Le maître et la bête
Année 734
L’aurore se déployait derrière les Monts des Cinq Vieillards, teintant d’ambre liquide la nappe de brume qui descendait de leurs versants de granite telle un torrent de feu s’écoulant au ralenti. Le brouillard flavescent charriait l’odeur des pins qui exsudaient leur sève terpénique, fraîche et boisée, aux accents résineux et balsamiques rehaussés de notes à la fois vivifiantes et apaisantes.
La fragrance enveloppa Qingxi Cun, le Village du Ruisseau Pur, petit hameau taoïste sur le piémont sud de Lushan. On le surnommait ainsi en raison d’une source d'eau particulièrement limpide qui sourdait d’un tendre tapis de mousse verte, dans une anfractuosité de la montagne. Une cinquantaine de maisons basses, aux murs de bois sombre posés sur un socle de pierre et surmontés d’un toit en tuiles vernissées, s’érigeait, organisée autour d’un petit temple dédié à la contemplation du Tao. Seule l'une de ces habitations, un kuan où l’on étudiait et pratiquait les arts martiaux, était éclairée depuis avant même la blancheur de l'aube.
En tailleur sur une natte de joncs tressés, posée à même le sol d’ocre battue, durci au mortier de chaux et lissé d'une fine couche d’huile de tung, Hei Dong méditait profondément. L’homme portait un fanlingpao, une tunique à revers de soie et de lin bleu nuit rehaussé de broderies glacier, ainsi qu’un kushen, un pantalon ample, assorti. Ses pieds arboraient des lü, chaussants martiaux écru de cuir et de chanvre tressé.
Il laissait son esprit vagabonder au gré des sons de la nuit qui laissaient progressivement place à ceux de la journée. Il était le maître du kuan et s’adonnait chaque jour à la cultivation avant l'arrivée de ses disciples. Pratiquant émérite du Wǔ Quán, le Poing Quintuple, une forme martiale inspirée des préceptes taoïstes, il profitait de la transition nycthémérale pour en améliorer sa compréhension et en appréhender toujours davantage la profondeur. Il était venu à Lushan, terre des Wu Lao Feng, pour cela.
Cinq Pics.
Cinq Éléments.
Cinq Poings.
Les yeux maintenus fermés, Hei Dong expira lentement et se releva d’un mouvement fluide.
D’abord, le bois, le dragon, le souffle montant qui vient de l'est.
Il leva doucement ses bras vers le ciel, telles des branches qui se tendent vers le soleil.
Puis, le feu, le phénix, le souffle jaillissant qui vient du sud.
Il écarta vivement ses bras de part et d’autre de son corps, comme des éventails attisant des flammes.
Ensuite, la terre, le qilin, le souffle stable qui vient du centre.
Il rapprocha ses mains et les maintint l’une contre l’autre, refermant le cercle de son être comme pour en recharger le cœur.
Après, le métal, le tigre, le souffle tranchant qui vient de l’ouest.
Il croisa ses bras, poignet contre poignet et doigts tendus, avant de les déplier vivement, telles deux lames que l’on dégaine.
Enfin, l’eau, la tortue, le souffle descendant qui vient du nord.
Il relâcha ses bras, les ramenant délicatement le long de son corps en inspirant calmement, et rouvrit les yeux.
Le regard de Hei Dong tomba sur la meilleure vision qui eût pu clore son temps de recueillement : celle de sa femme, Chun Li. Elle avait revêtu un ruqun, une jupe-robe fendue à col croisé, en satin et coton vert sombre cousu de fil vert clair. Ses pieds étaient glissés dans des xie, des petites chaussures brunes de soie épaisse et de feutre.
— Dans ta chambre, la bougie fume d’avoir été soufflée trop tôt / Dans la mienne, le parfum du thé tout juste versé émane / Deux solitudes qui se cherchent.
L'épouse de Hei Dong avait murmuré son poème en passant subrepticement derrière son mari pour l’envelopper de ses bras. Ce dernier les recouvrit tendrement de ses mains.
— De la montagne, les nuages s'écoulent, alourdis par le froid de la fin du songe / Du village, les fumerolles s’élèvent, animées par la chaleur des foyers en éveil / Les solitudes se rejoignent.
Les vers de son mari parurent convenir à Chun Li et le couple resta ainsi enlacé un long moment, à regarder, à travers la porte ouverte du kuan, les volutes de brume flotter langoureusement quelques cun au-dessus du sol en terre battue. Leurs yeux, deux étangs pers pour Chun Li et deux mares hazel pour Hei Dong, contemplèrent les lentes arabesques jusqu'à leur évanescence complète sous l’effet des premiers rayons du soleil.
— Tes disciples vont bientôt arriver, nota Chun Li avec une certaine déception dans sa voix.
— Mais ils ne sont pas encore là, lui répondit Hei Dong. Il reste bien un peu de ton fameux thé, n'est-ce pas ?
Au bras l’un de l’autre, ils allèrent profiter des derniers instants avant la reprise de leurs activités respectives : enseigner pour lui, calligraphier pour elle. Les jours s’écoulaient ainsi au pied du mont Lu et de ses Cinq Pics, où le temps semblait à la fois filer et figé.
Depuis que Hei Dong s’y était installé avec son épouse, sa renommée se répandait progressivement et ses enseignements étaient de plus en plus prisés. Aussi ne manquait-il pas de disciples désireux de s'initier au Wǔ Quán ou de pratiquants venus peaufiner leur compréhension du Poing Quintuple. Le maître dédiait sa vie à son art, à son approfondissement autant qu’à sa transmission. Il avait lui-même tellement de ses aspects encore à découvrir !
Mais sa notoriété attira également la jalousie d'autres maîtres, adeptes du Quanfa, du Jiaodi, du Hou Quan, du He Wu ou du Shaolin Quan, autant de styles émergents à cette époque. Les plus velléitaires commencèrent à défier Hei Dong pour prouver la supériorité de leur pratique sur la sienne.
L'époux de Chun Li refusa de satisfaire ses prétendus adversaires. Pour lui, les différentes formes martiales ne devaient pas entrer en compétition. Qu’elles eussent une dimension combative, curative, méditative ou rituelle, elles formaient avant tout une mosaïque vivante d'arts entrecroisés et complémentaires instaurant une discipline du corps et de l’esprit à tout pratiquant, qu’il fût noble, soldat, moine, artisan ou paysan.
Il croyait ingénument que les éconduire suffirait à étouffer leurs prétentions, mais c'était sous-estimer l’absence de scrupule de ces maîtres rivaux trop imbus de leurs personnes et de leurs techniques. La cordialité apparente ne dura guère et, lorsque certains de ses disciples furent attaqués et défaits par des concurrents, Hei Dong ne put plus fermer les yeux sur leurs ambitions… ni sur sa colère. Que des professeurs se permettent d’user de leur supériorité pour faire du mal à ses élèves ! Il ne pouvait le souffrir.
Chun Li tenta de l'en dissuader, mais il convoqua néanmoins les agresseurs, afin qu’ils vinssent faire démonstration de leur soi-disant précellence. Un à un, et sous les yeux de ses disciples bafoués et des suites respectives de ses adversaires, le maître du Wǔ Quán vainquit ses pairs, sans fierté ni condescendance.
— Face aux vents, les Cinq Pics se dressent et demeurent / En prison de sa fureur, Qīnglóng les a forgés / Gare à l’imprudent qui osera la forcer / Car la vengeance du dragon corrigera son erreur.
Le sentence de Hei Dong était sans équivoque et fut exprimée en toute humilité. Il n’avait pris aucun plaisir à humilier ses opposants, mais il se félicitait d’avoir réparé les torts faits à ses disciples. Chun Li s'était désolée de la situation, des coups reçus comme des coups portés. Son mari avait toujours pratiqué les arts martiaux pour canaliser son Qi, pour communiquer avec le Tao ou pour se défendre. Jamais pour attaquer ou se venger. Au fond d’elle-même, elle savait que Hei Dong s'était engagé dans une voie qu’il regretterait.
Et elle avait raison.
Le maître du Wǔ Quán avait trop rapidement considéré l’offense comme lavée. Dans son ingénuité, née de sa confiance en la métanoïa des êtres supposément sages, il était parti du principe que les vaincus allaient adopter son code d’honneur. Mais loin de se remettre en question, ces derniers n’acceptèrent pas leur infériorité et n’eurent d'autre objectif que la revanche.
Un jour que Hei Dong était allé se recueillir dans le temple taoïste du village, les mauvais perdants s’en prirent au kuan. Ils se présentèrent devant l’humble bâtiment avec quelques-uns de leurs meilleurs disciples, eux-mêmes aigris d’avoir assisté à la défaite de leurs maîtres, et agressèrent les apprentis du Wǔ Quán. L’altercation interpella Chun Li, qui abandonna ses travaux d’écriture pour vérifier d’où venait l’agitation. Avant de quitter son étude, elle avisa son épée et s'en saisit. Elle avait été forgée et sculptée pour elle.
Sa lame d'acier feuilleté était fine et longue, avec un centre de gravité légèrement reculé pour favoriser non pas la force, mais la vitesse. L’artisan qui l’avait réalisée avait dit avoir procédé à la trempe dans le ruisseau issu du Mont Lu qui donnait son nom au village, à l’heure où le soleil et la lune s’y reflétaient conjointement. La poignée était en bois de santal recouverte de soie, le pommeau représentant la tête d’un pinceau et la garde métallique un parchemin gravé de sinogrammes. Chun Li l'avait appelée Tiān Mò, Encre du Ciel.
Elle arriva dans la salle d'entraînement pour constater que les disciples de son époux étaient en mauvaise posture. Comme elle l’avait craint, la démonstration de Hei Dong avait attisé la colère plutôt que d’imposer le respect, et ceux qui avaient été défaits étaient revenus se venger.
Aussi bonne épéiste que calligraphe, Chun Li se lança dans une danse martiale inspirée autant par la lame que le pinceau, bien décidée à défendre le kuan de son aimé.
Alerté par la rumeur qui se propageait dans les ruelles de Qingxi Cun, Hei Dong coupa court à ses méditations. Au départ simplement intrigué par l’agitation peu coutumière du hameau, il sentit l'inquiétude empoigner son cœur quand il capta les exclamations alarmées des villageois. Nerveux, il se leva et quitta le temple. Il accéléra le pas lorsqu’il comprit que l’origine du trouble était son dojo. Hei Dong était anxieux à présent. Ce sentiment laissa place à la crainte, elle-même se muant en peur, en angoisse, en panique, en horreur, puis en terreur à mesure qu'il remontait le gradient d’effervescence qui le ramenait chez lui.
Il arriva trop tard.
Une foule se massait dans l’encadrement béant du kuan. Déjà, des blessés étaient évacués et des guérisseurs étaient à l’œuvre. Les conversations allaient bon train et évoquaient une attaque gratuite, un affront au village, un groupe d’assaillants en fuite, une milice infructueuse et une terrible tragédie. Mais les discussions se turent lorsqu’on s’aperçut de la présence de Hei Dong. Les quelques murmures tardifs qui flottèrent un instant furent emportés par le silence de plomb qui tomba. La gêne, la honte, le désarroi, la tristesse et la pitié frappèrent de plein fouet le maître du Wǔ Quán.
Hei Dong s’avança et l’on s’écarta devant lui. Des grimaces affligées et des larmes ombraient les visages amis. Des disciples blessés baissaient le regard devant lui, tenaillés par l’humiliation. Certains se jetèrent au sol comme en attente d’un châtiment mérité. Mais le maître, lui, ne voyait qu'une chose.
Une forme allongée sur le sol de terre désormais déliée et effritée du kuan.
Une forme enveloppée dans une étoffe verte gâtée de pourpre.
Une forme piquée d’une élégante épée à la lame damasquinée et ensanglantée.
Sa femme.
Chun Li.
Le souffle du vent, le chant des oiseaux, le clapotis du ruisseau, le claquement des bambous… les bruits environnants se turent pour lui, son esprit se fermant à tout autre son que le tonnerre de son pouls et le rugissement de sa respiration.
Son monde s'écroula, comme il s'écroula contre le corps de sa femme, cherchant désespérément un signe de vie.
Ce n'était pas possible…
Ce n'était qu’une mise en scène…
Ce n'était pas si grave…
Il ne pouvait pas être trop tard !
Agité de sanglots et gémissant, Hei Dong stimulait fébrilement le corps inanimé. Il n’avait cure de ses larmes et de ses lamentations. Peu lui importait la dignité, la pudeur ou la retenue qui auraient convenues à son rang. Il y avait forcément un moyen de la réveiller, de faire revenir la couleur dans son visage exsangue, de lui faire rouvrir ses magnifiques yeux, de refaire circuler la chaleur dans son corps déjà froid, de voir à nouveau sa poitrine se soulever
Mais les secondes s’égrenèrent, interminables, implacables, irréversibles. Atteignirent-elles les minutes ? Les heures ? Il n’aurait su le dire. Quand les guérisseurs tentèrent de lui enlever son amour éteint, Hei Dong gronda comme un animal sauvage. Le chef du village vint lui parler, des mots que le maître d’armes n’entendit pas, qu’il ne comprit pas. L’élu prit alors les mains de l’infortuné dans les siennes, libérant Chun Li de l’étreinte acharnée de ce dernier, tandis que le médecin du village, inspectait la victime pour vérifier si l’impossible était encore faisable.
Il secoua la tête, sentencieux.
Hei Dong laissa alors sa détresse et sa fureur éclater, d’abord par une sourde plainte gutturale naissant du plus profond de son être, puis par un long hurlement bestial destiné au monde.
Personne n’osa l'arrêter lorsqu'il retira Tiān Mò et la déposa sur le corps sans vie de sa bien-aimée. Il souleva ensuite le cadavre et se dirigea vers la sortie du village, en direction des Wu Lao Feng. L’aura qui se dégageait de lui, la même que celle d’un animal aux abois, dissuada quiconque aurait voulu s’interposer.
Lorsqu'il atteignit l’orée de la forêt adjacente, l’ombre se referma sur sa silhouette courbée sous le poids de l’abattement et de la dépouille, linceul de noirceur faisant écho aux serres du deuil qui encageaient son cœur éploré. Il s’effondra plusieurs fois sur le long chemin qu’il parcourut, déséquilibré par sa vue brouillée de larmes et ses membres affaiblis par l’effort prolongé. Mais jamais, malgré la traîtrise du terrain et la trahison de son corps exténué, il ne lâcha celle qu’il chérissait.
Il parvint à la vallée ceinte des Cinq Pics, dont la plus haute des parois était drapée d’une impressionnante cascade semblant tomber du ciel, la plus grande qu’il eût jamais vue avant de découvrir cet endroit au cours de l’une de ses excursions contemplatives dans la nature. C’était ce lieu qu’il avait choisi comme sanctuaire pour Chun Li.
Sur le flanc le mieux exposé et le plus chaud de la vallée, là où les rayons solaires, pour une bonne partie de la journée, paraient une falaise de leur rideau de lumière, miroir flavescent de la cataracte écumante, Hei Dong trouva les conditions qu’il recherchait pour la sépulture de sa femme. L’image de cet endroit reculé, souvenir subit et opportun de ses promenades passées, s’était imposée à lui et il l’avait suivie. Il l’y déposa tendrement et s’empara délicatement du pendentif qu’elle portait nuit et jour : une amulette végétale. Celle-ci consistait en un cynorrhodon de yuèjì, la rose préférée de Chun Li. Le fruit avait été longuement séché, stabilisé par fumaison, percé puis enfilé au bout d’un cordon de soie torsadée, avant d’être enrobé dans de la cire d’abeille qui l’avait scellé à l’humidité, aux chocs et aux moisissures.
Hei Dong aurait préféré veiller son aimée plus de quelques heures, mais il ne voulait pas gâter sa beauté et savait quelles conséquences le temps et la météo pouvaient avoir sur un corps. Aussi procéda-t-il précocement à l’inhumation de Chun Li. La tombe fut simple, au plus proche de ce qu’elle eût désiré. À l’aide d’un solide pan d’écorce, il creusa une fosse qu’il étaya et tapissa de tiges de bambous. Il y allongea son aimée, déposant son épée à ses côtés. Puis, il alla chercher de l’eau au pied de la grande cascade et y trempa un linge destiné à laver le doux visage de la défunte. Lorsque cela fut fait, il entama une oraison funèbre pour accompagner l’âme de sa femme, tout en essayant de libérer la sienne des idées noires qui commençaient à l’étouffer.
Enfin, le maître du Wǔ Quán recouvrit la dernière demeure de Chun Li d’un dôme de terre meuble. Alors seulement, il brisa l’amulette de son épouse. Des graines de rosier s’en échappèrent et il les recueillit dans sa main. Il referma ses doigts tremblants autour d’elles, tentant d’y infuser son ultime prière, avant de les relâcher sur le tertre, où il les enfonça légèrement, avant de les arroser de l’eau de la cascade venue des cieux. À présent, le plant qui en germerait serait son seul contact avec sa compagne et il sut qu’aussi longtemps que le pied fleurirait, il vivrait.
Hei Dong ne remit plus les pieds dans le village du Ruisseau Pur. Dans les mois qui suivirent, il se lança dans une traque implacable. Uniquement animé par une triste colère et un furieux chagrin, il n’eut de cesse de pourchasser, de dénicher et d’exécuter chacun des maîtres et des disciples ayant participé à l’assaut de son kuan et au trépas de sa femme. Il ne le fit pas dans les règles de l’art. À la seule force de ses poings jusque-là vertueux, il les massacra sans élégance en descendant à leur niveau de déshonneur pour assouvir sa basse besogne. Puis, il abandonna son nom et décida de museler sa douleur en s'immergeant dans le combat. Il parcourut le pays en s’engageant comme mercenaire à corps perdu dans les conflits locaux et en participant à tous les tournois d’arts martiaux qui se présentaient à lui. Il se complut dans la violence et l'image du guerrier que rien ne pouvait atteindre qu'il renvoyait aux autres.
Mais cela ne dura qu’un temps et, quelques années plus tard, il décida de rompre tout contact humain. Il revint au seul endroit qui comptait pour lui, Lushan, où reposait son grand amour, dont la sépulture s’ornait à présent d’un élégant arbuste aux feuilles d’un vert éclatant, aux fleurs délicates en forme de coupelles rouge vif et exhalant un doux parfum sucré. Loin de l’apaiser, ce retour alimenta son ire, son affliction et ses remords. Le corps et l'esprit rongés par eux, il perdit peu à peu son humanité. Il devint un hylique, un homme dépourvu d’âme, un être uniquement constitué d'éléments charnels voués à la sauvagerie, et se comporta de plus en plus comme un animal. Il se noya dans la survie à l’instant présent, sans anticipation, ni rétrospection, et il se mit à vivre telle une bête.
Dont il prit l’apparence.
Littéralement.