War of Change
Huit jours avant l'exécution de Portgas D. Ace
Vingt-quatre heures.
C'était tout le temps dont Sohalia avait disposé pour mettre de l'ordre dans un royaume entier avant de le quitter, peut-être pour toujours. Vingt-quatre heures pour organiser une régence, déléguer ses responsabilités, s'assurer que tout ce qu'elle avait construit ne s'effondrerait pas en son absence.
Le Conseil d'urgence s'était réuni dans la grande salle, tous les représentants des lignées rassemblés autour de la table ancestrale. Sohalia avait présidé avec une autorité glaciale, son visage un masque parfait de détermination royale qui ne laissait transparaître aucune des émotions qui la déchiraient intérieurement. Les documents avaient été signés, les sceaux apposés, la régence officialisée. Maiya était maintenant, pour toutes fins pratiques, reine du Royaume.
Sa cousine avait accepté avec une gravité qui lui ressemblait peu, comprenant parfaitement le poids qui venait de tomber sur ses épaules. Leurs regards s'étaient croisés par-dessus la table du Conseil — un échange silencieux chargé de promesses mutuelles.
Reviens-nous. Je veillerai sur le royaume.
Les instructions finales avaient été données dans un enchaînement rapide et méthodique. À Nostradamus :
« Protégez-la. Protégez-les tous. Guidez-la comme vous m'avez guidée. »
À Akihide :
« Le royaume est entre vos mains. Tous les deux, vous êtes plus forts que vous ne le croyez. »
À Kino, dans un aparté discret :
« Veille sur Maiya. Ne la laisse pas porter ce fardeau seule. Elle aura besoin de toi. »
Puis était venu le moment de se préparer physiquement au départ. Dans la solitude de ses appartements, Sohalia avait enlevé ses robes royales pour la dernière fois — peut-être vraiment la dernière fois, si les choses tournaient aussi mal que les visions de Nostradamus semblaient le suggérer. Elle avait enfilé sa tenue de pirate, celle qu'elle portait à bord du Moby Dick, et le simple fait de sentir le tissu familier contre sa peau avait fait monter les larmes à ses yeux.
Ses armes avaient été vérifiées, affûtées. Elle s'était regardée une dernière fois dans le miroir — non plus une reine, mais une pirate, une guerrière, une commandante prête à partir en guerre.
Son regard s'était porté vers la fenêtre et l'océan au-delà. Quelque part, au-delà de cet horizon infini, Marco se trouvait sur le Moby Dick. Quelque part, Ace était enchaîné dans une cellule d'Impel Down, attendant une mort qu'elle ne laisserait pas se produire.
Elle avait touché la bague à son doigt — cette fausse alliance que Marco lui avait offerte. Un symbole de leur lien secret, de leur amour impossible.
« J'arrive, » avait-elle murmuré vers l'océan. « Tenez bon. J'arrive. »
Dans la salle de téléportation, le messager Ryoko l'attendait déjà, le cercle lumineux tracé au sol prêt à l'emporter loin de son royaume. Maiya était venue pour un dernier adieu, et les deux cousines s'étaient étreintes avec une désespération qui en disait long sur leurs peurs respectives.
« Reviens-nous, » avait murmuré Maiya contre son épaule, sa voix tremblante. « S'il te plaît, reviens. »
« Je reviendrai, » avait promis Sohalia, même si elle ne savait pas si elle pourrait tenir cette promesse. « Je te le jure. »
Puis elle était entrée dans le cercle. La lumière argentée l'avait enveloppée, l'espace s'était déchiré autour d'elle, et le Royaume avait disparu dans un éclair aveuglant.
L'océan s'étendait à perte de vue sous le soleil de midi, une étendue bleue infinie qui scintillait sous la lumière éclatante. Mais ce n'était pas la beauté paisible de la mer qui coupait le souffle — c'était la flotte impressionnante qui se trouvait sur ses eaux.
Le Moby Dick se dressait au centre de cette armada, majestueux et imposant comme toujours. Son pavillon — la tête de mort ornée du croissant de lune caractéristique de Barbe Blanche — flottait fièrement au sommet du mât principal, visible à des kilomètres à la ronde. Le navire fourmillait d'activité : des dizaines de pirates s'activaient sur le pont, vérifiant des armes, renforçant des cordages, s'entraînant au combat. Même de loin, on pouvait sentir l'intensité de leurs préparatifs.
Autour du Moby Dick, les trois navires répliques formaient une formation défensive serrée, positionnés comme les points cardinaux d'une boussole. Chacun portait son propre équipage, chacun était prêt au combat, chacun attendait l'ordre de partir vers Marineford.
Mais ce qui était vraiment impressionnant, c'était le nombre de navires alliés qui s'étaient rassemblés. Quinze, peut-être vingt, dispersés dans un large périmètre autour de la flotte principale. Certains arboraient des pavillons que Sohalia reconnaissait — celui de Whitey Bay avec sa rose des vents stylisée, celui de Squard avec son araignée menaçante. D'autres lui étaient inconnus, capitaines pirates venus de tous les coins du Nouveau Monde pour répondre à l'appel de Barbe Blanche.
L'océan lui-même portait les cicatrices de leur domination. Des épaves de navires de la Marine flottaient çà et là, débris calcinés et coques éventrées témoignant de la férocité avec laquelle ils avaient détruit toute tentative de surveillance. Le message était clair : c'était leur territoire, et quiconque essayait de les espionner le payait de sa vie.
Des vigies se tenaient dans les nids de pie de chaque navire, scrutant l'horizon avec une vigilance constante. Le périmètre de sécurité était strict, impénétrable. Personne n'approchait cette flotte sans être repéré, identifié, et soit accueilli soit détruit.
Sur le pont du Moby Dick, deux pirates ordinaires montaient la garde près du bastingage, leurs regards balayant machinalement l'horizon.
« Encore combien de temps avant qu'on parte ? » demanda le plus jeune, un homme aux cheveux roux qui tapotait nerveusement le pommeau de son sabre.
« Le capitaine attend les derniers alliés, » répondit son compagnon, un vétéran au visage balafré. « Et puis faut tout préparer. On part pas en guerre sans être prêts. »
« Ace tient le coup, tu crois ? »
Le vétéran serra la mâchoire.
« Il est fort. Il tiendra. Et on va le récupérer. »
« Ouais, » murmura le plus jeune, mais son regard trahissait son inquiétude. « Ouais, on va— »
Il s'interrompit brusquement, les yeux écarquillés.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? »
Un cercle de lumière argentée venait d'apparaître sur le pont, scintillant dans l'air comme une étoile tombée du ciel. Les pirates autour s'écartèrent instinctivement, certains portant la main à leurs armes par réflexe.
La lumière se concentra, devint plus brillante, presque aveuglante. Puis, aussi brusquement qu'elle était apparue, elle se dissipa.
Et Sohalia se tenait là.
Elle émergea de la téléportation avec une grâce naturelle, ses bottes touchant le pont avec un bruit sourd. Sa cape sombre flottait encore autour d'elle, agitée par les derniers résidus d'énergie dimensionnelle. Elle se redressa lentement, portant une main à sa capuche.
Un silence absolu régna pendant deux secondes interminables. Tous les yeux étaient rivés sur cette apparition soudaine, cette femme qui venait de se matérialiser de nulle part au milieu de leur navire.
Puis Sohalia abaissa sa capuche d'un geste délibéré, révélant son visage. Ses cheveux dorés tombèrent en cascade sur ses épaules, scintillant sous le soleil. Son regard balaya le pont, cherchant instinctivement des visages familiers.
La reconnaissance fut instantanée.
« C'est... c'est la Commandante ! » s'écria quelqu'un.
« Commandante Sohalia ! »
L'effet fut comme un électrochoc à travers le navire. Les murmures se transformèrent en exclamations, puis en rugissements de joie. Des pirates surgirent de partout — des cabines, des cales, descendant des mâts à toute vitesse.
« COMMANDANTE ! »
La quatrième division arriva en courant, Kenta en tête comme toujours. Son visage était illuminé d'un bonheur si pur qu'il en était presque enfantin.
« COMMANDANTE ! » hurla-t-il en se jetant pratiquement sur elle, suivi immédiatement par le reste de la division.
Sohalia fut submergée par une vague d'étreintes enthousiastes, de mains qui la touchaient pour s'assurer qu'elle était réelle, de voix qui se mêlaient dans un chaos joyeux.
« Vous êtes revenue ! »
« On savait que vous viendriez ! »
« On peut pas aller au combat sans notre commandante ! »
Malgré le poids qui pesait sur son cœur, malgré l'angoisse qui la rongeait, Sohalia ne put s'empêcher de sourire. Elle passa une main affectueuse dans les cheveux de Kenta, serra l'épaule d'Hayate, leur offrit des paroles de réconfort et de camaraderie.
Mais pas tous ne partageaient cet enthousiasme débridé.
Plus loin sur le pont, des pirates qu'elle ne connaissait pas — les équipages alliés qui avaient répondu à l'appel — la regardaient avec des expressions variées allant de la curiosité à la méfiance ouverte.
« Qui est-ce ? » murmura l'un d'eux, un capitaine aux multiples cicatrices.
« Une femme ? Sur le Moby Dick ? »
« Elle a l'air... puissante, » admit un autre, observant la façon dont elle se tenait, son port de tête, l'autorité naturelle qui émanait d'elle.
« Elle me dit quelque chose, » marmonna un troisième, fronçant les sourcils. « J'ai l'impression de l'avoir déjà vue quelque part... »
Mais Sohalia n'avait pas le temps de s'inquiéter des alliés. Son regard continuait à chercher, à scanner les visages familiers des commandants qui commençaient à émerger de diverses parties du navire.
Vista apparut, descendant gracieusement l'escalier principal. Ses moustaches caractéristiques frémissaient légèrement tandis qu'il lui offrait un sourire élégant, bien que teinté d'inquiétude.
Izo émergea d'une cabine, ses kimonos flottant autour de lui. Son expression était celle de quelqu'un qui avait exactement prévu ce qui allait se passer — un mélange de « je te l'avais bien dit » et de résignation amusée.
Jozu était là aussi, sa masse imposante impossible à manquer. Il hocha la tête dans sa direction, un geste simple mais qui portait son approbation.
Haruta surgit de nulle part, des larmes déjà brillant dans ses yeux.
« Sohalia ! » cria-t-il en se précipitant vers elle pour une étreinte qui la souleva presque du sol.
Namur se frayait un chemin à travers la foule, son visage de homme-poisson affichant un soulagement évident.
Mais il manquait quelqu'un.
Marco.
Sohalia sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Où était-il ? Pourquoi n'était-il pas là ? Après des semaines sans le voir, après tout ce qu'ils avaient traversé, elle avait besoin de...
Et puis elle le vit.
Il émergea de derrière le mât principal, et le simple fait de poser les yeux sur lui fit se bloquer la respiration de Sohalia. Marco. Après tant de semaines de séparation, de communication limitée à de brefs appels via Den Den Mushi, de nuits passées à rêver de lui, il était là.
Mais son expression...
Le visage de Marco était fermé, sa mâchoire crispée, ses épaules tendues. Et dans ses yeux — ces yeux bleus qu'elle aimait tant — brillait non pas de la joie, mais quelque chose qui ressemblait terriblement à de la colère.
Non. Pas de la colère.
De la peur.
Marco se dirigea droit vers elle, ses pas rapides et déterminés. La foule s'écarta instinctivement sur son passage, sentant la tension qui émanait du commandant de la première division. Même la quatrième division recula, leurs sourires s'effaçant progressivement tandis qu'ils réalisaient que quelque chose n'allait pas.
Le silence tomba comme une chape de plomb sur le pont.
Marco s'arrêta devant Sohalia, si proche qu'elle pouvait voir les petites flammes bleues qui commençaient déjà à crépiter sur ses bras — manifestation involontaire de ses émotions turbulentes.
« Qu'est-ce que tu fais là, yoi ? »
Sa voix était basse, tendue, chargée d'une émotion qu'elle ne parvenait pas tout à fait à identifier.
Sohalia cligna des yeux, décontenancée par l'accueil.
« Marco, je— »
« Tu dois rentrer, » coupa-t-il, et sa main se referma sur son bras — pas brutalement, mais fermement. « Maintenant. »
Le choc la paralysa pendant une seconde.
« Quoi ? »
« Rentre chez toi, Sohalia, » répéta Marco, sa voix montant légèrement. Les flammes sur ses bras crépitèrent plus fort. « Tu n'as rien à faire ici, yoi. »
Chaque mot était comme un coup de poignard dans son cœur. Après tout ce qu'elle avait traversé pour venir ici — abandonner son royaume, risquer l'exposition de son identité, affronter la colère de Nostradamus et les larmes de Maiya — Marco lui demandait de partir ?
« Lâche-moi, » dit-elle, sa voix se durcissant pour masquer la douleur qui menaçait de la submerger.
Marco ne lâcha pas. Au contraire, il la regarda avec une intensité presque désespérée.
« Tu dois partir. Ce n'est pas ta guerre. »
Quelque chose se brisa en elle. Sohalia se dégagea d'un mouvement brusque, le repoussant même légèrement.
« Pas ma guerre ? » Sa voix monta, résonnant sur le pont silencieux. « ACE est mon frère ! »
« Et c'est justement pour ça que tu dois rentrer, yoi, » répliqua Marco, et il y avait maintenant une note de désespoir dans sa voix. « Tu as un royaume à protéger. Des gens qui comptent sur toi. »
« Ne me parle pas de mes responsabilités, Marco. »
Elle recula d'un pas, le regardant comme si elle le voyait pour la première fois. Et peut-être était-ce le cas. Peut-être voyait-elle enfin à quel point il était prêt à la blesser pour la protéger.
Puis la question surgit, celle qui lui brûlait la gorge depuis qu'elle avait lu ce maudit journal.
« Pourquoi personne ne m'a rien dit ? »
Le silence qui suivit fut assourdissant.
« Quatre jours, » continua Sohalia, et sa voix tremblait maintenant — de colère, de douleur, de trahison. « Pendant QUATRE JOURS, tout le monde savait qu'Ace avait été capturé. Qu'il allait être exécuté. »
Elle fit un pas vers Marco, et des papillons dorés commencèrent à scintiller autour d'elle, réagissant à l'intensité de ses émotions. Le Don de Gaia se manifestait sans qu'elle l'appelle, comme pour la soutenir, la protéger.
« J'ai parlé à Izo il y a trois jours via Den Den Mushi, » continua-t-elle, sa voix se faisant plus forte à chaque mot. « On a discuté des préparatifs pour ma prochaine visite. Il m'a demandé comment allait le royaume. Il a plaisanté sur je ne sais quoi. Et il n'a RIEN dit. »
Elle pointa Vista du doigt, et le commandant élégant détourna le regard, incapable de soutenir son accusation.
« J'ai parlé à Vista il y a deux jours. Il m'a donné des nouvelles de l'équipage, m'a dit que tout allait bien. RIEN. »
Son regard balaya l'assemblée jusqu'à trouver Haruta, qui pleurait maintenant ouvertement.
« Haruta m'a contactée pour un rapport de routine il y a quatre jours, juste après que vous ayez tous appris. Il m'a parlé de l'entraînement de la quatrième division. Il m'a raconté une anecdote stupide qui m'a fait rire. Et pendant tout ce temps... »
Sa voix se brisa légèrement.
« Pendant tout ce temps, il savait. »
Puis son regard revint sur Marco, et il y avait tant de douleur dans ses yeux que c'était presque insupportable à regarder.
« Et toi, » murmura-t-elle. « TOI, Marco. On s'est parlé il y a deux jours. Tu m'as demandé comment j'allais. Si j'avais bien dormi. Si le royaume se portait bien. Tu as ri quand je t'ai raconté l'anecdote avec Ume et Akihide. Tu m'as dit que tu avais hâte de me voir bientôt. »
Une larme roula sur sa joue, qu'elle essuya rageusement.
« Et pendant tout ce temps, tu savais. Vous SAVIEZ TOUS. Et personne... personne n'a jugé bon de me le dire. »
Le silence qui suivit était si lourd qu'on aurait pu l'entendre tomber.
Marco ouvrit la bouche, puis la referma. Que pouvait-il dire ? Comment pouvait-il justifier l'injustifiable ?
« On voulait te protéger, yoi... » finit-il par murmurer, sa voix à peine audible.
Sohalia eut un rire amer, sans joie.
« Me protéger ? En me laissant dans l'ignorance pendant que mon frère allait être exécuté ? En me mentant par omission chaque fois qu'on se parlait ? »
Elle toucha inconsciemment la bague à son doigt — ce symbole de leur lien secret — et Marco grimaça en voyant le geste. Il savait ce que cette bague représentait. Il savait ce qu'il était en train de briser.
« C'EST QUOI CE BORDEL ?! »
La voix tonitruante de Barbe Blanche résonna à travers le navire comme un coup de tonnerre, faisant sursauter même les plus aguerris. L'Empereur descendait lentement les escaliers menant à son trône, sa présence massive imposant le silence absolu.
Tous se tournèrent vers lui, s'inclinant respectueusement tandis qu'il approchait. Mais Barbe Blanche ne regardait personne d'autre que Sohalia.
« Père, » dit-elle en s'inclinant, même si sa voix restait tendue.
« Sohalia, » répondit-il, et il y avait dans son ton un mélange de reproche et de compréhension. « Tu ne devrais pas être là. »
Elle redressa la tête, le regard déterminé.
« Avec tout le respect que je vous dois, Père, je suis exactement où je dois être. »
Barbe Blanche soupira profondément, le son ressemblant presque à un grondement.
« Tu portes des secrets, ma fille. Des secrets qui pourraient mettre en danger tout ce que tu as construit. »
Il fit un geste large vers les navires alliés qui les entouraient.
« Il y a ici des dizaines de capitaines pirates, des centaines d'hommes. Certains ne te connaissent pas. Certains pourraient te reconnaître. »
Il marqua une pause lourde de sens.
« Si ton identité est révélée... si le monde apprend... »
« Je suis prête à prendre ce risque, » coupa Sohalia fermement.
« Ce n'est pas seulement ton risque à prendre, » rétorqua Barbe Blanche, sa voix se faisant plus dure. « C'est celui de ton royaume. De ton peuple. De tous ceux qui comptent sur toi pour les protéger. »
Il la regarda longuement, et dans ses yeux brillait quelque chose qui ressemblait à de la tristesse.
« Et qui plus est... je ne veux aucune femme sur le champ de bataille. »
Un murmure parcourut la foule. Certains pirates acquiescèrent en signe d'accord — c'était traditionnel, après tout, de protéger les femmes de la guerre. D'autres, particulièrement ceux de la quatrième division qui avaient vu Sohalia se battre, grognèrent leur désaccord.
Mais Sohalia...
Sohalia sentit quelque chose s'embraser en elle. Les papillons dorés autour d'elle tourbillonnèrent plus rapidement, scintillant avec une intensité croissante.
« Aucune femme ? » répéta-t-elle, sa voix tremblante de colère contenue.
« C'est trop dangereux, » dit Barbe Blanche avec une finalité qui n'admettait normalement aucune contestation. « Marineford sera un massacre. Je ne laisserai pas mes filles mourir là-bas. »
« Vos FILLES ? »
Sohalia fit un pas en avant, et l'air autour d'elle sembla vibrer avec la force de son indignation. Les papillons dorés étaient maintenant des dizaines, puis des centaines, créant un halo lumineux autour d'elle.
« Je suis Commandante de la Quatrième Division ! » Sa voix résonna sur le pont avec une autorité qui fit se redresser même les pirates les plus endurcis. « J'ai GAGNÉ ce titre ! J'ai versé mon sang pour cet équipage ! J'ai combattu aux côtés de mes frères ! J'ai prouvé ma valeur encore et encore ! »
Elle se tourna, balayant du regard tous ceux qui l'entouraient.
« Et maintenant, vous me demandez de rester en arrière ? De laisser MES hommes aller au combat sans moi ? De laisser ma FAMILLE se battre et mourir pendant que je reste bien au chaud dans mon palais ? »
« Sohalia— » commença Barbe Blanche.
« NON ! » coupa-t-elle, et même l'Empereur se tut face à la férocité dans sa voix. « Ace est mon frère. Pas par le sang, mais par choix. Il fait partie de ma famille autant que n'importe lequel de vos fils. »
Les larmes coulaient librement sur ses joues maintenant, mais elle ne les essuyait pas.
« Comment pouvez-vous me demander de l'abandonner ? Comment pouvez-vous me demander de vous abandonner TOUS ? »
Marco fit un pas vers elle, sa main tendue.
« Sohalia, s'il te plaît, yoi. Essaie de comprendre— »
« Non, » dit-elle en se tournant vers lui, et le regard qu'elle lui lança était chargé de tant de douleur qu'il recula comme s'il avait été frappé. « C'est TOI qui dois comprendre. »
Les flammes bleues de Marco s'intensifièrent sur ses bras et ses épaules, réagissant à la tempête d'émotions qui faisait rage en lui. Elles dansaient et crépitaient, projetant une lueur bleutée fantomatique sur le pont.
« Écoute Père, yoi, » dit-il, et il y avait maintenant une note désespérée dans sa voix. « Il a raison. C'est trop dangereux. Tu ne comprends pas ce qui nous attend là-bas. »
« Vraiment ? » Le rire de Sohalia était sans joie. « Et la quatrième division, alors ? Qui va la commander ? »
Marco hésita.
« On... on trouvera quelqu'un temporairement— »
« QUELQU'UN TEMPORAIREMENT ?! »
L'explosion fut spectaculaire. Les papillons dorés tourbillonnèrent avec une violence soudaine, créant un véritable cyclone lumineux autour de Sohalia. Certains pirates durent se protéger les yeux face à l'éclat doré qui émanait d'elle.
« Ce sont MES hommes ! MA division ! Je les ai entraînés ! Je les connais par cœur ! Je sais comment chacun d'eux se bat, quels sont leurs points forts, leurs faiblesses ! » Sa voix montait à chaque mot. « Et tu veux les envoyer au combat — dans la bataille la plus dangereuse qu'ils affronteront jamais — sous le commandement de QUELQU'UN D'AUTRE ?! »
« C'est mieux que de te voir mourir là-bas, yoi ! »
Et voilà. La vérité, crue et douloureuse, enfin exprimée.
Le silence qui suivit fut absolu. Même le vent semblait retenir son souffle.
Sohalia le regarda, vraiment le regarda, et vit enfin ce qui se cachait derrière sa colère, derrière son refus obstiné de la laisser venir.
La peur.
Une peur pure, brute, viscérale.
« C'est ça ? » murmura-t-elle, sa voix soudainement plus douce. « Tu as peur que je meure ? »
Marco détourna le regard, incapable de soutenir ses yeux.
« Regarde-moi, Marco. »
Il ne bougea pas.
« REGARDE-MOI. »
Il leva finalement les yeux vers elle, et ce qu'elle vit dans son regard lui coupa le souffle. Dans ces yeux bleus qu'elle aimait tant brillait une terreur si profonde, si absolue, qu'elle en était presque palpable.
« Oui, » dit-il, sa voix brisée. « Oui, j'ai peur que tu meures, yoi. Tu es contente maintenant ? »
Les flammes bleues jaillirent plus intensément, créant avec les papillons dorés de Sohalia un spectacle saisissant — or et bleu tourbillonnant dans une danse chaotique et pourtant étrangement harmonieuse.
« J'ai peur de te perdre, » continua Marco, et les mots semblaient lui être arrachés de force. « J'ai peur de te voir tomber là-bas et de ne rien pouvoir faire pour te sauver. J'ai peur de... »
Sa voix se brisa complètement.
« J'ai déjà perdu tellement de frères et sœurs au fil des ans, yoi. Thatch... Oden... Lady... Tant d'autres. Je ne peux pas... je ne VEUX pas te perdre toi aussi. »
Il porta une main à sa pochette, ce geste inconscient trahissant où se trouvait son cœur.
« Marco... » Sa voix s'adoucit malgré elle. « Et tu crois que moi, je peux te perdre, toi ? Que je peux rester en sécurité pendant que tu risques ta vie ? »
« Ce n'est pas pareil— »
« Si, c'est exactement pareil ! »
Ils étaient maintenant entourés d'un véritable tourbillon de pouvoir — les flammes bleues de Marco effleurant les papillons dorés de Sohalia. Mais au lieu de les brûler, les flammes les faisaient briller plus fort, comme si leurs pouvoirs reconnaissaient leur complémentarité même dans le conflit.
« Tu me demandes de faire quelque chose que tu refuses de faire toi-même ! » cria Sohalia. « Tu me demandes de rester en arrière, en sécurité, pendant que toi tu vas au combat ! »
« Parce que c'est mon rôle, yoi ! » Marco haussa la voix aussi, sa frustration atteignant un point de rupture. « Je suis le Commandant de la Première Division ! Je DOIS y aller ! »
« Et moi je suis la Commandante de la Quatrième ! » hurla-t-elle en retour. « MON RÔLE EST LE MÊME QUE LE TIEN ! »
Autour d'eux, les pirates observaient la scène avec un mélange de fascination et d'inquiétude. Personne n'osait intervenir face à cette tempête de pouvoir et d'émotion.
« C'est différent et tu le sais ! » insista Marco. « Tu as un ROYAUME ! Des RESPONSABILITÉS qui vont au-delà de cet équipage ! »
« Ne me parle pas de responsabilités, Marco ! » Les papillons tourbillonnaient si vite maintenant qu'ils créaient presque un mur doré autour d'elle. « Tu crois que c'est facile pour moi ? Tu crois que je ne sais pas ce que je risque en venant ici ? »
« Alors pourquoi tu es là, yoi ?! »
« PARCE QUE JE NE PEUX PAS FAIRE AUTREMENT ! »
Le cri résonna sur tout le navire, porté par le vent, si puissant que même les pirates sur les navires alliés environnants purent l'entendre.
Le silence qui suivit fut assourdissant.
Sohalia vacilla légèrement, comme si ce cri lui avait coûté toute son énergie. Quand elle reprit la parole, sa voix était plus douce, brisée par l'émotion.
« Parce que c'est ma famille, » murmura-t-elle. « Parce que c'est Ace. Parce que c'est TOI. Et que je préfère mourir en me battant à vos côtés que de vivre en sachant que je vous ai abandonnés. »
Marco tendit la main vers elle, mais se retint au dernier moment, comme s'il avait peur que la toucher ferait s'effondrer les dernières barrières de sa résolution.
« Sohalia... »
« Ça fait des semaines qu'on ne s'est pas vus, Marco, » continua-t-elle, et maintenant les larmes coulaient librement. « Des semaines. J'ai compté chaque jour, chaque heure. Je me suis endormie chaque nuit en pensant à toi, en touchant cette bague que tu m'as donnée. »
Elle leva sa main, montrant l'anneau qui scintillait à son doigt.
« Et les premières paroles que tu m'adresses quand je débarque enfin ici, c'est pour me dire de partir ? »
Elle secoua la tête, une expression de douleur pure traversant son visage.
« Je pensais... je pensais que tu serais content de me voir. »
Cette fois, Marco ne put se retenir. Il fit un pas vers elle, sa main se tendant réellement.
« Je SUIS content de te voir, yoi, » dit-il, sa voix rauque. « Plus que tu ne peux l'imaginer. Mais— »
« Mais tu veux que je parte, » coupa Sohalia en reculant hors de portée. « Je comprends le message. »
« NON ! » Marco attrapa son bras, la retenant. « Ce n'est pas ça. Je ne veux pas que tu partes parce que je ne veux pas de toi. Je veux que tu partes parce que j'ai BESOIN que tu sois en sécurité ! »
« Pourquoi ?! » Sohalia essaya de se dégager, mais il tenait bon. « Pourquoi ma sécurité est-elle plus importante que la tienne ? Que celle de nos frères ? »
« Parce que si je te perds... »
Marco s'interrompit, cherchant les mots. Les flammes bleues autour de lui vacillèrent.
« Si je te perds, yoi, je ne sais pas si je pourrai continuer. »
Le temps sembla s'arrêter.
« Avec tout le respect que je vous dois à tous les deux... »
La voix calme mais ferme de Vista coupa à travers leur bulle de douleur. Tous deux se tournèrent vers lui, réalisant soudainement qu'ils avaient un public pour cette scène intensément privée.
« Nous avons besoin d'elle, » continua Vista, s'avançant avec son élégance caractéristique. « Père, Marco... aussi difficile que ce soit à admettre, nous avons besoin de Sohalia. »
Barbe Blanche se tourna vers son commandant, sourcil levé.
« La quatrième division est l'une de nos plus fortes, » expliqua Vista. « Mais sans leur commandante... la différence sera significative. »
Izo s'avança à son tour, croisant les bras.
« Vista a raison. J'ai vu la quatrième s'entraîner avec et sans Sohalia. Ce n'est pas la même chose. »
« Et puis, » ajouta Jozu de sa voix grave, « elle pourrait être notre plan de secours. »
Tous se tournèrent vers lui.
« Notre dernière carte à jouer, » continua le colosse, choisissant soigneusement ses mots tout en étant conscient des alliés qui écoutaient. « Notre porte de sortie. »
Il y eut un échange de regards entre les commandants qui savaient — ceux qui connaissaient les véritables capacités de Sohalia.
Sohalia fronça les sourcils.
« Que voulez-vous dire ? »
« Tu as... des capacités uniques, » dit Izo prudemment. « Des ressources que personne d'autre ici ne possède. »
« Si les choses tournent mal, » ajouta Vista, « si nous devons battre en retraite... »
Il ne termina pas sa phrase, mais le message était clair.
Haruta s'avança, les larmes coulant toujours sur ses joues.
« Et puis... c'est notre sœur. Elle a sa place ici autant que nous tous. »
Namur, qui était resté silencieux jusqu'alors, hocha la tête vigoureusement.
« La quatrième la réclame. Les hommes veulent leur commandante. »
Comme pour confirmer ses paroles, des voix s'élevèrent de l'arrière du pont où la quatrième division s'était rassemblée.
« On veut la Commandante ! »
« Sohalia ! Sohalia ! »
Le chant commença à se propager, de plus en plus de voix se joignant au chorus.
Marco regarda tout cela, le conflit évident sur son visage. Il se tourna vers Barbe Blanche, puis vers Sohalia, puis de nouveau vers leur père adoptif.
« Marco, » dit Barbe Blanche calmement. « Ton opinion ? »
Le commandant de la première division ferma les yeux, un combat intérieur visible se déroulant derrière ses paupières closes. Quand il les rouvrit, il y avait une résignation douloureuse dans son regard.
« Elle a raison, yoi, » murmura-t-il, et chaque mot semblait lui coûter. « La quatrième a besoin de leur commandante. Et... »
Il regarda Sohalia directement.
« Elle a le droit de se battre pour sa famille autant que nous tous. »
Puis, si doucement que seuls ceux qui se tenaient très près purent l'entendre :
« Même si ça me tue de l'admettre. »
Sohalia ne dit rien, mais quelque chose s'adoucit dans son expression. Ce n'était pas une victoire — pas vraiment. Mais c'était une acceptation.
Barbe Blanche les observa tous longuement. Son regard alla de Sohalia à Marco, puis balaya les commandants qui se tenaient solidaires, puis la quatrième division qui continuait à chanter le nom de leur commandante.
Enfin, il soupira — un son profond qui semblait venir des tréfonds de son être.
« Gurarara... » Son rire était sans joie. « Tu es têtue que tes frères. »
Sohalia esquissa un sourire triste.
« Il faut bien que ça vienne de quelque part. »
« Très bien, » dit Barbe Blanche après un long silence. « Tu restes. »
L'explosion de joie de la quatrième division fut assourdissante — des cris, des acclamations, des armes frappées contre le pont dans un vacarme triomphal.
« MAIS, » rugit Barbe Blanche, et le silence retomba instantanément. « Tu fais attention. Tu ne prends pas de risques inutiles. Et si je te donne l'ordre de te retirer, tu obéis. Sans discuter. »
Sohalia s'inclina respectueusement.
« Oui, Père. »
« Et tu gardes ton identité aussi cachée que possible, » continua-t-il, son regard se tournant vers les navires alliés. « Porte une capuche si nécessaire. Ne donne aucune information sur qui tu es. »
« Je comprends. »
Barbe Blanche hocha la tête, puis se détourna, retournant vers son trône.
« C'est décidé. Retournez à vos tâches. Nous partons dès que les derniers alliés seront arrivés. »
La foule commença à se disperser progressivement, les pirates retournant à leurs préparatifs. Mais l'atmosphère avait changé — il y avait maintenant une énergie nouvelle, alimentée par le retour de la commandante de la quatrième.
Sohalia resta immobile, observant Marco qui lui tournait le dos maintenant. Il y avait une rigidité dans ses épaules, une tension dans sa posture qui criait sa détresse intérieure.
Elle voulut s'approcher, lui parler, mais Vista posa une main sur son épaule.
« Bienvenue à bord, Commandante, » dit-il doucement. « Ta division t'attend. »
Izo sourit, mais il y avait de la tristesse dans ses yeux.
« Ça va être... intéressant. »
Jozu lui fit un simple signe de tête approbateur.
Haruta se jeta dans ses bras, la serrant fort.
« Tu m'as tellement manqué ! »
« Vous aussi, » murmura Sohalia, mais ses yeux restaient fixés sur Marco qui s'éloignait maintenant, disparaissant dans les profondeurs du navire. « Tous. »
La quatrième division l'entoura alors, un mur de corps et de voix enthousiastes.
« Commandante ! On savait que vous viendriez ! »
« On va leur montrer de quoi la quatrième est capable ! »
« Avec vous à notre tête, on est imbattables ! »
Sohalia se força à sourire, à répondre à leur enthousiasme, à jouer son rôle de commandante forte et confiante. Mais une partie d'elle restait avec Marco, là où il était parti, seul avec sa peur et sa douleur.
« Vous êtes prêts ? » demanda-t-elle à sa division, retrouvant son ton de commandement.
« OUI, COMMANDANTE ! » répondirent-ils en chœur.
« Alors montrez-moi ce que vous avez appris pendant mon absence. »
Pendant que la quatrième s'activait avec un enthousiasme renouvelé, Izo rejoignit Marco qui s'était arrêté près du bastingage, fixant l'océan d'un regard vide.
« Tu as fait le bon choix, » dit doucement Izo.
Marco ne répondit pas immédiatement. Ses flammes crépitaient encore faiblement autour de lui, témoins de sa lutte intérieure.
« Ça ne rend pas les choses plus faciles, yoi, » finit-il par murmurer.
« L'amour n'est jamais facile, Marco. Surtout en temps de guerre. »
Marco toucha sa chemise là où son cœur résidait. Il n'arrivait pas à faire partir cette sensation. Cette peur, cette tension.
« Si elle meurt là-bas... »
« Alors nous mourrons probablement tous, » coupa Izo avec un pragmatisme brutal. « Mais au moins, nous mourrons ensemble. En famille. »
Marco ferma les yeux, combattant les émotions qui menaçaient de le submerger.
Au loin, la voix de Sohalia résonnait alors qu'elle reprenait son rôle de commandante. Et malgré tout — malgré sa peur, malgré sa douleur, malgré la terreur qui lui rongeait les entrailles — Marco ne put s'empêcher de ressentir un soulagement profond.
Elle était là. Même si c'était dangereux. Même si c'était terrifiant.
Elle était là.
Le soleil commençait à décliner vers l'horizon, peignant le ciel de teintes orangées et pourpres. Sur le pont du Moby Dick, l'activité continuait sans relâche. La quatrième division s'entraînait avec une énergie renouvelée sous l'œil vigilant de leur commandante retrouvée. Les autres divisions préparaient leurs équipements, vérifiaient leurs armes, se préparaient mentalement à la bataille qui les attendait.
Au loin, sur les navires alliés, on pouvait voir des silhouettes qui observaient, qui murmuraient, qui se demandaient qui était cette femme mystérieuse qui avait provoqué une telle scène.
Mais pour l'instant, ces questions attendraient.
Pour l'instant, la famille était réunie.
Sohalia se tenait parmi sa division, donnant des instructions, corrigeant des postures, offrant des encouragements. Elle souriait, riait même, jouant parfaitement son rôle.
Mais ses yeux dérivaient constamment vers un point du navire où Marco avait disparu. Et dans ces yeux brillait une tristesse profonde, une douleur que même les papillons dorés qui continuaient à voleter doucement autour d'elle ne pouvaient masquer.
Vista, observant la scène de loin, soupira.
« C'est loin d'être terminé, » murmura-t-il à Izo qui se tenait à ses côtés.
« Non, » acquiesça Izo. « Ce n'est que le début. »
Le pavillon de Barbe Blanche flottait au-dessus d'eux tous, le symbole de leur famille, de leur unité.
Mais en dessous de cette unité, des fissures commençaient à se former — non pas dans leur loyauté envers leur père ou leur mission de sauver Ace, mais dans quelque chose de plus personnel, de plus fragile.
L'amour en temps de guerre était une chose cruelle.
Et la guerre approchait.
Huit jours avant l'exécution de Portgas D. Ace
La famille était réunie. Mais la guerre avait déjà commencé — et pas seulement contre la Marine.
Publié : 09/02/2026
Team Sohalia ou Team Marco ?
A demain !