The Way We Get By

Chapitre 15 : Will you be my breath through the deep, deep water ?

2463 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 22/02/2026 16:17

Lip’ ouvre la porte et cligne des yeux en voyant l’homme inconnu à sa porte. Le gars n’est visiblement vraiment pas du coin en vu de ses fringues, pourtant assez basiques mais trop chères pour le quartier. Au moins, il semble assez confiant pour ne pas se faire emmerder.

« C’est pourquoi ? »

Par habitude, son corps cache l’entièreté de ce que la porte laisse voir du salon. Mickey et Franny sont dans la pièce entre la soit-disant salle-à-manger, à dessiner, Liam joue aux jeux vidéos avec Kev’, les autres sont au travail.

« Amanda m’a donné cette adresse pour la voir. » le plus vieux Gallagher bug pendant quelques secondes et l’homme blond reprend à son silence. « Je suis son avocat, Mike Ross. »

« Oh ! Oui pardon. » il lui tend la main, que Mike prend et serre avec un sourire poli, avant que Lip’ ne le laisse entrer. « Désolé, Mandy ne m’a pas dit quand est-ce que vous arriverez. Je suis Lip’, son partenaire. »

Ce mot est un baume de chaleur dans son estomac, un pansement à son coeur guérissant, un baiser sur ses lèvres. Il ne veut jamais dire autre chose.

Il présente rapidement le monde dans la maison avant que Mike et Mickey ne se serrent la main également.

« Heureux de vous voir en personne M. Milkovich. »

Le susnommé grimace à cela, avant de cacher celle-ci par un sourire faux.

« Mickey et le tutoiement me vont très bien. » Mike ne semble pas étonné de ça et ne fait qu’acquiescer avec aise, disant que cela valait pour lui aussi. « Mandy m’a dit que tu avais pris un hôtel non loin de la cour de justice ? »

« Me semblais plus simple, puis Amanda m’a dit que vous étiez pas mal à dormir ici donc je voulais pas m’imposer. »

Cela a le mérite de faire rire les deux plus vieux habitants de la maison.

« Meh, on aurait fini par trouver quelque chose. »

« Non que je conseille le canapé, il est plus vieux que nous. » continue Lip’ en ricanant.

Faisant ricaner Mike avec eux.

« Amanda n’est pas là ? »

Il n’est tellement pas habitué à ce que les gens appellent la jeune femme par son nom de naissance qu’il lui faut presque deux secondes pour que son cerveau fasse le lien.

« Elle a un entretient d’embauche, elle devrait revenir dans une ou deux heures selon comment ça se passe. »

« Oh, une bonne chose donc. Cool pour elle. » Mike lance un regard autour d’eux, à Kev’ et Liam qui sont semblant de ne pas écouter et de jouer, à Franny qui dessine toujours quelque chose qui ferait probablement rager Debbie car pas assez fi-fille, avant de se tourner vers Mickey. « Si cela est ok avec toi, j’aimerai que l’on parle de ce qu’il va se passer dans les prochains jours. Je ferai un débriefe avec Amanda et tes frères puis ta cousine également, en plus de un avec vous cinq, afin d’en savoir le plus possible avant de commencer. »

Lip’ regarde Mickey se gratter le sourcil, chose qu’il a fini par assimiler à de la gêne ou de l’angoisse. Mais il ne peut rien faire pour aider son beau-frère, il ne peut pas lui dire qu’il peut ne pas le faire, il ne peut le calmer – il n’est pas Ian ou Mandy. C’est important et Mickey doit le faire.

« Hmm ouais. » le brun pousse un léger soupir, pointant la cuisine derrière eux. « On peut se poser dehors, j’vais juste – uh – j’vais juste prendre une bière pour ça. »

Mike acquiesce, semblant comprendre le besoin sans l’entendre. Puis il se tourne vers Lip alors que le Milkovich marche vers le frigo.

« Cela risque de prendre un peu de temps, mais n’hésites pas à toquer à la porte si Amanda revient. J’ai pour ordre de rapporter à une amie en commun comment elle va de manière très détaillée. »

Le Gallagher ricane à cela, se doutant que la dite personne devait être Donna. Mandy lui avait un peu parlé de cette équipe d’avocat avec qui elle avait travaillé, avant de devenir amie avec la femme de l’un d’eux. Visiblement, cette dernière est un phénomène.

Il regarde les deux hommes sortirent par la porte de derrière alors que Franny lui attrape le pantalon pour lui montrer son dessin.

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Mandy attrape Mike dans ses bras dès qu’elle le voit, une fois qu’il eu fini de parler avec Mickey, qui profite des retrouvailles pour aller à l’étage. L’avocat a un grand sourire en serrant la jeune femme et ils se mettent tout deux très vite à discuter de comment cela se passe de chaque côté de leur vie. Elle rit quand il sort son téléphone et lui montre la liste de questions qu’il est censé lui poser de la part de Donna.

Elle est magnifique quand elle rit. Lip’ veut avaler ce rire et tous les autres.

« J’ai déjà parlé à ton frère pour l’audience. J’ai rendez-vous avec les deux autres demain ainsi qu’avec Sandy. »

Le sourire de la bicolore disparaît presque, pour être remplacé par un visage neutre et, il le sait, anxieux. Il la voit tourner discrètement, presque mécaniquement, une de ses bagues et il se colle un peu plus à elle pour la soutenir.

« On peut en parler plus tard. » ajoute Mike avec un air compatissant. « Je vais pas tarder à retourner à l’hôtel de toute manière, les douze heures d’avion m’ont tué. »

Elle acquiesce à son tour.

« Demain, envoie un message quand tu as fini avec ma famille tordue. » ricane-t-elle, sans véritable humour.

« Il faut aussi que je vous vois tous ensemble. » rappelle-t-il et elle soupire à cela.

« On doit tous être là mercredi, pour fêter la promotion de Sandy. On peut forcer mes frères à être là plus tôt. »

Sur cet accord, Mike prit une nouvelle fois la Milkovich dans ses bras et lui embrassa la joue. Quand elle commença à fermer la porte, le blond se retourne vers eux.

« Hey Amanda, » elle haussa un sourcil. « Merci d’avoir appelé. »

Lip’ ne sait pas vraiment ce que cela veut dire. Mais en vu du rire triste de sa petite-amie, il y a une histoire derrière.

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Parler avec un inconnu des choses qu’il avait enfermé pendant des années au fin fond de son cerveau est une chose étrange pour Mickey. Le faire deux fois, pour deux inconnus avec des professions différentes, le rend anxieux.

Cela rend ces choses plus réelles, plus présentes dans sa tête.

Il se réveille dans un hurlement sans son une nuit sur deux depuis la missive du tribunal. Il a l’impression que n’importe quel bruit légèrement plus fort que l’autre va le faire sauter de deux mètres. Sa peau semble trop serrée pour lui, comme s’il ne pouvait pas être contenu par cette dernière. Même les plus petits gestes affectifs de Ian sont trop, trop pour sa peau, trop pour sa respiration, trop pour son putain de cerveau.

Mickey préfère fumer à l’arrière de la maison depuis la lettre, se cachant du monde plus facilement, quand bien même Ian le trouve toujours.

Il ne s’étonne que ce dernier s’assoit à ses côtés, proche mais pas trop car le roux a conscience des putains de problèmes à la con qu’il a en ce moment. Il veut pouvoir être contre son putain de mari sans avoir l’impression que son être va étouffer sans raison.

Ian tend sa main et il lui passe sa clope en réponse.

Franny, Sandy, Lip’ et Freddie sont dans la piscine non loin, ils peuvent les entendre chahuter et ils peuvent les voir s’ils se penchent un peu sur le côté. Non que Mickey va le faire vu qu’il a l’impression que chaque crie de sa nièce lui perce le crâne.

Il sait que Liam est dans la cuisine derrière eux, il peut l’entendre gratter le papier de ses cahiers d’été.

Le brun se laisse tomber contre la barrière à sa gauche, se plaçant pour faire face au profil de son homme qui sourit en le voyant du coin de l’oeil.

Parler avec Mike avait été moins complexe qu’avec le docteur Marks-Caplan pour il ne sait quelle raison, que la psy’ trouverai bien toute seule quand le sujet viendrai sur la table. Mais il sait aussi que ce n’est que le début de bien pire.

Parler avec Mike et sa famille avait été moins complexe aussi, car moins centré sur ce que lui avait vécu particulièrement. Il sait que l’avocat avait eu cette discussion avec chacun d’entre eux. Il se demande à quel point ce dernier doit les prendre en pitié après tout ça.

Même si Ian et Madame Maks-Caplan lui diront, s’il évoque cette pensée, que ce n’est pas de la pitié.

La date fatidique approche, trop rapidement pour les Milkovich enfants, pas assez probablement pour le Milkovich géniteur.

« Je t’aime. »

Mickey haussa un sourcil à la phrase sortant de nul part. Ian ne fait que sourire un peu plus en lui tendant le bâton de nicotine.

« Qu’est-ce t’as fait encore ? »

« Pourquoi faut-il toujours que tu penses que j’ai fais quelque chose ? » rétorque le roux, amusant le brun qui fit glisser ses jambes jusqu’à ce qu’elles forcent sous les cuisses de ce dernier.

Il vit le moment où Ian s’illumina en comprenant qu’il pouvait le toucher, ne perdant pas une seconde pour poser son bras sur les genoux du plus vieux, caressant le mollet à sa portée par dessus le jean.

« Parce que tu es toi. »

« Wahou ça m’aide tient. » s’amuse le plus jeune.

Aucun d’eux ne se tourne au bruit venant de la cuisine, Liam aurait lancé un de leurs prénoms s’il avait besoin d’aide.

« Bonjour monsieur Gallagher. » reprend le roux après un léger silence, avec son air niais et trop fier de lui.

Mickey pouffe dans le baiser qu’il reçoit.

« Bonsoir monsieur Milkovich. »

Le sourire de Ian est fin, en coin, mais il ne manque pas de détruire les pensées noires de son cerveau en quelques secondes.

« Dis, » il hume pour faire signe au roux de continuer, alors que ce dernier se cale plus moins entre ses jambes, forçant Mickey a poser l’une d’elle quelques marches plus bas. « tu penses qu’on est âme-sœur ? »

« Pardon ? » grommelle-t-il en réponse « Après tout ce que j’ai du faire pour mettre ma marque indélébile sur ton cul ? Pour mettre cette putain d’bague à ton doigt ? Nope. Le destin peut se faire enculer, il mérite aucun droit sur nous. »

Les yeux verts de son mari, qui le regarde à l’envers en vu de sa tête sur son torse, sont étincelants. Contenant à peine sa joie et son amusement à la réponse du brun, ses larmes également.

Il sait, sans à avoir à demander, que leur relation et les nombreuses batailles qu’ils ont eu pour en arriver là, Ian avait pour habitude autant de les voir comme une force que comme un signe qu’il fallait arrêter. Il sait, aussi, que Ian est un grand romantique. Les âmes-sœurs, l’idée de ces dernières, n’est pas quelque chose de nouveau dans le cerveau du roux. Mais il sait aussi que toute leur relation prouve qu’ils font leur choix, ce dernier étant de choisir l’autre à chaque fois.

Ils connaissaient tous deux les raisons de chaque fois qu’ils avaient pris un chemin les éloignant l’un de l’autre. S’il y a une chose qu’ils ne pouvaient pas enlever de la prison, c’est qu’elle les avait forcé à communiquer.

Mickey sait pourquoi Ian s’était rétracté à la mairie. Il sait aussi qu’il choisit Ian qu’importe son état mental et la version de lui qu’il était chaque matin.

Son choix est fait depuis des années de toute manière.

Une main se place derrière sa nuque et le force à se baisser pour embrasser l’homme dans ses bras. C’est inconfortable et ce n’est même pas un vrai baiser mais le sourire de Ian est tellement grand qu’il n’en a rien à foutre.

« Plus, Mandy est plus ton âme-sœur que moi. » ajoute-t-il, faisant pouffer le roux.

« Pas faux. »

Le silence ne dérange pas Mickey. Ce n’est jamais réellement silencieux de toute manière. Ils entendent toujours Franny crier dans la piscine, le bruit des voisins et du quartier. Cela ne lui donne plus envie de se faire sauter le caisson à l’instant.

« Quand tu dis des trucs comme ça à mes questions cons, je m’en veux vraiment d’avoir bouffé le dernier Snickers. » lance Ian dans le silence.

Mickey cligne des yeux, son homme se relevant de lui avec un sourire amusé et les deux mains en l’air.

« J’vais te tuer Gallagher. »

Le susnommé n’a pas attendu la sentence qu’il commence déjà à descendre les marches en vitesse.

« Mais Mick’, tu t’es battu contre le destin pour m’avoir ! » hurle Ian, mort de rire et poursuivit par son mari. Faisant se tourner Lip’ et Sandy vers eux.

« C’est la piscine qui t’attends goinfre de mes deux ! »

Plusieurs minutes plus tard, Ian passe en effet par dessus le bord de la piscine. Toujours tellement mort de rire qu’il manque de s’étouffer en buvant la tasse. Sous les airs désabusés de Sandy et Lip qui ont prit les plus jeunes contre eux au cas où.

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