The Way We Get By
Chapitre 12 : I get so high, every time you're loving me
2319 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 08/01/2026 11:41
Pourquoi il se retrouve avec les deux gamins Gallagher sur les bras, il n’en a aucune idée. Debbie et Sandy étaient parties en vadrouille plus tôt dans l’après-midi parce que la rousse avait besoin d’un avis pour il ne savait quelle connerie – il ne voulait pas savoir. Et, visiblement, Tami avait oublié que Lip et Mandy avaient un date ce soir et devait donc ramener Freddie plus tard que à l’accoutumé.
Ouais. Deux semaines et voilà que c’était habituel de voir la blonde débarquer certains soirs avec Fred’ vers les dix-sept heures pour déposer son fils à son père. La vie Gallagher visiblement.
Dire que maintenant il en est un par mariage bruh.
Non pas que Mickey ai changé son nom mais dans le principe.
Donc il est là, avec Franny entrain de regarder les dessins animés à sa droite et Freddie dormant dans le landau dans le creux de l’escalier derrière lui. Il est là, seul avec les gamins parce que bien entendu il n’a jamais de chance avec les Gallagher et aucun d’entre eux n’est présent dans la maison familiale actuellement. Par il ne sait quel miracle diabolique.
Au moins, outre le son des dessins animés hurlants des âneries, la baraque est calme.
Ce qui faisait qu’il avait sorti le calepin que Ian lui avait acheté quelques mois avant, rempli de conneries et autres dessins plus ou moins stylistiques que les gars de prison ont tendance à demander à se faire encrer, afin de pouvoir gribouiller un peu.
La discussion qu’il avait eu avec Colin quelques jours plus tôt est toujours dans son crâne. Mickey, comme bien d’autres Milkovich, sait qu’avec son palmarès, sa tronche et ses différents allers-retours en taule, il n’a pas un bon profil pour rentrer dans le magnifique et magique monde du travail. Autant son frère avait réussi à monter son business avec un autre gars qu’il avait rencontré en taule, autant ils savaient tous que cela était une galère sans nom.
Pour ça que Mickey avait préféré prendre la place vacante au garage plutôt que d’essayer de monter un truc de son côté, après le fiasco qu’avait fini par être son poste à Old Army – le magasin avait tout simplement fermé du jour au lendemain.
Certains des autres mécanos, anciens de prisons pour beaucoup, avaient commencé à parler tatouage et Colin avait, sans aucune hésitation, levé la voix pour dire que son p’tit-frère dessinait bien et avait déjà piqué d’autres gars durant son temps en maison de redressement ou au trou.
Mickey, prit sur le fait, n’avait pas pu faire autre chose qu’ouvrir et fermer la bouche alors que les autres commençaient à regarder vers lui. Chose qui se calma après qu’il eu envoyé son frère aîné se faire foutre.
Qui l’avait prit à part à son départ pour lui dire que cela n’était pas une mauvaise idée.
Uh.
« C’est zoli. »
Il tourna sa tête vers sa nièce, qui regardait maintenant plus ce qu’il faisait avec sa main et son crayon plutôt que l’écran. Sous la mine se trouvait une dague qu’il avait griffonné ces dernières minutes.
S’il y a bien un truc que Mickey savait dessiner, c’était les armes. Il n’avait même pas besoin d’y réfléchir à force.
« Hm tu trouves ? »
Franny acquiesce rapidement pour toute réponse, avant de partir du canapé pour trottiner jusqu’à sa table à dessin, dans l’entre-deux qu’était censé être une salle à manger, et de revenir avec son propre dessin. Dessus, il devina les membres de la famille Gallagher et … des flingues.
Il ricane en voyant cela, clairement son influence ou celle de Carl.
« Qu’est-ce qu'y fait qu’on a des flingues mini Blossom ? »
« On joue au voleur ! On b’aque la banque ! »
Il n’en fallu pas plus pour que Mickey en oublie son propre calepin pour aider la petite rousse à dessiner à sa table.
Personne ne fut étonné de voir ce spectacle en rentrant.
.
Ian hausse un sourcil en le voyant avec son calepin, entrain de fouiller ce dernier plutôt que d’en ajouter. Mickey sait qu’il se mord la lèvre en regardant les nombreux dessins et il ferme le carnet en sentant le poids de son mari s’enfoncer sur le lit. Puis avancer sur ses jambes comme un serpent tentateur.
Il pouffe au sourire et aux sourcils descendant - se relevant du roux avant de lever les yeux au ciel. Séduction sur vingt vraiment. Pourtant la bêtise immense de son mari marche sur Mickey.
Ils en parleraient plus tard.
.
Lip’ est sur la bonne voie, il le sait. Il le voit aux sourires de Mandy, à cette étincelle magnifique dans les iris bleues glaciales qui se réchauffent à cause d’un petit geste ou d’un petit mot. Il le sent à la main qui s’incruste contre la sienne, aux caresses joueuses dans ses cheveux qui peinent à pousser.
Mais cela l’empêche pas de faire plus d’efforts encore, volant les petits tours de son frère et meilleur ami en l’observant avec Mickey.
Oui. C’est probablement tricher parce que les deux Milkovich sont bien trop similaires et leurs sentiments sont d’une intensité qu’il n’avait pas pu apprécier avant. Qu’il n’avait pas compris.
Qu’aujourd’hui il voulait absolument sur lui jusqu’à la fin de sa vie.
Alors il grogne en voyant les deux hommes mariés être terriblement niais dans leur fauteuil, parce que bien entendu Ian avait entraîné Mickey sur ses jambes au lieu de le laisser s’asseoir sur l’accoudoir, et il regarde le roux murmurer à l’oreille de son homme, le faisant sourire et ricaner derrière sa bière.
Il ne veut pas savoir ce qu’il se dit. Il veut juste Mandy.
Qu’il attend patiemment pour leur rendez-vous, sa jambe ayant la gigote.
Il ne sait pas si cela est une vraie bonne idée, parce qu’eux deux n’ont pas l’habitude de ce genre de restaurant légèrement guindé. Ils sont habitués aux restaurants familiaux, aux dîners, aux fast-foods et aux trucs malfamés du SouthSide. Pas aux salles parfaitement propres, aux premières étoiles et aux serveurs en cravates du WestSide.
Mais il veut faire cet effort. Il veut faire cet effort pour elle.
Ian siffle en regardant la jeune femme descendre les escaliers, Mickey approuvant d’un mouvement de tête.
Lip’ se retourne et perd les mots.
Cela fit sourire la mi-blonde mi-brune, de ce sourire qu’elle cache toujours en baissant le visage alors qu’il peut voir ses joues rougirent légèrement. Sa robe colle à son corps de la plus belle et sexy des manières, il ne veut que lui enlever ou finir dessous. Ses cheveux sont serrés dans un chignon dont plusieurs mèches s’échappent pour encadrer son visage, il ne veut que le défaire pour les tenir et les tirer.
Il se prend un coussin derrière la tête et regarde les deux hommes qui lui lancent un regard soit amusé soit agacé. Il se retourne à nouveau vers Mandy, ouvre la bouche face à ses yeux bleus si vibrants et la referme parce qu’il n’a toujours pas retrouvé son cerveau.
Ou, disons qu’il a fuit ailleurs.
Elle sourit en voyant l’effet qu’elle lui fait. Et son regard bleu passe de sa tête à ses pieds de manière appréciatrice, il le sait, il le sent sur chaque partie de son corps. Il a fait un effort pour elle : nouvelle chemise, nouveau pantalon taillé.
Que Kev’, Ian et lui ont volé mais il est plus ou moins sûr que les fringues de sa compagne le sont tout autant.
Il lui tend la main, qu’elle prend, avant de la tirer à lui pour lui embrasser la joue, la faisant ricaner doucement dans ses bras.
« Magnifique. » lui murmure-t-il à l’oreille.
« T’es pas mal non plus. » continue-t-elle en souriant.
Les étincelles telles des feux d’artifices dans les yeux glacials.
Ils partent sous les ricanements des deux jeunes mariés, sous le ‘’les capotes existent !’’ de Ian et le ‘’les bâillons aussi !’’ de Mickey. Il fait un doigt d’honneur aux deux hommes sans même les regarder, claquant la porte sur leurs rires.
Eh. Juste pour ça il pique la bagnole d’Iggy, que ce dernier a laissé devant la maison Gallagher pour éviter de se la faire voler par les derniers rescapés Milkovich après la grande arrestation des flics.
Il tient sa main dans la sienne le plus gros du trajet. Il l’attrape à nouveau le temps de marcher jusqu’au restaurant une fois garé. Il ne se sent pas à l’aise dans cet endroit trop propre, trop pompeux, trop… rien d’eux. Mais elle regarde partout avec des yeux émerveillés et il ne peut pas reculer.
Il avance en suivant le serveur qui les amène en salle et tire la chaise à cette jeune femme qu’il fait tout pour retrouver comme sienne.
Elle sourit et ricane, amusée de son comportement alors qu’il en fait des tonnes avec une révérence.
Le serveur semble s’amuser de ça également, même s’il n’en dit rien. Il ne fait que leurs donner les cartes et noter leurs boissons avant de partir.
La discussion vient facilement, les rires aussi. Ils reprennent là où ils s’en étaient arrêté sous le pont, continuant leurs différents chemins de vie, reprenant des détails qu’ils avaient laissé de côté. Ils parlent du mariage, du procès à venir aussi.
De la maison Gallagher trop pleine.
« Tu penses qu’ils vont prendre un truc ? » demande-t-il en buvant son vin.
Ouais, il est pas fan mais elle adore donc que voulez-vous. Il buvait du vin avec sa viande. Elle buvait du vin avec ses pâtes.
« Ian et Mick’ ? » fit-elle en réponse avant de finir sa bouchée. « Probablement. Pourquoi ? »
« J’ai techniquement un arrangement avec Pilkington pour reprendre sa baraque pas chère. » Elle écarquille les yeux à cela. « Je – J’avais prévu d’y vivre avec Tami et Freddie mais - »
Elle acquiesce, sachant très bien ce qu'est la suite de la phrase. Mais elle était arrivée et tous les plans incluant Tami étaient tombés à l’eau plus vite que l’on dit ‘’Gallagher !’’. Mais elle était arrivée et tout avait changé.
Mandy se mordille la lèvre, ses couverts rencontrant de manière définitive son assiette alors que ses mains se disparaissent sous la table.
Il hésite.
« Y a - » il déglutit. « Y a pas mal de travaux à faire, mais c’est le même type de baraque que la maison et tu sais où vivent les Pilkington, c’est à cinq minutes à pied, littéralement la rue d’après. J’me dis - J’me dis que p’être, si tu – si tu étais ok et tu peux – tu peux dire non, on pourrait - »
Il préfère baisser son regard et il regarde son steak quasiment fini. Lip’ ne veut pas entendre un non, bien entendu qu’il veut un oui et un sourire rayonnant. Mais il sait que c’est rapide.
Le mariage était y a moins d’un mois. Son retour était y a moins d’un mois. Sa volonté de la retrouver était plus ancienne certes mais elle a jaillit qu’en la revoyant lors de l’évènement. Ils ne sont techniquement pas ensemble, quand bien même tout le monde sait qu’ils le sont officieusement.
« Les travaux vont prendre du temps – même si en soit on pourrait y vivre maintenant, non que je – pas que – hun – mais j’me dis que c’est p’être mieux si on – si on y vivait après. Avec Freddie. Toi et moi. »
Il lui lance un regard, la tête toujours tournée vers sa viande. Elle se mordille la lèvre et sourit en même temps, regardant sa propre assiette. Il peut voir ses bras bouger légèrement et il sait qu’elle se tord les doigts, chose qu’elle fait quand elle ressent trop.
Bordel, il l’aime.
« Tu – Kev’ et moi on a commencé à discuter de comment on allait s’y prendre, donc tu – tu as le temps de réfléchir. Si c’est un truc que tu veux. Juste - juste dis moi quand tu te sens. »
Les yeux bleus, cachés légèrement par les mèches brunes et blondes, sont plus brillants encore que quand ils sont rentrés dans le restaurant et il se dit qu’il n’a pas mal joué son jeu. Qu’il n’a pas fait ou dit une connerie.
Elle sourit doucement et acquiesce, marmonnant un ok d’une voix murmurée, qu’il est sûr a la même sensation qu’une plume.
Putain il l’aime.
Il tend une main, hésitant, et elle lève la sienne pour la prendre. Ils sourirent tout deux, d’un sourire presque fragile mais qu’ils savent tout deux est le renouveau d’eux. Véritablement.
Merde.
Il l’aime.