La fontaine de jouvence (Version alternative)

Chapitre 12 : Terre !

2069 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/08/2026 14:42

Elle était là, juste devant lui, en pleine face de sa longue vue !

La côte de la Floride !

La fontaine de jouvence était là, quelque part, l'attendant.

Barbossa replia la longue vue et arbora un grand sourire satisfait avant d'ordonner de mettre les canots à la mer pour le débarquement.

L'équipage s'activa à la manœuvre, chacun prit une arme au passage, histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises une fois à terre. Jack fut amené sur le pont menotté.

- Tu es à ton aise, Jack ? S'amusa Barbossa en le voyant ainsi.

- Je t'invite volontiers à partager cette expérience pour te faire ta propre opinion !

- Sans façons, nous avons tellement à faire. Cela dit ne t'inquiète pas, je compte te laisser sur ce territoire magnifique pour que tu puisse l'explorer à ta guise. Qui sait... peut être qu'une tribu de singes a besoin de tes services.

Jack se contenta de répondre par une grimace.

- Emmenez-le !

Il regarda Jack partir puis vit Angelica.

- Nous voilà arrivés au terme de notre voyage ma chère !

- Surtout ne me sous-estimez pas Barbossa. N'oubliez pas que le sang de mon père est en moi.

- Je vous assure que je saurais en tenir compte.

Il s'inclina respectueusement, elle passa son chemin.


Les canots furent mis à la mer, les hommes y montèrent, une partie resta sur le Black Pearl pour le surveiller.

Barbossa se tenait sur le canot de tête, perché à l'avant avec une stature de chef invincible tandis que Jack était assis derrière, abattu. Le temps était magnifiquement ensoleillé, pas un nuage à l'horizon, il ne reflétait en rien l'immense atmosphère d'aventure, d'impatience et de mystère qui régnait.

- Je me demande ce que le capitaine fera de la fontaine de jouvence, dit Ragetti.

- Il sera immortel et nous avec, on sera comme avant mais sans malédiction ! Répondit Pintel.

- Oh chouette ! Je n'aurai plus besoin de lire ce fichu bouquin ! Dit Ragetti en montrant sa bible.

- De toutes façons tu ne sais pas lire idiot !

- Oui... ça aussi.


Dans un autre canot, Angelica demanda à Philippe :

- Que pense-tu que nous allons trouver ici ?

- Au moins des ennuis avec tout ce monde qui désire acquérir la fontaine de jouvence.

- Tu ne la veux pas toi ?

- Dieu nous a donné une vie, à nous de la remplir au mieux. Chercher à vivre plus ne peut apporter que de la souffrance, on ne peut pas tricher sans en payer le prix !


Ils accostèrent sur la plage de sable fin, le cadre était paradisiaque mais les pirates n'étaient pas là pour en profiter. Barbossa sortit de sa poche le compas de Jack et pensa à ce qu'il désirait le plus au monde. L'instrument indiqua le nord-est.

- Suivez-moi !


Ils s'enfoncèrent dans la jungle, marchant tout en se méfiant du moindre son. Beaucoup de cris d'animaux se faisaient écho. Ils marchèrent longuement, tellement longuement que Jack finit par demander :

- Hé vieux singe ! Pourrait-on s'arrêter un instant ? Je dois soulager un besoin important.

Barbossa se retourna en brandissant son pistolet.

- Je préfèrerais te transpercer de partout, ainsi tu pourra évacuer ce que tu veux comme bon te semblera !

- ...J'attendrais

Barbossa rangea son arme et vit aussitôt l'un de ses hommes s'effondrer. Les autres regardèrent sans comprendre. Un autre tomba, puis un autre, juste à côté de Barbossa. Il regarda et vit une fléchette au bout jaune-orangé plantée dans son cou.

Des indigènes surgirent alors des végétaux, arcs pointés droits sur les pirates.

Barbossa était dépassé.

- J'espère que tu avais prévu ça... capitaine, fit Jack avec un air amusé.

Barbossa dégaina son épée.

- On a pas fait tout ce chemin pour rien les gars ! Alors débarrassez-moi de ces sangsues !

Les pirates hurlèrent et les premiers tirs éclatèrent, des indigènes s'effondrèrent, la bataille était engagée. Flèches et balles se croisèrent, les hommes des deux camps tombaient. Barbossa se démenait avec une énergie féroce et il y prenait beaucoup de plaisir ! Angelica se défendait, prouvant ses capacités de combattante, tout comme Philippe ! Quant à Jack, il faisait la seule chose qu'il savait faire le mieux : fuir ! Étant donné qu'il ne pouvait pas se battre à cause de son embarrassante situation. Il passa donc à travers balles et flèches tout en enjambant les cadavres qui tombaient devant lui. Une flèche passa juste devant ses yeux, puis il entendit un hurlement : un indigène courrait droit vers lui armé d'une lance, il hurla aussi. L'indigène s'effondra transpercé par une balle, Jack se tourna vers le pirate qui avait tiré, c'était Cotton !

- Merci !

- Et une bouteille de rhum ! Répondit le perroquet.

Il trouva Gibbs devant lui.

- Monsieur Gibbs ! Ça te dérangerait de me libérer de ma situation infortunée et surtout très inconfortable ?

- Oui capitaine, une seconde !

Ils virent alors une trentaine d'autres indigènes arriver au loin.

- ...Laisse tomber.


Tous les pirates prirent la fuite, battant en retraite.

- Aux canots allez ! Ordonna Barbossa.

Il s'apprêta à partir à son tour lorsqu'il vit Jack et Gibbs avec tous les autres indigènes les poursuivant. Il les suivit dans leur course.

- Il faut retourner sur le Black Pearl capitaine ! Hurla Gibbs.

- Sans blague ! Répondit Jack. Si j'avais été à la barre j'aurais d'abord ordonné que l'on canonne la côte pour faire fur les résidents peu enthousiastes de notre arrivée.

- La ferme et courez ! Ordonna Barbossa.

Ils coururent du plus vite qu'ils purent mais brusquement, Gibbs s'effondra après un bref « ouille ».

Les indigènes surgirent devant Jack et Barbossa, Hector brandit don épée.

- Approchez tas de canailles !!

- Euh... Hector...

- Quoi !!

- Tu ferais mieux d'observer l'ensemble de la situation.

Il se retourna et vit qu'ils étaient parfaitement encerclés par des centaines d'indigènes. Jack désigna son voisin.

- C'est lui qui commande, moi j’obéis ! Dit-il en montrant ses chaînes.

Tous deux reçurent alors, en guise de cadeau de bienvenue, une fléchette qui les fit tomber dans un profond sommeil.


Jack ouvrit un œil, il se sentait bizarre, tout ce qu'il voyait était inversé. Normal, il était à l'envers, attaché. Barbossa était dans la même situation.

- Dis-moi que ce n'est qu'un mauvais rêve !

- J'aimerais tellement que ce soit le cas !

Un indigène s'avança vers eux, il était plus gros que les autres et portait une coiffe de plumes, son corps était parsemé de tatouages bizarres.

- Moi pas chef ! Lui chef ! Moi, faut pas toucher ! Hurla Jack.

- Misérable...

- Qui êtes-vous ? Demanda l'indigène dans un français parfait mis à part l'accent.

- Vous parlez notre langue ?

- D'autres sont venus avant vous, il y a longtemps. Ceux qui ne sont pas morts pour avoir voulu nous conquérir nous ont appris plein de choses.

- Ça tombe bien nous sommes venus exprès pour ça !

- Que venez-vous réellement faire ici ? Parlez !

- J'aimerais bien mais le sang me monte un peu trop à la tête.

- Fadan Ikshubé !

Leurs liens furent coupés, ils tombèrent au sol. Le compas de Jack fuya la poche de Barbossa, en le voyant, les indigènes poussèrent un cri de surprise et s'agenouillèrent.

- Jack, peux-tu m'expliquer ce qu'il se passe ?

- Oh ne t'en fais pas, ça m'arrive sans arrêt !

Le chef leur dit :

- Vous avez le guide magique de celui qui nous a tout appris.

- Je ne me rappelle pas être venu ici auparavant pourtant, dit Jack.

- Qui était ce guide ? Demanda Barbossa.

- Le grand seigneur Ponce de Léon, répondit le chef.

Barbossa, surpris, se retourna vers Jack.

- Ce misérable bibelot que tu traine depuis des années était à Ponce de Léon ! Et tu ne le savais même pas !!??

- Je l'ai emprunté à long terme à Tia Dalma en réalité, ça n'avait pas l'air de l'avoir affolée.

- Je n'arrive pas à y croire !

- Ponce de Léon est venu voir nos ancêtres, il y a longtemps. Il cherchait la source de l'eau sacrée, comme tant d'autres, les miens voulurent le tuer mais il leur a dit pourquoi il la voulait, non pas pour exploiter à mal ses vertus uniques mais pour le guérir d'un mal qui allait le mener à la mort, après quoi il partirait. Mes ancêtres l'ont mené à la source, il a guéri et il a tenu sa parole, instruisant et aidant les miens avant de repartir. C'était un très grand bienfaiteur. Alors, vous, qu'êtes-vous venu faire ici ?

- Nous venons ici pour la fontaine de jouvence, répondit Barbossa.

- Mais est-ce pour sa gloire, ou la votre ?

- Ni l'un ni l'autre.

Philippe avait parlé, il était attaché avec Gibbs et les autres à côté.

- C'est pour la voir que je suis venu, pour croire en la légende et avoir foi envers le dieu qui a donné ce pouvoir unique à la race des Hommes.

Contrairement aux pirates, il était le plus franc dans ce qu'il disait.

- Que savez-vous de la source sacrée ?

- Au-delà de son pouvoir de rajeunissement et de guérison, elle purifie les âmes qui se repentissent. Les Chrétiens la connaissent comme la fontaine au pied de l'arbre de la connaissance dans le jardin d'Eden qui alimentait les quatre fleuves du paradis.

- Quelle incroyable culture, je suis fasciné ! Dit Jack.

- Vous pensez avec raison, vous êtes une âme pure, je vous laisserais accéder à la source, seulement, prenez garde. Si vos pensées sont tournées à de mauvaises fins, les dieux vous puniront d'une manière terrible, car la source qui donne la vie sait aussi la reprendre.

- Bien, le message semble clair au moins, dit Jack.

- Je dois vous prévenir, lança Philippe au chef, d'autres vont venir très bientôt et leur âme est plus noire que toutes celles que vous avez pu rencontrer jusqu'à présent.

- Les dieux veillent sur ce territoire, nous nous en remettons à eux et nous n'avons peur de rien. Faites leur confiance.

- Vos dieux ne sont malheureusement pas les miens.

- Ils portent bien des noms mais la foi qu'ils donnent est la même, tout comme l'amour que vous portez à cette femme, dit-il en montrant Angelica.

- Comment...

- Pas besoin de lire l'avenir pour voir ce qui est évident...


Tout le monde fut libéré, le chef s'adressa à Jack et Barbossa.

- Manuel va vous guider jusqu'au sanctuaire de la source, après quoi vous serez seuls.

- Merci de votre aide inestimable, dit Barbossa en s'inclinant respectueusement.

Jack le regarda d'un air méprisant.

- Arrête de faire l'hypocrite !


Ils se remirent en marche, suivant leur précieux guide qui les mena à travers la jungle dans des coins qui paraissaient infranchissables et où il était plus que probable de se perdre aisément. Ils arrivèrent enfin, après quelques heures, devant l'entrée d'une caverne.

- J'ai une impression de déjà-vu, dit Jack en se rappelant l'île de la Muerta.

- C'est ici que je vous laisse, dit le guide. Bonne chance.

Et il repartit, les laissant là.

- Il n'a même pas demandé de récompense ! C'est merveilleux !

- Ça suffit, nous devons être extrêmement vigilants à présent, la fontaine de jouvence doit être gardée derrière des pièges redoutables qui nécessiteront de mettre en avant nos plus grandes valeurs humaines, dit Barbossa.

- Ça se voit que tu y a réfléchi longtemps !

- Oui... allons-y... toi d'abord Jack.


Jack entra dans la caverne, suivi de très près par les autres. Il marcha dans le tunnel de roche jusqu'à voir la lumière du jour et autre chose qui lui coupa le souffle.

- Qu'y-a-t-il ? Demanda Barbossa.

Jack regarda autour de lui et se mit à courir brusquement hors de la grotte, Barbossa dégaina son épée.

- J'en étais sûr !!



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