Zenitia, ou l'île de la consécration (Arc 2) par

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Crossover / Action / Aventure

8 Chapitre 27 : Cérémonie d'ouverture

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Chapitre 27 : Cérémonie d'ouverture 



Précédemment : Mickaël a fini de raconter à ses amis ce qu'il s'est passé de son côté. Après leur avoir révélé la véritable nature de Xenos, les quatre dresseurs doivent penser à ce qu'ils feront dans l'avenir. 


Finalement, les quatre dresseurs étaient de nouveau au point de départ, liés bien malgré eux pour se défendre contre un ennemi commun dont les traits du visage étaient désormais plus nettes. Les deux filles avaient bossé pour Xenos et en connaissaient trop sur son business. Pourtant, elles avaient réussi à s'échapper au terme d'une course poursuite qui les avaient tous amenés à Grupala.  


— Et maintenant... qu'est-ce qu'on va faire ? 


Ils s'étaient retrouvés de nouveau en début d'après-midi après le départ de Noémie, dans la chambre de Mickaël. Ce dernier était allongé sur son lit aux côtés de Pikachu et Sacha, tour trois fixant indifféremment le plafond inexpressif. A côté d'eux, Elizabeth était assis avec un Joliflor sur les genoux, derrière Cassandra, qui debout contre la fenêtre, regardait au-dehors en leur tournant le dos. 


— Ben, à la base je suis venu pour participer à la compet' de Zénitia, répondit mollement Sacha. Et tout ce foutoir n'y changera rien.  

— Tout pareil, renchérit son ami.  

— Oui, mais moi je n'ai pas envie d'y participer ! S'exclama Ellie après avoir jeté un rapide coup d'œil vers Cassandra, attendant en vain sa réponse.  

— Tu n'as qu'à partir... ou nous regarder à la télé, lui répondit sèchement cette dernière.  

— Mais je serais séparée de vous, et donc plus vulnérable, non ? Vous, vous serez dans la foule de dresseurs qui participe, et donc plus difficile à atteindre.  

— Alors quoi ? S'enquit Cassandra avec un sourire narquois. On devrait renoncer à participer à la compétition pour toi ? 

— Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Répliqua-t-elle, légèrement agacée de son attitude hautaine. Mais mon rêve est d'être infirmière Pokémon ! Je n'ai pas besoin d'entrer dans une compétition et d'y risquer ma vie ainsi que celle de mes Pokémons pour cela ! Je ne sais pas ce que vous essayez de vous prouver, mais moi, je n'ai pas besoin d'un tel défi !   

— Et si on formait un groupe ? Proposa nonchalamment Mickaël. Ce n'est pas interdit... C'est même recommandé, si je me souviens bien ! 


Sacha fit une légère grimace. Il n'était pas contre former un petit groupe de dresseurs, avoir des amis avec qui rester. Mais désormais, il avait envie de se mettre à l'épreuve, d'endurer seul les obstacles que la compétition mettrait sur son chemin. Quitte à être éliminé, ou à gagner, il préférait que ce soit entièrement grâce à lui, pour mieux se remettre en question. Cassandra était de dos, mais il sentit qu'elle n'était pas non plus favorable à cette idée. Par contre, Ellie était aux anges. 


— C'est une super idée, ça ! S'exclama-t-elle. On est plus fort ensemble, n'est-ce-pas ? Et puis, ça me rassurerait vachement si je dois être obligée de m'inscrire à la compétition pour me protéger de Xenos et autres. Les autres, ça vous dit ? Cassie, qu'est-ce que tu en penses ? 

— Tu sais déjà ce que j'en pense. Enfin, si tu me connais vraiment... 


La silhouette d'Elizabeth s'affaissa légèrement.  


— Je sais que tu n'aimes pas trop la compagnie, mais... tu peux le faire pour moi, non ? On a formé une bonne équipe jusqu'ici, toi et moi !  


Se heurtant au silence de Cassandra, elle se retourna.  


— Et toi, Sacha ? 

— Honnêtement, l'idée ne me plaît pas trop. J'aurais aimé vous avoir comme rivaux amicaux lors de cette compétition, mais pas partenaires. Je préfère me tester seul. Cependant, je ne peux pas te laisser en danger... ! 

— J'apprécie votre mental de compétiteur, mais nos têtes sont "mises à prix", si vous voyez ce que je veux dire ! Intervint Mickaël. On ne sera pas de trop à quatre ! Sacha, pense à ton Pikachu. Et Cassandra, tu ne peux pas laisser ta meilleure amie dans le pétrin. 

— Je peux très bien arriver à le défendre tout seul, répondit-il d'un ton sans réplique. Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'il était convoité... ! 

— Ellie a toujours su se débrouiller... 

— Vous vous désolidarisez par ambition ? 


Sa question laissa place à un silence pesant. Sacha avait l'impression d'être enchainé, tout cela à cause de ce Xenos. Si seulement il n'était pas rentré dans ce restaurant pour y croiser Ellie... ! Il s'en voulut immédiatement de penser ça. La vérité, c'est qu'il était libre de faire ce qu'il voulait. Mais en fonction du choix, il n'était pas bien sûr de pouvoir se regarder dans la glace après cela... 


— Au pire, on peut discuter de ça après la première épreuve, histoire de se laisser le temps de réfléchir, décida finalement Mickaël. 

— Mais, je serais obligée de m'inscrire quand même ? 

— Ne t'inquiète pas, je serais avec toi pour te protéger du mieux que je pourrais.  

— Ah... Merci beaucoup, Mike, la remercia-t-elle avec gratitude. 

— Je vais prendre l'air, décréta Sacha. 

— Pareil, enchaîna Cassandra.  


Les deux autres se regardèrent d'un air éloquent après que la porte de la chambre se ferme. 


— Rassure-moi, elle est pas toujours comme ça ? 

— Non, elle est un peu introvertie, mais adorable sinon. Je pense que la succession des évènements de ces derniers jours l'a rendu de plus en plus froide. En plus, je parie qu'elle m'en veut de lui avoir volé tant d'années de vie pour m'aider à satisfaire Xenos. Désormais, c'est pire qu'avant... Et désormais, toi et Sacha avez sacrifié votre quiétude pour moi... 

— Ce n'est pas un sacrifice ! On a décidé de t'aider parce que tu es notre amie, et ce fut le cas pour Cassandra à l'époque. Laisse-lui le temps de reprendre ses esprits, je suis sûr qu'elle ira mieux demain.  


Elle acquiesça, toujours tourmentée, avant de sortir à son tour de la chambre. Elle se rappela alors du premier jour, celui où elle avait rencontré Sacha et Mickaël. Ils n'avaient pas hésité à venir l'aider le soir même, même s'il s'était avérée que c'était un odieux piège de sa part. Et pourtant, Sacha et Mike avait cru en elle jusqu'au bout, malgré cette trahison...  

Arrivée devant la chambre de Cassandra, elle toqua faiblement à la porte, avant de l'ouvrir. Cassandra était allongée sur son lit, en train de pianoter sur son Pokédex nouvelle génération qui faisait aussi navigateur web. Il avait l'allure d'un gros smartphone épais avec une antenne et qu'on pouvait accrcher à sa ceinture à la manière d'un talkie-walkie. 


— Est-ce que ça va ? S'enquit Elizabeth.  

— Pourquoi ça n'irait pas ? 

— Je ne sais pas... tu as l'air un peu sèche avec moi... J'ai l'impression que quelque chose te gêne. Tu peux tout me dire. 


Elle attendit sa réponse avec un peu d'appréhension, et eut raison. Lorsque son amie ouvrit de nouveau la bouche, elle dut choquée par ses paroles.  


— Je t'ai entendue parler à Sacha ce matin. De ton passé, tout ça... Et puis, j'ai appris que tu t'étais alliée à moi par intérêts. 


Elizabeth devint livide de stupeur. Elle aurait encore préféré que ce soit Sacha qui ait vendu la mèche ! Elle se sentait tellement honteuse d'avoir été entendue à son insu... Pourquoi avait-elle jugé bon de dévoiler son vécu comme cela à Sacha en premier lieu ?!


— Ça a changé ! s'exclama-t-elle immédiatement. Le jour d'après ! Je n'étais pas la même personne qu'aujourd'hui ! J'étais en manque d'argent, recherché par la police, paniquée... Mais j'ai appris à te connaître et je t'ai directement considéré comme mon amie.  

— Ça ne change rien à l'intention de base, rétorqua la jeune fille. Et, maintenant je vois que tu veux de nouveau t'allier à moi pour que je te protège, et non pas parce que nous sommes amies. Par intérêt, donc... ! 


Son amie fut sonnée et ne trouva rien à répondre.  


— Sors de ma chambre, s'il te plaît, finit par soupirer Cassandra.  


Elle ne tenta pas de forcer et s'en alla, la tête basse et les idées noires. De son côté, Sacha cherchait sur son Pokédex chaque information qui avait trait à la compétition, histoire que rien ne lui échappe. Il comptait prendre son équipe le soir même. Apparemment, de grands dresseurs seraient au rendez-vous à l'édition de cette années. Les parieurs misaient déjà sur les favoris dont les noms pullulaient par dizaines sur des sites de tops, sans oublier les outsiders. Cependant, Sacha ne lut aucun de leurs noms, voyant d'office qu'il n'y avait aucune photo de lui.   




Le lendemain matin, il était paré. Le jeune homme n'avait pas dormi de la nuit, et bizarrement, il se sentait plus éveillé que jamais. La finalité de son aventure touchait à sa fin, et prendrait son sens dans quelques heures. Après une rapide toiletter, il inspecta le contenu de son sac, puis se vêtît d'un jean et d'une veste bleu, avec sa casquette fétiche cachant partiellement sa touffe de cheveux noirs ébouriffés dans lesquelles maints peignes avaient laissés des dents.  


Une heure plus tard, la petite troupe sortait de l'hôtel et se séparait de la gentille Noémie avec un léger pincement au cœur : pour une stagiaire, ce devait être une expérience toute particulière que de voir son (employeur/maître/professeur ?) se faire enlever, vraisemblablement à cause de ses clients. Mickaël, carte à la main, les guida vers un des points de rencontres des dresseurs participant à la compétition. A ces endroits-là, des minibus rouges et or passaient et les emmenaient à une allure monotone vers le centre-ville. Ils eurent la chance d'avoir des places assises proches des vitres dans l'espace bondé du véhicule, et restèrent silencieux la plupart du trajet, tétanisés par l'enjeu. 

Au-dehors, l'ambiance était encore calme, mais on sentait bien qu'on avait affaire aux prémices d'une grande attraction. Quelque fois, dans les rues désertés, on pouvait voir des groupes de personnes habillés de manières extravagantes marcher en leur sens, frappant de leur bâtons sur des tambours, ou soufflant bruyamment dans une trompette. Au passage des minibus, ils hurlaient comme des sauvages, agitant leurs points ou leur bannière en l'air, lesquels affichaient des messages de soutiens aux participants de la compétition. Les affiches publicitaires digitales plaqués contre les façades des grands bâtiments les encerclant affichaient tantôt le planning de la matinée concernant la cérémonie d'ouverture qui aurait lieu, tantôt des images en direct de différents spots de la ville qui s'animaient de plus en plus. Certaines voitures aux décorations extravagantes les dépassaient en klaxonnant sur leurs passages, toute fenêtres ouvertes, les passagers faisant de grands signes de la main à des dresseurs paralysés par le stress. 


Sur l'écran plat suspendu dans l'allée centrale du véhicule, Sacha voyait à travers les yeux d'un drone que les toits des bâtiments du centre-ville étaient réquisitionnés par la population pour avoir une vue plongeante sur le défilé qui occuperait plusieurs rues se suivant. On pouvait aussi les voir se battre pour se pencher à la fenêtre ouverte, appareils photos et bannières en mains. Des dizaines d'hélicoptère stagnaient dans le ciel comme un insecte en vol stationnaire, pour permettre aux journalistes surexcités qu'ils contenaient de meubler librement le temps que la cérémonie commence.  


Au fur et à mesure que le minibus s'approchaient du centre-ville, Sacha et ses amis en voyaient d'autre se mener à leur petit voyage, eux aussi remplis de dresseur. La rumeur au-dehors enflait de plus en plus comme le rugissement d'un lion qu'on aurait mis au ralenti. Les rues étaient pleines de gens habillés de costumes de Pokémon ou d'autres vêtements aux couleurs criardes, le visage peint à la manière des guerriers tribaux. Le silence tendu dans le véhicule était souvent interrompu par une corne de brume ou autre instrument à vent qui faisait beaucoup de décibels. Voyant qu'il y avait de plus en plus de monde, Sacha tourna pour la première fois la tête vers l'intérieur. 

Il y avait tout types de personnes à bord. Autant de femmes que d'hommes, et de tout âge, parfois plus jeunes que lui, et parfois dépassant la cinquantaine. Verrait-il des têtes qu'il connaissait ? En tout cas, il l'espérait ardemment. Il n'était jamais allé à l'Ecole des dresseurs, mais il pouvait désormais comprendre comme l'on devait se sentir à la rentrée des classes, lorsqu'on balayait la cour à la recherche de ses anciens amis... 


Soudain, les minibus bifurquèrent sur la droite et s'arrêtèrent devant une rue qui était large et vide sur quelques kilomètres. Tout au bout, on pouvait voir un grand édifice au toit en demi-cercle vers lequel ils se dirigeaient. Des deux côtés de l'immense et intimidante allée, séparés de la route déserte par des barrières des sécurités et des patrouilles de polices tenant en laisse des Démolosses, des dizaines de milliers de personnes hurlaient sur le trottoir, se couplant à ceux aux fenêtres et sur les toits, provoquant un boucan monstre. 


— On va devoir traverser cette allée à pied... ? S'enquit Elizabeth, terrifiée. On dirait qu'ils veulent nous bouffer.  

— Bah, il y a la police... la réconforta Mike. Et puis, ils n'oseraient pas franchir la barrière. Pour quoi faire, après tout ? Autant profiter du spectacle jusqu'au bout que de se faire virer au début pour avoir voulu toucher un concurrent du doigt... !  


C'est alors que deux hommes en noir passèrent auprès d'eux en portant des deux côtés une bannière qu'ils tendirent en s'exilant des deux côtés de la route, et sur lequel il était écrit : !"Début de la compétition de Zénitia !!!" 


Sacha eut l'impression qu'une bombe avait éclaté au-dehors tant les cris avaient triplé d'intensité. Immédiatement, le chauffeur leur montra une échelle accrochée au mur derrière son siège qui permettait de monter sur le haut du véhicule d'un signe de tête autoritaire. Timide, ils finirent tous par y arriver. On avait l'impression d'enlever des Boules Quiès de ses oreilles. L'ambiance était surnaturelle, l'animation démentielle. Protégé du vide par des barrière, Sacha s'y accrocha fort, des étoiles dans les yeux. Les quatre compères se regardèrent, aux anges, avant de reporter leur attention aux alentours pour ne rien manquer du spectacle qui était sur le point de débuter. 


Une fois que tous les minibus aient transférés leurs dresseurs sur le toit, les deux hommes en noir furent rapidement suivis par des dragons bleus/verts, rouges/jaunes ou encore violet/rose, animés par des personnes les suspendant au-dessus de leur tête à l'aide d'un bâton. Puis, un minibus s'infiltra parmi eux.  

Ce fut ensuite autour de faux Pokémons géants de faire leur entrée en scène dans le carnaval, un Pichachu, un Arcko, un Lipoutou, un Cranivol, tous mesurant quatre mètres au bas mot, déambulaient maladroitement, sous l'œil émerveillé des enfants, suivis par deux autres minibus, alors que la foule commençaient à lancer des paillettes et des confettis depuis le toit. S'ensuivirent une troupe de trompettistes, d'acrobates, de Pokémons cascadeurs, se mêlant à toujours plus de minibus s'insérant lentement dans la procession comme pour mieux en profiter avant d'arriver à destination.  


Finalement, ce fut au tour du minibus de Sacha de se mettre brusquement en marche. Lui et son Pikachu étaient honorés de voir ces milliers de visages admiratifs tourner vers lui, et les salua de la main, attrapant au passage les petits paquets de bonbons attachés aux rubans qui allaient d'un bout à l'autre de la rue. Ils en jetèrent quelques sachets aux publics. C'est alors que Sacha vit, séparés par une dizaine de mètres, de longues affiches longilignes montrant les dresseurs renommés qui participaient à la compétition. Il fut un peu déçu de ne pas se voir, mais cela n'entama pas sa détermination :"Je deviendrais le maître ultime, se dit Sacha, les yeux illuminés d'espoir. Je serais le plus grand dresseur de ce monde, j'y arriverais !". 


Au terme d'un carnaval haut en couleurs qui dura trop peu de temps à son goût, ils arrivèrent finalement devant les grandes portes du bâtiment au toit en demi-cercle qu'ils avaient vu de loin. Les battants étaient toujours fermés. Lorsque le dernier minibus arriva, les dresseurs entrèrent en trombe dans ce qui s'avérait être une grande salle des fêtes, s'agitant en tout sens et discutant allègrement de ce qu'ils venaient de vivre. Même l'introvertie Cassandra se prit au jeu, ne pouvant s'empêcher d'admirer cette cérémonie dont elle se rappellerait toute sa vie. 


Quelques minutes plus tard, les portes se fermèrent, atténuant les cris, sifflets, acclamations et musiques qui étaient à l'extérieur. Coupés des festivités, tous les dresseurs se mirent à regarder les alentours qu'ils avaient auparavant ignorés. Il y avait des dizaines de caméras sur les murs, et quelques drones, preuve que le public à l'extérieur n'était pas complètement séparés d'eux. Loin devant se tenaient plusieurs personnes debout sur une estrade.  

Quatre de ses personnes semblaient vêtu d'habits traditionnels qui ressemblaient à des toges de couleur différentes ; rouge, vert, bleu et noir. L'un d'eux semblait en grande discussion avec un homme épais aux cheveux bouclés et blancs comme neige : le maire de Saint-Trompette, la ville dans laquelle ils étaient, Christophe Markowski.  


— Qui sont ces quatre énergumènes ? s'enquit Elizabeth, perplexe. 

— Energumènes ?! Enfin, Ellie, ce sont les quatre plus grands dresseurs de ce monde ! 


Mickaël avait raison, mais Sacha n'avait pas reconnu tout de suite leurs accoutrements. Au cours des dernières années, il avait de plus en plus vu leurs visages. Il y avait une femme, et trois hommes.  


— Oh, quoi ? s'étonna la jeune femme, les yeux écarquillés de stupeur. Mais pourquoi sont-ils là ? 

— Ils sont juges, il me semble, répondit mollement Sacha. Mais ce ne sont pas les seuls. 

— Ils peuvent repêcher un candidat éliminé s'ils estiment qu'il en vaut la peine, ou bien donner un bonus de point à la fin d'une épreuve par exemple... compléta Cassandra sur le ton de la discussion. Un bon nombre de gens dresseurs ici veulent prendre leur place. 

— C'est ton cas ? ne put s'empêcher de demander Ellie. 

— Je préfère garder mon objectif secret... ! 

— Oh... ! Vous aussi les garçons, je suppose ? 

— Eh bien moi... commença Sacha. Aïe ! 


Quelqu'un venait de le heurter brusquement à l'arrière de la tête. Pikachu, debout sur son épaule, rattrapa la casquette qui avait failli tomber. Le jeune homme se retourna, passablement agacé, avant d'ouvrir de grands yeux d'ahuris.  


— Barry ?!  

— Sacha ?! Ça alors, c'est bien toi ! 


Barry était un vieil ami que ce dernier s'était fait dans la région de Sinnoh. C'était un garçon aussi intrépide que lui, mais beaucoup plus tête en l'air, si c'était possible... ! Lui aussi devait avoir des problèmes pour coiffer sa grosse tignasse blonde le matin. Il avait toujours son écharpe verte fétiche, et son sac en bandoulière, sa main frappant frénétiquement dessus, signe de la grande impatience qui le caractérisait. Il était plus grand d'une tête.  


— Toujours aussi tête en l'air, hein Sacha ? 

— Hey, c'est toi qui m'as cogné !  


En effet, aussi surprenant que cela puisse vous paraître, leur rencontre avaient toujours commencé sur un cri de douleur. C'était vraisemblablement en raison de l'impatience et de la vivacité des deux jeunes dresseurs que l'un se cognait perpétuellement à l'autre, comme s'il n'y avait pas de places pour deux personnes qui ne cessaient de gigoter.  


— Je ne pensais pas te voir ici, en tout cas ! 

— Moi non plus, mon vieux, mais je dois t'avouer que je suis moins surpris que toi, étant donné que tu es passé sur toutes le chaînes ! Et là, c'est tes "complices" ? Elizabeth, Mickaël et Cassandra, c'est ça ? 

— Exact. Les gars, je vous présente Barry, un ancien et vieil ami. 

— Il oublie de vous préciser que je suis plus fort que lui... ! 

— Alors ça, on aura largement le temps de le vérifier.  


Ils continuèrent encore de parler. Sacha apprit que Barry avait vu Paul, l'un de ses anciens rivaux, ainsi qu'Aurore, qui était aussi une vieille amie. Son ami, pressé, s'en alla aussi vite qu'il était parti vers le devant de la pièce :" Toujours premier partout", avait-il scandé, comme une incantation, avant de disparaître dans la foule.  


— C'est un sacré personnage, ton ami ! souffla Cassandra avec un rictus. 

— Je trouve que tu lui ressembles, ajouta Ellie avec un sourire moqueur.  

— Hé, regardez qui voila ! s'écria alors Mickaël, avant que Sacha ne puisse répliquer.  


Il montrait d'un geste de la main deux personnes plus âgés qu'eux. L'un était un grand métis au sourire charmeur et au regard nonchalant. Cela ajouter au fait qu'il ne portait qu'une simple blouse blanche montrant ses tablettes de chocolat justifiaient aisément la façon dont il attirait tous les regards, notamment ceux des deux filles, et de Sacha, respectivement par attirance et jalousie. Il portait un short vert et une casquette sur ses dreadlocks attachées. Seul bémol pour ces dames, il portait un unique anneau qui semblait dire qu'il partageait déjà son cœur avec la femme qu'il tenait par la taille : cette dernière était plus petite d'une dizaine de centimètres, à la peau noire, avec des cheveux à la coloration blanche et un bandeau vert identique à celui de Mike. Ses jambes étaient protégées par un legging sous une courte jupe verte, partiellement caché par la veste qu'elle avait enlevée et attachée à la taille, laissant voir un débardeur noir. Son air sévère à première vue s'avérait une fausse impression quand on la connaissait.  

C'était respectivement le professeur Euphorbe et Pimprenelle, s'était empressé d'informer Mike sous les yeux sidérés des autres. 


— Comment tu vas, Mike ? interrogea le professeur Euphorbe en passant le bras autour de son cou. Qui eut cru que je te trouverais ici ! 

— Je vais bien, malgré quelques bémols... 

— Oui, j'en ais entendu parler, en effet... ! 

— Dis-moi Mike, commença le professeure Pimprenelle, pourquoi tes amis ont l'air si surpris de nous voir ? 

— Eh bien... répondit immédiatement Ellie, jetant des regards nerveux autour d'elle. On sait !  

— Vous savez quoi ? 

— Pour Xenos chuchota la jeune femme, les yeux grands ouverts. Le sang-mêlé, dit-elle encore plus bas.  

— Oh... ! firent en chœur les deux professeurs qui se regardèrent, alarmés. 

— Ne vous inquiétez pas, c'est l'inspecteur Jenny qui nous as prévenu, mais pas celle qui bosse sur cette île.  

— Ah, je vois, souffla le professeur, infiniment soulagé. Elle ne nous as toujours pas prévenus, en fait. Inutile de vous dire de garder cette information secrète.  

— Je dois vous avouer que j'ai du mal à y croire. 

— Moi aussi, Mike. Mais... les faits parlent !  

— Hum... Et, dites-moi, que font des professeurs Pokémons dans ne compétition comme celle-ci ? 


Les deux professeurs se regardèrent avec un sourire complice.  


— Ce n'est pas seulement réservé aux dresseurs, jeune homme, éluda le professeure Pimprenelle. même s'il est conseillé d'avoir une grande expérience de dresseur pour participer. 

— Je veux rendre mon île plus compétitive, continua son mari. Y créer des arènes, une ligue, des compétitions ! Mais pour ça, il faut déjà que je trouve l'argent, et rien de tel qu'une telle compétition pour faire connaître la cause ! Moi et ma femme, nous montrerons à travers nos compétences au monde entier, qu'Alola regorge de bons dresseurs ! 

— Et comme je suis lié à cette énergumène pour le meilleur comme pour le pire... ! Soupira Pimprenelle en agitant sa main baguée.  

— Je vois, sourit Mike en lui lançant un discret regard compatissant. 

— Un peu de silence, je vous prie ! 


Tout le monde se tourna vers l'estrade. Les photographes derrière commencèrent à prendre des rafales de photos, aveuglant quelque peu le public. C'était le maire qui avait le micro. 


— Bonjour et bienvenue à tous, jeunes et moins jeunes dresseurs, à l'un des défis les plus grands que vous ayez à surmonter. Bienvenue à Zénitia, et à la 42ème édition de sa compétition ! 


Des applaudissements de circonstances suivirent cette entame. 


— Cette fois, la compétition commence dans ma belle ville qu'est Zénitia, et je voudrais remercier tous les bénévoles qui m'ont aidé à organiser cette édition qui, admettons-le, à eu peu de chances de voir le jour à temps ! 


Tout le monde sut à ce moment-là qu'il parlait des dégâts causés à Saint-Trompette il y a plus d'une semaine, lors de la bataille de nos dresseurs contre Xenos. 


— Il parle de nous. On est des stars, on dirait ! murmura ironiquement Mickaël 

— Des stars célèbres, mais pas forcément populaires, répliqua Cassandra du tac-au-tac. 

— Je vais maintenant donner le micro à mon bon ami, l'un des Quatre Grands Dresseurs, Elvis Takeda ! 


Elvis Takeda était un grand homme mince. Il avait des cheveux noirs coiffés en un parfait catogan, avec un petit bouc. Ses lèvres fines tordus en un léger sourire et ses yeux aux paupières lourdes lui donnait un air un peu arrogant.  


—Merci, dit ce dernier pour calmer les acclamations en son honneur. Vous savez, j'aurais pu vous donner des mots d'encouragements, mais, en fait, non. Je ne suis pas votre mère, et puis je ne suis pas sûr que vous le méritiez vraiment.  


Cette fois, le public resta coï.  


— Je ne sais pas ce que vous avez accompli, mais ça ne doit pas avoir grande importance, car je ne sais rien de vous. Alors, si vous aviez l'intention de vous inscrire, en vous rassurant naïvement sur vos badges d'Arènes, laissez-moi vous dire que vous vous mettez le doigt dans l'œil. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'on remet vos Pokémons au niveau de base lorsqu'ils arrivent ici : parce que tout ce qui s'est passé avant n'a aucun intérêt à nos yeux. 


Il scruta l'assemblée, et chacun des dresseurs eut la curieuse impression qu'il le regardait. 


— "Parmi le millier que vous êtes, j'en vois au grand max une vingtaine qui ont un peu de chances de s'en sortir. Quoiqu'il en soit, voyez cette compétition comme un tournant dans votre vie, un rite de passage au statut de dresseur ou dresseuse aguerri(e). J'aurais deux autres choses à vous dire 

Tout d'abord, arrivera un moment où vous serez seule(e). Plus personne ne sera là pour vous soutenir, et vous vous retrouverez face à votre reflet. Ce jour-là, rappelez-vous de cette cérémonie. Ce genre de choses n'arrivent qu'à ceux qui n'abandonnent jamais. Rappelez-vous ce que vous avez vécu aujourd'hui, et sachez que vous y aurait souvent droit lors de votre consécration 

Deuxième chose. A la fin, après des dizaines d'épreuves plus durs les unes que les autres, il n'y aura qu'un seul gagnant, et énormément de perdants. Alors j'espère que vous avez des nerfs d'acier. " 


Son discours laissa place à un silence pesant.  


— Bon, ben maintenant qu'il nous as bien cassé, je pense que ça va être l'heure du goûter, chuchota Mike d'un ton nonchalant en regardant le planning. 

— Et maintenant que j'ai bien plombé l'ambiance, sourit le Grand Dresseur, j'ai une question à vous poser. Vous voulez nous détrôner, moi et mes potes, c'est bien ça ? 


Les dresseurs répondirent un "oui" timide.  


— J'ai pas entendu, dit-il en élevant la voix. Les lopettes que vous êtes veulent prendre nos places. Vous comptez finir premier, battre tous les records, et vous cassez le cul chaque jour pour grappiller la moindre place du classement ? 

— Ouais ! répondit la foule, galvanisée 

— Et maintenant, le goûter... ! ajouta Mike dont le ventre grogna, tandis que Sacha se léchait déjà agréablement les babines. 

— Eh bien alors... QUE LA COMPÉTITION COMMENCE ! 


Et soudain, le sol de la grande salle se déroba sous leurs pieds, s'ouvrant en deux pour dévoiler une obscurité morbide. Le millier de dresseurs tomba dans le vide en hurlant de peur alors qu'Elvis éclatait de rire. Apparemment, ce n'était pas un goûter qui suivrait... ! 

 

 

 


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