The Way We Get By
Il n’a aucune idée de l’heure qu’il est quand ils sortent du bâtiment. Il voit simplement que la lune est encore bien présente dans le ciel plus très noir et que le soleil n’est pas très loin.
Il regarde la jeune femme à ses côtés, qui porte le même manteau dans lequel il l’a vu pour la dernière fois. Une montée de regret, d’envie, de frustration, de terreur le passe. Il n’a toujours aucune idée de pourquoi il a tant été paralysé à la voir après tant de temps, la dernière fois.
Après cette soirée où il avait accompagnée Amanda au snack avec ses camarades. Après qu’elle est fuit avec son ex.
Il regarde Mandy, qui lui sourit doucement derrière sa clope allumée, et il lui tend la main, qu’elle prend sans hésitation et avec une douceur qu’il ne lui connaît pas réellement, avant qu’ils ne se mettent à marcher, au hasard, dans les rues de leur quartier.
Leur chez eux.
Ils marchent dans un silence confortable, non existant. Les alcooliques bourrés chantent – hurlent – au milieu des rues, les toxicos vomissent et gargouillent, les flics passent, les coups de feu s’enchaînent. Le silence habituel du SouthSide.
La berceuse des enfants pauvres et des enfants avec des parents trop occupés.
Il veut parler. Il veut lui poser les questions qu’il n’a pas posé de toute la soirée. Il veut savoir tant de choses qu’il a loupé, tant de choses qu’il aurait voulu connaître à l’époque. Tant de chose qu’il a nié encore et encore parce que le bonheur n’était pas fait pour les aînés Gallagher.
Lui et Fi’ -et Ian dans une certaine mesure- faisaient tout pour que les plus jeunes vivent heureux mais eux, eux n’y avaient pas le droit. Ils devaient s’occuper de Frank. S’occuper de Monica – quand elle était présente. S’occuper des factures, des courses, des gamins.
Il sait que beaucoup de choses ont changé après son départ à la fac. Après que Fi’ ai commencée à se perdre, encore et encore un peu plus.
Il veut parler. Il veut lui demander tant de pourquoi, tant de comment, tant de et maintenant. Mais il ne veut pas casser la douceur de l’instant. La douceur de ces retrouvailles. La douceur dans les yeux d’un bleu glacial, hypnotisant.
Cette pointe de possession aussi.
Cette pointe qu’il a lu quand elle l’avait regardé embrasser Freddie et Tami. Cette pointe qui lui avait donné envie de tout lui donner, à elle, cette femme qu’il n’a pas vu depuis des années.
Il serre doucement la main dans la sienne, cette main fine qu’il n’a pas tenu depuis si longtemps mais qui semble si parfaitement à sa place. Du coin de l’oeil, il la voit sourire et il sourit aussi.
Elle lui lâche seulement quand ils approchent du parc pour enfants plus ou moins en ruines, ce parc où tout tient à moitié et a été trafiqué par tous les parents et grand-frères slash sœurs du coin pour que les plus petits puissent en profiter.
Elle lui lâche seulement pour marcher doucement vers les balançoires. Et il la regarde faire comme il a pu la regarder danser dans le salon des Gallagher quelques soirs d’été. Comme il a pu la regarder danser sur son corps à lui, certains soirs, jours, certains moments où il ne cachait pas tout ce qu’il pouvait ressentir.
Quand ils s’asseyent enfin, il tire une nouvelle cigarette de son paquet, puis une latte, avant de lui offrir la suivante.
« T’sais que c’est ici qu’on a décidé de ‘’sortir’’ » elle fait les guillemets d’une seule main, l’autre lui passe la clope fumante « ensemble avec Ian ? »
Il ricane à cela, parce que cette période fût le début d’une tout autre. Il se souvient que Mickey et ses frères à la recherche du roux, pour une histoire totalement opposée aux faits. Il se souvient d’avoir attrapé une brique pour être aux côtés de son crétin de meilleur ami et petit-frère, qui avait la batte familiale à la main.
Il se souvient de l’avoir vu poursuivre Mandy et de ne pas avoir de nouvelles. Se disant qu’il était soit mort dans un coin soit enfin sorti de la merde dans laquelle il s’était foutu.
Il se rappelle avoir insulté Mandy par tous les synonymes de salope pour que Mickey et ses frères déversent sur lui et non sur Ian.
« Avant ou après qu’il couche avec Mickey pour la première fois ? » il rit quand elle le frappe dans le bras.
Elle ignore sa remarque quand elle reprend.
« Je pensais que c’était parfait. Petit-ami avec qui je coucherai pas et pas de lourds sur le dos. » elle regarde au loin, se balançant doucement, faisant grincer la ferraille sur laquelle ils sont. « J’suis tombée dans un merdier plus gros. »
Son sourire s’efface. Parce qu’il comprend la pique. Il comprend le ressentiment. Il a foiré si fort avec elle. Si fort.
Il était accro. Elle était accro. Il a prit l’option désintoxication forcée et violente. Sans vraiment lui laisser le choix.
Il sait, une part de son cerveau sait, que toute l’histoire avec Karen n’était qu’une excuse. Un prétexte. Parce que même s’il avait aimé la blonde, elle avait vite détruit son coeur trop de fois pour qu’il lui offre sans jamais y penser à deux fois.
Mandy avait juste cherché à le rendre mieux, à le faire avancer, à le faire grandir. A le sortir de la merde du SouthSide – avec ou sans elle.
Elle l’avait aimé à la Milkovich. Prête à se sacrifier pour que le possesseur de son coeur puisse vivre au mieux.
Mickey avait tenté de suivre Ian dans sa bipolarité sans y faire intervenir les médocs, avait tenté de faire disparaître Sammi du tableau. Mandy avait fait en sorte qu’il parte à la fac, avait tenté de couper les ponts qui reliaient Karen et lui une bonne fois pour toute.
Il le savait déjà à l’époque. Il le savait encore plus maintenant.
« Mais ce fût un beau merdier non ? » demande-t-il, avec une appréhension qu’il n’avait pas anticipé.
Il n’avait pas anticipé la voir. Lui parler. Pouvoir s’excuser de tout et d’encore plus.
Pouvoir essayer de la tenir dans ses bras.
Elle a un sourire doux, presque rêveur, en repensant à la période où ils ont vécu ensemble sous le toit Gallagher. Un sourire qu’il avait vu tant de fois sur le visage de cette jeune fille – à l’époque – alors qu’elle regardait ses cadets. Alors qu’elle le regardait quand elle pensait qu’il ne la voyait pas.
« Yep. » finit-elle par répondre, soulageant son corps d’un poids qu’il n’avait pas pensé avoir. « P’être le plus beau. »
Il se lèche les lèvres, reprenant sa cigarette encore et encore entre ces dernières, avant d’enfin prendre une latte et de lui tendre à nouveau. Le parc est vide d’enfant. Un peu plus loin, dans le tunnel de ferraille où Carl se cachait gamin pour terroriser les autres, dort M. Barabeille, le SDF de ce coin de rue.
Il regarde le toboggan où Fiona a pleuré de rire parce que lui et Ian avaient peint il ne savait plus quoi – ces dessins ont disparus avec la pluie, le vent et les autres dessins d’enfants. Il regarde le tourniquet où Debbie a cassé sa première dent – en courant trop vite et tombant tête la première dessus.
Il regarde cet endroit plein de souvenirs pour lui, pour sa famille, pour celle de Mandy et ce putain de quartier qui est entrain de changer.
« Je suis désolé. » elle relève sa tête vers lui mais il continue de regarder droit vers ces souvenirs d’années presque innocentes. « J’ai.. Je sais pas comment faire. Être heureux avec quelqu’un. »
Elle pouffe tristement, comme si elle avait comprit cela depuis toujours. Depuis le moment où il l’avait embrassé la première fois. Depuis le moment où il l’avait brisée.
« J’aurai pas dû rompre comme je l’ai fais. J’aurai – P’tain la moitié des choses j’aurai dû ne pas les faire ou pas les dire. L’autre j’aurai dû faire mieux. »
Il ne sait même plus où il veut en venir. Tout se mélange dans son crâne. Tout lui manque. L’alcool, l’air. Elle. Encore et toujours elle. Mandy Milkovich. Qui lui a attrapé le coeur et la détruit sans le faire. Il l’a détruit de lui-même.
Et la destruction, n’importe laquelle, le faisait toujours penser à elle.
Il ricane, en pensant que c’était le serpent qui se mord la queue. Il ne voulait pas souffrir, alors il avait souffert et souffrait tous les jours à chaque petite pensée de destruction.
Merde. P’être pour ça que l’alcool avait tant marché. Pas juste la génétique de pourrie donnée par Frank. Pas juste parce que c’était inclus dans son cerveau depuis l’enfance.
Simplement parce que le fait de se détruire par cette voie, n’importe laquelle, lui faisait penser à elle. Tout en lui faisant pas penser à elle, parce qu’il n’en avait aucunement le droit.
« Oh merde. » et elle rit à son air totalement mystifié par son absence de quelques secondes. « Oh putain de merde. »
« T’as découvert le secret de l’univers ou quoi ? » ricane-t-elle un peu plus en lui piquant sa clope du bec.
Et il la regarde, l’envie de répondre que c’est quarante-deux au bout des lèvres mais tout ce qu’il peut faire est la regarder. Et avoir l’impression qu’elle ne lui a jamais autant manqué qu’à l’instant, à ses côtés, si proche mais si loin.
« Je suis stupide. » répond-t-il seulement et elle rit une nouvelle fois, tirant sur la cigarette comme pour acquiescer.
« Rien de nouveau. »
Il sait que son ton est joueur mais il sait aussi qu’elle ne lui cache pas son fond de pensée. Elle sait. Elle a toujours su. Putain elle l’a toujours lu aussi bien qu’Ian. Que Fiona. Elle a su dès l’instant où il l’a brisée. Elle a su dès l’instant où ses yeux se sont reposés sur les siens ce soir.
Elle sait. Et elle attend un pas de sa part.
Bordel.
« Je - »
Chanceux, il veut dire. Le plus chanceux des trous-du-culs qui existent. Parce que la fille qu’il aime depuis son adolescente, la fille a qui il a brisé le cœur en mile-et-un morceaux, la fille qu’il était convaincu de ne jamais revoir un jour ou alors avec une vie bien rangée.. Cette fille, cette femme… Elle veut bien de lui malgré tout.
Il ouvre la bouche plusieurs fois sans arriver à parler. Mais il ne la lâche pas du regard. Mandy Milkovich. Cette femme magnifique, portant deux couleurs de cheveux aujourd’hui, son passé et sa fuite, qui fume sans le regarder.
Cette femme qui rougit sous son regard bien trop longtemps resté sur elle.
« Qu’est-ce que tu regardes Phillip ? » fit-elle, agacée.
Mais il connaît la façon de parler des Milkovich. Il voit Mickey tous les putain de jours avec Ian. Il a vécu avec cette jeune femme à ses côtés. Il sait. Elle n’est pas agacée. Pas réellement. Embarrassée par son regard, gênée, questionneuse oui.
« La plus grosse connerie que j’ai fais c’est pas d’avoir gâché la fac, » il la voit froncer les sourcils à cela, prête à l’engueuler comme il se doit pour ça mais il la coupe « c’est pas d’avoir commencé à boire comme Frank, Tommy et Kermit en une seule personne, c’est pas d’avoir foutu un coup d’un soir en cloque. C’est de t’avoir laissé partir Dee’. »
Les yeux bleus, si glacials, si hypnotisant, se posent sur lui. Et il veut se perdre dedans, qu’importe qu’ils soient pleins de questions. Il veut se perdre dedans, faire disparaître toutes les peurs et les doutes. Il veut se perdre dedans et ramener tout ce qu’il y voyait adolescent.
« Tu m’a manqué au moment même où je t’ai fais partir. Chaque putain de jour depuis. »
« La ferme. » fait-elle mais cela est faible.
Il sait qu’elle peut lui clouer le bec en deux secondes. Alors il continue. Il se lève de sa balançoire bancale. Il se lève pour se mettre les deux genoux devant elle, entre ses jambes presque mais il ne la touche pas. Pas encore.
Putain. Si proche et si loin. Il a l’impression d’étouffer dans le manque d’elle. Il a l’impression d’étouffer du trop d’elle.
« On dit que Lip Gallagher est le génie de la famille mais c’est faux. Ok j’suis bon en math mais putain. J’suis incapable de voir les personnes qui sont bonnes pour moi, ou bien trop tard, quand je les ai détruite et fait en sorte qu’elles me haïssent. Ian est celui qui a toujours du pif pour ça, pour trouver les personnes qui resteront dans sa vie le temps qu’il faut ou jusqu’à la fin. Il t’a trouvé toi, il a trouvé Mickey. Putain ils sont mariés et j’aurai été le dernier à parier sur eux. »
Elle le frappe doucement à cela. Parce qu’elle le sait. Elle sait qu’il n’a jamais crû en son frère et le sien. Il les voyait se séparer dès la première fois qu’il en a entendu parler. Et elle pariait sur le fait qu’ils les niquerai tous, à être un couple de vieux sur une balancelle.
« Tu étais bonne pour moi. » sa voix se fit plus douce alors que les yeux glacials se posent sur lui et il veut sourire, mais il ne fait que prendre ses joues dans les mains « Tu étais la bonne pour moi. »
Elle a un hoquet et il est terrifié à l’idée d’avoir mal lu, à l’idée de la faire pleurer. A l’idée d’avoir raison et d’y voir de l’espoir. D’y avoir vu de l’espoir depuis le moment où il l’a revue.
« Et t’as foiré. »
Il acquiesce. Parce qu’il ne peut rien faire d’autre alors que la fille de ses rêves, la fille de ses manques, la fille qui le possède tout entier lui rappelle qu’il est le pire trou duc’ de la planète Terre.
« Dee’. Je suis désolé. » finit-il par dire quand le silence s’éternise – quelques secondes mais son coeur, sa tête, son être, ne peut tenir plus. « Je suis un crétin. Je pourrai ramper à tes pieds pendant des jours. Je pourrai te supplier pendant des années. Je pourrai faire clamer ton nom par le SouthSide entier et je serai toujours le pire connard de l’univers. »
Elle ricane, des larmes glissent sur ses mains et il se rend compte de tout le reste. Le fait qu’il s’est rapproché d’elle et qu’elle se fiche qu’il soit rentré dans son périmètre. Le fait que les jambes blanches l’encerclent presque et qu’il est si bien, là, à terre pour elle.
« Tu rampes déjà. » et il rit à son tour.
« Ca ne suffira jamais. »
Il sait qu’il ne pourra jamais se racheter assez pour les morceaux éparpillés de son coeur qu’elle a dû reconstruire seule. Petit à petit.
« Non. » son coeur se brise « Non ça ne suffira pas à t’excuser. Mais je te pardonne quand même. »
Il a un mouvement de recul, ses yeux trouvant les bleus hypnotisant rapidement, sous le choc. Parce qu’il a eu l’espoir, oui, il y a crû à la seconde où il l’a vu, il y a crû à l’instant où il a compris qu’elle était là, présente. Mais bordel. Bordel…
Il n’arrivait pas à se dire que c’était là. Devant lui. A quelques centimètres de son corps.
Il est terrifié à l’idée de foirer à nouveau.
« Mais. » son souffle repart, alors qu’il n’a jamais remarqué l’avoir perdu « Je veux que tu me fasse la cours. »
Lip Gallagher, le pro des maths et peut-être le deuxième dans le classement familial de celui avec le plus de relations romantiques, papillonnent des yeux à cette phrase sans arriver à la comprendre.
Ou alors il la comprend et se demande où et qu’avez vous fait de Mandy Milkovich ?
« Oh va te faire. » ah, il avait dit ça à voix haute. « Tu veux te rattraper, c’est ta seule chance. »
Il ouvre la bouche mais, après avoir écraser le mégot sous la balançoire, Mandy lui balance celui-ci à la figure.
« Tu n’as pas le choix Phillip. Si tu veux revenir avec moi, tu vas devoir ramper. Tu vas devoir me courtiser comme une de ces petites bourgeoises de merde. Rendez-vous galants, cadeaux, fleurs, lettres. Tu as l’embarras du choix et tu vas tous les faire. Parce que je vais te faire la misère avant de t’accepter à nouveau. »
Il ne sait pas quoi répondre. Parce que, bordel, il aime cette femme. Même quand celle-ci le fait presque chanter pour être traiter comme elle aurait dû toujours l’être. Il est terrifié. Il est amoureux. Il la veut. De toutes les manières existantes.
Mais il n’aura rien tant qu’elle ne l’en trouve pas digne.
Il acquiesce, bouche à moitié ouverte parce qu’il ne sait pas quoi dire. Il veut être digne d’elle. Digne de cette relation qu’il a foiré. Digne du bonheur qu’il s’est toujours dit comme impossible.
Il eu la preuve que ça l’était, alors que son frère épouse son amour d’enfance, son âme-sœur, son tout et rien, devant la moitié du SouthSide. Il veut en être la preuve pour le reste de sa famille, une autre preuve que ouais, ils peuvent être heureux.
Être une famille normale, saine. Tout en étant eux. Gallagher et Milkovich, les pires familles du SouthSide.
Elle lui sourit et il veut embrasser ce sourire. Il ne sait pas s’il peut. Il ne fait que caresser les joues blanches en se perdant dans le regard bleu, qui pétille d’une joie qu’il n’a pas retrouvé depuis des années.
Elle l’embrasse. Parce qu’elle a tous les droits sur lui et lui aucun sur elle.
C’est doux. Tendre. Une chose qu’ils ne faisaient que lors de la nuit noire, quand il avait trop bu ou trop fumé. Quand il savait qu’elle ne s’en souviendrai pas forcément. Quand il savait qu’il ne s’en souviendrai pas – il s’en ai toujours souvenu.
Leurs fronts se posent l’un contre l’autre après ça et ils ricanent ensemble. Parce que bordel, il est heureux. Il est heureux pour de bon. Entier.
Pour la première fois depuis bien trop longtemps.
« Je t’aime. » et il ne se rend compte que cela passe ses lèvres qu’après que les mots soient au vent.
« Je sais. »
Le sourire mutin mais si doux est la seule réponse dont il a besoin. Elle aussi. Mais elle ne lui dira que quand ils seront un couple à nouveau.
Il se lève, lui tend la main qu’elle prend une nouvelle fois, la fait tourner sur elle-même comme s’ils étaient à nouveau sur la piste de danse et elle rit.
Il a encore des milliers de choses à dire. Des questions à poser. Et, alors que le soleil est presque totalement levé, il n’a envie d’en poser aucune.
Il les aura plus tard. Un autre jour. Durant un de ces rendez-vous qu’il va organiser comme il a pu organiser les plans fous des Gallagher.
Il aura cette femme magnifique totalement à lui plus tard. Pour le moment, il se contente de cette main dans la sienne, de ce corps dansant sur une musique non existante dans ces bras.
« Je suis chanceux. »
« Très Gallagher. » elle lui embrasse la joue, avant de le forcer à marcher hors du parc, le tirant par cette main jointe.
Il veut la remercier. Mais il sait qu’il ne se prendra qu’un poing dans le bras. Alors il ne dit rien et sourit encore une fois. La suivant dans les rues qui se réveillent du SouthSide.
Les voitures se mettent à rouler, les hurlements recommencent, les flics de nuit donnent le relais à l’équipe de jour. Les flingues tirent et tirent et tirent et -
« Oh merde. »
« Mickey ! Ian ! » hurle Mandy avant de se mettre à courir vers l’hôtel, se fichant que son père et une partie de sa famille partent à chapeau de roues après leur crime.
Il ne perd pas une seconde pour la suivre.