Natsu

Chapitre 12 : Funeste destin

1037 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 24/11/2013 17:15

Au mois de juillet, l’état de Natsu s’est tout d’un coup aggravé. Sa maladie a rapidement progressé. Il fut de plus en plus pénible pour Natsu de bouger, de manger et de boire. Même les gestes les plus simples lui prenaient beaucoup de temps. Il a immédiatement été hospitalisé. Ses parents repoussèrent sans cesse la date de l’opération. Ils ne voulaient pas d’intervention chirurgicale. Si elle se passait mal, Natsu aurait pu ne jamais se réveiller de l’anesthésie. C’était comme planter un couteau dans son cœur, déjà si fragile. Il avait toujours besoin de quelqu’un pour l’aider à se relever, à le nourrir, à l’habiller. Bref, Natsu ne pouvait plus rien faire seul. J’en étais tellement choquée. Ce changement soudain de son état n’aurait jamais pu être anticipé. Il avait l’air parfaitement bien il y a à peine quelques semaines pourtant. Si brusquement, tout notre petit monde s’est retourné. L’été est revenu. Le soleil brûlait les yeux et la peau, la chaleur était insupportable et chaque jour l’était d’autant plus sans Natsu.

A l’école, nous ne faisions rien. C’est pour ça qu’en sport, le cycle « piscine » a enfin commencé. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines s’écoulèrent sans que je n’aie pu voir Natsu une seule fois. Les visites étaient interdites pour lui. Dans son état, seuls les médecins et les infirmières pouvaient entrer dans sa chambre qui se trouvait dans le bloc des cas « sérieux ». Je m’inquiétais, mais que pouvais-je faire à part prier pour qu’il retrouve la santé ? Les médecins ne voulaient rien me dire. Seuls les membres de sa famille étaient au courant de ce qui se passait. J’avais oublié que moi, je n’en faisais pas partie. Ses parents eux-mêmes ne voulurent plus vraiment m’expliquer la situation. Ils évoquaient vaguement des « malaises » ou autres choses du genre.

Puis un jour, j’ai reçu un appel sur mon portable. Sa mère pleurait, sanglotait, criait. Je ne comprenais rien à son charabia. Son mari a pris la relève et je ne voulais toujours pas comprendre. Sans demander de plus ample explication, j’ai levé ma main au ciel. Ce ciel aussi vaste que l’océan et d’un bleu magnifique. S’il était le ciel, je serais si contente, car de cette façon, je pourrais le voir à chaque fois que je lève la tête. Quand le jour se lèverait, je pourrais voir le soleil, ce sourire qui illumine son visage. Quand il se couche, la couleur pourpre du ciel reflètera cet amour ardent qu’il ressent envers moi. Le ciel m’embrasse, me prend dans ses bras. Il veillera toujours sur moi.

Il…il…Natsu, il… Il est… Il n’est…plus là…

A cette pensée, cette main que j’avais levée retomba le long de ma taille. Je me laissais tomber sous mon poids. Mes larmes coulèrent. J’avais tellement pleuré que mes yeux étaient devenus rouges. C’est Maki qui m’avait trouvée. Elle était choquée de voir dans quel état pitoyable j’étais. Une nouvelle fois…je perdais une personne qui m’était très chère…

Trois jours plus tard, je me rendis à ses funérailles. Tous les élèves et le professeur de la classe étaient là en plus de sa famille. Les filles pleurèrent toutes sans exception, toutes à part moi. Les garçons ne parlèrent même pas entre eux. Le professeur fit part de ses condoléances à la famille Takimura. Devant moi, son cercueil trônait au milieu de la pièce, entouré de nombreux bouquets de fleur. Au-dessus du cercueil se trouvait sa photo. Lui, souriant, en uniforme scolaire. Quand elle a été prise, il ne devait ne soucier de rien. Il avait l’air si heureux. L’était-il ? Il m’a laissée tellement de bons souvenirs. Je n’avais pas le droit de pleurer. Je devais être forte. Et pourtant…et pourtant…je trouvais cela si injuste qu’il me laisse derrière lui comme ça…sans rien me dire… Devait-il vraiment me quitter si tôt… ?!

Le mois d’août allait bientôt s’achever. Cela faisait un an. Nous nous sommes rencontrés il y a un an de cela. A cet instant-là, je n’aurais jamais cru que nous vivrions une telle histoire. Si j’ai pu grandir, ouvrir les yeux, c’est grâce à lui. Il m’avait donnée la force de continuer à braver les difficultés, lui, qui n’avait même pas de futur, devait toujours affronter la réalité en face. Il savait ce qui l’attendait… Pourquoi a-t-il fallu qu’il parte maintenant ? Pourquoi…alors qu’il était encore si jeune… ?

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