus

La princesse relève la tête, intéressée.

-Je pense que les membres de la famille royale de Cornebourg étaient les gardiens d’une puissance ancestrale... Suppose Cyrus. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas là de spéculations sans fondement. Ma théorie est étayée par...

Et il parle. Il parle, encore et encore. Thérèse à coté ne peut que baisser la tête, et se taire.

Cyrus, qui était pourtant pressé, se laisse entrainer dans de longues explications. Il cite des auteurs, des écrits anciens, ses propres théories... Il parle, et ne s’arrête pas de parler.

Cette conversation dure très longtemps. Si longtemps que la princesse est bien obligée de l’écourter.

-Je m’excuse de vous avoir retenu, Professeur. Nous poursuivrons cette conversation une autre fois.

Cyrus s’arrête enfin de parler. Il sourit un peu :

-Avec plaisir, Votre Altesse.

Il semble cependant très satisfait.

-Ce genre de question dénote un esprit vif et curieux. Il affirme

-Je trouve vos leçons d’histoire tout simplement fascinantes. Répond la princesse blonde. Car si je ne tire pas les enseignements de notre passé, comment puis-je espérer mener mon peuple vers un avenir brillant ?

-C’est une philosophie des plus admirables, Votre Altesse. Affirme Cyrus. Nous avons beaucoup de chance d’être gouvernés par une souveraine douée d’autant de sagesse et de bonté. Et je m’estime moi-même privilégié de pouvoir vous servir à ma manière.

Mary fait un pas.

-Vous êtes trop aimable, Professeur Albright. Je suis fière d’être votre élève. Elle affirme

Soudain, Cyrus a un mouvement de réaction. Il réalise... Qu’il a sans doute perdu une ou deux heures à parler.

-Oh, je vais être en retard. Il affirme

(Quoique, je suis sûrement déjà en retard...)

-N’oubliez pas de faire vos devoirs, Votre Altesse. Rappelle Cyrus

-Bien sûr que non, Professeur. Affirme Mary

Cyrus fait un pas en avant, et remarque Thérèse, les yeux baissés, toujours cachée près de l’escalier.

-Oh, bonjour Thérèse.

Cette dernière a un petit cri de surprise. Elle se retourne vers Cyrus. Ce dernier approche.

-Aviez-vous une question à me poser, vous aussi ? Demande Cyrus

Thérèse recule d’un pas.

-Je voulais... Non, rien... Au revoir, professeur... Elle souffle

Thérèse n’arrive pas à finir sa phrase, et elle s’enfuit en courant.

Cyrus ne comprend pas vraiment pourquoi elle vient de partir si brusquement, mais il secoue la tête. Il doit repartir vers la bibliothèque.

Il sort du palais, et ne dois faire que quelques pas avant d’atteindre un immense bâtiment de pierre et de bois, construit tout en hauteur. Cyrus y entre. Il a toujours aimé l’odeur de vieux livres qui sort de cette bibliothèque.

Mais il n’est pas là pour rien. Il doit faire ses recherches. Et il a déjà un tome à lire en tête. Il approche de la bibliothécaire. Une jeune femme brune, venue de Ruisselande, dévouée à son métier.

Cyrus la connait si bien, à force de venir dans cette bibliothèque, qu’il l’appelle directement par son prénom.

-Bonjour, Mercedes. Cyrus Albright, prêt à explorer les archives spéciales ! Affirme le gai professeur

-Oh, Professeur Albright. Vous m’avez l’air plein d’ardeur aujourd’hui. Affirme Mercedes

-J’ai appris que l’on vous avait fait don d’un exemplaire de l’histoire exhaustive de l’Eglise de la Flamme sacrée. Je tenais à être le premier à le voir. Répond Cyrus

Mercedes laisse s’échapper un soupir. Elle sort un papier officiel.

-Vous êtes mieux informé de notre collection que nous autres bibliothécaires. Signez ici...

-Certainement. Répond Cyrus

Cyrus signe sans attendre.

-Hmm... Souffle Mercedes

-Hmm ? Y a-t-il un problème ? Demande Cyrus

-Pour un homme considéré comme l’esprit le plus brillant de l’Académie royale... Souffle Mercedes

Elle laisse s’échapper un petit rire.

-... vous êtes aussi surexcité qu’un écolier lorsque vous parlez de littérature.

Cyrus est d’abord surpris, mais il laisse finalement s’échapper un petit sourire.

-Ha ha ! C’est bien la première fois que l’on me décrit ainsi. Mais c’est vrai, j’ai tout d’un enfant fasciné par un nouveau jouet... La perspective d’acquérir de nouvelles connaissances suscite toujours mon enthousiasme.

-Ca, je n’en doute pas. Il n’y a qu’à voir votre visage. Affirme Mercedes

Mercedes regarde la signature.

-Bien, tout me semble en ordre. Je vous souhaite une bonne lecture, Professeur.

-Merci beaucoup, soyez certaine que je vais m’en donner à cœur joie. Affirme Cyrus

Il entre dans une pièce derrière le comptoir. Les archives spéciales. En prenant les escaliers, en entrant dans la salle sombre remplie de livres, Cyrus a un petit battement de cœur. Il est soudain tellement, tellement excité !

-Trouvons rapidement ce livre ! S’écrie Cyrus

Il cherche dans les étagères, comme un enfant. Les dizaines d’ouvrages sur les murs le rendent presque émus. Tant de savoir à explorer...

Cependant, au bout de plusieurs minutes de recherches... Il ne trouve toujours pas ce qu’il cherchait.

(C’est étrange. Je ne vois le livre nulle part.) Pense Cyrus

Il se dirige vers une autre étagère... Mais toujours rien.

(Quelqu’un l’aurait-il rangé sur la mauvaise étagère ? Hum, il n’est pas là non plus... L’accès aux archives est sous surveillance constante. Où a-t-il bien pu passer ?)

Mais soudain, quelqu’un entre dans la pièce. Cyrus se retourne, c’est Mercedes.

-Professeur Albright, le directeur souhaite vous voir immédiatement. Affirme Mercedes

-C’est bien le moment... Pff... Puis-je vous demander un service ? Demande Cyrus

-De quoi s’agit-il ? Souffle Mercedes

Cyrus jette un pauvre regard vers les étagères.

-L’ouvrage dont je vous parlais tout à l’heure semble avoir disparu. Pourriez-vous essayer de le retrouver ? Souffle Cyrus

Mercedes a un mouvement de surprise.

-Il a disparu ? Comme c’est curieux... Je vais le chercher tout de suite, Professeur. Elle affirme

-Merci beaucoup, ma chère.

Mercedes commence alors à chercher, alors que Cyrus sort de la salle. Il est profondément mécontent. Il ne voulait qu’explorer les archives spéciales, qu’est-ce que le directeur lui voulait, encore ?

Ce directeur, le directeur Yvon de l’académie, est l’un des hommes qui aiment le moins le professeur royal du continent. Sans aucune hésitation possible. Il a des yeux rouges perçants, des cheveux cours et noirs, et un manteau de la même couleur que Cyrus.

Il est sans cesse accompagné de son assistante, Lucia, une jeune femme aux cheveux violets plus sombres que ceux de Thérèse, avec une tunique assortie.

Cyrus entre enfin dans l’Académie, et arrive devant le bureau du directeur. Cyrus soupire profondément, et toque légèrement à la porte :

-Cyrus Albright, ici à votre demande, Monsieur le Directeur.

-Entrez. Entend Cyrus

Cyrus entre. Il voit le directeur au loin avec Lucia. Le directeur semble contrarié.

(Qu’est-ce que j’ai encore pu faire de mal...) Pense Cyrus

-Je m’excuse de vous avoir convoqué aussi soudainement. Affirme le directeur

-En quoi puis-je vous être utile, Monsieur le Directeur ? Demande Cyrus

Yvon approche d’un pas.

-Ce traité sur les études occultes que vous avez publié... Par tous les Dieux, mais qu’est-ce qui vous est passé par la tête ? Il s’écrie

Le directeur se retourne.

-Je vous demande pardon ? Insiste Cyrus. Ma foi, je pense avoir exposé mon hypothèse très clairement...

Yvon se retourne pour défier Cyrus du regard.

-Je ne parle pas de votre hypothèse ! Crie le directeur. Vous avez délibérément cité l’un des textes de nos archives spéciales.

(Oh non, je crois savoir où il veut en venir...) Pense Cyrus

-Le savoir renfermé dans ces ouvrages est le plus grand trésor de l’Académie royale. Rappelle Yvon. Il n’est pas fait pour être divulgué comme bon vous semble. Je ne vous permettrai pas de le galvauder ainsi dans vos études ineptes !

-Je suis conscient de la valeur de ces ouvrages, Monsieur le Directeur. Affirme Cyrus. C’est pour cette raison précis que je m’efforce de partager ce savoir avec mes pairs...

Mauvaise réponse pour le directeur. Il se met à hurler :

-Vous n’avez pas à le partager avec qui que ce soit ! Ce savoir appartient à l’Académie et à elle seule !

-Mais cela va à l’encontre de tout... Tente vainement Cyrus

-En voilà assez, Cyrus !

Cyrus baisse la tête.

(Il fera la sourde oreille à mes meilleurs arguments. Pour le directeur, le savoir est comme une médaille ou une pierre précieuse. Une chose dont seul son propriétaire légitime peut profiter.)

Cyrus grince des dents.

(A ses yeux, le savoir est une force, et la force doit être amassée. Une bien triste attitude...)

-Je vous présente mes plus sincères excuses, Monsieur le Directeur. Cela ne se reproduira pas. Aviez-vous besoin d’autre chose ? Demande Cyrus

Le directeur semble enfin se détendre.

-Ce sera tout. Vous pouvez disposer.

Cyrus sourit, soulagé que ce soit finit.

-Un instant... J’ai failli oublier.

-Oui ? Souffle Cyrus

Le directeur sourit.

-Il me semble que les archives spéciales doivent fermer plus tôt que d’habitude aujourd’hui. Si vous avez des recherches à y mener, je vous conseille de ne pas tarder.

(Bonté divine ! C’est comme s’il se complaisait à me tourmenter.) Pense Cyrus

-Merci pour votre sollicitude, Monsieur le Directeur. Dans ce cas, je vais vous laisser.

Cyrus s’en va rapidement. Il n’y a pas une seule seconde à perdre !

Mais, alors que Cyrus sort... Une autre personne toque à la porte du directeur.

-Entrez. Souffle Yvon

-Excusez-moi, Monsieur le Directeur.

La personne qui entre dans le bureau est l’élève claire de Cyrus. La jeune Thérèse.

-Oui ? Qu’y a-t-il, Thérèse ? Demande Yvon

Thérèse s’avance vers le bureau sans bruit.

-C’est... à propos du professeur Albright, Monsieur... Elle souffle

(Bon. Allons voir cette bibliothèque.) Pense Cyrus

Il arrive à la bibliothèque. Essoufflé d’avoir couru sans être sportif. Mercedes l’accueille directement.

-Ah, Professeur Albright.

Cyrus arrive vers elle.

-Avez-vous réussi à trouver le livre ? Demande Cyrus

-J’ai bien peur que non... Soupire Mercedes

Cyrus met sa main sur son menton. Contrarié.

-Voilà qui est fâcheux. On pourrait en conclure qu’il a été volé.

-Professeur, ces documents sont uniquement disponibles pour consultation. Il n’est pas permis de les emprunter. Affirme Mercedes. Qui plus est, les archives ne sont ouvertes qu’à quelques personnes, et nous consignons chaque accès dans nos registres.

Elle soupire, et tend les paumes vers le ciel en secouant la tête ironiquement.

-Je ne vois pas comment cet ouvrage aurait pu en sortir.

-Un ouvrage disparu d’une pièce impénétrable... Souffle Cyrus

Il relève la tête.

-Il semblerait que nous ayons un véritable mystère sur les bras. Et les mystères de ce monde sont faits pour être élucidés ! Affirme Cyrus

Il reste en silence une petite seconde.

-Du moins, c’est mon avis d’érudit. N’êtes-vous pas d’accord ? Souffle Cyrus

Mercedes baisse les yeux.

-S’il s’agit réellement d’un vol, il vaudrait mieux laisser la garde du palais s’en charger... Mais je vois bien que vous ne serez pas satisfait avant d’avoir vous-même résolu cette affaire.

Cyrus lâche un rire.

-Ha ha ha ! Vous avez tout à fait raison. C’est une habitude dont j’ai le plus grand mal à me défaire. Lorsque l’on me présente une énigme, je ne peux m’empêcher de tout faire pour en trouver la solution.

-Eh bien, ce n’est pas moi qui m’y opposerai. Affirme Mercedes

Elle a un petit silence. Mais elle regarde plus loin, dans le vide.

-La vie d’un génie ne doit pas être facile tous les jours. Elle affirme

-On me l’a déjà dit, et je ne peux le nier ! Répond Cyrus. Ne vous inquiétez pas, je retrouverai le livre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Mercedes hoche la tête.

-Très bien, merci. Je vous souhaite bonne chance dans vos recherches.

Cyrus hoche la tête, et prend une pose grandiloquente.

(Bien, allons mener l’enquête !)

Il commence à sortir de la bibliothèque... Mais il s’arrête soudainement.

(Si le voleur était passé par la bibliothèque, les lecteurs l’auraient forcément vus...)

Il fait alors demi-tour, et se dirige plus profondément dans la bibliothèque.

Il pose alors des questions à tous ceux qu’il voit. « Avez-vous vu quelqu’un sortir des archives spéciales ? » « Quelqu’un aurait-il amené un livre ici ? » « Auriez-vous vu quelqu’un de louche ? »

La plupart des réponses étaient cependant : « Non, je n’ai vu personne. » « Désolé, j’étais trop occupé par ce livre. » « Pourquoi cette question ? »

Cependant, quatre réponses restèrent dans la tête de Cyrus. Quatre réponses qu’il n’oubliera pas.

La première venait d’un jeune homme, un garçon qui ne savait pas tenir sa langue, et qui disait : « De toutes façon, les livres, c’est bon pour le feu. C’est maman qui m’a trainée ici. ». Ce jeune homme a fait hérisser Cyrus.

La deuxième réponse venait d’un collègue érudit. Russel, de son nom. Celui-là a répondu : « Je n’ai vu personne. Je faisais mes comptes, j’ai terriblement besoin d’argent, je dois travailler plus dur... » Cyrus, compatissant, le laissa travailler.

La troisième réponse fut brève. « Fichez-moi la paix ! » Simple, efficace, et suspect.

La quatrième et ultime réponse vint d’une jeune femme, blonde et parfaitement aimable : « Je suis dans une bibliothèque pour lire, non ? Alors pourquoi je regarderais les gens ? » Il est vrai qu’elle n’avait pas tort...

Cyrus se place vers la sortie de la bibliothèque, et réfléchit quelques instants.

(Non, je n’ai pas encore assez d’élément... Il faut que je sorte d’ici...)

Il sort sans attendre de la bibliothèque. Presque en courant. Une fois dehors, il se demande :

(Ou commencer...)

Cyrus avance un peu dans la ville de pierre. Qui est ce que ça pourrait intéresser, un livre... Et même, ou est ce qu’on pourrait trouver un voleur ?

Hmm...

-Les voleurs se rendent souvent aux tavernes... Ou dans les auberges... Ou alors, il serait déjà parti de la ville ? Souffle Cyrus

Il hésite.

-Bien, commençons par la taverne. Je n’ai pas de temps à perdre.

Il entre dans la taverne. L’odeur de l’alcool agresse son odorat plutôt raffiné. Mais il secoue la tête. C’est un bon endroit.

Cyrus avance un peu dans la foule. C’est l’heure de pointe, on dirait... Il demande alors plusieurs informations à des locaux, ou des érudits... Mais rien, pas un seul témoignage utile.

Jusqu’à ce que Cyrus remarque, au bar, deux jeunes femmes. Elles sont habillées très différemment, entre elles, et par rapport aux habitants de Diguedin.

-Tiens... Des étrangères...

Cyrus approche des deux femmes. Elles boivent toutes les deux paisiblement.

-Bonjour, voyageuses.

Elles se retournent toutes les deux. Cyrus sent soudain quelque chose passer au niveau de ses jambes. Il frissonne, baisse les yeux, et remarque... Une panthère des neiges bien connue.

-Quoi ? Mais...

Il secoue la tête.

-Qui a-t-il ? Demande l’un des deux femmes, une brune

-Eh bien...

Il s’éclaircit la voix.

-Auriez-vous vu quelqu’un sortir de la bibliothèque par hasard ?

La jeune femme blonde se tourne vers Cyrus.

-Oui, j’ai vu un jeune homme en sortir.

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