Noriko

Chapitre 77 : Enies Lobby (5)

9653 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 02/01/2026 14:18

Noriko secoua sa main comme si elle se débarrassait d'une saleté puis expira longuement en fermant ses yeux.


    Un hurlement attira son attention vers la tour. Elle fit volte-face et se figea avant de baisser la tête en soupirant. Franky était en train de se précipiter vers elle.

— Oh, la fille ! l'interpella-t-il avant de reprendre son souffle.

— Noriko, marmonna-t-elle avec mépris.

Franky mit ses mains sur ses hanches et se redressa pour regarder autour de lui.

— Je t'ai vu te battre alors j'ai voulu venir t'aider, mais on dirait que tu t'en es très bien sortie toute seule, s'amusa-t-il.

Complètement absente, plantée devant lui les bras ballants le long du corps et le regard hagard, Noriko fixait un point invisible droit devant elle.


Remarquant son état catatonique, Franky fronça ses sourcils et se pencha vers elle.

— Eh, t'es sûre que ça va ?

Il posa une main sur son épaule, ce qui arrêta la respiration de Noriko. Ne contrôlant plus son corps, elle avisa la main posée sur elle, puis leva son menton pour ancrer des yeux menaçants dans les siens.


Franky eu un mouvement de recul et la regarda avec effarement.

— Mais qu'est-ce...

Il l'attrapa par les deux épaules et se rapprocha pour sonder son regard d'un air paniqué avant d'affaisser les siennes.

— La vache, j'ai eu peur en voyant ton œil rouge, mais je pense que t'as juste un vaisseau pété, lâcha-t-il avec soulagement.

Noriko cligna des yeux et reprit sa respiration en se souvenant que Franky était un allié et non un ennemi.


Elle secoua subtilement la tête et se dégagea de son emprise, tentant de comprendre de quoi il parlait concernant son œil et surtout, tentant de comprendre ce qu'il venait de lui arriver.


L'instant d'avant, elle était consumée d'une terrible force démoniaque, et maintenant, voilà que le calme avait repris possession de son corps, comme si rien ne s'était produit.


Soudainement, reprenant conscience de sa propre existence, elle eut un hoquet de stupeur lorsque les images de son combat traversèrent son esprit.


La respiration douloureuse, elle se pencha en avant en se comprimant la poitrine puis tomba à genoux, trahie par son corps qui semblait se souvenir qu'il était blessé.

— Oh, la fille, s'affola Franky, t'es sûre que ça va !?

Haletante, la jeune femme tentait de retrouver un rythme cardiaque normal. Son sang bourdonnait dans ses oreilles. Elle entendait les cris d'agonie de Moira résonner dans son esprit, elle la revoyait lutter contre sa survie et enfin, sentit de nouveau son corps s'écraser sous ses doigts.


Oui, elle avait eu conscience ce qu'elle faisait, c'était bien elle qui contrôlait ses moindres faits et gestes, mais jamais elle n'aurait été capable d'une telle cruauté, jamais elle n'aurait fait souffrir quelqu'un à ce point, pas même un ennemi.


Jamais elle ne se serait cru capable d'une telle puissance.


Ce n'était tout simplement pas elle.


Mais son Fruit.


Il avait réagi à son appel silencieux. Ce dont elle se souvenait avant de créer involontairement une bulle d'eau qui l'avait rattrapée durant sa chute était qu'elle avait regretté de ne pas être plus forte.


Elle qui avait vainement cru que la haine où le fait de savoir que la mort planait au-dessus d'elle – ou de ses amis – étaient la clé pour activer son mal de crâne et la brûlure dans ses yeux, déclenchant ainsi sa perte de contrôle et provoquant le chaos autour d'elle.


Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle l'avait souhaité, comme chaque fois qu'elle s'était sentie inutile où qu'un membre de son équipage avait dû lui venir en aide.


Mais cette fois, cela avait été différent, ce n'était pas qu'un simple souhait, mais une volonté propre et réelle d'y arriver et surtout, une volonté d'explorer la pleine puissance du pouvoir de son Fruit du Démon.

— Noriko !

La voix de Franky la ramena à la réalité et elle dû arrêter le cours de ses pensées, remarquant seulement à cet instant qu'il s'était agenouillé près d'elle, les lunettes relevées sur sa tête.

— Je vais bien, rassura-t-elle en s'aidant de la main qu'il lui tendait. Cette folle a juste voulu m'arracher un œil.

Elle grimaça de douleur, son mal de tête ainsi que la brûlure lancinant ses yeux ne la faisaient plus souffrir mais la douleur causée par le coup reçut dans ses côtes était toujours présente.

— Tu saignes, remarqua-t-il en avisant son ventre avant de retirer son annulaire gauche au sens propre du terme. Ton arcade et ta lèvre, ça s'est arrêté, mais faut faire quelque chose pour tes côtes.

Noriko ouvrit de grands yeux, remarquant que son doigt était en réalité une sorte d'agrafeuse géante.

— Franky ? s'inquiéta-t-elle.

— Tu vas le sentir passer, je vais pas te mentir, continua-t-il comme si elle ne l'avait pas interrompu, mais si restes comme ça, tu vas te vider de ton sang.

Noriko avala difficilement sa salive en remarquant l'air sérieux du cyborg, puis inspira profondément avant de hocher la tête.


Franky posa une main sur son épaule – qu'elle agrippa immédiatement en retour – pour l'empêcher de bouger et attendit son signal. Lorsqu'elle fut prête, elle inclina son menton et retint sa respiration.


Elle enfonça si profondément ses ongles dans sa peau qu'elle en sentit les plaques d'acier dont Franky était entièrement recouvert sans que ce dernier ne cille, trop concentré sur ce qu'il faisait.


Elle étouffa un cri de douleur lorsqu'il rapprocha sa peau qui ornait la plaie entre ses côtes, mais ne put se retenir de hurler lorsqu'il la referma à l'aide de deux grosses agrafes qui la firent immédiatement saigner.

— Faudra que tu voies ton copain renne, j'ai cru comprendre qu'il était médecin. Tu veux que je m'occupe de ta face ?

Se cramponnant à lui en reprenant longuement son souffle et luttant pour empêcher ses larmes de couler, Noriko secoua faiblement la tête en signe de négation, refusant d'être plus défigurée qu'elle ne l'était déjà.

— Comment... comment as-tu atterri là ? demanda-t-elle en regardant ses côtes endolories désormais ornées de deux bagues de métal. Tu m'as vraiment vue me battre ?

— Pour sûr, enfin de loin, mais je suis arrivé à la fin. Je l'ai pas vue te mettre dans cet état, mais je t'ai vue la balancer dans la flotte. En tout cas, je dois dire que tu t'es sacrément bien débrouillée, sourit-il en lui broyant presque l'épaule invonlontairement, je te pensais pas aussi forte.

Elle grimaça sous la pression et inspira difficilement.

— Je crois que l'une d'entre elle est fêlée, marmonna-t-elle pour répondre à son regard interrogateur.

— Nan, t'inquiète pas, je l'aurais vu sinon, c'est juste le choc.

— Heu... Pardon ? s'étonna-t-elle avec des yeux ronds.

— Je t'ai scanné des pieds à la tête, expliqua-t-il fièrement en remettant son annulaire en place, niveau ossature, t'as aucun problème.

Noriko croisa ses bras sur sa poitrine par réflexe et le regarda d'un air horrifié. Comprenant le quiproquo de la situation, Franky ouvrit de grands yeux, outré.

— Mais enfin, j'ai pas regardé sous tes vêtements, pour qui tu me prends !? s'offusqua-t-il. Ce sont mes yeux, je... si je veux, je peux regarder comme font les rayons... enfin... comme une radio quoi !

Noriko se massa la tempe en poussant un bref soupir.

— Préviens-moi la prochaine fois, marmonna-t-elle en allant récupérer la veste de Pauly.

— Désolé, mais c'est toi aussi ! Tu m'as inquiété avec ton état léthargique, tu faisais peur à voir quand je t'ai trouvée !

Noriko força un sourire puis changea de sujet en lui montrant rapidement la clé numéro 6 qu'elle gardait sur elle. En retour, Franky sortit la clé numéro 4.

— J'ai finalement rétamé l'autre crétin bavard avec ses fermetures éclairs, expliqua-t-il fièrement en la rangeant, et je dois dire que je pensais pas autant en baver cette semaine. Depuis que vous avez foutu les pieds à Water Seven, ma vie est devenue un sacré bordel et j'enchaine les bagarres.

Noriko le regarda d'un air désolé, ne pouvant admettre qu'il avait raison. Elle noua la veste autour de sa taille en faisant deux nœuds bien serrés à l'aide des manches. Brusquelement, elle releva la tête en affichant un air outré.

— Mais je rêve, cingla-t-elle, je te signale que si tu ne t'en étais pas pris à Ussop, t'aurais évité quelques déconvenues !

— Et nous y revoilà ! râla le cyborg. Toi aussi, tu vas me mettre ça sur le dos jusqu'à la fin de mes jours !?

Elle voulut répliquer, mais se ravisa rapidement compte tenu de la situation. L'heure n'était pas aux disputes. Elle afficha un sourire de façade en soufflant exagérément par le nez avant de lever la main en signe de défaite.

— Enfin bref, reprit le cyborg comme si de rien n'était avant de se mettre en marche, je comptais aller aider les autres avant de tomber sur toi. La tour risque de s'effondrer à tout moment et j'ai laissé ton copain renne dans les cuisines qui s'apprêtait à combattre celui à la tignasse rose.

La jeune femme hocha la tête et, en le suivant vers la bâtisse, lui raconta tout ce qu'elle vu avant de commencer son combat.



— Si je résume, la clé numéro 2 n'est pas pour Robin, c'est déjà ça de gagné.

Franky observait toutes les clés en sa possession que Noriko venait de lui donner sous prétexte qu'il les protègerait mieux qu'elle.


En réalité, elle avait surtout peur de perdre le contrôle et de les égarer.

— Oui, mais on en a quand même besoin pour libérer Zoro et Ussop.

— Décidément, vous avez vraiment le don pour vous foutre dans des situations pas possibles..., souffla Franky en roulant des yeux. Si les deux énergumènes avaient l'intention de libérer tes deux copains, c'est qu'ils ne l'ont pas avec eux. Ta copine rousse a récupéré la numéro 3 qu'elle t'a confiée, toi, la 6 et moi, la 4. Ce qui veut dire que c'est la secrétaire qui a la numéro 2.

— Nami est chargée de s'occuper d'elle, enfin... ma copine rousse, précisa-t-elle pour rafraichir la mémoire de son comparse.

— Ouais, ça va, j'avais deviné, bougonna ce dernier comme si elle le prenait pour un abruti, c'est la seule fille qui t'accompagne.

Une explosion assourdissante interrompit leurs réflexions en les faisant sursauter et Franky plaça de justesse son avant-bras devant le visage de Noriko, empêchant ainsi un débris de pierre de s'écraser sur elle.

— C'est quoi ce bordel encore ? s'agaça-t-il en balayant l'air de sa main pour dégager la poussière qui leur obstruait la vue.

Il observa la tour, imité par Noriko et tous deux remarquèrent qu'un des murs venait de s'effondrer.


Face à eux, se détachant lentement du trou béant menant à l'intérieur de la bâtisse, la silhouette d'une sorte d'animal avoisinant les quinze mètres de haut s'avançait vers eux.


Les yeux de Noriko s'écarquillèrent d'horreur lorsqu'elle aperçut un chapeau qu'elle connaissait bien, planté au sommet du crâne de la créature, et son menton trembla légèrement.

— Cho...Chopper ? bégaya-t-elle.

Franky tourna la tête vers elle, puis reporta de nouveau son attention vers l'animal. Ce dernier se tenait debout sur ses deux pattes arrières qui étaient serties de sabots, tandis que ses pattes avant, elles, se terminaient par deux mains semblables à celle d'un humain, bien que complètement difformes. Son museau s'était allongé, faisant pensant à celui d'un vrai renne et ses yeux brillaient d'une étrange lueur bleue.

— C'est toi petit renne ? Bah dis-donc, t'as bien grandi, railla le cyborg.

Son sourire disparut lorsque son regard se posa ce qu'il tenait entre ses doigts, c'est-à-dire la tête de l'homme aux cheveux roses. Le reste son corps y était toujours accroché, mais pendait mollement, comme s'il avait été écrasé à de multiples reprises.

— Il l'a ratatiné ou quoi ? s'étonna l'homme aux cheveux bleus, tandis que Noriko demeurait muette face à la taille de son ami.

Pour toute réponse, Chopper souleva l'agent du CP9 puis le jeta vers l'Île Principale comme s'il s'agissait d'un vulgaire caillou et le fracas qui en retentit leur fit comprendre qu'il ne risquait pas de se relever de sitôt si tant est qu'il n'était pas mort.

— Chopper ! hurla Noriko qui venait de retrouver sa voix, malgré sa gorge sèche. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, c'est une de tes nouvelles formes !?

— Heu... La fille ? l'interpella Franky d'une voix inquiète sans qu'elle ne le relève. Je pense qu'on devrait reculer.

Le créature géante poussa un rugissement intense qui les força à mettre les mains sur leurs oreilles.

— Chopper ! hurla Noriko en voulant s'approcher. Arrête, c'est nous !

— Non, attends ! ordonna Franky en mettant un bras devant elle. C'est pas lui, c'est pas Chopper !

— Qu'est-ce que tu racontes ? s'emporta-t-elle en voulant forcer le passage. Bien sûr que c'est lui, c'est à cause d'un médicament, il m'a parlé de ses différentes formes qu'il pouvait prendre et...

Elle ne put finir sa phrase. Franky l'attrapa par la taille, la jeta sur son épaule et sauta sur le côté avant de planter sa main libre dans le sol pour se réceptionner. Au même moment, Chopper abaissa avec violence sa patte avant à l'endroit où ils tenaient quelques secondes plus tôt.

— Ce que je veux dire, rectifia le cyborg, c'est que ce n'est plus lui !

Noriko refusa de l'écouter et se débattit pour descendre de son dos. Chopper ne pouvait pas perdre le contrôle, pas après qu'elle-même ait manqué de le perdre au tribunal. Cependant, s'il traversait la même passe qu'elle, c'est que sa conscience devait toujours se trouver quelque part dans ce corps et qu'il assistait, impuissant, à ses actes.

— Il faut juste attendre trois minutes ! insista-t-elle.

Un nouveau rugissement se fit entendre et le médecin les chercha du regard. Lorsqu'il les trouva, il rugit de nouveau.

— Mais enfin regarde-le, ça fait forcément plus de trois minutes qu'il n'a plus conscience de rien ! s'emporta Franky en attrapant Noriko par l'avant-bras. Il faut l'arrêter avant qu'il ne blesse l'un d'entre nous !

Il la tira derrière lui afin d'éviter une nouvelle attaque et tous deux se retrouvèrent cachés derrière un immense gravats, acculés au bord du vide, manquant presque de basculer dans les chutes d'eau.


Les yeux rivés dans le gouffre, la manieuse d'eau sentit son cœur se serrer sous les effets de la peur. La place où elle s'était battue avec Moira avait considérablement rétréci depuis qu'elle l'avait partiellement détruite et leur unique moyen de quitter cet endroit était de franchir le passage qu'obstruait Chopper. Elle serra ses poings et pinça ses lèvres. Franky avait raison. Il ne différenciait plus ses amis de ses ennemis et ne les laisserait pas passer si facilement.


« Quant à la troisième... Je perds connaissance, empêchant tout combat. Je ne l'ai vécu qu'une fois sur mon île hivernale. Impossible de savoir ce que j'avais fait ce jour-là. Kureha m'a assuré qu'il n'y avait rien de grave, mais m'a interdit de recommencer car c'était dangereux pour moi. »


Elle eut un hoquet de stupeur et plaqua sa main sur sa bouche lorsqu'elle comprit. Il avait pris une troisième Rumble Ball et son état serait permanent jusqu'à ce que quelqu'un intervienne. Il n'était pas dangereux pour lui-même comme il le croyait, mais pour les autres, pour son entourage.


Pensant sans doute qu'ils avaient basculé dans le vide, le renne mutant se détourna d'eux sans prévenir. Puis, se mit face à la tour et décida de l'escalader en poussant des rugissements, faisant trembler les pierres sous son poids.

— Allez la fille, pas de temps à perdre, s'exclama Franky en attrapant de nouveau Noriko par la taille. On le rattrape et on l'assomme !

Sans que la jeune femme ne puisse quoi que ce soit, elle se retrouva perchée sur le dos de son ami et, manquant de basculer en arrière lorsqu'il s'élança en courant au pied de la tour, accrocha ses avant-bras autour de son cou pour s'y cramponner de toutes ses forces.

— Promets-moi de ne pas lui faire de mal ! implora-t-elle.

— T'inquiète, s'amusa Franky en remettant ses lunettes de soleil avant de commencer son escalade, pas plus que nécessaire !



Après plusieurs minutes d'ascension, Noriko sauta du dos de Franky et atterrit dans une salle de bain complètement dévastée. Au centre, face à eux, agenouillée et bouillonnant de rage, Nami arrachait les vêtements de Kalifa qui gisait inconsciente au sol.

— Je suis sûre qu'elle a cette fichue clé ! beugla la navigatrice en les apercevant.

— Eh bah, lâcha Franky en relevant ses lunettes avant de cligner plusieurs fois des yeux. Bravo et un point à la poulette pour avoir réglé le compte de cette donzelle.

— Je l'ai ! hurla soudainement Nami en brandissant fièrement la clé numéro 2, hors d'haleine.

Elle se figea en apercevant de plus près le visage tuméfié de Noriko.

— Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il t'est arrivée ?

— J'ai croisé une furie aux cheveux rouges, rétorqua laconiquement son amie.

Nami lui décocha un regard compatissant et Noriko comprit qu'elle-même avait passé un sale quart d'heure à en juger par son état.

— Dis-moi la rouquine, interrompit Franky, est-ce que tu sais ce qu'il s'est passé avec votre copain renne ?

— J'aimerais bien le savoir, maugréa Nami, il est arrivé comme un fou furieux, a tout saccagé dans la pièce et est parti en hurlant. Et comme par hasard, pile là il est apparu, c'est vous deux que je trouve à sa place ! Alors, oui, j'aimerais bien savoir ce que lui est arrivé !

— Parce que tu crois qu'on est responsables de ça ? s'emporta le cyborg.

— Je vous demande juste si vous savez ce qui lui ai arrivé !

— Vous croyez que c'est le moment de se disputer ? s'agaça Noriko en passant entre eux deux pour les séparer.

Elle attrapa la main de Nami pour qu'elle la suive et quitta la pièce.

— Il faut qu'on le retrouve !

— C'est ça, qu'on le retrouve et qu'on le tue.

Deux hurlements stridents firent amèrement regretter les paroles de Franky lorsque Noriko et Nami s'indignèrent en même temps.

— Vous le protégez alors que c'est un monstre, s'étonna-t-il en suivant les deux jeunes filles.

— Ce n'est pas un monstre, s'énerva Noriko, c'est notre ami et il a juste perdu le contrôle !

— Il est devenu dangereux !

— Alors quoi ? On l'abandonne parce qu'il ne maitrise plus ses pouvoirs !? Il savait que ça pouvait lui arriver et il a quand même pris le risque, tout ça pour se battre à nos côtés et nous aider !

— On dirait que tu parles en connaissance de causes, hasarda Franky.

Noriko se figea, comprenant qu'effectivement, elle parlait plus d'elle que de Chopper. Cependant, le cyborg ne sembla pas faire cas de sa propre remarque parce qu'il la dépassa sans se soucier de sa réponse.


Des rugissements attirèrent leur attention et tous trois se précipitèrent vers celui qu'ils savaient être le jeune renne.



Ils arrivèrent dans une sorte de grand jardin où poussaient différents arbres ainsi que de l'herbe, bien qu'ils soient toujours à l'intérieur de la tour.


Avec stupéfaction, ils y retrouvèrent Zoro qui était toujours enchainé à Ussop, comme l'avait indiqué Chopper. Au fond de la salle, en position de combat, attendait une girafe géante que Noriko devina être Kaku. Elle balaya la salle des yeux à la recherche du loup Jabura qui en revanche, demeurait introuvable.


Le jeune homme aux cheveux verts fut le premier à les remarquer et sembla furieux de les voir.

— Zoro, Sniperssop !! hurla Nami en levant la clé à bout de bras.

— C'est Sniperking ! s'indigna leur ami concerné.

— Mais qu'est-ce que vous fichez ici, vous !? explosa Zoro. C'est dangereux ici !

— On te ramène la clé, espèce d'ingrat ! s'emporta Nami en le pointant du doigt.

Profitant de ce moment d'inattention, Kaku leur fonça dessus, armé de deux sabres et Zoro esquiva de justesse l'attaque, sous les cris désespérés d'Ussop qui s'accrochait de toutes ses forces à son bras menotté.

— Où est Chopper ? murmura Noriko en tournant sur elle-même, paniquée à l'idée qu'il pouvait blesser l'un des leurs. Les cris provenaient d'ici...

Ce dernier répondit à sa place lorsque le sol de la pièce vola en éclat, fissurant les murs ainsi que le plafond du jardin et menaçant de le faire complètement s'écrouler. Le jeune médecin rugit de colère tout en se hissant de la pièce du dessous, fonçant à travers le nuage de poussière qui s'était formé.


Par réflexe, Noriko dégagea Nami et Franky à l'aide de bulles d'eau et les envoya valser à l'opposé de leur ami avant de se jeter au sol pour éviter un débris qui tomba du plafond.

— Mais c'est quoi ce truc !? hurla Ussop.

— Ce chapeau, c'est... Chopper !? s'exclama Zoro qui avait du mal à le croire.

De nouveau, les deux amis esquivèrent une attaque de Kaku.

— La rousse ! hurla Franky à l'attention de cette dernière qui, comme lui, sortait d'une bulle d'eau. Va leur amener la clé, on te couvre !

Sans se faire prier, la navigatrice se précipita vers Zoro et Ussop, tandis que Noriko envoyait de l'eau pour rattraper les débris qui risquaient de l'écraser.


Un genou à terre et les bras levés, elle éloignait difficilement chaque gravats qu'elle jetait au loin, prenant soin de ne pas percuter les murs. La douleur dans ses côtes ne l'avait pas quittée, mais elle n'avait pas le temps de s'en préoccuper et continuait d'ouvrir la voie pour Nami.


De son côté, après une nouvelle attaque déviée par Zoro, Kaku fit un bond en arrière pour s'éloigner le plus possible du nouveau venu qui continuait de rugir. En silence, il observa la scène, prêt à attaquer une fois que la menace serait éloignée.


Chopper pointa son regard vers Nami et voulut l'attaquer, mais Franky s'interposa et lui décocha un coup de son poing métallique relié par une chaîne en pleine mâchoire.


Le choc fut si violent lorsque le géant médecin se fracassa contre le mur que la tour se mit à trembler dangereusement, faisant tanguer tous ceux qui se trouvaient dans le jardin.

— Mais t'es malade, hurla Nami en reprenant son équilibre, tu veux tous nous tuer ou quoi !?

— Bah quoi ? s'offusqua le cyborg en faisant revenir son poing. Tu voulais qu'il t'écrase ?

Sans attendre, Chopper se redressa, fou de rage, et rugit de nouveau. Avec une rapidité sans nom, il plongea cette fois son poing en direction de Zoro et Ussop.

— Bon sang, mais qu'est-ce qu'il lui arrive !? hurla le bretteur en l'évitant de justesse.

Franky bondit devant eux et pointa son bras vers Chopper. Sa main s'articula avant de s'ouvrir, laissant apparaitre un bazooka à la place de l'os de son poignet. Au milieu de sa paume, un viseur était apparu.

— Écartez-vous les loulous, s'écria-t-il, ça va secouer !

— Oh Franky, tu fiches quoi ? C'est notre ami ! riposta Zoro.

— Je sais, boucle-la un peu.

En arborant un fier sourire, son avant-bras se gonfla instantanément et, au moment où Chopper tenta de l'attaquer, un énorme coup de vent sortit de son poignet avant de foncer droit sur son thorax.


Le médecin de l'équipage fut violemment jeté en arrière dans un grand cri de douleur. Il traversa ensuite le mur menant à l'extérieur de la tour et tomba dans le vide.


Sans attendre, Franky se précipita à la poursuite du renne et se jeta à corps perdu dans le nouveau nuage de poussière qui s'en dégageait et qui rendit rapidement opaque la visibilité de tous.


Hors d'haleine, Noriko tomba à genoux lorsqu'elle réalisa ce qu'il venait de se passer.


En contrebas se trouvait le gouffre, mais surtout de l'eau de mer, ce qui annulerait sans doute son pouvoir. De son côté, Franky s'assurerait qu'il se soit noie pas. Elle soupira de soulagement. Au moins, il ne risquerait plus de blesser qui que ce soit.


Un lourd bruit métallique attira son attention et elle comprit que Nami avait profité de la confusion générale pour retirer les menottes de leurs deux amis.


Lorsqu'elle leva la tête, cette dernière ainsi que le menteur invétéré étaient en train de reculer dans sa direction, le regard rivé sur le nuage de poussière qui se dissipait petit à petit.


Un frisson lui parcourut l'échine et elle déglutit en silence lorsqu'elle sentit l'aura meurtrière qui s'en dégageait et son cœur s'accéléra lorsque son propriétaire dégaina ses trois sabres en arborant un sourire sadique.


Zoro était enfin libre et il n'attendait qu'une chose : pouvoir se battre à pleine capacité.

— T'as loupé une bonne occasion de m'arrêter, s'amusa-t-il à l'attention de Kaku qui lui faisait face au bout de la salle, une telle chance ne se reproduira pas.

Une main ferme se posa sur l'épaule de Noriko qui fut sortie de sa torpeur.

— Il faut qu'on bouge, indiqua Nami, on sera inutiles si on reste là, tu as toujours les clés sur toi ?

— Je..., bredouilla-t-elle, non, c'est Franky qui les a, j'ai préféré les lui confier.

— Prends-ça, ordonna-t-elle en lui mettant un mini-escargophone entre les mains que Noriko rangea aussitôt, c'était celui de la secrétaire. Si on se sépare, on pourra se contacter avec celui que Sanji m'a donné.

Ussop ouvrit la bouche pour intervenir, mais un tremblement l'interrompit. Les trois amis eurent tout juste le temps d'éviter un puissant coup de pied qui s'abattit pile à l'endroit où ils se tenaient quelques instants plus tôt.


La tour fut de nouveau ébranlée et de la poussière s'éleva de l'impact, rendant de nouveau leur visibilité réduite.

— Les gars ! hurla Zoro qui voulait intervenir.

Cependant, Kaku ne lui en laissa pas l'occasion et se précipita vers lui en réitérant une attaque. Tous deux luttèrent ainsi et le jeune homme fut rapidement tenu éloigné de ses amis.


Se tenant douloureusement les côtes, Noriko tentait de comprendre d'où était sorti leur nouvel ennemi. Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits. Ce n'était pas le moment de penser à ce genre de futilités. Elle devait d'abord savoir de qui il s'agissait.


Nami et Ussop apparurent chacun leur tour dans son champ de vision et lui firent signe qu'ils n'avaient rien.

— Vous savez, tonna une voix grave, je n'ai jamais été partisan de la violence...

Surplombant le nuage de poussière, le haut d'un crâne animal gris fit son apparition et tous comprirent qu'il s'agissait de l'agent Jabura.

— Il est sérieux ? s'emporta Ussop qui avait oublié d'avoir peur. Il a failli tous nous écraser !

— D'ailleurs, tenez, continua leur ennemi, je vous donne ma clé.

À ces mots, il jeta sa clé vers les pieds des trois amis, sans qu'aucun ne réagisse.


Tout en tentant de calmer sa respiration face à ce piège grossier, Noriko avisa le numéro qui était inscrit : 1. Ce qui voulait dire que Kaku avait la numéro 5 en sa possession.


Elle jeta un bref coup d'œil à ses amis. D'un signe de tête, ils comprirent.


Simultanément, Ussop lança une bille explosive qui dégagea un écran de fumée, Noriko jeta une bulle d'eau vers la clé pour l'éjecter en direction de Nami, tandis que cette dernière faisait apparaitre des sortes de nuages à l'aide son bâton climatique.


Jabura éclata de rire et se permit de les féliciter face à tant d'ingéniosité.


Cependant, il fut plus rapide qu'eux et en un éclair, lança un puissant coup de pied qui les envoya tous valser de chacun d'un côté.


Noriko se redressa péniblement en grimaçant de douleur et s'aperçut avec effroi que l'écran de fumée avait gagné en intensité et l'avait complètement isolée de tout le monde.


Elle porta une main sur son ventre et respira difficilement. Le coup reçu n'avait pas été lancé à pleine puissance. Cependant, il était déjà beaucoup plus violent que ceux infligés par Moira, ce qui laissait deviner le niveau de l'agent du CP9 qui en était à l'origine.


Elle fit apparaitre une bulle d'eau dans sa main et, tout en essayant de deviner la présence de Nami et Ussop, la transforma en un torrent qui tourna à toute vitesse autour d'elle en guise de bouclier.


Elle devait rester prudente, le moindre faux pas pourrait entrainer l'effondrement de toute la tour fragilisée et la mort de ses amis avec elle.


Un rire émergea de la fumée, suivit des cris de terreur Nami et Ussop. Jabura jouait avec eux.


Noriko serra des dents, elle ne voyait toujours rien et ne pouvait pas intervenir.


Des bruits de lutte et de sabres d'entrechoquant entre eux se firent entendre, ce qui indiquait que Zoro se battait toujours avec Kaku. Noriko pouvait même sentir les appels d'air provoqués par leurs lames.


Une idée lui vint.


— Nami ! hurla-t-elle sans savoir où elle se trouvait. De quoi un navire a-t-il besoin pour avancer ?

Il ne fallut que quelques secondes pour que son amie comprenne. Une forte rafale de vent balaya rapidement l'intégralité de la pièce, la forçant à se protéger le visage. Un vent suffisamment fort pour balayer l'écran de fumée, mais pas suffisamment puissant pour mettre en danger la stabilité de la tour.


Lorsque Noriko ouvrit les yeux, elle se figea de stupéfaction.


Face à elle, faisant presque deux fois sa taille, se tenait Jabura sous sa forme hybride de loup. De la bave s'écoulait de sa puissante mâchoire d'où sortaient de grandes dents pointues tandis que des griffes acérées, aussi grande que la paume de Noriko, terminaient de décorer ses mains géantes.


D'un coup de pied, il retourna une masse qui gisait à ses pieds.

— Ussop !! s'étrangla la manieuse d'eau en reconnaissant son ami.

Sans réfléchir, elle balaya le vide devant elle à l'aide de ses deux mains. Obéissant instantanément, l'anneau d'eau qui lui tournait toujours autour fonça à une vitesse folle vers Jabura.


Au même moment, Nami abaissa son bâton devant elle et un éclair fusa vers leur ennemi jusqu'à rencontrer le cercle d'eau, l'électrisant au passage.


Jabura, qui devait s'attendre à ne recevoir qu'une bulle d'eau inoffensive ouvrit de grands yeux lorsque l'attaque combinée s'abattit sur lui.


Un bruit d'explosion semblable à un coup de tonnerre s'en dégagea et Noriko espéra trop tard qu'Ussop n'avait pas été touché.


Son souffle se coupa lorsqu'elle entendit de nouveau le rire de Jabura traverser la pièce. Il s'était pris l'attaque de plein fouet, mais n'avait pas bougé d'un centimètre.


Les poings de la manieuse d'eau se serrèrent. Elle savait que les Fruits de Démon de type Zoan conféraient une grande puissance à leurs détenteurs, car ces derniers combinaient à la fois la force d'un homme, mais également celle d'un animal ; cependant, elle ne pensait pas que l'un d'entre eux survivrait aussi facilement à une électrocution. À cela s'ajoutait l'entrainement intensif dont l'agent avait fait preuve, ce qui le rendait d'autant plus redoutable.


Avec un regard méprisant, il leva son pied et sans prévenir, l'abattit sur Ussop.


Impuissantes, les deux jeunes femmes hurlèrent en même temps le prénom de leur ami. Elles poussèrent un deuxième cri, de stupeur cette fois, lorsqu'elles aperçurent Jabura décoller du sol avant d'aller s'écraser dans le mur qui les séparaient des escaliers.

— Désolé pour le retard.

Un soulagement intense envahit Noriko et elle ne put s'empêcher de sourire. Devant ses yeux, après avoir lentement reposé pied au sol, Sanji était en train de s'allumer une cigarette.

— NAMI-CHÉRIE, NORI-D'AMOUR !! hurla-t-il en tournant sur lui-même. Je suis venu vous sauver tel un chevalier servant !

Le visage de la navigatrice passa de la stupéfaction à la colère.

— Tu crois que c'est le moment de nous conter fleurette !? Débarrasse-nous plutôt de ce loup !

Sanji n'eut pas le temps de répondre, Jabura venait de se téléporter derrière lui. Il voulut abattre son pied sur le cuisinier, mais ce dernier fut plus rapide. Il décocha un grand coup de pied dans les côtes d'Ussop pour le faire décoller vers Nami, puis esquiva avec facilité le talon de l'agent du qui s'enfonça dans le sol. Suite à ce choc, ce dernier se brisa en morceau tout en faisant de nouveau trembler la tour.

— Noriko !

La principale concernée leva les yeux et par réflexe, attrapa en plein vol ce que Nami venait de lui envoyer : la clé numéro 1 de Jabura.


La manieuse d'eau sentit son cœur exploser de joie, son amie avait donc bien réussi à mettre la main dessus.

— Rattrape Franky et rejoint Robin, hurla la navigatrice, on te fera parvenir la dernière !

Sans explication, elle se pencha vers Ussop qui était à moitié inconsciente et sans aucune douceur, lui administra plusieurs gifles pour le réveiller.

— Nezopp, lève-toi !

— Aïeuh ! s'égosilla ce dernier avant d'être pris d'une quinte de toux douloureuse. Mais t'es malade, y a même... même plus... plus une seule syllabe en commun...

Toujours allongé, il prit une grande respiration avant de s'étrangler d'indignation.

— C'est Sniperking !

— Lève-toi !

— Je suis trop faible pour le faire...

— Tu préfères mourir !?

— Dit comme ça...

Noriko jeta un coup d'œil vers le mur brisé menant à l'extérieur, à l'endroit où le cyborg avait disparu pour porter secours à Chopper et comprit la demande de Nami. De tous ses camarades, elle était la plus proche et pouvait facilement quitter cette tour.


Ses yeux se posèrent sur son amie qui aidait Ussop à remettre en position de de déense. Avec Zoro et Sanji dans les parages, ils ne risqueraient rien et à quatre contre deux agents, les combats seraient rapidement terminés.


Elle inclina donc son menton en guise d'accord et tourna les talons.


Des cris de protestations se firent entendre et au moment où elle se hissa sur une pierre du mur brisé et elle aperçut trop tard Kaku et Jabura qui se précipitaient vers elle.


Ils étaient sur le point de la toucher, lames et griffes dehors quand un coup de pied ainsi qu'un un coup de sabre les arrêtèrent simultanément chacun de leur côté.


Noriko n'avait même pas eu le temps de réagir. Zoro et Sanji venaient de la sauver en apparaissant devant elle.


Lui tournant le dos et dans un effort certain, ils repoussèrent les deux assaillants avant de lui adresser un signe de tête.


La manieuse les imita et, confiante, sauta dans le vide. Si quelqu'un tentait par un moyen ou un autre de l'empêcher de retrouver Franky, elle savait que ses amis assureraient leurs arrières.



Après avoir amorti sa chute à l'aide d'une bulle d'eau qui l'avait déposée au pied de la tour, Noriko suivit les éclats de voix familières provenant de l'endroit le Rocketman s'était écrasé.


Tout en prenant soin de garder l'équilibre tandis qu'elle franchissait les décombres de la tour, elle retrouva rapidement Franky qui hurlait des injures à l'attention de Kokoro. Cette dernière, passablement ivre, tenait Chopper à bout de bras et tentait par tous les moyens de lui faire boire du vin. À leurs côtés, assise gentiment par terre, Chimney s'amusait de la situation, tout en caressant son animal de compagnie.


D'abord soulagée de constater que le petit renne avait retrouvé sa taille normale, Noriko fut soudainement rattrapée par la situation grotesque qui se déroulait devant ses yeux. Elle voulut s'annoncer mais la fillette la devança en l'apercevant.

— La madame qui contrôle l'eau !

— Parfois, je me demande vraiment ce que t'as dans la tête, bougonna le cyborg en parlant de Kokoro.

Un sourire élargit son visage quand il aperçut Noriko à son tour.

— Tiens, la fille ! Bah alors, qu'est-ce que tu fais là ?

En guise de réponse, elle lui tendit la clé numéro 1 qu'il rangea avec les autres, puis s'approcha de Chopper, contente de le voir en un seul morceau mais inquiète quant à son état de santé.


Kokoro manqua de se casser la figure quand elle se tourna vers elle. Avec un sourire, elle allongea Chopper au sol, ou du moins, elle essaya car elle manqua de le faire tomber lui aussi.


Noriko aida la conductrice du Train des Mers dans sa tâche, prenant sur elle pour ne pas être incommodée par les relents d'alcool qui émanaient de ses lèvres, puis s'agenouilla près de son ami.


Avec délicatesse et la gorge serrée, elle passa sa main sur le poitrail du jeune renne, caressant ainsi sa fourrure. Il ne semblait pas avoir de séquelles de sa transformation et sa respiration régulière lui donnait l'air profondément endormi, bien qu'elle se doutait qu'il s'agissait surtout d'épuisement physique. Aussi, elle soupira de soulagement en comprenant qu'il était probablement hors de danger.

— Chimney connait un passage pour retrouver Robin, expliqua Franky, elle dit qu'elle y a déjà conduit ton capitaine alors faut pas perdre de temps.

Sur ces paroles, il invita la petite fille à le précéder et tous deux s'éloignèrent.

— Bon tu viens ? demanda-t-il à Noriko. On sera pas trop de deux pour aider votre copine.

La manieuse d'eau se força à s'arracher à la contemplation de son ami médecin et se releva, non sans manquer de demander à Kokoro de bien prendre soin de lui.

— T'es sûr qu'il ne risque plus rien ? demanda-t-elle lorsqu'elle rejoignit le cyborg.

— Je l'ai foutu à l'eau pour qu'il reprenne sa taille normale avant d'aller le repêcher, répondit-il avec lassitude, c'est lui le médecin, il respire et il est en vie, on peut rien faire de plus. Kokoro arrive à s'occuper d'une gamine et d'un lapin mutant, alors il n'y pas de soucis à se faire.

— C'est un chat ! s'indigna Chimney sans prendre la peine de se retourner vers eux.

— C'est ça, et moi je suis pas un cyborg.

Tout en continuant ce débat interminable, le groupe improbable se retrouva devant une porte menant vers un sous-terrain qui partait en direction de la Tour de la Justice. Selon les dires de Chimney, elle y avait aperçu Spandam et Lucci qui forçaient Robin à les accompagner et avait ensuite indiquer le même chemin à Luffy.


Franky leva ses bras au-dessus de sa tête et s'étira, se tenant prêt à entamer un nouveau combat.

— Ok, faisons les choses dans l'ordre. Chimney, va chercher Kokoro et le renne mutant et retrouvez-nous à la Tour de la Judiciaire. La fille, prépare-toi à courir, on n'a plus de temps à perdre pour retrouver la demoiselle Robin.

— Je dessinerai des flèches sur les murs pour indiquer la route à vos amis ! hurla fièrement la fillette avant de détaler sans se retourner avec son chlapin dans les bras.

— T'es malade, s'indigna Noriko en l'observant, tu veux les envoyer à la mort !?

— Bon écoute la fille, s'exaspéra Franky en s'engouffrant dans le sous-sol, on a un gouffre mortel derrière nous, l'inconnu devant et la tour qui les abritait jusqu'à maintenant va s'effondrer d'un instant à l'autre ; alors on va tous à la Porte et on laisse la chance faire.

— C'est ça, ton plan ?

— Non, mon plan, c'est d'amener ces fichues clés au bout de ce tunnel.

Il inspira longuement, puis s'élança en courant.


Prise de court, Noriko se précipita à sa poursuite, tout en marmonnant des injures à son encontre.



Tandis qu'elle courait, la manieuse d'eau redoublait d'efforts pour ne pas penser à la douleur qui cisaillait son corps. Elle avait beau avoir une condition physique hors norme, elle ne pouvait malgré tout pas nier le fait qu'elle était épuisée.


Elle songea à ce qui l'attendait. Robin serait probablement entourée de gardes, sans compter la présence de Spandam et de Lucci qui n'avaient pas engagé le moindre combat et qui seraient sans doute en pleine forme. Cependant, ils n'auraient pas le choix que de les confronter. Entre les monstres marins et la Marine, Si Robin passait la porte, ils ne pourraient plus rien faire pour elle.


Elle songea à Luffy qui ne devait plus être très loin non plus et penser à son aide lui remonta le moral.


Le duo s'arrêta devant une immense porte métallique qui avait été fracassée avant d'être arrachée à la volée.

— L'œuvre de ton capitaine ? devina Franky avec un sourire en coin.

— Sans doute..., ahana Noriko.

Penchée en avant, elle avait les mains posées sur ses genoux et respirait difficilement.


Se rendant compte qu'elle était observée, elle se redressa en se raclant la gorge.

— Continuons, lâcha-t-elle.

Franky l'arrêta en lui saisissant le bras, puis, sans lui demander son autorisation, attrapa son débardeur et le souleva sur ses côtes.


Noriko manqua de s'étrangler d'indignation, mais l'air sérieux du cyborg lui fit comprendre qu'il n'avait aucune mauvaise intention. Elle suivit son regard et constata avec effroi suite au choc, sa peau était devenue bleue foncée et tirait même vers le noir. Sa plaie quant à elle était désormais rouge et boursoufflée autour des deux agrafes métalliques qui suintaient de sang et d'exsudat indiquant qu'une infection risquait de se propager.


Lentement, elle rabaissa son vêtement tout en forçant un faible sourire.

— Tu penses toujours que c'est pas cassé ? railla-t-elle.

Une grande secousse accompagnée d'un grincement métallique strident empêcha l'homme de répondre.

— Qu'est-ce que c'était ? s'affola Noriko en retirant les mains de ses oreilles.

Le nez en l'air, un pli se dessina entre les deux sourcils de Franky.

— Ils ont ouvert la Porte de la Justice, expliqua-t-il d'un ton grave.

Le sang de Noriko se glaça dans ses veines, lui faisant immédiatement oublier la douleur qui parcourait son corps. Elle n'avait pas le temps de se soucier d'elle. D'ici peu, Robin serait hors d'atteinte.


Franky se baissa soudainement en lui tournant le dos.

— Monte, ordonna-t-il, t'es déjà trop lente et tu vas finir par clamser dans mes bras si tu continues.

Ne relevant pas la vacherie, la manieuse dos obéit et, comme lors de l'ascension de la tour, s'agrippa de toutes ses forces en passant ses mains autour de ses épaules.


Le cyborg se releva et fonça à toute allure à la poursuite de Robin et de Luffy.



Durant leur course, Noriko réfléchissait à toute vitesse.

— Kokoro a expliqué qu'un pont devait d'abord se lever pour pouvoir atteindre la Porte de la Justice.

— Le Pont de l'Hésitation, précisa Franky en comprenant où elle voulait en venir, il est coupé en deux et il faut attendre que la deuxième partie qui est de l'autre côté de la porte s'élève pour pouvoir le franchir.

— Ce qui veut dire qu'on a encore le temps d'y arriver !

Il s'arrêta soudainement, sans prévenir.

— Qu'est-ce que tu fais ? s'étonna Noriko tandis qu'il la faisait descendre.

En guise de réponse, il leva une main pour lui intimer de se taire.


Complètement immobile, il tendit l'oreille, à l'affut du moindre bruit. Une tige en métal sortit de son tympan et Noriko comprit qu'il pouvait entendre des sons imperceptibles pour un humain normalement constitué.


Au moment où une explosion retentit, il se jeta brutalement sur elle et la couvrit de ses bras métalliques, retenant de justesse un morceau de plafond qui s'effondra sur eux.

— Faut pas rester là !

Il l'attrapa par la taille et la jeta sur son épaule avant de reprendre sa course à une vitesse effrénée.


Secouée, Noriko gigota pour réussir à trouver une position confortable. Imitant le cyborg pour assurer leur protection, elle fit apparaitre un torrent d'eau qu'elle maintenait au-dessus d'eux afin de rattraper les éventuels débris qui risquaient de les écraser.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? hurla-t-elle.

— Il faut croire que Spandam a déclenché le Buster Call, explosa-t-il. Je savais qu'il était débile, mais pas au point de sacrifier toute l'île !

Noriko sentit son cœur tomber dans ses talons.


Le Buster Call.


Dix cuirassés de la Marine menés par cinq Vice-Amiraux étaient donc arrivés aux alentours d'Enies Lobby, tirant des boulets de canons à l'aveugle dans l'unique but de tout détruire.


Non seulement tout son équipage était en danger, mais également la Franky Family ainsi que les membres de la Galley-La Company qui les avaient suivis jusqu'ici.


Elle sentit ses lèvres trembler. Spandam avait réellement commanditer la destruction de l'île, mais également tout ce qui s'y trouvait, ce qui incluait ses propres hommes et leurs familles.


Elle qui d'ordinaire, se faisait une maladie à l'idée que des civils soient blessés par sa faute, se rendit compte que ses pensées étaient uniquement tournées vers ses amis.

— Les autres..., commença-t-elle.

— N'y pense pas ! gronda Franky. Tant que ce tunnel tiendra, ils auront une chance d'en réchapper. On peut rien faire pour eux si ce n'est de suivre le plan. Quant à mes hommes et ceux de Pauly, ils sont débrouillards et je suis sûr qu'ils trouveront un moyen de monter à bord du Train des Mers.

Noriko crispa sa mâchoire, espérant du fond du cœur que le cyborg disait vrai.

— On est sur l'île de la justice, reprit ce dernier comme s'il cherchait à se convaincre lui-même, il y a forcément tout un système d'évacuation en cas d'attaque. Reste concentrée sur Nico Robin, on avisera pour la suite.

La manieuse d'eau arqua ses doigts et les fit danser, dégageant ainsi un gravats qui leur tombait dessus. Elle refoula toutes ses émotions au plus profond d'elle-même et dirigea ses pensées le plus loin possible du Buster Call.


Robin n'était pas encore tirée d'affaire et son équipage n'en avait pas encore terminé avec le CP9, ce qui voulait dire qu'ils n'étaient pas prêts de quitter l'île, quel que soit le terrible danger qui les menaçait.

— Avec le Buster Call, on pourra pas repartir pas là où on est venus. Sans compter la Marine qui nous encerclera, il n'y aura plus rien quand on remontera à la surface.

— Alors quoi, tu suggères peut-être de passer par Marineford ou Impel Down ? ricana Franky. T'en as d'autres des idées comme ça ?

Noriko voulut rétorquer, mais compris que c'était inutile. Même s'il prétendait le contraire, Franky devait forcément s'inquiéter pour ses hommes, sans parler du fait qu'il venait de laisser Kokoro et Chimney à leur sort et sans défense. Le pire étant que si ce tunnel s'effondrait, personne ne pourrait plus accéder à la tour et tous se retrouveraient piéger sur l'île. Il préférait sans doute rire de la situation pour éviter de s'y attarder.


Elle resta donc silencieuse. L'un comme l'autre ne pouvait compter que sur la confiance qu'ils avaient en leurs amis pour qu'ils s'en sortent indemnes par leurs propres moyens.


Ils arrivèrent en bas d'un escalier, indiquant qu'ils étaient au pied de la Tour Judiciaire. Sans attendre, Franky s'élança, sans évoquer le moindre signe de faiblesse ou de fatigue.


Quand Noriko lui demanda si son poids ne le dérangeait pas trop, il s'était moqué en d'elle en disant que sa capacité de cyborg lui permettait d'en soulever une très grande quantité et qu'il se sentait même pas sa présence.



Après une longue ascension, ils trouvèrent porte close que Franky défonça sans aucune difficulté, après avoir déposé Noriko pour ne pas la blesser.


Cette dernière ne put s'empêcher de pousser un cri de stupeur quand il se retrouvèrent tous deux face à Lucci. Sous sa forme hybride grâce à son Fruit du Démon lui permettant de se transformer en léopard, il dépassait largement Franky d'une bonne vingtaine de centimètres.


La jeune femme regarda tout autour d'elle, mais constata rapidement que Luffy, Robin et Spandam étaient introuvables. Dans le fond de la salle, elle aperçut l'unique sortie fermée par une énième porte métallique et comprit que Franky et elle devraient forcément passer par là pour continuer leur chemin.

— On dirait que la cavalerie est arrivée, se moqua l'hybride.

Un fracas leur fit tourner la tête à tous les trois lorsque Luffy émergea soudainement de sous les décombres de caisses en bois.


Confuse de le revoir de manière aussi soudaine, Noriko voulut hurler son nom, mais sa gorge se serra.


Contrairement à Lucci qui était en pleine forme, son capitaine était en sang et au bord de l'évanouissement. Elle ignorait depuis combien de temps il se battait mais pouvait affirmer avec certitude qu'il y mettait toute sa force.


Le regard de ce dernier croisa celui de son amie et un sentiment de crainte passa sur son visage. De toute évidence, il ne s'attendait pas à la voir ici et encore moins dans cet état.

— Nori...

Reprenant rapidement ses esprits, il bondit dans leur direction et se plaça devant eux afin de faire face à son adversaire.

— On n'en a pas terminé, fulmina-t-il.

Son attention fut soudainement attirée par le cyborg, qui se tenait près de lui et ses yeux s'arrondirent de surprise.

— Hein !? Mais pourquoi t'es là, pauvre type !? T'en as pas eu assez la dernière fois ?

— Mais t'es complètement cinglé, tu viens juste de remarquer ma présence !?

— Qu'est-ce que tu fous avec Nori, d'abord ? s'égosilla le jeune pirate en le pointant du doigt.

La mâchoire de la jeune fille s'ouvrit toute seule. Elle connaissait le manque de discernement de son capitaine, mais devait admettre qu'à ce moment précis, il battait des records.

— On est du même côté, on a les clés avec nous, alors calmos ! Si Lucci te donne du fil à retordre, laisse-moi te donner un coup de main !

— Non, refusa fermement Luffy en reportant son attention sur l'agent du CP9, je m'occuperai moi-même de ce type. Rends-moi plutôt service, prends Nori avec toi et allez sauver Robin.

Un demi-sourire s'afficha sur la bouche du cyborg.

— Tu peux compter sur moi, gros nigaud.

Lucci laissa échappa un ricanement, puis, sans prévenir se téléporta au-dessus d'eux avant de décocher un coup de pied tranchant vers Franky et Noriko.

— Nori ! hurla Luffy en voulant intervenir.

Il fut violemment repoussé et éjecté à l'autre bout de la pièce par le léopard qui lui infligea un coup de genou.


De son côté, le cyborg évita l'onde mortelle de justesse en sautant sur le côté après avoir attrapé Noriko sous son bras. Il la repoussa plus loin, sans se préoccuper de son atterrissage brutal.

— Tu me gênes, aboya-t-il malgré ses protestations pour lui apporter son aide.

Il retira la peau de sa main, laissant apparaître un poing métallique qu'il envoya dans la pommette de Lucci.


Cependant, contre toute attente, ce dernier encaissa l'attaque sans bouger d'un centimètre, comme si s'il avait seulement été effleuré.

— Bon sang, ce type n'est pas de la même trempe que l'autre taré aux cheveux roses.

Un sourire cruel étira le visage de Lucci et une lueur brilla dans ses yeux.

— Tu as vaincu Fukuro ? Ça en dit long sur ton niveau. Cependant, dis-toi que je suis cinq fois plus puissant que lui alors je suis curieux de voir jusqu'où tu peux aller.

Il se téléporta devant Franky et leva un poing meurtrier. Au moment où Noriko leva sa main pour envoyer une bulle d'eau, Luffy apparut à son tour et, d'un coup de pied, dévia le bras de Lucci qui s'abattit dans le sol.


Tétanisée, la manieuse d'eau eut à peine eu le temps d'apercevoir ce qu'il venait de se passer. Si Moira avait été trop rapide pour elle, il n'en était rien comparé aux capacités de son capitaine mais surtout de Lucci – qui maitrisait non seulement la même technique spéciale, mais également la vitesse de l'animal le plus rapide du monde.


Elle laissa tomber la main le long de sa cuisse, comprenant avec horreur que quoi qu'elle tenterait, son aide ne serait pas assez efficace.

— C'est un duel entre toi et moi, vociféra Luffy qui était hors de lui, je te laisserai pas t'en prendre à eux !

— Les premiers boulets pour ajuster les canons des navires ont déjà été tirés, s'amusa son ennemi, si ce n'est pas moi qui les tue, le Buster Call s'en chargera d'ici une dizaine de minutes.

Les lèvres de Luffy se retroussèrent sur ses dents, ce qui amusa davantage Lucci.

— Si tu me laisses faire, je te fais la promesse qu'ils ne souffriront pas.

Le poing du Chapeau de Paille se serra avec force et Noriko put distinctement apercevoir une veine battre furieusement sur sa tempe.


Lentement, il se baissa et écrasa ses phalanges sur le sol, sans quitter son adversaire des yeux. Les muscles de ses mollets bougèrent de haut en bas et moins de deux secondes plus tard, son corps devint rouge écarlate.

— Je te l'ai dit, ahana-t-il avec férocité, je te laisserai pas t'en prendre à eux.

De la fumée se dégagea soudainement de tous les pores de sa peau.

— Mais qu'est-ce qu'il fout ? grommela Franky. Pourquoi il fume comme ça ?

Le temps d'un battement de cœur. C'est tout ce qu'il fallut à Luffy pour décocher un coup de poing magistral qui fusa dans la mâchoire de Lucci, le faisant décoller vers le mur du fond.


Surpris, Noriko et Franky sursautèrent.

— Mais je rêve ! Comment t'as fait ça !? s'alarma l'homme aux cheveux bleus.

— J'ai pompé mon sang pour être plus rapide..., lâcha Luffy, et plus puissant...

Complètement essoufflé, ils se retourna vers eux, le visage empli de colère.

— Franky, protège Noriko et occupe-toi de Robin.

D'un geste, le cyborg attrapa Noriko par le bras et l'entraina à sa suite en se dirigeant vers la porte du fond.

— Ouais ! J'en fais ma super affaire !

Ils avaient à peine parcouru quelques mètres que Lucci apparu devant eux, le visage ensanglanté et consumé par la rage.

— Vous allez tous mourir ici ! rugit-il.

De nouveau, Luffy s'interposa et le frappa une fois de plus au visage afin de le repousser.

— Je me charge de lui, foncez !

Un torrent d'eau lancé à pleine puissance éclata la porte en morceaux, permettant à Noriko et Franky se poursuivre leur chemin. Derrière eux, les bruits de combat leur indiquaient que Luffy couvrait leur fuite.


Avisant un nouvel escalier qui semblait interminable, le cyborg fit remonter la jeune femme sur son dos avant de s'élancer à toute vitesse. Très vite, une nouvelle secousse accompagnée d'un terrible grincement se fit ressentir.

— Le laisse pas t'emmener Nico Robin, grommela Franky, résiste, on est bientôt là !

Noriko sentit son cœur s'emballer et son estomac menacer de rendre tout ce qu'il contenait quand elle comprit que la Porte de la Justice avait de nouveau bougé.



La dernière marche enfin franchie, le cyborg et la jeune pirate se retrouvèrent à l'extérieur, éblouis par la lumière du soleil.


Devant eux se trouvaient une partie du Pont de l'Hésitation et au loin, deux silhouettes s'apprêtant à franchir la deuxième qui menait vers la Porte de la Justice, entièrement ouverte.


Le souffle de la manieuse d'eau se coupa lorsqu'elle reconnut parfaitement Spandam qui trainait de force Robin par le bras. Enfin. Ils l'avaient enfin rattrapée.


N'ayant pas pris la peine d'arrêter sa course, Franky s'élança dans leur direction, ordonnant à Noriko de se tenir prête pour le combat. Elle força dans ses bras pour se redresser un peu plus pour aviser ce qu'il se passait à l'extrémité du pont et elle comprit qu'il faisait allusion à la quinzaine de soldats de la Marine positionnée avec leurs sabres en main.


Dans son élan, le pied du cyborg buta malheureusement une structure métallique.


Un déclic se fit entendre, suivi d'une lumière aveuglante accompagnée d'une déflagration assourdissante. Sans qu'ils n'aient le temps de réagir, tous deux furent violemment éjectés en dehors du pont avant d'être précipités dans le vide.

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