The Way We Get By
Chapitre 4 : My daddy got a gun, [I] better run
2418 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 10/09/2025 14:42
Tirer, c’était facile.
Les Milkovich apprennent à tirer dès le moment où ils peuvent tenir une arme en main, qu’importe que les gamins se mettent à balader avec des armes dites pour femmes, tant qu’ils savaient viser dans une cible correctement.
Mickey pourrait ne pas viser, ne regarder que du coin de l’oeil, et il ne manquerai pas sa cible pour autant. P’être qu’il ne l’aurait pas parfaitement à l’endroit où il le voudrait mais il l’aurait quand même.
Il n’est même pas étonné quand il touche la cannette alors qu’il ne fait que relever la tête de son téléphone une petite seconde.
« Passes-moi ça. » lui fait Sandy, prenant le glock de ses mains pour prendre la suite des tirs.
Il n’a pas besoin de regarder ce qu’elle fait pour savoir qu’elle vise dans le mile.
Mandy est posée contre un des piliers du pont où ils se sont donnés rendez-vous avec Iggy et Colin. Il ne sait pas encore quoi pensé de l’idée de Lip. Outre que c’était le foutre dans une merde noire mais que cela valait le coup si Ian était hors de la ligne de mire de son paternel.
Il avait écouté son beau-frère soit-disant génie pendant une dizaine de minutes avant de quitter la pièce avec sa sœur sur les talons. Ils n’avaient pas ouvert la bouche durant la petite marche improvisée mais il savait que sa sœur était pour suivre ce plan taré. Parce qu’elle avait été chez les flics elle-même.
L’idée de sa sœur dans un commissariat lui donnait envie de péter quelque chose mais c’était pas le problème actuellement.
Il avait appelé Iggy sur le chemin du retour et avait dit à Lip qu’ils en parleraient de leur côté avant de lui donner une réponse.
Puis Tami était arrivée, Freddie dans les bras, disant qu’elle avait besoin d’aller au boulot et qu’elle était désolée d’arriver sans prévenir. Les yeux de Mandy et ceux de la blonde s’étaient croisés et Mickey avait eu envie de mourir de rire.
Parce que pourquoi avoir un seul drama dans la famille Gallagher quand tu pouvais en avoir avec chacun des membres de la famille ?
Alors il avait prit les devants, prenant sa sœur et sa cousine par le coude pour les faire sortir de la maison le temps que Lip et Tami parlent deux secondes avant de partir au boulot.
« Des nouvelles ? » demande-t-il, lui piquant la cigarette qu’elle avait entre les doigts.
Elle ne répond pas réellement, lui montrant simplement son téléphone avec les messages de Lip. Disant qu’il avait des choses à régler avec la mère de son fils mais que cela ne changeait rien pour eux. Que Tami elle-même avait dit qu’ils étaient juste co-parents.
« Te voilà belle-mère. » elle le frappe et il ricane tandis que Sandy fait de même. « Pas trop ce que t’avais imaginé hein ? »
« J’avais rien imaginé bâtard. J’voulais vous voir vous pas - » elle se coupe et leur cousine arrête de tirer une seconde. « P’tain pourquoi les Milkovich finissent tous dans le lit des Gallagher ? »
« Sont bons au pieu. » la désinvolture de Sandy les fait rire à nouveau « Quoi ? Debbie est p’être bien mon meilleur coup qu’est-ce tu veux, tu vas pas me dire que ton mari n’est pas le tien. »
« Ça vaut le détour. » fit-il et Mandy lève les yeux au ciel.
« ‘’Ça vaut le détour’’, ça se voit que c’est pas toi qui vous entends chaque putain de nuit. »
« J’vous emmerde. »
Cette fois, c’est les deux jeunes femmes qui rient.
« Lip est pas mal j’avoue. » ajoute sa sœur comme si de rien n’était.
« J’veux pas savoir ça. » elle lui tire la langue pour toute réponse et leur cousine continue de rire. « Vise au lieu de te foutre de ma gueule. »
« On a pas besoin de viser pour se foutre de toi Mickounet. » entend-t-il alors que deux bras se ferment sur ses épaules.
Il va buter son frère. Qu’importe que les filles et Colin ricanent au surnom pourri.
« Iggy.. »
Ce dernier lève ses bras de manière innocente, grand sourire aux lèvres. Quelle famille de timbré. Son aîné prend l’arme des mains de Sandy, se mettant à tirer à son tour, tandis que le blond se mit à rouler il ne savait quoi – joint ou clope c’était du pareil au même.
Il tire une latte sur celle qu’il a entre les lèvres, ne sachant d’un coup plus comment former des phrases. Sandy lève un sourcil en le regardant et il veut l’envoyer boulet mais il ne fait que grogner sans donner de réponse.
Il a appelé Iggy et Colin. Mais il n’a aucune idée de comment leur annoncé l’idée de Lip.
« Pas que j’vous aimes pas les gars mais j’dois reprendre le shift dans trente minutes. » leur rappelle le blond en allumant son joint, il pouvait le savoir à l’odeur.
Mickey poussa un soupir, avant de se relever du poteau qu’il partageait avec sa sœur. Il lui lança un regard et elle acquiesça.
« Lip a un plan pour foutre Terry au trou, probablement en fédéral. »
Iggy s’arrête de tirer une seconde pour leur lancer un regard, sourire aux lèvres.
« Bonne nouvelle con. On était près à lui casser la gueule toute les semaines avec Colin. »
Le susnommé acquiesce quand il lui lance un regard interrogateur, sourire doux aux lèvres et il ne peut presque pas y croire. Ses frères sont près à péter la gueule à leur paternel toutes les semaines pour éviter qu’il ne le croise. Bordel…
« C’est quoi le bail ? T’es déjà au courant Sandryllon ? » relança le plus vieux, arrêtant définitivement de tirer afin de piquer le joint au blond.
Leur cousine hoche la tête, reprenant le flingue pour le ranger dans sa botte comme elle le faisait toujours. Mandy avait son surin à la même place.
« Me foutre devant Terry avec les poulets non loin pour qu’ils le prennent sur le fait de me tuer. »
Il regarde la bouche de ses aînés s’ouvrir, le joint pendu à celle d’Iggy finir au sol avant que celui-ci ne se mette à jurer tandis que Colin papillonnait des yeux.
« Pardon ? » finit-il par dire « WTF ?! C’est quoi - »
« Colin stop. »
Le blond s’arrête à la seconde où l’ordre sort de sa bouche et il en grince presque des dents. Cette manière dont Terry les a conformé, Iggy, lui et tous les autres membres de leur famille, à suivre ses ordres comme une religion.
« Putain. » lâcha le blond tout de même alors leur aîné reprenait le joint avec un calme olympien.
« Tu risques de crever avant même que les flics le stoppent. » fait ce dernier et ouais.
Il le sait. Putain ça fait deux heures qu’il ne pense qu’à ça. Au fait que, si jamais Terry le trouve, qu’importe que les bleus ou n’importe qui soient présent pour assurer ses arrières. Il suffit d’un coup mal placé, d’une lame trop aiguisée, d’une balle à la bonne artère. Et il crève comme un chien.
« J’suis toujours là non ? »
C’est une réponse débile. Parce qu’il a faillit crever il ne sait combien de fois à cause de leur géniteur. Et, même s’il était toujours là, son corps, leurs corps, montraient les effets du temps qu’ils ont passé avec ce dernier.
Il avait arrêté de compter les cicatrices à dix ans. Il n’avait même pas la mémoire pour expliquer d’où viennent chacune d’elles à Ian.
« Et c’est tout ? » crache Iggy « Pas de meilleure idée ? Parce que ça sert à rien de l’avoir pour tentative de meurtre. Il a déjà une peine comme ça et regarde où il est maintenant, avec une kalash’ à essayer de te tuer dans ton sommeil comme un lâche. »
« Il veut aussi qu’on témoigne. » il regarde le choc passer dans le corps de Colin et Iggy, la manière dont leurs respirations s’arrêtent une seconde à l’idée de balancer « Sur ce qu’on sait de son business, sur ce qu’on sait des gangs, sur ce qu’il.. Sur ce qu’il se passait à la maison. »
Iggy marmonne une injure alors que ses mains se collent à ses yeux. Colin se met à marcher quelques mètres avant de revenir, puis de repartir à nouveau et faire encore une fois le même chemin.
« Avec ce qu’il nous a fait, il sortira pas de taule. » fit Mandy dans le silence qui le ronge.
« Et plus personne voudra bosser avec lui. On sait comment les autres marchent. On ne touche pas à la famille, qu’importe ce qu’ils font. Il a bafoué cette règle un trop grand nombre de fois pour que les gangs le reprennent. » la rejoint Sandy, avec bien plus de force qu’il n’en a.
C’est stupide. C’est stupide d’avoir peur d’un homme qu’ils allaient envoyer au trou pendant des décennies. Pourtant il est terrifié. Il n’a pas besoin de regarder sa fratrie et sa cousine pour savoir qu’ils le sont tout autant. Oh les Milkovich savent très bien cacher ça, cette terreur liée à Terry. Mais elle présente dans chacun de leurs mouvements, chacune de leurs paroles.
Même après des années à s’en être plus ou moins délivré.
« Les gangs sont avec moi. » contre Iggy avec ses lèvres bien trop serrées sur le joint. Il n’enlève ses mains de ses yeux que pour fumer ce dernier « Et j’leur ai dit que je raccrochais à la fin de l’année contre un dernier coup. »
Le tir de Colin les surprend à peine, parce qu’ils ont l’habitude de regarder tout le temps autour d’eux, de surveiller les faits et gestes de chaque putain de personne autour d’eux. La foule était leur cauchemar. De même que les repas de familles Milkovich.
« T’es sûr que si on cause, il finit au trou à perpet’ ? »
Mickey voudrait bien répondre mais il n’a aucune information.
« Seth m’a montré le dossier qu’ils ont sur Terry. Il fait la taille de la pile de porno de Joey. »
« Seth ? Seth Gecko ? » il regarde Mandy acquiescer et il fronce les sourcils. « Il - »
« Travaillait pour l’oncle Rob’ ouais. C’était une couverture pour avoir des infos. »
Une de ses mains passa sur son crâne, massant le début de migraine qui pointait le bout de son nez. Rien de ce plan ne lui plaisait bordel.
« Vous serez prêt à parler devant les juges ? » demande Iggy, voix presque paternelle, voix qu’il n’a pas entendu depuis le moment où Terry est revenu à la maison, des années de cela, l’année où Mandy a accusé Ian de viol à vrai dire.
Putain dire que toute son histoire avec son mari partait de là. Bordel.
Plus SouthSide et chtarbé tu meurs.
Lui et Mandy se regardèrent peut-être une seconde. Une seconde où il repensa à toutes ces nuits à la cacher de leur père bourré. A se cacher des hurlements. A pleurer sous les coups. A saigner et à souffrir. A s’en prendre plein la gueule pour une petite erreur. A ce flingue sur sa tempe pour n’importe quel motif.
Le nombre de souvenirs similaires… Trop. Il y en avait trop.
Et il ne pouvait pas arrêter de penser au fait qu’il ne voulait pas qu’Ian vive ça. Vivre dans cette peur constante. Cette vigilance. Cette paranoïa. Ce besoin des fois inutile de toujours regarder derrière son épaule.
Nope. Plutôt crever que laisser Ian vivre comme ça.
« Mieux vaut tard que jamais. » répondit Mandy.
Et c’est exactement ce qu’il pense.
Putain de merde, il est plus que temps d’ouvrir sa gueule n’est-ce pas ?
Iggy et Colin se lancent un regard à leur tour et acquiescent ensemble.
« Si c’est ce que vous voulez faire, si t’es prêt à te faire massacrer, on marche. »
Mickey n’avait aucune idée qu’un poids s’était formé sur ses épaules mais il se sent d’un coup soulagé, putain de léger, à l’idée que sa famille va le suivre dans cette idée de merde.
Il tient à ces enculés. Et eux tiennent à lui aussi. Bordel.
« Si tu crèves par contre, je crève Lip. » annonce Colin, avec une voix bien trop sérieuse.
« Ferme-là Colin et prends un ticket. » lui répondit Mandy, après l’avoir frappé dans le thorax.
Et il ricane. Sandy ricane. Iggy sourit, tirant sur le joint qu’il lui tend.
Putain. Il aime sa famille malgré tout.
« Concours de tir avant que Cochon retourne les mains dans le gabouis ? » lance Sandy avec un sourire.
« Putain arrête avec ce surnom de merde. » grogne le susnommé en passant son arme à Iggy.
« Arrête de m’appeler Sandryllon. »
« Plutôt crever. » firent ensemble les deux aînés.
« Bah ta gueule Cochon. »