The New Era
Cabine de Marco, Moby Dick, Nanmin no Shima.
Marco fixait le plafond de sa cabine, incapable de dormir. Incapable de fermer les yeux ne serait-ce qu'une seconde.
"C'est impossible de décrire l'amour."
Les mots résonnaient. Encore et encore. Dans sa tête. Dans son cœur. Dans chaque fibre de son être.
Il était allongé sur son lit. Toujours habillé. Ses mains tremblaient encore. Son cœur battait encore trop vite. L'odeur de la cire de bougie consumée. Du bois de sa cabine. Du sel de la mer. Dehors, le silence. Le navire dormait. Ses frères dormaient.
Mais lui...
Lui, il ne pouvait pas. Ses pensées tourbillonnaient. Sans fin. Sans repos. La déclaration de Sohalia. Sous les étoiles. Sa voix brisée. Ses larmes silencieuses. Ses mots magnifiques.
"J'aurais pu brûler les pages encore et encore..."
Il se passa une main sur le visage et soupira dans l'obscurité. La jalousie qu'il avait ressentie en la voyant avec Shanks. La rage qui avait bouilli en lui en la voyant rire. Sourire. Heureuse. Alors qu'avec lui... Avec lui, elle pleurait.
« J'ai été stupide. »
Il murmura dans le silence.
« Cruel. Immature. »
Il avait voulu la faire souffrir. Comme il avait souffert. Il avait flirté avec Whitey sous ses yeux. Pour qu'elle comprenne. Pour qu'elle ressente cette douleur.
Et elle avait compris. Oh, elle avait parfaitement compris.
Il avait vu ses yeux se ternir, vu la douleur traverser son visage, avant qu'elle ne s'échappe. Loin de lui. Loin de la fête. Pour se réfugier... Chez Shanks.
Marco serra les poings. Les draps froissèrent sous ses doigts. Mais cette jalousie... Cette rage... Elles n'étaient rien comparées à ce qu'il ressentait maintenant. Car il réalisait. Enfin.
Il l'aimait.
Il l'aimait et il était en train de la perdre. Par sa propre faute. Par sa propre stupidité.
"C'est impossible de décrire l'amour."
Non. Elle avait tort. Elle venait de le faire. De décrire l'amour avec une beauté à couper le souffle.
Et lui... Lui, qu'avait-il fait ?
Il l'avait rejetée. Blessée. Ignorée.
« Je ne peux pas. »
Il se redressa brusquement. Le lit grinça sous le mouvement.
« Je ne peux pas la perdre. »
Il se leva et fit les cent pas dans sa cabine. Le parquet craqua sous ses pieds nus. Encore et encore.
Il devait aller la voir. Maintenant. Cette nuit. Lui dire. Tout lui dire. Qu'il l'aimait. Qu'il était désolé. Qu'il abandonnait.
Abandonnait la vengeance. La colère. La distance. Il ne pouvait plus attendre. Pas une heure de plus. Pas une minute. Pas une seconde.
Marco s'arrêta devant sa porte. La main sur la poignée et hésita. Un instant. Deux.
Puis ouvrit.
Le couloir était plongé dans l'obscurité. Seules quelques lanternes diffusaient une lumière tamisée. Vacillante. L'odeur du bois. Du sel. De la cire consumée. Le silence. Troublé seulement par le craquement du navire. Le clapotis de l'eau contre la coque.
Marco avançait. Pieds nus sur le parquet froid. Son cœur battait. Fort. Trop fort. Il passa devant les cabines de ses frères. Toutes silencieuses. Endormies. Ace. Jozu.
Personne ne devait savoir. Pas encore. Pas maintenant.
Il arriva devant la porte de Sohalia et s'arrêta. Il la fixa, longtemps. Son cœur cognait dans sa poitrine. Assourdissant. Ses mains tremblaient légèrement.
Et si elle le rejetait ? Et si elle ne voulait plus de lui ? Et si... Et si c'était trop tard ?
« Non. »
Il murmura dans le silence.
« Ce n'est pas trop tard. Ça ne peut pas l'être. »
Il posa la main sur la poignée. Douce. Fraîche sous ses doigts. Elle tourna. Lentement. Silencieusement. La porte s'ouvrit sans un bruit. Marco entra et referma derrière lui.
L'obscurité de la cabine l'enveloppa. Chaude. Intime. Immédiatement, il fut envahit par l'odeur de Sohalia. Douce. Fleurie. Uniquement elle. Il distingua son lit. Sa silhouette sous les draps. Elle dormait. Ou essayait de dormir. Marco s'approcha. Lentement. Chaque pas mesuré. Silencieux. Il s'installa dans le fauteuil près de son lit et la regarda.
Ses cheveux blonds étalés sur l'oreiller. Son visage paisible dans le sommeil. Sa respiration régulière. Qui soulevait doucement les draps.
Combien de temps resta-t-il ainsi ? Il ne saurait le dire.
Des minutes. Peut-être une heure.
À la regarder. À graver cette image dans sa mémoire. À rassembler son courage. À trouver les mots. Les bons mots.
Sohalia frissonna.
Un sentiment étrange l'avait tirée de son sommeil, qu'elle avait eu bien du mal à trouver Une sonnette d'alarme résonnait dans son esprit. Elle avait l'impression d'être épiée, de ne plus être seule dans sa cabine.
Doucement, elle quitta son état comateux et prit garde à avoir une respiration régulière. Profonde. Comme si elle dormait encore. Comme si elle n'avait rien remarqué.
Lentement, elle tendit son bras vers sa table de chevet dans l'intention d'allumer sa petite lampe. Elle avait dans l'idée de garder les yeux fermés et laisser le haki de l'observation localiser l'intrus. Profiter de la soudaine luminosité. Et attaquer. Pourtant, son plan s'écroula comme un château de cartes sur lequel on aurait soufflé.
« N'allume pas... »
Oui. C'était ça. On venait de souffler sur le château. Et tout s'écroulait.
Surprise, Sohalia se redressa sur ses coudes et commença à discerner la silhouette. Dans l'obscurité. Assise près de son lit.
Marco.
Sa voix n'avait été qu'un murmure rauque. Bas. Presque inaudible.
Elle se demanda depuis combien de temps il était là. À l'observer dans le plus grand des silences. Son esprit n'avait même pas imaginé qu'il puisse être cet intrus.
Elle pensait déjà qu'il s'agissait de Jef et de ses plans tordus. Pour une fois qu'il était innocent...
« Que fais-tu là ? »
Elle questionna. Sa voix laissait clairement transparaître sa surprise.
« Et toi ? »
Marco répliqua immédiatement.
« Que faisais-tu sur le Red Force ? »
La Shizen fut surprise par cette attaque. Frontale. Directe. Sans préambule.
Elle fronça les sourcils et regretta de ne pouvoir allumer la lumière. Pour savoir quelle expression il avait.
Puis, une pointe de douleur au souvenir de cette soirée lui serra le cœur. Violemment. Douloureusement. Elle le revit avec Whitey. Riant. Souriant. La main sur son épaule. Tandis qu'elle observait. De loin. Le cœur brisé.
« Et toi ? » rétorqua-t-elle, avec une pointe d'amertume. « Que faisais-tu avec Whitey ? »
Un silence pesant s'installa. Lourd. Écrasant. Insupportable. Il ne fut brisé que par le soupir du phénix. Profond. Las. Déchiré.
Sohalia le vit plonger son visage dans ses mains. Elle le voyait de mieux en mieux. Ses yeux s'habituaient à l'obscurité. Ce qui n'était pas bon. Pas bon du tout. Pour son pauvre cœur qui était déjà mis à mal. Car elle le voyait. Vraiment.
Assis là. Dans son fauteuil. Les coudes sur les genoux. Le visage dans les mains. Et les souvenirs affluèrent. Malgré elle. Elle le revoyait la surplombant. Dans le plus simple appareil. Les yeux assombris de désir. L'auberge. Cette chambre modeste. Ce lit grinçant. La façon dont il l'avait touchée. Embrassée. Aimée.
Puis son visage froid, la détaillant sans émotion.
"Je préfère qu'on en reste là pour ce soir. J'ai besoin de temps."
Ensuite, Whitey, qui collait son opulente poitrine contre le torse du phénix, qui riait. Elle le touchait. Sans aucune gêne. Sans aucune retenue. Tandis que Marco ne s'écartait pas. Ne la repoussait pas. La douleur se mua en colère. Brûlante. Féroce. Incontrôlable.
Sohalia envoya sa couette à l'autre bout de sa cabine. À l'aide de grands coups de pieds. Le tissu vola et atterrit dans un coin avec un bruit sourd. Elle sauta de son lit. Pieds nus sur le parquet froid. Elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit brusquement. Elle posa un regard glacial sur le second de l'équipage.
« Je suis crevée. »
Sa voix était froide. Tranchante.
« Alors si tu as quelque chose à me dire, dis-le. Ou sors. »
Sa voix n'avait pas tremblé. Elle en était fière. Car elle ne voulait pas qu'il ait conscience de la féroce bataille qui se livrait en elle. Un côté voulait le garder dans cette pièce. Le serrer dans ses bras. Lui pardonner. L'autre voulait le mettre à la porte. Avec le renfort de quelques coups de pieds aux fesses. Un troisième s'outrageait d'abîmer un tel fessier.
Bref.
Elle devenait folle.
Occupée à réprimer la révolte en elle, Sohalia ne fit pas attention à Marco, qui s'était levé de son poste d'observation. Lentement. Silencieusement. Il la fixait, avec une soudaine détermination. Les yeux brillants dans l'obscurité. Intenses. Décidés.
D'un mouvement agile et rapide, il referma le battant de la porte et plaqua doucement, mais fermement, la blonde contre le bois.
Sous la surprise, elle lâcha un petit cri. Aigu. Étouffé. Les battements de son cœur, qui à cause de son ahurissement étaient devenus irréguliers... S'arrêtèrent. Complètement. Quand elle le vit poser ses mains de chaque côté de son visage. Contre le bois de la porte. L'emprisonnant. La capturant. Et rapprocher son visage du sien. Lentement. Inexorablement.
Son odeur s'abattit sur elle comme un raz de marée. L'entraînant à des milliers de kilomètres du Moby Dick. L'emportant loin. Si loin.
Bois. Sel. Quelque chose d'indéfinissable. Qui était uniquement lui. Et qui la rendait folle. Complètement folle.
Ses orbes sombres capturèrent les siennes, les emprisonnèrent. À l'aide des sentiments que la jeune femme lisait. Douleur. Regret. Désir. Et... Amour ?
Quelques mèches des cheveux du phénix frôlaient le front de la Shizen. Douces. Légères. Comme une caresse. C'était le seul contact entre leurs deux corps. Et pourtant, Sohalia avait l'impression de brûler.
« J'abandonne. »
Le temps s'arrêta.
Dès qu'elle vit remuer ses lèvres, Sohalia se concentra dessus. Incapable de faire autrement. Hypnotisée. Elle enregistra les moindres mouvements qu'elles venaient d'entreprendre pour prononcer ces mots. La façon qu'elles avaient eue de s'étirer. Pour laisser échapper ce murmure. Pour finalement se rejoindre. Et se sceller.
"J'abandonne."
Deux mots. Deux simples mots, qui bouleversèrent son monde entier. Elle eut l'impression de recevoir une décharge électrique, qui la traversa de part en part, qui fit trembler ses jambes, qui la laissa pantelante. Vidée. Comblée. Quand elle comprit. Vraiment comprit. Ce qu'il venait de dire.
J'abandonne.
La vengeance. La colère. La distance.
Tout.
Elle replongea dans ses yeux et se noya dedans, avec un frisson d'extase. Pur. Absolu. Marco ne bougea pas et attendit que la réalisation s'ancre en elle. Que les mots prennent tout leur sens.
« Marco... » souffla-t-elle.
À peine un murmure.
Il ne répondit pas. Pas avec des mots. À la place, il fit glisser ses mains. De la porte froide. Vers ses cheveux chauds, qu'il coiffa. Délicatement. Tendrement. Il adorait leur douceur soyeuse. Parfait sous ses doigts. Il était soulagé qu'elle ne les coupe que rarement et appréciait cet halo doré qui l'entourait constamment. Il avait l'impression qu'elle était toujours entourée de chaleur. Qu'elle possédait son propre Soleil. Personnel. Éternel. Qui brillait uniquement pour lui. En cet instant.
Ses doigts se déposèrent doucement sur ses épaules et frôlèrent sa peau nue. Chaude sous ses paumes. Ils firent glisser les bretelles de son débardeur. Lentement. Sensuellement.
Quand elles se dirigèrent vers ses avant-bras, il se délecta des frissons qu'il faisait naître sur sa peau. Petits. Involontaires. Magnifiques.
Alors qu'il venait d'atteindre ses mains, il les prit entre ses paumes et les trouva minuscules dans les siennes. Fragiles. Délicates. Précieuses. Il entrelaça leurs doigts. Fermement. Comme s'il ne voulait plus jamais les lâcher.
« Je sais qu'il est tard... »
Il commença. Sa voix n'était qu'un souffle. Bas. Rauque. Chargé d'émotion. S'ils n'avaient pas été aussi proches, elle n'aurait rien entendu.
Obnubilée par ses lèvres, Sohalia se força à donner toute son attention aux mots qu'il allait prononcer. Car elle savait, instinctivement, que ces mots changeraient tout.
« J'ai quelque chose en tête. » murmura-t-il.
Ses pouces caressant doucement ses mains.
« Et cela m'obsède. »
Pause. Le silence s'étira. Lourd de sens. De promesses.
« Ça ne peut plus attendre. »
Sa voix se fit plus intense. Plus profonde.
« Même pas quelques heures. »
Pause.
« Quelques minutes. »
Pause.
« Quelques secondes. »
Sohalia tremblait. Imperceptiblement. Mais il le sentait. Il sentait chaque frisson. Chaque souffle. Chaque battement de son cœur.
« J'en ai marre. »
Il ferma les yeux et inspira profondément.
« J'en ai marre d'ignorer tout l'espace qu'il y a entre toi et moi. »
Il rouvrit les yeux et plongea son regard dans le sien.
« Tout cet espace que j'ai créé. Par orgueil. Par colère. Par stupidité. »
Sa voix se brisa légèrement.
« Je n'en veux plus. »
Pause. Longue. Insoutenable.
« Alors... »
Il resserra l'étreinte de leurs mains. Comme pour se donner du courage.
« Fermons la porte derrière nous. »
Le cœur de Sohalia bondit. Violemment.
« Fermons la porte sur le monde. Sur les autres. Sur tout ce qui nous a séparés. »
Il murmura. Tout près de ses lèvres. Si près.
« Ils ne trouveront pas. »
Sa voix était basse. Profonde. Et cela la remua jusqu'au plus profond de son être. Jusqu'aux tréfonds de son âme. Il joignit le geste à la parole. Sohalia perçut le bruit du verrou, qui cliquait. Le son résonna dans le silence. Final. Définitif.
Marco reprit immédiatement sa main. Comme s'il avait peur qu'elle ne s'échappe s'il ne la tenait pas.
En vérité, s'il n'emprisonnait pas ses mains, elle était pratiquement sûre qu'elle se serait écroulée sur le sol, engloutie par le déferlement de sentiments, qui la submergeaient. Encore et encore. Sans fin.
« Faisons attendre le monde entier. »
Marco rapprocha leurs visages. Encore plus. Jusqu'à ce que leurs souffles se mêlent. Chauds. Tremblants.
« Pendant que nous dansons dans cette chambre. »
Une pause. Chargée de promesses. De désir. D'amour.
« Comme si nous n'avions que cette nuit. »
Sa voix n'était plus qu'un murmure. Rauque. Vulnérable.
« Comme si le monde pouvait s'effondrer demain. Mais que cette nuit... Cette nuit nous appartenait. »
Les larmes montèrent aux yeux de Sohalia. Brûlantes. Incontrôlables.
« Il n'est pas question que je te laisse t'en aller avant la lumière du jour. »
Il s'arrêta. Quand leurs lèvres se frôlèrent. À peine. Juste assez pour faire naître un frisson.
Il vit ses yeux. Embrumés. Brillants de larmes. Par tant de sentiments : la joie. Le désir. L'amour. Le soulagement. Ses mains remontèrent et se posèrent sur ses joues, qu'il caressa doucement de ses pouces, essuyant les larmes qui commençaient à couler.
« Tu peux être tout mon monde. »
Il murmura contre ses lèvres. Le souffle court. Le cœur battant. Tremblant d'émotion.
« Si je peux être ton satellite... »
Pause.
Le monde entier sembla retenir son souffle.
« Dansons dans cette chambre. »
Sa voix se fit encore plus douce. Plus tendre.
« Chaque nuit. »
« Comme si elle était notre seule et unique nuit. »
Sohalia ferma les yeux et s'abandonna. Complètement. Totalement. À lui. La sentant fébrile, tremblante, prête à s'effondrer... Il déposa l'une de ses mains entre le creux de ses reins. Pour la maintenir debout. Contre lui. Et scella leurs lèvres.
Enfin.
Les dégustant comme si elles étaient un met des plus rares. Des plus précieux. Avec tendresse. Avec passion. Avec amour.
Le baiser était doux. D'abord. Tendre. Presque chaste. Puis il s'approfondit. Lentement. Inexorablement. Leurs bouches s'ouvrirent. Se découvrirent. S'explorèrent. Comme si c'était la première fois. Et la dernière.
Sohalia libéra sa main de la sienne et laissa ses doigts frôler les bras du commandant de la première division. Remontant. Lentement. Savourant chaque centimètre de peau. Les muscles. Fermes. Sous ses doigts. La chaleur qui émanait de lui. Qui l'enveloppait. Elle les posa sur ses épaules et exerça une légère pression dessus quand ils approfondirent le baiser. Encore plus.
Ses mains filèrent dans ses cheveux. Y semant une belle pagaille. Tout comme celle qu'il faisait naître dans son cœur, qui battait. Fort. Trop fort. À en exploser.
Marco la souleva. Doucement. Fermement. Ses mains sous ses cuisses. La maintenant contre lui, il traversa la cabine sans rompre le baiser. Sans la lâcher. Il la déposa sur le lit. Avec une tendresse infinie.
Échevelée. Perdue. Satisfaite.
Sohalia vit Marco remonter doucement vers elle, déposant l'empreinte de ses lèvres sur la peau de la jeune femme. Sur son ventre. Ses côtes. Entre ses seins. Sa clavicule. Son cou. Chaque baiser était une caresse. Une promesse. Une déclaration.
Il la surplomba, détaillant avec fierté son regard brumeux. Ses joues rougies. Sa poitrine qui se soulevait rapidement. Lui aussi haletait, excité par la vue qu'elle lui offrait.
Magnifique. Offerte. Sienne.
Pourtant, bien que tout son être hurlait pour la dévorer au plus vite... Il prenait son temps. Il la dégustait des yeux, alors qu'elle reprenait peu à peu pied dans la réalité. Il la sentit refermer ses bras autour de lui, alors qu'elle l'attirait vers elle. Jusqu'à ce que leurs lèvres entament une nouvelle danse. Douce. D'abord. Tendre. Puis plus profonde. Plus intense. Plus passionnée.
Il referma ses bras autour d'elle. Pour la serrer contre sa poitrine. Leurs bouches s'ouvrirent, s'unissant comme si elles ne devaient faire qu'une. Et n'être jamais séparées.
Et quelque chose changea en Sohalia... Un déclic. Une réalisation. Une vérité. Quand elle touchait Jef. C'était comme un incendie. Des flammes féroces qui traversaient une plaine. Sauvages. Incontrôlées. Avalant tout sur leur passage. Dévorant. Détruisant.
Mais qui s'éteignait rapidement, ne laissant que cendres, le vide et le froid.
Avec Marco...
Avec Marco, c'était différent. C'était plus profond. Plus lent qu'un feu de brousse. Cela ressemblait plutôt à un fleuve de lave. Coulant bien caché sous la surface. C'était trop profond pour percevoir la chaleur. Au début. Mais il avançait. Inexorablement. Changeant les fondations de son monde. Lentement. Sûrement. Définitivement. Cela ressemblait tellement au feu du phénix qu'elle tenait aux creux de ses bras. Il n'avait pas pour but de détruire. De ravager. De consumer.
Non.
C'était rassurant. Soignant. Et si... Immortel. La chaleur était là. La berçant doucement. L'enveloppant complètement. Comme un cocon. Protecteur. Éternel. Elle était marquée au fer rouge. Par lui. Pour lui. À jamais.
Il n'y avait plus de doute possible. Plus d'hésitation. Plus de peur. C'était lui.
Et ça le serait toujours.
Marco se recula de quelques centimètres, remarquant le goût salé de leur baiser. Il la dévisagea. Confus. Inquiet. Il fit disparaître les gouttes qui perlaient de ses orbes vertes. Doucement. Tendrement.
« Qu'y a-t-il ? » murmura-t-il.
Sa voix était chargée d'inquiétude.
« Je t'aime. »
Leurs voix n'étaient que des chuchotements. Dans le silence de la nuit. Mais ces mots résonnèrent. Plus fort que tout.
Marco sourit et ferma les yeux, laissant ses mots sceller le lien qui les unissait. Pour toujours. Il l'embrassa. Chastement. Sur les lèvres. Sur les joues. Sur le front.
« Et ça te fait pleurer ? » demanda-t-il amusé, touché et ému.
« Je suis heureuse... »
Sohalia répondit dans un soupir de bien-être en sentant ses lèvres caresser sa joue.
« Si heureuse que j'en pleure. »
Le phénix, satisfait de sa réponse, retira ses vêtements. Lentement. Sans la quitter des yeux et la fit basculer pour qu'elle se retrouve au-dessus de lui.
Il voulait pouvoir l'observer à loisir. La contempler. La graver dans sa mémoire.
Sohalia était assise sur lui.
Il la vit frissonner alors qu'elle unissait leurs deux corps. Lentement. Savourant chaque instant. Elle baignait dans le halo doré de ses cheveux. Magnifique. Éthérée. Divine. Comme une déesse. Sa déesse.
Elle ferma les yeux et s'abandonna dans ses bras, laissant ses sentiments s'ancrer en elle. Profondément. Définitivement.
Et ils dansèrent. Encore et encore.
Jusqu'à ce que la nuit ne soit plus qu'un souvenir.
L'aurore illumina la cabine de la commandante de la quatrième division. Douce. Dorée. Apaisante. Tirant les deux amants de leur demi-sommeil, Marco resserra la jeune femme contre lui. Immédiatement. Instinctivement. Alors qu'elle grognait contre l'astre brûlant.
« Trop tôt... » marmonna-t-elle, le visage enfoui dans son torse.
Un doux sourire étira les lèvres du phénix. Il était sûr d'être aussi fatigué qu'elle. Peut-être même plus. Mais sa joie ne pouvait être gâchée par quelques heures de sommeil en moins.
Ou plutôt... Par aucune heure de sommeil. Car ils n'avaient pas dormi. Pas vraiment.
Doucement, il déposa des baisers légers dans le creux de l'épaule de la blonde, qui se retourna immédiatement pour lui faire face et lui offrit un sourire endormi. Magnifique.
Et ils restèrent ainsi. Longtemps. S'embrassant. Doucement. Tendrement. Sans urgence. Se caressant. Leurs mains explorant. Redécouvrant. Mémorisant. Riant. De tout. De rien. Du bonheur d'être ensemble. Parlant. À voix basse. De tout ce qu'ils n'avaient pas osé dire avant.
« J'ai eu si peur de te perdre. » murmura-t-il, contre ses cheveux.
« Tu ne me perdras jamais. » répondit-elle, en traçant des cercles sur son torse. « Même si tu essaies. »
Il rit. Doucement. Il la serra plus fort.
« Je n'essaierai plus. Jamais. »
« Bien. »
Elle sourit et se hissa pour l'embrasser.
« Parce que je ne te laisserai pas faire. »
Ils s'embrassèrent encore. Encore et encore. Comme s'ils ne pouvaient plus s'arrêter. Comme s'ils rattrapaient le temps perdu. Jusqu'à ce qu'ils entendent les premiers signes du réveil de leurs frères.
Des pas. Dans le couloir. Lourds. Encore endormis. Des voix, lointaines, qui se rapprochaient. Des portes qui s'ouvraient et qui se fermaient.
Dans un soupir, ils se séparèrent. À regret. Avec difficulté. Ils quittèrent le cocon chaleureux du lit. Où ils auraient voulu rester pour toujours.
Sohalia se dirigea, nue, vers son armoire et prit quelques vêtements, une serviette et des affaires de toilette.
Quand elle se retourna vers le commandant de la première division, elle fut surprise de le voir déjà habillé. Il était adossé à la porte de la cabine, la détaillant. Une lueur de désir assombrissant un peu plus son regard.
« Tu ne te laves pas avec moi ? » questionna-t-elle, en se postant devant lui.
Marco déglutit avec difficulté en détournant les yeux avec peine. Car elle était magnifique. Nue. Offerte. Tentante.
« Je ne vais pas remettre des vêtements sales après la douche. » répondit-il en grimaçant.
Tandis qu'il la prenait dans ses bras. Incapable de résister.
« La prochaine fois, je penserai à ramener quelques affaires ici. » ajouta-t-il, l'air de rien, en coiffant quelques mèches rebelles de la jeune femme.
La prochaine fois.
Sohalia s'étonna et son cœur bondit. D'espoir. De joie. Il comptait revenir. Il voulait revenir. Marco s'amusa de son étonnement, sourit et mit son nez dans la pagaille de ses cheveux. Il inspira profondément son odeur qu'il aimait tant.
« Ça marche ! » s'exclama-t-elle.
Trop fort. Puis se mordit la lèvre.
« Si tu acceptes de laisser une petite place dans ta chambre pour quelques-uns de mes vêtements. »
« Tu sais ce que tu veux... » répondit-t-il, amusé, touché et heureux.
Après l'avoir embrassée. Pour lui confirmer son accord.
« Pas vraiment... » avoua-t-elle, pensive, en caressant son torse découvert du bout des doigts. « Mais je sais que je te veux. Toi. »
« Tu veux ce que la grande majorité des gens souhaitent avoir. » affirma-t-il, en frôlant la peau de son dos.
Lentement. Sensuellement. Faisant naître des frissons.
« Mais que personne n'ose jamais avoir. »
« Oh... »
Sohalia pencha la tête. Intriguée. Amusée.
« Et qu'est-ce qui te permet de dire ça ? »
Elle colla sa poitrine contre le torse de son amant. Délibérément. Provocante.
« On va dire que ça fait un moment que je traîne dans ce monde. » répondit Marco.
Sa voix était légèrement rauque, essayant de ne pas penser à ses tétons qui s'agitaient sur sa peau, alors qu'elle s'esclaffait.
« Et que ça m'a permis de voir un truc ou deux... »
« Donc, Marco. »
Sohalia sourit. Malicieuse. Curieuse.
« Dis-moi ce que je veux. »
Il la fixa. Longtemps. Intensément. Comme s'il lisait dans son âme. Comme s'il voyait tout d'elle.
« Tu veux un amour qui te consume. »
Sa voix se fit grave. Profonde. Chargée d'émotion.
« Qui te marquera à jamais. »
Pause. Sohalia retenait son souffle.
« Tu veux de la passion. »
Ses doigts tracèrent des cercles sur sa peau. Hypnotiques.
« Celle qui fait battre ton cœur plus vite. Qui fait trembler tes mains. Qui te fait sentir vivante. »
Pause.
« Tu veux une famille. »
Sa voix se fit plus douce. Plus tendre.
« Un endroit où tu appartiens. Où tu es aimée. Inconditionnellement. »
Les larmes montèrent aux yeux de Sohalia. Car c'était vrai. Si vrai.
« Tu veux de l'aventure. »
Marco sourit. Légèrement.
« Découvrir le monde. Vivre des choses extraordinaires. Ne jamais t'ennuyer. »
Pause. La plus longue.
« Et même... »
Il se pencha. Tout près de son oreille.
« Un peu de danger... »
Son souffle chaud contre sa peau, faisant frissonner Sohalia de la tête aux pieds.
Le phénix n'y tint plus et attira son visage vers le sien pour entamer un baiser sulfureux. Profond. Passionné. Dévorant.
Quand il la relâcha, tous deux haletaient.
« Et ça... » murmura-t-il, contre ses lèvres. « Je suis le seul à pouvoir te l'offrir. »
Il avait dit cela avec une assurance tranquille. Une certitude absolue.
Sohalia le fixa. Les yeux brillants. Le cœur battant.
« Que puis-je t'offrir, moi ? » demanda-t-elle.
Doucement. Vulnérable.
Marco sourit, essayant de calmer l'excitation qui s'était installée en lui durant leur petit échange. Il aurait adoré s'enfermer avec elle dans sa cabine toute la journée. Mais il avait des obligations aujourd'hui. La mission. Détruire la sphère. Ils partiraient dans quelques heures.
Il claqua ses fesses. Légèrement. Joueusement. La faisant sursauter. Et crier légèrement. Il profita de son recul pour ouvrir sa porte, prenant garde à ce qu'elle ne soit visible que pour lui. Elle était toujours nue. Et magnifique. Et terriblement tentante.
« Devine... »
Il susurra mystérieusement. Avec un sourire énigmatique. Il referma la porte. Doucement. Laissant derrière lui une Sohalia outrée. Il plissa les yeux face au Soleil éblouissant qui l'accueillait pour cette nouvelle journée. Il sourit en revoyant la mine outrée de Sohalia, alors qu'il fermait la porte.
Adorable. Magnifique. Sienne.
Il prit la direction de sa cabine en laissant ses pensées errer sur la question de la jeune femme.
Que pouvait-elle lui offrir ?
C'était une bonne question...
Marco avançait dans le couloir. Lentement. Pensif. Ses pieds nus ne faisaient aucun bruit sur le parquet. L'odeur du matin. Fraîche. Nouvelle. Pleine de promesses. Le bruit du navire qui s'éveillait. Ses frères qui commençaient à se lever.
Que pouvait-elle lui offrir ? Après tout, il était un pirate. Il n'avait pas besoin qu'on lui offre quoi que ce soit. Il pouvait voler pour obtenir ce qu'il désirait.
Et puis, après tant d'années d'existence...
Qui aurait pensé qu'il lui manquait quelque chose ?
Il était un phénix. Immortel. Puissant. Libre. Il avait goûté aux premières années avec euphorie, dégustant tout ce que le monde avait à lui offrir : Les combats. Les aventures. Les découvertes. Les femmes. L'alcool. La liberté absolue. Tout était nouveau. Excitant. Grisant.
Mais aujourd'hui...
Aujourd'hui, après avoir vu tant de choses, qu'elles eurent été bonnes comme mauvaises, après avoir vécu tant de batailles, tant de pertes, tant de victoires, son allégresse du début avait décliné. Lentement. Inexorablement.
Pour laisser place à l'amertume. Et la lassitude. Il avait vu trop de frères mourir. Trop d'amis disparaître. Avait vécu trop de répétitions. Les mêmes combats. Les mêmes victoires. Les mêmes défaites. Jour après jour. Année après année. Décennie après décennie. Jusqu'à ce que plus rien ne le surprenne. Plus rien ne l'émerveille. Jusqu'à ce qu'il se sente... Vide.
Marco arriva devant sa cabine et s'arrêta, la main sur la poignée.
Mais Sohalia...
Un sourire étira ses lèvres. Doux. Sincère. Heureux.
Sohalia l'aidait à combattre cette morosité. Cet ennui qu'il ressentait depuis quelques années. Elle lui apportait la joie. L'innocence. L'émerveillement qu'il n'éprouvait plus. Chaque sourire qu'elle lui offrait était un rayon de soleil, réchauffant son cœur gelé. Chaque rire qu'elle laissait échapper était une mélodie, qui chassait le silence pesant de son âme. Chaque regard qu'elle posait sur lui était une caresse, qui apaisait ses démons. Elle illuminait ses nuits et rendait ses jours plus brillants.
Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus apprécié l'excitation de commencer une nouvelle journée.
Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus attendu impatiemment les aventures qu'il allait pouvoir vivre.
Mais avec elle...
Avec elle, tout redevenait possible.
Il ouvrit sa porte, entra dans sa cabine et referma derrière lui, appuyant son dos contre le bois. Il ferma les yeux et savoura ce moment, car il comprenait maintenant ce qu'elle pouvait lui offrir. Ce qu'elle lui offrait déjà. Sans même le savoir.
La vie.
Elle lui offrait la vie. À nouveau. L'envie de vivre. De combattre. De rire. D'aimer.
Marco sourit.
Un sourire éclatant. Sincère. Lumineux.
Sohalia venait de le faire renaître de ses cendres.
Lui redonnant un nouvel intérêt pour la vie.
Un nouveau but.
Une nouvelle raison de se battre. De continuer. D'exister.
Elle.
C'était elle.
Son monde. Sa lune. Son satellite.
Non.
Il se corrigea mentalement.
C'était lui, le satellite, qui orbitait autour d'elle, qui gravitait dans son sillage et il ne voulait plus jamais s'en éloigner.
Plus jamais.
REECRIT : 18/01/2026