The New Era : Échos du Passé
Chapitre 5 : HS-5 : Sous les Ailes du Phénix
6010 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 08/01/2026 22:17
Note de l'auteur :
Je vous invite à lire le chapitre 21 de "The New Era".
Yosei no Toketsu. La nuit suivant l'attaque.
Marco était assis près de la couchette, dans la pénombre de la tente. Dehors, le vent hurlait, secouant le tissu qui les protégeait à peine du froid glacial. La petite lanterne posée dans un coin diffusait une lumière tremblante, faible, mais suffisante pour qu'il puisse la voir.
Sohalia dormait.
Enfin, "dormait" était un bien grand mot.
Elle bougeait constamment, gémissait doucement, fronçait les sourcils. Son visage était crispé même dans le sommeil. Ses mains serraient la couverture si fort que ses jointures étaient blanches.
Les cauchemars.
Depuis l'attaque de Jef, depuis qu'il l'avait forcée à revivre la mort de Thatch, elle ne trouvait plus le repos.
Marco tendit la main et posa doucement ses doigts sur ceux de Sohalia. Immédiatement, elle se calma légèrement. Son visage se détendit un peu. Ses mains relâchèrent légèrement leur prise sur la couverture.
Il sourit tristement.
Même dans ses cauchemars, elle sentait qu'il était là. Qu'elle n'était pas seule.
« Je suis là, yoi, » murmura-t-il, bien qu'elle ne puisse pas l'entendre. « Je serai toujours là. »
Une promesse qu'il avait faite il y a longtemps. Une promesse qu'il tiendrait jusqu'à son dernier souffle.
Il la regarda dormir — cette femme qui avait été une petite fille terrorisée, qui était devenue sa sœur, sa famille, et maintenant...
Maintenant quoi ?
La femme qu'il aimait.
Quand avait-il commencé à la voir différemment ? Quand cette petite fille qu'il protégeait était-elle devenue cette femme qu'il... qu'il aimait ?
Marco ferma les yeux, se laissant emporter par les souvenirs.
Dix-sept ans.
Dix-sept ans qu'elle faisait partie de leur famille.
Dix-sept ans de moments partagés. De rires. De larmes. De batailles. De victoires et de défaites.
Dix-sept pendant lesquels elle avait grandi sous ses yeux.
Et lui... lui avait changé aussi.
Quand tout a-t-il commencé ?
Année 1507. Dix-sept ans ans plus tôt.
La jeune fille se réveilla en sursaut, seule, dans la cabine de l'ancien commandant de la seconde division, mort depuis quelques années déjà.
Elle frissonna et se pelotonna dans ses couvertures, n'ayant aucune envie de se lever. Elle jeta un bref coup d'œil vers le hublot de sa chambre et aperçut un soleil pâle, qui ne donnait nulle envie de jouer dans l'air marin.
Elle reposa sa tête sur son oreiller et tenta de se souvenir du rêve qui l'avait effrayée.
Tout ce dont elle se souvenait, c'était un rouge vif, une chaleur qui n'avait rien de réconfortante et des cris.
Était-ce un souvenir de son passé ?
Elle soupira et enfonça son visage dans le coussin moelleux, essayant de se rendormir, en vain. Elle soupira et sortit en grimaçant du confort de son lit.
Son corps était encore courbaturé par l'entraînement que Vista lui avait fait subir. Elle commençait à grandir, il fallait donc qu'elle apprenne à se défendre, selon lui. Elle n'avait pas pu refuser, car savoir se défendre signifiait aussi savoir protéger.
Elle s'habilla à la hâte, voulant rapidement rejoindre Thatch.
Le commandant de la quatrième division était le pirate dont elle était la plus proche sur le navire. L'homme qui la faisait tellement rire qu'elle en pleurait à chaque fois. L'homme qu'elle aimait le plus.
Elle adorait prendre son petit-déjeuner et l'écouter lui raconter des aventures qu'il avait vécues, ou qu'il inventait seulement pour la divertir.
Elle sourit et fila vers la salle à manger.
Mais alors qu'elle allait y rentrer, un bruit sourd attira son attention.
Elle se dirigea donc vers la proue du Moby Dick, curieuse de savoir ce qui se passait. Les pirates déjà réveillés la saluèrent en lui ébouriffant les cheveux, comme d'habitude. Tous souriaient, mais la fillette trouvait qu'ils étaient faux.
Elle fronça les sourcils et se fraya tant bien que mal un passage entre ses frères pour voir ce qui se passait.
La jeune Shizen se figea et écarquilla les yeux, alors que les larmes affluaient.
Thatch était à terre, crachant du sang.
Père se tenait debout devant lui, visiblement plus que contrarié.
Une infirmière était quelque peu en retrait, terrifiée et tremblante.
Le Paternel leva de nouveau son bras afin d'asséner un autre coup au commandant.
Sohalia s'élança alors pour s'interposer, mais quelqu'un lui attrapa le bras férocement.
Marco.
Il la fixa un instant, soupira et secoua la tête afin de lui faire comprendre qu'il ne fallait pas qu'elle intervienne. Il la prit dans ses bras et l'emmena dans sa cabine, ne voulant pas qu'elle soit témoin de ce qui allait se passer.
« Marco ! » pleurnicha-t-elle dans ses bras.
« Calme-toi, Lia-chan, » souffla-t-il en la berçant.
« Pourquoi ? » couina-t-elle en s'accrochant un peu plus à la chemise du phénix.
Le commandant de la première division la détailla un moment, pesant le pour et le contre de la révélation. Il soupira et l'assit sur son lit et s'installa à ses côtés, cherchant ses mots.
« Tu sais qu'il y a des règles sur ce navire. Récite-les-moi, » dit-il après avoir vu son hochement d'approbation.
« On ne nuit pas à sa famille, » commença-t-elle sous le regard attentif de l'homme. « Ce que l'on trouve est à soi, les autres n'ont aucun droit dessus, » continua-t-elle. « Pas d'animaux à bord, » grimaça-t-elle en se souvenant de sa petite souris. « Pas de femme à bord, sauf les infirmières qui sont là exclusivement pour Père. Personne ne doit les toucher, » termina-t-elle.
« Thatch a enfreint l'une d'entre elles. Père le punit, » avoua-t-il, pensant qu'il était mieux qu'il ne donne pas la véritable cause de la punition.
« Mais, moi aussi, je n'ai pas obéi ! » répliqua-t-elle, ne comprenant pas pourquoi elle n'avait pas été punie comme son frère.
« Tu es une enfant, Lia-chan. Thatch est un adulte. Ce n'est pas la même chose, » tenta-t-il d'expliquer.
« Mais... »
« Lia-chan, » commença-t-il en soupirant. « C'est comme ça. Thatch savait les risques qu'il prenait. »
L'enfant le fixa un long moment et gonfla ses joues pour montrer qu'elle boudait.
Le phénix sourit doucement et la détailla aussi, remarquant les quelques changements de son corps. Elle n'était pas bien grande, ni très épaisse. Elle n'avait pas une force physique incroyable. Seul son pouvoir lui permettait de rester à bord, ainsi que son attachement aux membres de l'équipage.
Ses yeux vert étaient bien plus vifs et pétillants de vie qu'à son arrivée. Elle n'avait rien d'un futur hors-la-loi redoutable. Elle ressemblait plus à une petite princesse égarée au milieu des méchants.
Le ventre de la blondinette gronda de protestation, réclamant son repas matinal.
Marco sourit et l'attrapa dans ses bras. Elle protesta pour la forme, mais il savait qu'elle adorait que les pirates prennent soin d'elle.
Le commandant de la première division prit un chemin plus long pour rejoindre la salle à manger afin que Sohalia ne voie rien de l'humiliation de son frère. Il la déposa sur un banc et s'éclipsa dans la cuisine pour lui préparer son petit-déjeuner.
L'enfant resta silencieuse, le regard tourné vers la porte, essayant d'entendre quelque chose, mais rien.
Elle soupira et grimaça en revoyant le poing du Paternel s'élever dans les airs.
Ce n'était pas la première fois qu'un membre de l'équipage se faisait houspiller, mais jamais un commandant n'avait dû faire face à la colère du capitaine depuis qu'elle était arrivée.
La porte grinça et elle vit Hogo rentrer en grognant avec Teach. Elle les salua chaleureusement et ils s'assirent à côté de la fillette.
« Teach ? » chantonna-t-elle.
« Oui ? Tu as faim ? » répondit-il en lui tapotant le crâne.
« Non, non. Marco est déjà parti me faire à manger, » fit-elle en désignant la porte de la cuisine du doigt.
« On ne montre pas du doigt, jeune fille, » sermonna gentiment Hogo.
« Pardon, » murmura-t-elle en baissant la tête.
« Que veux-tu, Lia-chan ? » demanda Teach.
« Il a fait quoi Thatch pour être puni par Père ? » dit-elle en le fixant de ses yeux marron.
« Bah, on savait que ça allait arriver... » souffla Hogo.
« Je me demande comment il a fait pour se faire prendre, » ajouta Teach.
Sohalia fronça les sourcils, peu ravie qu'ils ne répondent pas à sa question. Elle se tut et les écouta discuter. Sa tête suivait le mouvement de la conversation, allant d'un protagoniste à un autre, comme si elle regardait un match de tennis.
Comprenant qu'ils ne lui diraient rien, elle croisa les bras et regarda la table.
Pourquoi personne ne lui disait rien ?! Elle s'inquiétait, elle !
Est-ce que c'était grave ?
Marco revint avec un plateau garni de nourriture et se fit charrier par les deux hommes.
« Il ne va pas être viré, hein ? » murmura-t-elle en sentant ses yeux s'embuer.
Face au silence des trois hommes, elle éclata en sanglots.
Les trois pirates se regardèrent, pris au dépourvu et ne sachant quoi faire. Marco soupira et se dévoua. Il contourna la table et la prit dans ses bras, la berçant calmement, en silence.
Soudain, Izo fit irruption dans la salle et souleva un sourcil en voyant la fillette en pleurs dans les bras du commandant.
Qu'avait-il encore fait pour la faire pleurer ?
« Père veut que tout le monde se regroupe sur la proue maintenant, » annonça-t-il en soupirant.
En voyant Hogo se raidir, Sohalia l'imita inconsciemment.
Toujours dans les bras du phénix, la fillette garda le silence pendant le court trajet menant à la proue. En arrivant, elle découvrit certains de ses frères se dépêcher pour jeter l'ancre.
Elle fronça les sourcils et paniqua encore plus.
Marco recommença à la bercer, espérant que ça suffirait. Il savait que Thatch ne serait pas viré de l'équipage, mais le Paternel pouvait l'exclure temporairement.
Jozu fendit la foule et lâcha un sac de voyage sur le sol. Le bruit sourd qu'il fit en atterrissant détruisit le peu de conversation qu'il y avait. Seul le son de l'ancre déchirant la surface de la mer brisa le silence pesant qui régnait sur le navire.
Lady, l'infirmière en chef, prit place à côté du second et le salua d'un signe de tête, semblant énervée.
Barbe Blanche apparut suivi d'une infirmière et de Thatch.
Et soudain, Sohalia comprit.
« Crétins ! » siffla-t-elle à l'intention du commandant de la quatrième, mais aussi de la femme.
Marco sursauta et la détailla longuement avant de soupirer en comprenant qu'elle avait deviné de quoi il s'agissait.
« Je ne vous impose que peu de règles, alors j'estime que les seules qui régissent notre vie ne doivent pas être brisées. Chaque entorse au règlement sera sévèrement punie ! » déclara le capitaine.
À cet instant, Sohalia sentit une rage sans nom naître en elle. Elle savait que Thatch était coupable, qu'il était sûrement le principal fautif, mais sa colère se dirigea vers cette femme en rose.
À cause d'elle, son frère avait été frappé, humilié, et il risquait d'être viré !
Elle ne pouvait en vouloir à l'homme qui l'avait sauvée et mise en sécurité à maintes reprises. Il avait toujours été comme ça. Dès qu'une jolie fille passait près de lui, il ne pouvait s'empêcher de la détailler longuement.
Cette infirmière aurait dû lui dire non.
Marco l'observait et vit lentement son expression se transformer. Il suivit son regard et comprit. Il eut un léger sourire, pensant que Thatch avait quelqu'un de loyal à ses côtés.
« L'infirmière Irina sera donc débarquée et a l'interdiction absolue de revenir un jour sur ce navire. Mettez la chaloupe à la mer. Sois reconnaissante envers Lady, je pensais te jeter simplement dans l'eau, » balança sans pitié l'homme le plus fort du monde.
Thatch grimaça en voyant la femme se mettre à pleurer. Lady renifla et lança un regard noir à son ancienne subordonnée.
Sohalia sourit, ravie du comportement de la femme qu'elle appréciait beaucoup.
Lorsque l'infirmière eut disparu sur la mer, le Paternel fixa longuement son fils fautif.
« Tu es stupide, » lança-t-il.
« Je ne demanderai pas pardon, » répondit l'homme.
« L'abruti, » souffla Marco, lassé.
« Et pourquoi ça ? » questionna le capitaine.
« Car elle est douée, » dit le coupable avec un grand sourire aux lèvres.
« Idiot ! » grogna Barbe Blanche. « Tu es de corvée de nettoyage pendant trois mois. Et si je te revois poser ne serait-ce qu'un œil sur les autres, je te cloître dans les cales du navire ! »
Le Paternel retourna dans sa cabine sous le silence de ses hommes. Lady siffla ses infirmières et elles se dirigèrent dans leur antre.
Sohalia gigota vivement pour faire comprendre au phénix qu'elle voulait descendre. Il accéda rapidement à sa requête, curieux de voir ce qu'elle allait faire.
Elle fila vers Thatch qui l'accueillit avec un immense sourire.
Elle ne lui rendit pas, loin de là.
Elle frappa de toutes ses forces dans le mollet de l'homme.
« Abruti ! » s'écria-t-elle tandis que son frère sautillait en se tenant la jambe.
Sohalia se précipita vers le commandant de la première division et lui sauta dans les bras, tirant au passage la langue à Thatch.
Ça lui apprendrait à faire des bêtises !
Plus tard ce soir-là, Marco était assis dans sa cabine, terminant quelques rapports.
La petite Sohalia dormait dans sa propre cabine maintenant, rassurée que Thatch ne soit pas viré.
Marco posa son stylo et se frotta les yeux, fatigué.
Il pensa à la journée. À Thatch et son idiotie. À Sohalia et ses larmes. À la façon dont elle l'avait serré si fort, cherchant du réconfort.
À cette époque, c'était simple.
Elle était sa petite sœur. Une enfant à protéger, à consoler, à élever.
Rien de plus.
Rien de moins.
Juste sa petite Lia-chan.
Il sourit en pensant à elle.
Sept ans. Elle avait sept ans. Une vie entière devant elle. Une vie qu'ils protégeraient tous.
Lui, Thatch, Izo, Vista, Jozu, tous les autres.
Sa famille.
Leur famille.
Il ne savait pas encore que quinze ans plus tard, il serait assis dans une tente sur une île glacée, la regardant dormir avec un cœur qui battait trop fort.
À cette époque, tout était simple.
Mais rien ne reste simple éternellement.
Année ~1520. Environ sept ans ans plus tôt.
« Encore ! »
La voix de Vista résonna sur le pont du Moby Dick.
Sohalia, quinze ans maintenant, haleta mais se remit en position. Sa hallebarde — plus petite que celle qu'elle utiliserait plus tard — pesait lourd dans ses mains après deux heures d'entraînement intensif.
Mais elle ne se plaignait pas.
Elle ne se plaignait jamais.
« Attaque ! »
Elle se lança en avant, sa lame traçant un arc dans l'air. Vista para facilement, mais hocha la tête avec approbation.
« Mieux. Encore. »
Ils continuèrent ainsi pendant encore vingt minutes, jusqu'à ce que Sohalia soit complètement épuisée. Elle tomba à genoux, suant et soufflant.
« Bien, » dit Vista en lui tendant une serviette. « Tu progresses. »
« Merci, » haleta-t-elle en s'essuyant le visage.
« Va te reposer. On reprend demain. »
Elle hocha la tête et se releva péniblement, ses jambes tremblantes.
Non loin de là, appuyés contre le bastingage, Marco et Thatch observaient la scène.
« Elle devient forte, hein ? » dit Thatch avec un sourire fier.
« Oui, yoi. Vista dit qu'elle a du potentiel. »
« Du potentiel ? » Thatch rit. « Elle va devenir une sacrée femme. Tu verras. Une femme forte, incroyable. »
Marco sourit.
« Elle va briser des cœurs. »
« Ça, c'est sûr ! » s'esclaffa Thatch. « Les pauvres gars n'auront aucune chance face à elle. Tu imagines ? Notre petite Lia-chan, dans quelques années, avec une file de prétendants ? »
« Père va tous les jeter par-dessus bord, yoi. »
« Et nous avec lui ! »
Ils rirent ensemble, imaginant la scène.
Sohalia passa près d'eux, toujours essoufflée, et leur adressa un sourire fatigué.
« Bien joué, gamine ! » lança Thatch.
« Merci ! »
Elle continua vers sa cabine, probablement pour prendre une douche bien méritée.
Une fois qu'elle fut partie, Thatch se tourna vers Marco.
« Tu crois qu'elle restera pirate ? »
« Bien sûr, yoi. C'est dans son sang maintenant. »
« Ouais... » Thatch regarda dans la direction où elle avait disparu. « On a de la chance, tu sais. »
« De quoi ? »
« D'avoir pu l'élever. Combien de pirates peuvent dire qu'ils ont élevé un enfant ? »
Marco ne répondit pas immédiatement. Il pensa à la petite fille de cinq ans qui pleurait dans ses bras. À l'enfant de dix ans qui riait aux éclats en mangeant de la mousse au chocolat. À l'adolescente de quinze ans qui s'entraînait avec une détermination féroce.
« Oui, yoi. On a de la chance. »
« Elle va faire de grandes choses, » continua Thatch pensivement. « Je le sens. Elle va devenir quelqu'un d'incroyable. Quelqu'un dont on sera tous fiers. »
« On l'est déjà, yoi. »
« Tu as raison. »
Un silence confortable s'installa entre eux.
Puis Thatch sourit avec malice.
« Tu te souviens quand elle avait sept ans et qu'elle a essayé de cuisiner toute seule ? »
Marco grogna.
« Elle a presque brûlé la cuisine, yoi. »
« Et quand elle avait dix ans et qu'elle a libéré tous les poissons du marché parce qu'elle les trouvait "tristes" ? »
« Père était furieux, yoi. »
« Mais il n'a pas pu rester fâché longtemps. Personne ne peut rester fâché contre elle. »
C'était vrai. Sohalia avait ce don — ce sourire, cette innocence — qui faisait fondre même les cœurs les plus durs.
« Elle nous rend meilleurs, » murmura Thatch. « Tu ne trouves pas ? »
Marco le regarda, surpris par le ton sérieux de son frère.
« Comment ça ? »
« Eh bien... » Thatch chercha ses mots. « Avant elle, on était juste des pirates. On combattait, on buvait, on vivait. Mais avec elle... on est devenus une vraie famille. Pas juste un équipage. Une famille. »
Marco hocha lentement la tête.
« Tu as raison, yoi. »
« Et on continuera de la protéger. Quoi qu'il arrive. »
« Évidemment. »
Ils restèrent là un moment, silencieux, pensant à l'avenir.
À cette époque, Marco ne voyait toujours Sohalia que comme sa petite sœur. Une adolescente qui grandissait, certes, mais toujours sa petite Lia-chan.
Il était fier d'elle. Fier de la voir devenir plus forte. Plus confiante.
Il imaginait l'avenir — elle, adulte, peut-être commandant de sa propre division. Forte. Indépendante. Incroyable.
Une femme dont ils seraient tous fiers.
Mais toujours sa sœur.
Toujours.
Il ne savait pas encore que dans quelques années, tout changerait.
Il ne savait pas encore qu'il la regarderait un jour et verrait non plus une sœur, mais quelque chose d'autre.
Quelque chose de plus profond.
Quelque chose de terrifiant.
À cette époque, ses sentiments étaient clairs. Simples. Fraternels.
Mais rien ne reste simple éternellement.
Et le temps, inexorablement, continuait d'avancer.
Il y a quelques semaines. Sohalia a vingt-deux ans.
La bataille était terminée.
Saint Urea. Ils avaient réussi à prendre le deuxième Fragment, mais à quel prix ? Sohalia était inconsciente avec ce fichu cailloux dans la poitrine qui lui volait sa vie.
Marco s'approcha lentement, presque malgré lui.
Elle était couverte de poussière et de sueur. Ses vêtements étaient déchirés à plusieurs endroits. Elle avait une coupure sur la joue, une autre sur le bras. Ses cheveux étaient en désordre, sortant de sa queue de cheval.
Elle était vivante.
Mais pour combien de temps encore ?
Et elle riait.
Marco la regardait.
Vraiment la regardait.
La lumière du soleil couchant l'éclairait de côté, donnant à ses cheveux blonds une teinte dorée. Elle semblait si fragile. Pourtant, elle tenait bon. Elle s'accrochait.
Elle était...
Elle était...
Quelque chose se tordit dans la poitrine de Marco.
Quelque chose de nouveau. De différent. De troublant.
Ce n'était plus la petite fille qu'il consolait.
Ce n'était plus l'adolescente qu'il regardait s'entraîner avec fierté fraternelle.
C'était une femme.
Une femme forte. Capable. Belle.
Quand est-ce arrivé ?
Sohalia tourna soudain la tête, comme si elle sentait son regard. Elle gémit. En une seconde, il combla le vide entre eux et lui attrapa la main.
« Je suis là », souffla-t-il.
Comme pour lui répondre, ses doigts réagirent et serrèrent fermement sa main.
C'était un geste innocent de sa part. Naturel. Un spasme, sûrement dû à la douleur.
Mais cette fois...
Cette fois, le cœur de Marco bondit dans sa poitrine.
Cette fois, il sentit la chaleur de son corps contre le sien d'une façon qu'il n'avait jamais sentie avant.
Cette fois, l'odeur de ses cheveux — même couverts de poussière de bataille — le troubla d'une manière qu'il ne comprenait pas.
Il se raidit.
Ce soir-là, Marco ne dormit pas.
Il resta éveillé dans sa cabine, fixant le plafond, revivant encore et encore ce moment.
Le sourire de Sohalia. Le battement étrange de son cœur.
Qu'est-ce qui lui arrivait ?
C'était Sohalia. Sa petite sœur. Sa Lia-chan.
Alors pourquoi...
Pourquoi ne pouvait-il plus la voir de la même façon ?
Il ferma les yeux, essayant de chasser ces pensées.
Mais elles revenaient, encore et encore.
Son sourire. Ses yeux. Son rire.
"Non," se dit-il fermement. "Non. C'est ma sœur. C'est... c'est juste la fatigue. La bataille. Rien de plus."
Mais au fond de lui, une petite voix murmurait que c'était un mensonge.
Ce jour-là, sur Saint Urea, quelque chose avait changé.
Il avait regardé Sohalia — vraiment regardée — et avait vu non plus la petite fille qu'il protégeait, mais la femme qu'elle était devenue.
Et ça l'avait terrifié.
Parce qu'il ne la voyait plus comme une sœur.
Et il ne savait pas quoi faire de ça.
Quelques semaines plus tôt. Après Veilombre.
Marco soupira et se laissa tomber sur son lit.
Thatch était mort.
Le navire était plus silencieux maintenant. Moins de rires. Moins de vie.
La quatrième division errait comme des fantômes, perdus sans leur commandant.
Et Marco...
Marco pensait à Sohalia.
Il s'inquiétait pour elle, même s'il savait qu'elle était forte. Capable.
Mais surtout...
Surtout, il pensait à ses sentiments.
Depuis Saint Urea, il ne pouvait plus se mentir. Il ne pouvait plus ignorer ce qui se passait dans son cœur.
Il l'aimait.
Pas comme une sœur.
Comme un homme aime une femme.
Et ça le rongeait. Parce que Thatch était mort. Son frère, son meilleur ami, l'homme qui l'avait aidé à élever Sohalia, était mort.
Comment pouvait-il penser à l'amour alors que Thatch n'était plus là ?
Comment pouvait-il penser à elle alors que le deuil aurait dû être tout ce qui comptait ?
Il grogna et passa une main sur son visage.
« L'amour donne envie de se pendre par moment, hein ? »
Marco se figea.
Cette voix...
Il releva brusquement la tête.
Thatch.
Thatch était assis sur son bureau, vêtu de ses éternels vêtements blancs, ce sourire familier aux lèvres.
Le phœnix se leva d'un bond, le cœur battant.
« Thatch... »
« Mon pauvre vieux ! » continua Thatch comme si de rien n'était. « Tu n'as pas choisi la femme la plus facile ! Tu aimes tant que ça les complications ? »
« Tu... tu es... »
« Un rêve ? Un fantôme ? » Thatch haussa les épaules. « Est-ce que ça compte vraiment ? Je suis là, non ? »
Marco voulut s'approcher, mais ses jambes ne lui obéissaient pas.
« Tu sais, » continua Thatch en regardant autour de lui, « tu as de la chance. Du moins, tu seras l'homme le plus chanceux si tu arrives à être à ses côtés. Elle est devenue une femme magnifique. On a fait du beau travail, frangin. »
« Thatch... »
« Avoue que ce n'était pas gagné ! Tu te souviens de comment on doutait quand elle s'est définitivement installée ? On en a eu des nuits d'insomnie, des frayeurs pendant des combats... »
Thatch sourit, son regard devenant lointain, comme s'il revoyait tous ces souvenirs.
« Tu sais, malgré tout ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai vu, je crois que les moments où elle était avec nous sont les plus beaux de toute ma vie. J'avais l'impression que la famille qu'on avait était complète. On a eu une chance unique. On a pu élever un enfant. Ce n'était pas de la tarte, mais c'est l'une des meilleures expériences que j'ai eues. »
Les larmes montaient aux yeux de Marco maintenant.
« Je suis désolé, yoi, » murmura-t-il. « Je suis désolé de penser à elle alors que tu es... »
« Mort ? » Thatch sourit doucement. « Marco. Écoute-moi bien. Ne t'inquiète pas. Je veillerai sur vous tous. Mais je ne peux pas faire de miracle. C'est à ton tour maintenant. »
Il se leva et s'approcha du mur où étaient accrochées plusieurs photos.
« C'est à ton tour de la protéger. Tu es le mieux placé pour ça. »
Marco s'approcha aussi, regardant par-dessus l'épaule de Thatch. Son frère tenait une photo — celle de eux trois sur l'île des Hommes-Poissons. Sohalia avait six ans sur cette photo. Son visage était illuminé d'émerveillement.
« Tu te souviens de ce jour ? » demanda Thatch.
« Oui, yoi. C'était la première fois qu'elle voyait l'île. »
« Elle était si heureuse. » Thatch sourit. « On s'en est bien tirés. »
Il se tourna vers Marco, le regard sérieux maintenant.
« Tu feras de ton mieux, hein, frangin ? »
« Je mourrai pour ma famille, » répondit Marco simplement. « Tu le sais. »
« Oui. Mais ce n'est pas de mourir dont elle a besoin. C'est de vivre. Avec toi. »
Marco sentit sa gorge se serrer.
« Va falloir ruser pour la séduire, » continua Thatch avec un sourire moqueur. « Tu n'en as pas fini avec les insomnies. »
Malgré lui, Marco sourit faiblement.
« Je l'apprivoiserai, yoi. »
Des biscuits. De la mousse au chocolat. Il l'appâterait.
« Comme je l'ai fait avant, » dit Thatch en pressant l'épaule de Marco. « Bonne chance, frangin. »
« Thatch ! »
Mais quand Marco se retourna, il n'y avait plus personne.
Juste le vide.
Il regarda frénétiquement autour de lui, cherchant son frère. Mais la cabine était vide. Complètement vide.
Son regard tomba sur son bureau. Rien ne semblait avoir bougé.
Un rêve ?
Ou...
Il ne savait pas.
Il ne savait plus.
Il s'approcha du mur et regarda la photo que Thatch avait tenue. Celle de l'île des Hommes-Poissons.
Les larmes coulaient maintenant, silencieuses.
« Bordel, » murmura-t-il.
La porte s'ouvrit soudain.
« Non, moi, c'est Izo. »
Marco sursauta violemment.
« Hein ? »
« Pas tout activé là-haut, » s'amusa le commandant de la seizième en tapotant sa tempe.
« Izo ? »
« Oui, bravo ! »
« Bordel, » répéta Marco en s'asseyant lourdement sur son lit.
Izo entra complètement et ferma la porte derrière lui. Il observa Marco avec attention — les yeux rouges, les larmes sur les joues, l'air complètement perdu.
« Ça va ? »
Marco ne répondit pas immédiatement. Ses yeux balayèrent son bureau du regard. Rien n'avait bougé. Vraiment rien.
Son regard tomba sur la photo de l'île des Hommes-Poissons, et il frissonna en la prenant.
Izo s'approcha et détailla en silence l'image.
« Elle te manque tant que ça ? » lança-t-il finalement.
« J'ai rêvé de Thatch, » chuchota Marco.
Izo se figea un instant, puis son expression s'adoucit.
« Ouais, ça m'arrive aussi de temps à autre. » Il s'appuya sur la chaise, son regard perdu parmi les photos accrochées au mur. « J'ai l'impression qu'il n'est pas vraiment parti. Qu'il est toujours là, déambulant sur le navire, nous voyant, nous entendant, mais ne pouvant communiquer avec nous. »
« Une sorte de fantôme ? » dit Marco pour lui-même.
« C'était quoi ton rêve ? »
Marco hésita.
« Il était là. Me parlant de Sohalia. »
« Il te donnait des conseils de séduction ? » s'esclaffa Izo malgré lui.
« Non. » Marco posa la photo avec soin. « Je crois qu'il me donnait une sorte d'accord... »
« Sa bénédiction ? » s'étonna son ami.
« Ouais, un truc comme ça... »
Le silence s'installa, laissant les deux commandants plongés dans leurs pensées.
Izo finit par se lever.
« Tu sais ce que je pense ? »
« Quoi, yoi ? »
« Que rêve ou pas, fantôme ou pas, Thatch te connaît. Il t'a toujours connu. »
Marco leva les yeux vers lui.
« Et je pense, » continua Izo, « qu'il approuve. Complètement. »
Il se dirigea vers la porte, puis s'arrêta.
« Il te faisait confiance pour la protéger, Marco. Fais-lui honneur. »
Et il sortit, laissant Marco seul avec ses pensées.
Marco resta assis longtemps après le départ d'Izo.
Regardant les photos. Repensant aux mots de Thatch — rêve ou fantôme, peu importait.
"C'est à ton tour de la protéger."
Oui.
Oui, il la protégerait.
Contre Jef. Contre le monde entier si nécessaire.
Thatch lui avait donné sa bénédiction.
Même dans la mort, même dans un rêve, son frère veillait sur lui. Sur eux.
Il ne savait pas s'il devait rire ou pleurer.
Mais il savait une chose : il ne pouvait plus fuir ses sentiments.
Il aimait Sohalia.
Et d'une certaine façon, Thatch le savait.
L'avait toujours su.
"Merci, frangin," murmura Marco dans le silence de sa cabine. "Je te promets... je prendrai soin d'elle. Toujours."
Et quelque part, dans un endroit entre le rêve et la réalité, entre la vie et la mort, il crut entendre le rire de Thatch.
Content. Satisfait. En paix.
Présent. Yosei no Toketsu.
Marco ouvrit les yeux.
Il était de retour dans le présent. Dans la tente. Sur cette île glacée.
Dix-sept ans.
Dix-sept ans depuis cette petite fille qui pleurait dans ses bras.
Dix ans depuis l'adolescente qui promettait de devenir forte.
Quelques semaines depuis Saint Urea et sa réalisation.
Quelques semaines depuis la bénédiction de Thatch.
Et maintenant...
Maintenant il était là, veillant sur elle après qu'elle ait été attaquée par Jef. Après qu'elle ait dû vivre la mort de Thatch.
Il regarda Sohalia.
Elle gémit dans son sommeil, son visage se crispant.
Un cauchemar. Encore.
Marco posa doucement sa main sur la sienne. Elle se calma légèrement.
« Je suis là, yoi, » murmura-t-il.
Il repensa à ce moment, quelques jours plus tôt seulement, avant que tout ne devienne si sombre. Ce moment dans les cales...
Quelques jours plus tôt. Le voyage vers Yosei no Toketsu.
Ce soir-là, après une journée particulièrement froide, Sohalia cherchait un moment de légèreté. Elle avait aperçu Marco qui filait vers les cales du navire avec ce sourire en coin qu'il avait quand il préparait quelque chose.
Sans réfléchir, elle l'avait suivi au pas de course.
Une fois en bas des escaliers, elle s'était figée pour laisser sa vision s'adapter à l'obscurité. Elle n'y voyait rien.
Elle avait soupiré et s'était retournée pour remonter sur le pont.
Mais alors qu'elle allait poser un pied sur la première marche, un bras l'avait saisie par la taille et l'avait entraînée dans l'obscurité.
Elle avait crié de surprise avant de se mettre à rire.
Marco la tenait contre lui, la serrant fortement. Il n'était pas essoufflé par la course-poursuite, et pourtant, elle l'avait senti inspirer une grande goulée d'air.
Elle avait souri et enfoui son visage dans son torse dénudé.
Ils étaient restés ainsi un long moment, simplement à profiter de la présence rassurante de l'autre, bercés par le Moby Dick qui continuait d'avancer.
Sohalia s'était reculée légèrement pour pouvoir le regarder, mais elle avait fait bien attention à ne pas quitter ses bras.
Ils avaient passé la soirée dans sa cabine. Marco avait récupéré de la nourriture de la cuisine. De la mousse au chocolat. Du saké. Des chips.
Ils avaient parlé de tout et de rien. Du froid qui s'intensifiait. De l'île qui se rapprochait. Des inquiétudes sur ce qui les attendait.
Ils avaient continué à discuter pendant des heures, blottis l'un contre l'autre pour se réchauffer.
Et puis elle s'était endormie. En plein milieu d'une phrase. Comme ça.
Marco était resté là, assis près d'elle, la regardant dormir.
C'était à ce moment-là qu'il avait su. Vraiment su.
Qu'il ne pourrait jamais la voir autrement.
Qu'elle était devenue la personne la plus importante de sa vie.
Et maintenant...
Marco sortit de son souvenir.
Sohalia bougeait plus violemment maintenant. Elle murmurait quelque chose — des mots incompréhensibles, mais emplis de détresse.
« Non... Thatch... non... »
« Sohalia, » dit-il doucement.
Mais elle ne l'entendait pas. Elle était piégée dans son cauchemar.
« Thatch ! »
Elle se redressa brusquement, paniquée, les yeux écarquillés dans l'obscurité.
« Thatch ! »
Marco réagit immédiatement. Il la prit dans ses bras, la serrant contre lui.
« Je suis là, yoi. C'était juste un rêve. »
Elle tremblait violemment contre lui.
« Il est mort, Marco. » Sa voix était brisée. « Je l'ai vu mourir. Encore. »
« Je sais. »
« Jef me l'a montré. Tout. Le couteau. Le sang. Ses yeux... »
« Je suis là, yoi. »
Elle s'accrocha à lui comme si elle se noyait et qu'il était son unique bouée.
Marco la berça doucement. Comme quand elle était enfant. Mais ce n'était plus pareil.
Elle n'était plus une enfant.
Et lui... lui l'aimait.
« Je ne le laisserai pas te faire du mal, yoi, » murmura-t-il contre ses cheveux.
« Jef ? »
« Jef. Ou qui que ce soit d'autre. Je te protégerai. »
« Comme tu l'as toujours fait. »
« Comme je le ferai toujours. »
Elle leva les yeux vers lui. Dans la faible lumière de la lanterne, il pouvait voir les traces de larmes sur ses joues.
Elle le fixa un long moment, comme si elle cherchait à comprendre ce qu'il voulait dire. Mais elle était trop épuisée, trop traumatisée pour analyser.
« Merci, » murmura-t-elle finalement. « Pour être là. Pour toujours être là. »
« Toujours, yoi. »
Elle se blottit à nouveau contre lui, cherchant le réconfort dans sa chaleur, dans sa présence.
Progressivement, ses tremblements cessèrent. Sa respiration se calma. Ses paupières s'alourdirent.
Marco la rallongea doucement sur la couchette, remontant la couverture sur elle avec soin.
Elle attrapa sa main avant qu'il ne la retire complètement.
« Reste, » murmura-t-elle, déjà à moitié endormie.
« Je ne pars pas, yoi. Promis. »
Elle sourit faiblement et ferma les yeux.
En quelques minutes, elle dormait à nouveau. Mais cette fois, son sommeil était paisible. Aucun cauchemar. Juste le repos.
Marco resta assis près d'elle, sa main toujours dans la sienne.
Il la regarda.
Cette femme qui avait été une enfant.
Cette femme forte qui combattait à ses côtés.
Cette femme qu'il aimait.
De la petite fille terrorisée qui pleurait dans ses bras à la femme forte qui combattait à ses côtés. De la sœur qu'il protégeait à la femme qu'il aimait.
Le chemin avait été long. Dix-sept ans. Dix-sept ans à la voir grandir, changer, devenir qui elle était maintenant.
Il avait fait une promesse à Thatch. Une promesse silencieuse. La protéger. Veiller sur elle. Être là pour elle.
Et il tiendrait cette promesse.
Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en coûte.
Parce qu'il l'aimait.
Même si elle ne le savait pas encore.
Même si elle ne le saurait peut-être jamais.
Il serait là.
Toujours.
Marco se pencha légèrement et déposa un baiser très doux sur le front de Sohalia. Un geste tendre, protecteur.
« Dors bien, yoi, » murmura-t-il. « Je veille sur toi. »
Dehors, la neige continuait de tomber sur Yosei no Toketsu. Le vent hurlait. Le froid mordait. Mais dans cette tente, il y avait de la chaleur. Il y avait de la protection. Il y avait de l'amour.
REECRIT : 08/01/2026