Au Cœur de la Guerre

Chapitre 4 : Tome 1 : Le Sang de l'Ame

6312 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 20/12/2025 06:35

 

 

 

 

CHAPITRE 04

 

 

 

 

 

D’un pas assuré, Iphitos se dirigeait lentement vers la dernière rescapée du village tenant encore debout quand un mouvement sur sa droite l’obligea à s’arrêter.

Intrigué, il se détourna de son chemin et pris la direction du mouvement. Sautant au-dessus d’un petit muret blanchit à la chaux, dont la surface avait été fendue à plusieurs endroits, il s’était mis à sonder l’horizon quand il vit apparaître juste en-dessous de lui un jeune corps d’enfant.

               Ce dernier, âgé d’une dizaine d’année et recroquevillé sur lui-même dans un pagne défraichit, ne ressentit pas directement la présence du chevalier d’or. Ce n’est que quand la cape de ce dernier se mit à bruisser avec l’effet du vent qu’il releva promptement la tête. Immédiatement, la peur envahissait ses prunelles mordorées, l’obligeant à se redresser. Recouvert d’une crinière plus qu’étoffée de couleur brune, son visage enfantin était traversé par une grimace dont les lèvres tremblaient d’inquiétude.

               Le jeune enfant croyait, en voyant le chevalier d’or planté haut au-dessus de lui, que sa dernière heure était arrivée. Déglutissant fortement, sa petite gorge tressaillant par la même occasion, il recula rapidement les bras les uns après les autres, tout comme ses pieds, forçant ses fesses à glisser sur le sol rocailleux et poudreux des ruines du village et ses mains à s’écorcher avec les gravats.

Iphitos, voyant la mine terrifiée du jeune garçon, descendit rapidement du muret et posa le genou gauche à terre, son bras droit venant reposer sur celui plié. Il afficha, par la même occasion, le sourire le plus rassurant qu’il pouvait offrir au jeune garçon afin de ne pas le faire fuir à la première occasion.

ꟷ Bonsoir jeune enfant, dit-il en penchant la tête légèrement sur le côté, je me nomme Iphitos et je ne suis pas là pour te faire du mal. Comment t’appelles-tu ?

Effrayé, le jeune garçon ne savait vraiment plus où se mettre et cherchait du regard un endroit où il pourrait s’enfuir. Dans son esprit, s’abriter était son unique but. Faisant mine de se relever, le jeune garçon se détourna de son interlocuteur à la dernière seconde et partit en grande enjambée, espérant de tout cœur semer la personne qui s’était trouvé devant lui.

Iphitos, contrarié par la réaction du jeune garçon, voulu se lancer à sa poursuite mais résista à l’envie de le faire. Rabattant le bras qu’il avait redressé par habitude dans ce genre de situation, l’instinct étant plus fort que la raison elle-même et le geste étant de tout ce qu’il y avait de plus naturel, il soupira d’ennui. Laissant ses mains se croiser et venir reposer sur son genou, il se permit une poussée qui l’aida à se redresser de toute sa hauteur, son armure rutilant avec les derniers rayons du soleil couchant.

Cette dernière, déjà de forme basique, devenait beaucoup plus spectaculaire avec l’astre couchant, propageant sur toute sa surface un effet de feu des plus surprenant.

De là où il se trouvait, Iphitos pouvait voir toute la désolation que ce simple groupe de guerriers de Cronos avait parsemé sur leur chemin. Au loin, il pouvait voir Héphestion et Gaïa chercher de quoi leur permettre de se sustenter et, à première vue, la complexité de la demande semblait ardue.

Tournant la tête dans la direction de la fuite du jeune garçon, Iphitos lui souhaita tout le bonheur du monde et s’en alla, retournant auprès de ses deux nouveaux compagnons d’infortune.

Gaïa avait envie de pleurer. Après avoir enlevé les branchages qui trainaient dans ses cheveux lors de leur retour, elle avait maintenant droit à être recouvert d’un épais manteau de cendres, la rendant encore plus grise que ce qu’elle voulait bien l’admettre. Et la suie, parsemée à divers endroits de son corps, n’aidait pas non plus à l’embellir.

En même temps, son apparence révélait son humeur !

De là où elle se trouvait, elle avait pu voir Iphitos sauter sur un muret ainsi que la petite silhouette qui avait fui devant lui.

Mine de rien, ce chevalier d’or l’intriguait !

Il disait être de l’ordre de la chevalerie d’Athéna mais, pour elle, cela n’était que des rumeurs. Car, entre entendre et voir, il y avait un énorme fossé creuser entre ces deux points. Énervée de ne pas en savoir plus, elle attrapa un énorme pan de murs et le fit basculer sur le côté. Ce geste provoqua un nuage de cendres dès que le morceau de mur percuta le sol poudreux, la faisant toussoter.

À sa grande surprise, elle finit par découvrir une porte en bois fixer dans le sol et donnant accès à une réserve de nutriments. De ce fait, elle se souvint que rare étaient les maisons à en avoir une, la sienne en faisant partie.

Se redressant brusquement, elle regarda au tour d’elle de façon plus attentive et reconnu enfin l’endroit où elle se trouvait. Auparavant, la ruelle était resplendissante de beauté et respirait la vie et la quiétude. De belles petites narcisses florissaient lentement devant chez elle et elle aimait beaucoup se prélasser dans son petit paradis fleurit tout en recevant sur son corps les rayons du soleil qui la réchauffait.

Interpellée par un appel intérieur qui la fit sortir de sa rêverie, elle se mit à trembler et se laissa tomber à terre, ses jambes ne la supportant plus. D’un bras hésitant, elle laissa sa main se refermer et, de son poing, toqua timidement sur la surface brulée de la porte. N’entendant rien, elle martela de plus en plus fort quand elle n’y tint plus. Se penchant pratiquement sur l’objet devant elle, elle finit par attraper le loquet en métal et souleva la porte d’un coup sec.

Elle se retrouva rapidement sur les fesses, le loquet en métal dans les mains.

À cause de l’incendie, la boiserie de la porte avait été mis à rude épreuve et s’était fragilisée. Le loquet, n’ayant plus de sources ferme pour être soutenue, avait réussi à se dégager par la force de la jeune femme et reposait dorénavant dans sa main gauche, laissant la jeune femme pantoise.

Les larmes lui montant, elle continua à marteler le bois quand ce dernier se fendit. Plaquant son visage contre la surface boisée, son regard émeraude sonda les ténèbres qu’ils pouvaient apercevoir dans la fente, que ses coups avaient légèrement agrandis depuis que le loquet s’était retiré.

Héphestion, qui se trouvait à quelques mètres d’elle et tout aussi recouvert de cendres et de suies, était intrigué par le comportement de la jeune femme. Laissant tomber ce qu’il était occupé à faire, il se dirigeait vers elle d’un pas assuré, sûre de pouvoir venir en aide à la jeune femme.

ꟷ Je peux t’aider Gaïa ?

Le visage que lui afficha la jeune femme le laissa sans voix. Des larmes perlaient sur les joues de sa compagne et s’écoulait en de fin ruisseaux salé, effaçant la suie sur son chemin. Elle semblait attristée et complètement perdue et cela lui faisait mal au cœur.

ꟷ Il faut ouvrir cette porte, dit-elle d’une voix enrouée. Mes parents…

À ce mot, Héphestion comprit rapidement la détresse de la jeune femme et s’abaissa rapidement, ses mains venant reposer sur les frêles épaules de cette dernière. La repoussant légèrement après l’avoir aidé à s’être relevée, il prit sa place et se mit à examiner plus en détails la porte qu’il avait face à lui.

Au vu du loquet que la jeune femme tenait encore dans ses mains, la serrant comme si l’objet était important pour elle, il comprit que l’objet qu’il examinait, devait être d’une lourdeur étonnante. Relevant la tête, il chercha après un objet pour tenter d’agrandir le trou déjà former par l’arrachement de la poignée. Avisant un morceau de roche près de lui, il l’attrapa de sa main puissante et, fermement coincée entre ses doigts, commença à frapper l’endroit légèrement fendue.

Chaque coup qu’il donnait, éparpillait de minuscules éclats de bois, tous plus fin les uns que les autres, agrandissant lentement la fente qui finit par lui permettre d’enfiler une partie de ses doigts.

Contractant ses muscles, il tira de toutes ses forces et souleva assez la porte boisée pour glisser son autre main par derrière, permettant une meilleure poussée pour une ouverture complète.

Il l’avait à peine ouvert que Gaïa s’encourait de descendre le petit escalier de pierre qui se trouvait à son bord. Il n’eut pas le temps de l’arrêter qu’un cri de détresse retentissait dans l’air, lui donnant la chair de poule le long de ses bras.

Iphitos qui ne se trouvait pas loin de là, tourna rapidement la tête vers eux et s’élança à toute allure dans leur direction, se demandant ce qui pouvait bien se passer. L’interrogation se lisait sur son visage pourtant si neutre. Héphestion qui ne s’attendait pas à le voir arriver aussi vite, sursauta de surprise et plaça une main sur son torse, essayant de récupérer sa respiration et de diminuer les battements de son cœur.

ꟷ Vous m’avez fait peur Seigneur Iphitos. Vous êtes rapide pour un homme…

ꟷ Tu pourrais l’être aussi Héphestion, déclara le chevalier en lui souriant. Et appelle moi Iphy, je préfère.

ꟷ Par le grand Zeus, non ! s’exclama le jeune homme en secouant la tête. Vous nous avez sauvé la vie et vous appeler ainsi serait une marque d’irrespect !

ꟷ Comme tu veux mais… tutoie moi alors. Les vouvoiements, très peu pour moi.

Héphestion allait poser une question quand retentirent des sanglots dans la cave qui appartenait à l’ancienne bâtisse. D’un rapide coup d’œil au chevalier d’or, ils descendirent l’un à la suite de l’autre en faisant attention à ne pas se briser la nuque sur les marches branlantes, rendues fragiles par la destruction.

Devant eux, à moitié cachée par la pénombre, ils découvrirent Gaïa, affalée à même le sol, devant la dépouilles de deux personnes. Selon les mots qu’elle arrivait à sortir entre deux sanglots, ils comprirent que, devant eux, se trouvait les parents de la jeune femme, mort étouffé par la fumée de l’incendie qui avait ravagé la maison.

Baissant rapidement la tête, ils s’exprimèrent en silence et adressèrent une prière au roi des dieux afin qu’ils veillent sur le sommeil éternel des deux personnes. Ennuyé, Iphitos fit demi-tour et sortit promptement, laissant Gaïa exprimer sa tristesse et Héphestion s’approcher d’elle pour la soutenir.

Une fois dehors, il ferma rapidement les yeux et s’autorisa un moment pour respirer. Malgré qu’il eût déjà vu quelques morts depuis le début de cette guerre sainte, jamais il n’avait été plus toucher que par la mort de ces deux vieilles personnes. Les souvenirs refoulant dans son esprit et lui donnant le tournis, ceux-ci l’obligeait à se poser rapidement sur un morceau de mur encore attenante à l’ancienne ruines de la bâtisse.

Se maintenant la tête entre les mains, il ferma les yeux et tâcha de retrouver le calme qui le caractérisait tant dans ce genre de situation pendant que l’écho des pleures de la jeune femme s’élevait dans les airs pour se perdre dans le lointain.

Elestre, tout sourire, fini par apparaitre dans une plaine désertique où un vent chaud soufflait paisiblement. Au loin, elle pouvait voir naître de gigantesques tentes à l’éclat immaculé.

Le camp de résistance des dieux !

L’endroit avait été choisi pour une raison bien précise. Situé pas loin de l’entrée de la plus grande montagne du pays, le camp servait de lieu de protection vers le Mont Olympe.

Tout en haut de se pic, l’entrée inter-dimensionnelle pour le royaume des dieux y reposait, gardé par les plus puissants anges du roi des dieux, Zeus.

Tournant la tête vers la gauche, puis vers la droite, elle en profita de ne vois personne pour se frayer un chemin dans les innombrables rochers et buissons qui parsemaient la plaine, donnant une touche de couleurs à cette plaine désertique et terreuse.

À divers endroits, elle pouvait voir et ressentir l’entrainement de certains chevaliers recruter pour aider dans ce gigantesque combat qui les opposait aux plus puissant des titans, le grand Cronos. Mais un seul de ses cosmos immergeant au-dessus de tous les autres l’intéressait.

Et le détenteur de ce cosmos n’était pas des plus bavard.

Se dirigeant vers la source de cette puissance, elle finit par le retrouver au pied du Mont Olympe, ce dernier frappant la roche grisâtre de ses poings nu.

La sueur dégoulinant sur son visage en de fines gouttelettes, certaines d’entre-elle s’éparpillant autour de lui en fine explosion, elle pouvait remarquer qu’une détermination sans faille brûlait dans son regard bleuté, aussi clair que le reflet se faisant sur la surface de l’océan. Sa crinière noire, toujours en bataille et s’arrêtant au milieu du dos, s’élevait furtivement à chaque mouvement que dégageait son cosmos.

Une idée lui traversant l’esprit, elle se mit à sourire de façon démoniaque et disparu à la vue de tous, certains chevaliers en restant encore étonné d’un tel don.

Ni une, ni deux, elle réapparu devant le jeune homme qui transpirait abondamment par son entrainement, l’obligeant à sursauter en force tout en lui faisant rater son mouvement de jambe qui, au lieu de percuter la roche, se retrouva détourner de son chemin et obligea le reste du corps à se retrouver à même le sol.

Un épais nuage de poussière se propagea dans son sillage, le jeune homme en restant encore sans voix. Une douleur aigue lui transperçant la fesse gauche, il se releva péniblement avec l’aide de la jeune femme, profitant de l’occasion pour se masser la chair avec sa main valide.

Toujours aussi espiègle, Elestre, répondit-il à l’adresse de la jeune femme qui lui souriait toujours.

ꟷ Rare sont les choses qui change, Erginos.

ꟷ Et très heureux que tu ne perdes pas ton sens de l’humour si… particulier.

ꟷ Si je venais à le perdre, où irions-nous ! s’exclama-t-elle d’une voix forte, ses yeux pétillant de malice. Surtout que cela m’amuse de faire sursauter Iphitos à la moindre occasion.

Cette révélation fit sourire Erginos d’une drôle de façon. Pour lui, Elestre ne disait jamais rien sans avoir une raison derrière la tête. Ou, s elle inventait quelque chose s’était jamais sans raison valable dans son esprit.

ꟷToi, tu as suivi Iphitos dans sa mission.

ꟷ Moi ? suivre ? répondit-elle avec une mine contrariée. Il est impensable que je suive un de nos allié à son insu. Cela serait déshonoré ma noble profession et, par la même occasion, mon noble dieu Hermès !

ꟷ Je vais prendre cela pour un oui.

ꟷ Mais…

Elle n’avait pas le temps de poursuivre sa tirade qu’Erginos lui tournait le dos, attrapant le haut de son pagne au passage et qui reposait tranquillement sur la surface d’un rocher. La chaleur ayant taper toute la journée avait fortement réchauffer le tissu, celui-ci brulant son corps dès qu’il fut mis en place.

ꟷ Je peux savoir où tu vas ? demanda Elestre en plaçant ses poings sur ses hanches.

ꟷ Si tu es venu me trouver, dit-il tout en s’éloignant, c’est que tu souhaites me parler de ton observation mais que, tout bon messager que tu es, tu ne peux le faire seul devant moi car tu agis sur l’ordre d’un dieu. De ce fait, je me dirige vers leur pavillon afin d’écouter ton compte rendu.

ꟷ Toi non plus, tu ne changeras pas Erginos, déclara la jeune femme en sautillant à sa suite. Toujours aussi perspicace.

N’ayant pas envie d’attendre, elle sauta un rien plus haut, ses petites ailles bruissant faiblement dans l’air, et posa sa fine main sur l’épaule droite du jeune homme.

Surpris, il tenta de tourner la tête vers cette subite expression de tendresse venant de la jeune femme mais n’en eu pas le temps, lui-même se retrouvant à l’intérieure d’un pavillon ou l’ardente lumière du jour se retrouvait tamisée par la tente de fortune.

ꟷ Elestre, Messagère Céleste à l’honorable vocation du Métis, vous salue, grands dieux de l’Olympe.

La jeune femme s’amusait à faire la révérence devant la nouvelle assemblée qui lui faisait face. Mais ce qui l’amusait le plus était la tête renfrognée du jeune homme qu’elle avait réussi à embarquer avec elle. Ce dernier, plus qu’ennuyé, venait de croiser les bras sur son torse, faisant gonflé celui-ci en plus de ses biceps, tout en offrant à la jeune femme une moue des plus réprobatrice, dévoilant son mécontentement.

ꟷ Elestre, te voici ! s’exclama la voix enjôleuse d’un jeune homme qui s’éloigna de la troupe rassemblée autour d’une longue table de marbre. As-tu trouvé notre cher compagnon ?

ꟷ Bien entendu ! dit-elle en relevant la tête bien haute. Vous ne m’avez pas formé inutilement !

Le sourire bienveillant du jeune homme éclata beaucoup plus quand la jeune femme plongea son regard noisette dans celui turquoise du jeune homme à la crinière violette et en bataille. À ses côtés, une jeune femme à la longue chevelure brune et aux yeux pers s’était lentement rapproché, sa longue robe blanche virevoltant autour d’elle faiblement à chaque mouvement de pas.

ꟷ Jeune Messagère Céleste, dit-elle de sa voix douce, jeune Général de Poséidon, termina-t-elle en le regardant par la suite. Que me vaut ta présence, Erginos ? demanda-t-elle à la suite en venant près de lui. Ton père n’est pas présent en ce moment. Il est avec notre père à tous et son autre frère sur l’Olympe.

ꟷ Je ne suis pas venu pour le voir, répondit-il avec une touche d’agressivité dans la voix. En ce qui concerne ma présence, pour cela, il suffit de demander à Elestre le pourquoi du comment.

ꟷ Athéna, ma très chère sœur, prenez au moins le temps de profiter du moment. Même si Elestre est partie seulement une petite heure, nous pourrions nous sustenter autour d’un bon met des plus généreux non ?

ꟷ Mais vous ne pensez qu’à manger ma parole ! s’exclama Athéna en roulant des yeux. Vous êtes encore pire que notre frère Dionysos.

ꟷ Sachez, chère sœur, commença à dire Hermès en levant l’index devant le regard pers de la jeune déesse, qu’un dieu messager à toujours faim ! Cela demande énormément d’énergie de parcourir la route cosmique pour les rapports dont vous avez besoin.

ꟷ Rapport que tu délègues, cher frère, déclara un homme avec un ton bourru et empli de mépris.

ꟷ Je ne délègue pas tout, Arès, répondit Hermès en se tournant vers lui. Je parcours les cieux aussi, au contraire de toi qui n’arrête pas de te terrer dans ton temple pendant que tes hommes combattent sous ton égide !

ꟷ Traite-moi de lâche tant que tu y es ! s’exclama le dieu de la guerre en se dirigeant vers lui, renversant son siège en même temps.

ꟷ Je n’oserai pas, je n’ai point envie d’être confronter à ton armée. Mon éloquence me suffira contre toi.

Fulminant, Arès se détourna de son frère, ravalant sa rage et sa fierté face à tant d’insolence. Vexé, il se dirigea vers l’entrée du pavillon et repoussa les toiles avec rage et qui composaient l’entrée. L’une d’elle se déchira avec sa force et s’affaissa lourdement sur lui, augmentant sa rage.

Erginos, n’en ayant cure, avait uniquement fermé les yeux et attendait patiemment de savoir ce qu’Elestre avait à annoncer. Elestre, quant-à-elle, se retenait de rire face au rabaissement dont venait subir le dieu de la guerre.

Le calme revenant dans le pavillon des dieux, ceux-ci recommencèrent leur discussion sur les mets qui pourrait abonder durant leur discussion mais Athéna, trouvant que cela était inapproprié, trancha net, sa voix résonnant en écho dans l’espace exigu.

ꟷ Il n’en sera rien, Hermès ! Elestre, qu’en est-il de la mission confiée à Iphitos, demanda-t-elle en se tournant vers la jeune femme qui souriait toujours autant.

ꟷ Durant son périple, commença à dire la jeune femme en vérifiant bien qu’elle avait l’attention de tout le monde, Erginos compris, il a eu le malheur d’être confronté à Trinidor et quelques-uns de ses comparses. Mais rassuré vous, il va bien, suivit-elle directement en voyant la mine effarée de la jeune déesse et d’Erginos, qui semblait s’être réveillé d’un coup. Mais, de cet affrontement en résulte une conséquence. Il se retrouve, maintenant, accompagné par un jeune couple.

ꟷ Un jeune couple ? Comment ça ? questionna Erginos, perplexe.

ꟷ Oui, un jeune couple. Il a donné le choix à ces derniers de partir de leur côté avec la malchance de tomber à nouveau sur Trinidor qui n’avait qu’une seule envie, ou alors de le suivre et d’avoir une chance de sauveur leur vie.

ꟷ Je reconnais bien là l’un de mes meilleurs chevaliers, déclara Athéna en se détournant de la jeune femme. Toujours le premier à sauver des vies au dépend de la sienne et ce qui lui repose sur les épaules. Le penses-tu capable de les protéger et de poursuivre sa mission en un temps des plus raisonnable ?

ꟷ Selon lui, il lui faudra presque six mois d’absence, déesse, dit Elestre d’une petite voix, de peur d’attiser le courroux de la déesse de la sagesse.

ꟷ Six mois ! s’exclama Erginos, furieux. Mais nous n’avons pas six mois devant nous ! aurait-il perdu la tête ?

ꟷ Erginos n’a pas tort, Elestre, dit Hermès en venant près d’elle. La bataille fait rage et nous arriverons bientôt à bout de toutes ressources disponibles. Chacun de nos chevaliers commence à tomber les uns après les autres et, comme tu le sais, les guerriers valeureux se font rare. Certains se sont déjà enfuit, prenant comme directive que le monde était perdu.

ꟷ Tant de guerriers sont déjà tombé depuis que je suis partie ? demanda-t-elle avec désespoir.

ꟷ Une bonne partie des spectres d’Hadès ont mordu la poussière, répondit Athéna avant de poursuivre. Hadès lui-même est furieux et est prêt à tout détruire rien que pour venger son honneur. Si notre père, Zeus, vint à accéder à sa requête, même nous, nous pourrions y passer, ainsi que le reste de l’humanité. Mais je suis sûre que ce dernier n’acceptera pas un tel risque.

ꟷ Et si nous en revenions au point crucial ? demanda Erginos en commençant à faire les cent pas dans le pavillon. Six mois, c’est bien trop long. Il faudrait que quelqu’un aille le retrouver et prenne en main le jeune couple afin qu’il puisse finir ce qu’il doit faire. Sans ça, nous risquons gros.

Athéna, bien d’accord avec lui, réussi à intercepter le regard en coin que se lançait maintenant Elestre et Hermès. Se doutant de la véritable raison, elle soupira et se dirigea vers son frère, plantant ses beaux yeux pers dans ceux turquoise de son jeune frère aimé.

ꟷ Tu veux qu’Erginos aille retrouver Iphitos, c’est ça ? demanda-t-elle d’une voix douce et inquiète.

ꟷ Pardon ? dit Erginos, sans comprendre.

ꟷ Ta présence ici qui est survenue avec l’aide d’Elestre, prouve que tu es indispensable. Bien au contraire de ce que pense ton père, déclara Hermès en coupant le sifflet au jeune Général. Avec cette dernière, nous en sommes convenu que tu serais le plus indiquer pour aller le retrouver et l’intercepter dans son voyage pour ramener ce jeune couple ici.

ꟷ Vous souhaité que je serve de nourrice à ce couple ? claqua Erginos avec rage. Je préfère encore le retrouver et moi poursuivre la mission qui lui a été confiée.

ꟷ Erginos, commença à dire Athéna en venant se placer devant lui. Je sais qu’il n’est point glorieux que de te donner une tel mission mais, seul Iphitos peut résoudre celle qui lui a été confiée. Les Moires l’ont décidé ainsi. Et tel est son destin !

ꟷ Et le mien est de réparer ses conneries, c’est ça ! répondit-il avec un ton lasse, le dos tourner à la jeune déesse.

ꟷ Ton destin, et celui d’Iphitos, sont extrêmement lié. Pourquoi ? Seule les Moires peuvent te répondre, dit-elle en voyant le Général tourner lentement la tête vers elle. Mais tu sais, tout comme nous, comme il est difficile d’avoir une réponse de leur part. Par chance, elles ont bien voulu nous octroyer une audience et m’ont fait part de ce qu’elles avaient vu. Ces révélations nous ont valu énormément de temps et de réflexion. Alors, je te demande d’aller le rejoindre et de l’aider au mieux, Erginos.

Ce dernier s’était lentement tourner vers la jeune déesse, ne lui faisant plus dos. Il comprenait parfaitement ce que la jeune déesse de la sagesse lui disait et il en mesurait parfaitement les risque s’il disait non à sa requête. Mais, surtout, il comprenait pourquoi la jeune messagère était venu le voir avant de retrouver les dieux.

Elle était bien trop maligne pour son âge !

À cette pensée, il se mit à sourire et s’estima heureux de ne pas l’avoir formulé à haute voix. Comprenant l’enjeu que cela comportait, il finit par reculer d’un pas et, humblement, s’inclina devant la déesse aux yeux pers pour accéder à sa requête.

ꟷ Il en sera fait comme bon vous semble, Athéna.

ꟷ Je t’en remercie, jeune Général de Poséidon.

ꟷ Je vais, de ce pas, aller me préparer pour accomplir la quête dont vous venez de me soumettre.

Tournant le dos à la déesse de la guerre et de la sagesse, il se dirigea vers la sortie et écarta calmement les toiles qui lui faisait face. La lumière de l’astre couchant ne lui agressant pas les yeux, il comprit que la nuit était sur le point de tomber, l’obligeant à faire vite. Laissant les toiles se rabattre derrière lui, il s’obligea quelques secondes à la réflexion afin d’examiner toutes les pièces du puzzle.

ꟷ Erginos, attends-moi !

Levant la tête, il vit flotter au-dessus de lui la jeune messagère. Cette dernière le regardait avec des grands yeux et un fin sourire sur le visage.

ꟷ Tu aurais encore quelque chose à me dire ? questionna-t-il en commençant sa marche, obligeant la jeune femme à le suivre tout en flottant dans les airs. Car, comme tu le sais, je n’ai plus beaucoup de temps.

ꟷ Je ne le sais que fort bien, répondit-elle en venant se placer à ses côtés. Mais je dois te parler de quelque chose…

Intrigué, il lui intima de le suivre jusqu’à sa tente et d’attendre qu’ils soient seul pour en parler. Sans attendre, elle le suivit en tournant autour de lui, engageant la conversation dans un tout autre domaine, discussion qui lui donna rapidement un mal de tête phénoménale.

Pourquoi faut-il que l’espèce humaine parles autant… pensa-t-il avec désespoir.

ꟷ Seigneur Iphitos ?

Une voix mâle résonna près de lui, l’obligeant à retirer ses mains pour pouvoir mieux relever la tête. Devant lui, Héphestion semblait soucieux et le regardait avec un regard inquiet.

ꟷ Qu’y-a-t-il ? Demanda le chevalier d’or en le regardant droit dans les yeux.

ꟷ Vous allez bien Seigneur ?

ꟷ Bien sûre ! Quelle question…

D’un geste évasif de la main gauche en donnant sa réponse, il fit reculer Héphestion de quelques centimètres et s’aida de la droite pour se relever, quittant le promontoire sur lequel il avait pris place en sortant de la minuscule cave.

Sa cape, couverte de suie, claqua d’un coup sec avec la brise qui se soulevait lentement, devenant plus forte.

ꟷ Il fait déjà nuit, s’étonna Iphitos en s’en rendant compte. Combien de temps depuis que je vous ai laissé en bas ?

ꟷ Je dirai deux, voire trois heures Seigneur, répondit Héphestion tout en se grattant le menton, pure geste de réflexion. L’astre d’Hélios a eu le temps d’achever sa descende. Il va nous être difficile de trouver un endroit protecteur où nous reposer, termina-t-il en regardant autour de lui.

L’Erebe avait petit à petit recouvert le ciel et parsemé celui-ci de minuscules éclats blancs, tout aussi brillant que l’éclat d’un diamant les uns que les autres. Sans lune, celui-ci dévoilait une beauté des plus saisissante avec l’apparition de la voie lactée, plus lumineuse, plus étincelante, plus sensationnelle que tout ce qui se trouvait en ce bas monde.

Iphitos se contenta de regarder, en silence, ce plafond étincelant. Le regard perdu dans le vague et l’esprit préoccupé, il se demandait où tout cela allait le mener. Après plusieurs minutes, il finit par hausser des épaules et tourna à nouveau la tête vers Héphestion, un large sourire su les lèvres.

ꟷ Allons chercher ta chère amie et allons-nous reposer. Il nous faudra nous occuper de sa famille de grand matin avant de nous remettre en route.

ꟷ Bien Seigneur Iphitos, dit-il en se détournant.

Héphestion s’était à peine éloigné qu’il se retournait déjà, le poing fermé devant sa bouche et toussotant, comme si un chat était coincé dans sa gorge.

ꟷ En venant vous retrouver Seigneur, je me suis permis de remontrer de quoi nous sustenter. J’ai tout placé dans un sac de toile découvert dans la cave de l’ancienne bâtisse de Gaïa. J’ai pris le peu que je pouvais à ce moment-là mais… quand elle dormira tout à l’heure, je reviendrai agrandir nos provisions pour notre voyage.

ꟷ Très bien, répondit Iphitos en hochant de la tête. Allons-y maintenant.

Se levant de son muret, le chevalier d’or pu voir, au loin, une petite silhouette se cacher promptement derrière un mur délabré. Ses yeux brillaient dans le noir comme ceux d’un chat et ne le quittaient. Un fin sourire se dessinant sur ses lèvres, il détourna la tête et suivit son nouveau compagnon, ce dernier ayant déjà entrepris de descendre l’escalier qui menait à la cave de l’ancienne bâtisse.

Malgré tout le temps qui avait passé, Iphitos pouvait encore entendre faiblement les pleurs de la jeune femme. Cette dernière semblait s’être légèrement calmée et semblait enclin à suivre son compagnon qui l’encourageait à sortir du lieu afin de pouvoir se reposer.

Comprenant qu’il ne servait à rien de descendre à la suite du jeune homme, il attendit en haut des escaliers afin de pouvoir tendre le bras à la jeune femme dès qu’elle arriverait à sa hauteur.

Il ne lui fallut pas longtemps à attendre !

En quelques minutes, Gaïa, les joues recouvert de longs sillages salés et taries, se dévoila à lui, prête à sortir de la ruine sombre ou reposait dorénavant sa famille. Son regard, pourtant pétillant d’habitude, se retrouvait voilé par la tristesse.

Et Iphitos comprenait parfaitement ce que ressentait la jeune femme.

Lui offrant l’un de ses plus rassurant sourire, il tendit la main vers elle et l’aida à sortir, se baissant légèrement afin qu’elle atteigne le bout de ses doigts.

ꟷ Merci à vous, Seigneur Iphitos, dit la jeune femme avec une voix enraillée.

ꟷ Mais de rien très chère, répondit-il d’une voix paisible. Votre chagrin est mien car j’ai déjà vécu les mêmes tourments que vous en ce moment même…

Une fois hors du lieu devenu, dorénavant, funéraire, Gaia se permit d’épousseter partiellement son pagne long devenu terne et grisâtre. Remettant ses longs cheveux bruns en ordre, elle finit par se tourner vers le chevalier à l’armure d’or, son visage s’imprimant d’une faible curiosité accompagné d’une faible sympathie pour les dire du jeune homme.

ꟷ Vous aussi avez perdu un parent proche récemment ?

ꟷ Récemment ? non, répondit Iphitos en croisant les bras sur son torse. Mais il y a de cela deux bonnes années je dirai.

ꟷ Alors, c’est récent, déclara Gaïa sans le quitter des yeux.

ꟷ Tout dépend de ce que vous affirmez pour être récent, jeune demoiselle. Car le temps est tout ce qu’il y a de plus relatif. Et tout dépend aussi des sentiments éprouvés pour la personne perdue.

ꟷ Vous n’avez pas tort.

S’éloignant doucement de lui, Iphitos en profita pour regarder son jeune compagnon qui venait à peine de sortir du lieu funéraire. Ce dernier en profita pour lui faire un petit clin d’œil, confirmant qu’il en avait profiter pour rapidement préparer encore un sac de victuaille qu’il viendrait rechercher plus tard dans la nuit.

ꟷ Afin que vos parents puissent reposer en paix cette nuit, dit Iphitos en rejoignant la jeune femme, je suggère que nous allions nous reposer dans la seule résidence existante encore dans les ruines de votre contrée. Ce lieu nous fournira repos et protection le temps que vous dormiez et récupériez, l’un comme l’autre.

ꟷ Et vous, Seigneur Iphitos, vous ne dormirez pas ? Demanda Héphestion en se joignant à eux, se plaçant sur la droite de la jeune femme.

ꟷ Au vu des temps qui courent, répondit-il avec une voix grave, je ne peux me permettre de me reposer pour l’instant. Et vu qu’aucun de vous ne sait se battre, je ne peux compter que sur ma propre force pour notre protection. Et ne vous inquiété pas, continua t’il en plongeant dans le regard de la jeune femme, nous, chevalier d’Athéna, avons l’habitude de ce genre de désagrément.

Le petit clin d’œil qu’il lança à la jeune femme la rassura temporairement. Mais sachant qu’elle ne pouvait rien n’y faire, elle se contenta de lui sourire après avoir haussé légèrement des épaules, se rendant compte qu’elle était vaincue.

Dans les murmures de la nuit, ils s’enfoncèrent tous les trois vers le dernier vestige encore debout du village, espérant pouvoir prendre un repos si bien mériter au vu des divers évènements qui avaient eu lieu sur la journée.

Pendant que le jeune couple s’allongeait sur la surface grisâtre qu’ils avaient dégager de tout gravas et autre débris, Iphitos, quant-à-lui, se posa dans l’encadrement d’une fenêtre. Fermant les yeux, il laissa la perception de ses autres sens se mettre en alerte afin d’être prévenu au moindre signe de menace qui pourrait arriver.

Jetant un rapide coup d’œil vers le jeune couple, ces derniers s’étant rapidement endormi, il glissa lentement sa main sous une de ses épaulettes et en sortit un petit sac de cuir qui reposa dans le creux de sa main.

Le regardant quelques seconde, il finit par hausser des épaules, se passa la main dans sa tignasse en bataille, et s’acharna à ouvrit l’objet de sa curiosité sous le ciel étoilé qui étincelait de plus en plus belle au fur et à mesure que la nuit avançait.


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