The Way We Get By
Chapitre 13 : She's the tear in my heart [Take me higher Than I've ever been}
3006 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 20/01/2026 11:19
Lip’ se réveille et la première chose dont il se rend compte est le fait qu’il y a une personne dans ses bras, dans son lit. Ou plutôt qu’il est dans un lit qu’il a prêté à une certaine jeune femme. Il n’a pas encore ouvert les yeux que ses lèvres s’étirent déjà dans un sourire.
Ils étaient rentrés tard. Les baisers avaient eu le goût du vin et de nicotine. Les mains étaient restées fermement sur les hanches et dans la nuque de l’autre. Il l’avait laissée commencer à monter les escaliers, sourire aux lèvres, prêt à dormir une nouvelle fois sur le canapé, avant qu’elle ne lui tende la main pour le faire monter avec elle.
Son bras se serre contre le ventre de la jeune femme, la faisant geindre légèrement dans son sommeil. Il tait son pouffement, ses lèvres contre la peau blanche de sa nuque. Une main serre la sienne.
« Hey. » fait-il doucement.
Elle ne fait qu’un son en réponse, mais sa tête se tourne légèrement vers lui dans un effort, encore endormi, de lui faire face.
« Café ? » continue-t-il sur le même ton.
Cette fois, elle acquiesce et laisse tomber l’idée de faire un effort, sa tête retombant sur l’oreiller qu’ils ont partagé durant la nuit. Il ricane, une bouffée de tendresse lui dévorant l’estomac et la poitrine. Il lui embrasse le dessous de sa mâchoire et la lâche, regrettant déjà son idée d’aller chercher de quoi les substanter à la place de juste rester là, près d’elle.
Quand il descend, Ian le regarde par dessus son propre mug avec un air espiègle. Ils partagent un regard, un sourire, mais aucun mot, alors que le plus vieux des frères Gallagher prépare deux mugs – l’un avec un sucre, l’autre avec du lait -, et remonte dans la maison encore silencieuse.
Elle est assise contre le mur quand il ouvre la porte, son t-shirt trop grand pour elle tombant de son épaule gauche. Il pourrait se laisser dévorer à l’instant, il n’en aurait cure.
Mandy sourit, ses deux mains se levant pour attraper la tasse et il s’assoit prêt d’elle alors qu’elle commence à boire son breuvage chaud. Une fois la première gorgée avalée, elle se tourne vers lui et l’embrasse.
« Hey. » dit-elle simplement, souriante.
Lip’ a l’impression de mourir et renaître de manière sans fin à ce sourire qu’il n’a pas vu depuis des années.
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Debbie et Sandy se disputent pour ils ne savent quoi. Mandy et Mickey bitchent sur la rousse et ni lui, ni Ian, n’essayent de les contredire.
Tami passe souvent à la maison, parlant avec les trois Milkovich comme s’ils se connaissaient depuis le primaire et cela ne choque personne ou presque.
Liam remporte sa compétition de débat et ils fêtent ça à la maison en travaux, se disant que de toute manière ils allaient péter bien des choses alors autant la salir un maximum.
Fiona repart en Floride, leur rappelant de l’appeler quand l’audience à lieu qu’elle prenne un billet d’avion et revienne.
Kev’, lui, Mickey, Carl et Ian commencent les travaux dans la baraque Pilkington. Souvent avec Franny et Freddie dans les pattes – dans le jardin ou dans une chambre qu’ils feraient en dernier.
Il finit dans un groupe nommé ‘’Gallavich’’, composé de lui, son frère, son beau-frère et sa petite-amie. Y a une discussion sur le fait d’ajouter Debbie et Sandy mais comme ces dernières s’engueulent pour baiser trois jours après et recommencer à péter une durite à nouveau, elles ne sont pas ajoutées – ça lui rappelle les débuts de Mickey et Ian mais il n’en pipe pas un mot.
Carl fait maintenant parti de l’équipe de Seth. Ils fêtent ça en démolissant le mur de l’entrée qui coupe le salon. Cela signifie que leur petit frère a impressionné les bonnes personnes en faisant de son mieux pour mêler sa connaissance des règles du SouthSide et la loi.
Colin va avoir une petite-fille. Ils fêtent ça dans le jardin Gallagher et il rencontre enfin la certaine Emi, docteur aux cheveux roses que visiblement Ian connaît déjà en vu de l’embrassade que les deux se font. Iggy pleure sans s’en rendre vraiment compte quand son frère cadet lui demande d’être parrain.
La météo se fait plus chaude alors que le mois de mai se termine.
Ils ne devraient pas être étonnés que c’est à ce moment que la lettre annonçant l’audience de Terry arrive.
Lip’ la lit à voix haute devant son frère, son beau-frère, sa petite-amie et sa belle-famille. Il regarde les mots, les diverses accusations, les noms des avocats et la date, l’heure, à laquelle ils doivent se présenter. Autant en tant que spectateurs, que témoins ou que requérants.
Colin allume une clope, les yeux perdus dans le vide. Iggy a les mains serrées, les bras croisés sur son torse. Sandy grimace à chaque mot qui passe ses lèvres. Mickey n’est pas réellement présent, il peut le voir aux yeux bleus vitreux. Mandy est pâle, verte, sa jambe tremble et elle est prête à fuir dès qu’il a fini de lire.
Mike a appelé plusieurs fois ces dernières semaines les différents Milkovich, pour bien mettre au point ce qu’il doit dire durant l’audience. Mais visiblement, même lui n’avait pas été au courant de quand celle-ci aurait lieu en avance.
Ni Lip, ni Ian par ailleurs, ne sont étonnés de voir les cinq Milkovich partir à peine le plus vieux des deux Gallagher ferme le papier de nouveau sur lui-même. Mandy est sous le bras de Colin, dans un geste protecteur qu’il a vu plusieurs fois ces deux derniers mois. Mickey est poussé par Iggy via ses épaules, avec plus de prévenance qu’il n’en avait jamais vu chez le premier né de Laura Milkovich.
Ils reçoivent un texto de Sandy, quelques heures plus tard, alors qu’ils sont partis à la maison Pilkington histoire de vider leurs propres émotions trop pleines, disant simplement qu’ils sont au stand de tir et que les deux plus jeunes de la fratrie seront bourrés une fois rentrés.
Franny est au lit depuis longtemps quand Ian et lui retrouvent leurs moitiés respectives. Debbie hausse un sourcil en ne voyant pas la cousine Milkovich mais elle ne fait que grincer des dents plutôt qu’exploser, avant de monter les escaliers quatre à quatre.
Liam est dans la cuisine avec Carl, le plus jeune aidant son aîné à réviser ses lois maintenant qu’il est censé les connaître un peu plus.
Ian et lui se lèvent en concert, mais les deux frères et sœurs n’ont pas la même réaction.
Autant Mandy s’avance à lui pour s’effondrer dans ses bras, qu’il referme rapidement pour lui caresser le dos alors qu’elle rit et pleure à la fois. Autant Mickey devient pâle et son corps se bloque avant d’éviter Ian avec une vitesse très surprenante pour un type totalement torché.
Les yeux verts de son frère se brisent au geste, ses mains tombent légèrement. Son mari écarquille les yeux, jure et commence à se tirer les cheveux une nouvelle fois dans une espèce de moyen de reprendre le contrôle, dans une colère envers lui-même que Lip’ n’est pas sûr de comprendre réellement.
Il force sur ses bras, les passant sous les cuisses de la jeune femme contre lui alors que celle-ci s’effondre de plus en plus sans pouvoir tenir sur ses jambes, pour qu’il puisse la porter. Les bras fins se serrent autour de sa nuque et il sent les larmes de sa petite-amie dans son cou.
Ian approche très lentement son homme, les deux mains en avant pour lui laisser le temps de dire non si cela est vraiment ce qu’il veut. Le brun semble prêt à fuir, prêt à vomir sur le paquet. Ou à hurler de colère et à frapper la première chose qui lui arrive sous la main.
Au final, les mains fortes du roux lui attrapent les siennes, les forçant à lâcher ses cheveux et il se force à ne pas écouter les murmures de son frère alors qu’il se laisse tomber doucement dans le canapé, la jeune femme qu’il aime pleurant toujours dans son cou, assise sur ses jambes.
Terrifiée à l’idée de voir son paternel une nouvelle fois. Terrifiée à l’idée de parler pour qu’il sorte, innocent ou sous conditionnelle tout de même. Terrifiée à l’idée d’un homme qui l’avait détruit, elle et ses frères.
Le regard de son frère et le sien se croisent, tous deux perdus dans ce qu’il fallait faire à l’instant, leurs bras autour de leurs moitiés respectives qui pleurent de terreur et d’angoisse.
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« Lip’ ? » il hume pour montrer à son petit-frère qu’il a son attention, quand bien même il est occupé à peindre la cuisine de la maison Pilkington. « Est-ce que tu peux m’en dire plus sur Terry ? »
L’aîné regarde le benjamin avec un air étonné. C’est vrai que techniquement, le plus jeune n’est pas au courant de bien des choses sur le personnage. Il sait qu’il est homophobe et a battu Mickey a vue. Il sait qu’il a pointé un flingue sur son fils avant son mariage, que le brun a pointé le sien sur son géniteur, et qu’il a mit feu à la salle de mariage quelques jours après. Il sait qu’il a fusillé le motel de leur nuit de noce, à son fils et beau-fils.
Pas le reste. Pas vraiment.
Il doit s’en douter, malin comme il est.
« Ce n’est pas des histoires joyeuses. » répond-t-il, espérant que cela calme un peu la curiosité de Liam.
Qui répond simplement : « Je m’en doute bien. Mais je ne veux pas tomber des nues durant l’audience. »
Lip’ cligne des yeux plusieurs fois avant de se tourner vers son petit-frère avec un air sérieux. Il ne fait pas attention au fait que ce dernier pose son téléphone sur la table.
« Tu seras avec nous à l’audience oui. Mais Liam, tu iras aussi dehors avec Franny quand je te le dit. »
Les sourcils du susnommé se froncent mais il acquiesce lentement, comprenant bien que certaines choses ne sont pas à dire pour ses oreilles. Obtenant la promesse de son petit-frère, le châtain retourne à sa peinture.
« Terry est… hum. » à vrai dire, il n’a aucune idée de comment commencer. « Tu sais qu’il est homophobe. L’embuscade n’est pas la première fois que Terry tabasse Mickey pour le fait qu’il est gay. Kev’ te racontera sûrement mieux l’histoire si tu la veux réellement, mais quand Mick’ a annoncé qu’il était gay à sa famille, Ian et lui ont failli être emmené au trou pour assauts, coups et blessures plus destruction de biens vu que l’Alibi a prit cher. C’était pas non plus la première fois qu’il frappait un de ses gosses pour être honnête. »
« Mais – Si c’était connu qu’il frappait ses enfants, pourquoi les services sociaux n’ont rien fait ? »
Lip’ ricane à cela, jaune. Si seulement Liam savait le nombre de fois que eux ou les Milkovich, ou d’autres gosses du SouthSide, ont fini en familles d’accueils pour en sortir quelques semaines après.
« Terry a pas mal de personnes dans sa poche, via des deals et des menaces. J’pense qu’au bout d’un moment, dès que le nom Milkovich arrivait aux services, il disparaissait tout aussi tôt – dans de la paperasse ou simplement à la poubelle. »
Sa voix tomba un peu à sa dernière phrase. Peine et colère mêlée contre le système qui perdait trop vite foi en eux, gamins des trous malfamés, contre le système qui appréciait plus les pots-de-vins que de sauver les gosses qu’ils étaient.
« On l’oublie un peu parce qu’on est habitué à Mickey, Mandy, Sandy et Iggy et Colin, mais la plupart des Milkovich ne sont pas comme eux. » il ricane, un son un peu étrange. « Même Mickey, Iggy et Colin à vrai dire, pendant longtemps, n’étaient pas comme on les connaît maintenant. »
« Ah ? »
« Hmhm. Mickey était le celui qui ressemblait le plus à Terry, probablement histoire de cacher sa sexualité le plus longtemps possible. Il était son plus jeune fils mais également l’héritier de son empire, son second. Mickey faisait les comptes, dirigeait la famille – même les plus vieux comme ses oncles et cousins – Ian t’en dira probablement plus que moi là-dessus s’il se souvient de tout ce qu’il a vu et entendu durant ses épisodes chez eux... » Il claqua des doigts, se souvenant d’un truc qui le fit sourire légèrement, même si cela n’était pas vraiment joyeux. « Si tu fais attention, tu verras que Iggy et Colin répondent très rapidement à ses ordres, probablement dû à Terry et à des coup de poings et autres objets à porter de main. »
« C’est – Mickey vraiment ? »
« Yup. »
« Mickey ? Le gars qui dessine avec Franny et joue avec elle ? Qui chante à Freddie pour dormir ? Qui m’aide à mes maths ? Mickey qui râle quand il n’a pas de message de Ian pendant plus de deux heures ? »
Lip’ rit ouvertement à ce portrait de son beau-frère. Ouais. Les deux images qu’il avait de ce dernier dans son crâne sont l’extrême l’une de l’autre.
« Yup. Ce Mickey. Il revient de loin. »
Par amour pour son frère. Une histoire d’amour digne des livres il imagine.
Il lance un regard à son petit-frère qui a le visage en pleine réflexion, son téléphone debout devant lui. Il sourit doucement à cela. Il aime l’idée que Liam ne connaisse pas l’ancien Mickey. Qu’il ne connaisse que celui d’aujourd’hui, comme Debbie et Carl avaient pu le connaître durant cet été perdu parmi les années, durant l’après découverte de la bipolarité de Ian.
« Tu sais comme on rit souvent du fait que Frank est plus un donneur de sperme qu’un père ? » ils devraient d’ailleurs probablement arrêter, le benjamin n’a pas totalement perdu l’idée que leur père pouvait en être un encore. « Terry n’aurait jamais dû avoir d’enfants ou même avoir la possibilité d’en avoir. »
Sans réponse, le plus vieux continu.
« Tu peux lui mettre toutes les tares, je pense qu’il les a toutes. Homophobe ? Check. Bat ses gosses ? Check. Boit et se drogue de manière abusée ? Check. Manipule ses gosses par la terreur ? Check. Nazi ? Check. »
« Nazi ? »
L’incrédulité dans la voix de Liam pourrait le faire rire. S’il n’entendait pas la peur derrière.
« Ne t’en fais pas. Vu ce qu’on a sur lui, je pense qu’il n’ira plus jamais nul part hors le jardin du trou où il va finir. »
« Il peut s’échapper. Mickey l’a fait. »
Cette fois, il se tourne vers son frère. Son tout petit-frère de dix ans seulement. Dix ans et tout de même bien moins adulte que Fiona, lui ou Ian avaient du l’être au même âge. Tout de même plus enfant que Debbie et Carl avaient pu l’être.
Lip’ pose ses coudes sur la table, son pinceau dégoulinant dessus – c’est pas grave, ils doivent la poncer et la repeindre une fois le plus gros fini.
« Terry a eu raison sur une seule chose dans sa vie, le fait que Mickey était celui qui pourrait mener son empire de drogues et d’armes à un autre niveau. Il n’a pas assez de cerveau pour faire ce que Mick’ a fait. J’te le promets. »
Liam, son téléphone posé sur la table, acquiesce doucement. Il attrape son petit-frère par l’arrière de la tête et lui embrasse le front.
« Puis, franchement, tu penses que Mickey va le laisser toucher l’un de nous ? Que Ian ou moi allons le laisser te toucher ? »
Cela a le mérite de faire ricaner le petit brun, qui sourit en secouant la tête négativement.
« Non. Vous ferez ce que vous pourriez pour l’en empêcher. »
« Yup. La prison c’est le plan pour l’en empêcher. »
Il est assez en béton et, putain, Lip’ y croit plus qu’en une rédemption de Frank à ses treize ans.