Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force

Chapitre 3 : Duel des puissants

4441 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/01/2026 15:50

Alors que le chancelier faisait son entrée, l'estrade circulaire s’éleva lentement au centre du vaste dôme du Sénat Galactique, baignée d’une lumière dorée projetée par les luminaires suspendus aux arches du plafond. Le silence s’installa progressivement, laissant place au murmure feutré de l'attente.

Tout autour, les tribunes s’étendaient en cercles concentriques, surplombant la scène centrale où le pouvoir politique de la galaxie s’apprêtait à s’exprimer. Rois, présidents, premiers ministres, tous les dirigeants des mondes majeurs de la République Stellaire étaient présents, leurs visages sévères et attentifs. Certains portaient des vêtements flamboyants aux étoffes luxueuses, symboles de leur prospérité, tandis que d’autres, plus austères, affichaient des tenues militaires ou diplomatiques, reflet de leurs priorités.

Au sommet de l’estrade, Lorr Tavas, Chancelier Suprême de la République Stellaire, se tenait droit derrière son pupitre. Sa silhouette imposante, aux cornes soigneusement limées et à la peau brun clair striée de tatouages discrets, dominait la salle. Ses yeux noirs balayèrent l’assemblée, mais malgré son expression confiante, un observateur attentif aurait remarqué ses doigts crispés sur le bord du pupitre, trahissant une nervosité mal dissimulée.

Il prit une profonde inspiration avant de parler.

— "Membres éminents de la République, souverains et chefs de planète, je vous salue."

Le silence fut total.

— "Nous sommes réunis aujourd’hui dans un moment charnière de notre histoire. Il est temps de dresser le bilan de ce que nous avons accompli ensemble."

Sa voix, grave et maîtrisée, résonnait dans chaque recoin du Sénat. Il posa ses mains sur le pupitre et poursuivit.

— "Lorsque j’ai pris mes fonctions, notre République sortait d’une période de trouble. Nous étions affaiblis par une stagnation économique et des différends territoriaux qui menaçaient notre unité. Et pourtant, nous avons relevé ces défis."

Il fit une pause, laissant le poids de ses paroles s’imprimer dans les esprits.

— "Sous mon mandat, nous avons sécurisé nos frontières en instaurant des accords de défense communs, réduisant ainsi de 30% les incursions pirates et criminelles sur nos routes commerciales."

Un murmure parcourut la salle, certains acquiesçant discrètement tandis que d’autres gardaient un air impassible.

— "Nous avons restauré des relations diplomatiques avec des systèmes longtemps isolés, ramenant dans notre giron des mondes comme Arkania, autrefois méfiants envers notre administration."

Des applaudissements mesurés fusèrent de certaines tribunes.

— "Notre économie a connu une relance sans précédent grâce aux réformes fiscales et aux nouvelles routes commerciales établies avec les colonies extérieures. Aujourd’hui, nos mondes prospèrent, la pauvreté galactique a été réduite, et nous sommes plus forts que jamais."

Tavas s’accorda un instant de pause, observant les réactions.

Jekkaar de Bothawui, un Bothan au pelage brun tigré, hocha la tête pensivement, mais son regard restait méfiant. Tol d’Anx Minor, un humanoïde au teint bleuté et aux yeux phosphorescents, esquissa un léger sourire poli sans réelle conviction. Kaltha Brenn de Rattatak, au corps mince et nerveux marqué de tatouages tribaux noirs, croisa les bras avec scepticisme.

Tavas reprit, sa voix s’alourdissant légèrement.

— "Mais aujourd’hui, une ombre s’étend sur notre République."

Il marqua une pause dramatique avant d’ajouter :

— "Les Enfants de Korriban."

Un frisson parcourut l’assemblée. Certains dirigeants échangèrent des regards inquiets, d’autres restèrent de marbre.

— "Depuis un an, ils sèment le chaos. Ils attaquent des bastions Jedi, renversent des systèmes faibles, manipulent les plus influençables."

Là encore, un silence pesa sur l’assemblée. Puis, doucement, quelques murmures s’élevèrent parmi les tribunes.

Le Chancelier inspira profondément et leva la main.

— "Pour nous éclairer sur cette menace, nous avons l’honneur d’accueillir aujourd’hui le Grand Maître de l’Ordre Jedi, Meywine Brightstar."

Une seconde estrade s’éleva lentement à côté de la sienne, révélant une silhouette droite et imposante.

Meywine Brightstar, vêtue de sa toge blanche aux bordures dorées, observait l’assemblée d’un regard perçant. Son port était noble, son visage marqué par l’expérience, et son expression était celle d’une femme qui n’avait plus le luxe de la patience.

Elle laissa quelques instants s’écouler avant de prendre la parole.

— "Membres de la République," commença-t-elle d’une voix posée, "il n'est pas de tradition que le Grand Maître de l'Ordre Jedi vienne ici devant vous, puisque nous, Jedi, avons prêté serment de laisser la politique à ceux acquis de ce droit. Mais je me devais de vous avertir. En ce moment, nous combattons une menace qui dépasse de loin nos seuls temples et bastions. Les Enfants de Korriban ne sont pas un problème Jedi, c’est un danger pour toute la galaxie."

À peine eut-elle terminé que Kaltha Brenn, la Présidente de Rattatak, se leva brusquement. Ses yeux jaunes brillaient d’un mépris à peine voilé.

— "Avec tout le respect que je vous dois, Grand Maître, nous n’avons jusqu’ici vu aucune preuve que cette guerre concerne la République. Vos temples ont été attaqués, certes, mais nos mondes n’ont pas été visés."

Des murmures d’approbation parcoururent la salle.

Davrin Holk, Premier Ministre de Corellia, un humain élancé à la chevelure grisonnante et au visage anguleux, croisa les bras et renchérit :

— "Vous aviez connaissance de l'existence de cette secte depuis une vingtaine d'années, mais vous avez décidé de garder cette information pour vous-même. Pourquoi maintenant vous demandez à la République de s’impliquer dans une guerre qui n’a rien à voir avec nous."

Meywine ne cilla pas.

— "Il est vrai que nous Jedi avions décidé de combattre les enfants de Korriban par nous-même pour épargner à la république stellaire des pertes inutiles. Mais maintenant les choses ont changé"

Elle laissa un silence pesant s’installer avant de reprendre d’une voix plus froide :

— " Coruscant a tout changé. Avez-vous oublié que des officiers de la République ont trahi leur serment pour rejoindre Darth Nihilus ?"

Le nom du Seigneur Sith fit frissonner l’assemblée.

— "Ce n’était pas un simple soulèvement," poursuivit-elle. "C’était un test. Ils infiltrent vos armées, vos mondes. Aujourd’hui, ils attaquent les Jedi. Demain, ce sera vous."

Un grondement parcourut la salle.

Davrin Holk,hocha la tête avant de répliquer :

— "Allons, Grand Maître, il faut remettre les choses en perspective. Au final, seuls 10% de nos forces armées ont rejoint Nihilus. C’est regrettable, mais ce n’est pas un effondrement. Surtout que nous avons mené l'enquête et purgé notre armée de toute influence extérieure."

Des murmures d’approbation montèrent dans l’assemblée.

Lorr Tanys, Président du Consortium de Cato Neimoidia, un Neimoidien à la peau verdâtre et aux yeux perçants, prit la parole en joignant ses mains fines et articulées.

— "Il ne faut pas exagérer la menace plus que de mesure. Je pense personnellement avoir deviné les plans de cette secte Sith.

Des applaudissements discrets s’élevèrent dans certaines tribunes.

Poussé par cet élan, Tanys continua, projetant une carte montrant les récentes attaques contre les Jedi.

— "Comme vous pouvez le voir, les Enfants de Korriban cherchent à repousser les Jedi des postes frontaliers des bordures extérieures. Leur véritable objectif est d’assurer leur contrôle sur les systèmes non affiliés. Cela ne concerne donc pas directement la République."

Il marqua une pause, balayant l'assemblée du regard avant de poursuivre.

— "Ils se sont exilés tout seuls de nos terres. Notre rôle, pour le moment, est simple. Nous devons renforcer nos frontières, envoyer un message fort que nous serons prêts à riposter en cas d’intrusion. Mais nous n’avons pas à nous aventurer dans des territoires où nous n’avons aucune autorité."

Meywine inspira profondément et prit un ton plus posé, mais assuré.

— "Je comprends vos préoccupations. Vous voulez éviter une guerre qui ne vous semble pas nécessaire. Mais permettez-moi de vous poser une question : pensez-vous réellement que les Enfants de Korriban s’arrêteront aux Jedi ?"

Elle laissa planer un court silence avant de poursuivre.

— "Nous n’avons jamais demandé à la République d’entrer en guerre pour nous. Mais nous savons, par expérience, que les Sith ne sont pas une menace que l’on peut ignorer. Leur histoire est celle de conquête et de contrôle. Toute forme de gouvernement qui ne suit pas leur doctrine est une cible, et une République démocratique l’est encore plus que tout autre régime."

Elle posa son regard sur Davrin Holk, dont l’expression restait fermée.

— "L’indépendance du Nouvel Ordre Jedi n’a jamais été un prétexte pour vous demander de fermer les yeux sur la réalité. Elle garantit seulement que nous ne deviendrons pas les instruments d’ambitions politiques. Notre rôle est de défendre la paix, et c’est ce que nous faisons. Mais refuser de voir le danger qui s’annonce en pensant qu’il ne vous concerne pas est une illusion dangereuse."

Ses yeux balayèrent l’assemblée avant d’ajouter :

— "Darth Nihilus vous a promis le chaos. Voulez-vous attendre jusqu'à ce qu'il tienne sa parole ?"

Un silence s’installa, plus pesant cette fois. Certains dirigeants évitaient le regard de Meywine, d’autres semblaient pensifs.

Dans sa tribune, Kez Drayen, la représentante Gungan de Naboo, se redressa légèrement. Sa cape sombre frémissait à chacun de ses mouvements, et ses yeux globuleux balayèrent la salle.

— "Missa, trouve ça... préoccupant."

Sa voix rauque résonna brièvement sous la coupole. Son ton grave laissa un impact immédiat.

Un autre dirigeant se leva presque aussitôt.

Vladis Khor, Président de la Fédération de Kinyov, croisa les bras et prit la parole d’un ton posé, mais ferme.

— "Nous parlons de guerre comme si c'était une évidence. Mais ici, nous sommes tous des diplomates qui ont juré de maintenir la paix. Alors soyons diplomates. Si l’objectif des Enfants de Korriban est simplement de s’établir hors de notre influence, pourquoi ne pas négocier un accord ?"

Quelques murmures d’approbation se firent entendre dans la salle.

Meywine inspira profondément, cherchant à garder son calme face à une assemblée où certains n’attendaient qu’une réaction vive de sa part. Alors qu’elle rassemblait ses mots pour répondre, une voix claqua dans l’air comme un fouet, l’interrompant brusquement.

— "Par les étoiles, il est donc encore possible d’entendre pareilles inepties à mon âge ?"

Tous les regards se tournèrent vers une tribune drapée de pourpre et d’or.

Depuis l'estrade de Zeltron, la reine Azra Altar descendit lentement. Son pupitre s’était levé avec une lenteur calculée, son visage sévère, illuminé par une autorité indiscutable, balayant la salle d’un mélange de mépris et d’exaspération. Drapée dans une robe sombre aux broderies d’argent, elle ressemblait à une impératrice fatiguée de devoir sans cesse répéter les mêmes évidences à une cour d’enfants incompétents.

Elle secoua lentement la tête, les lèvres pincées, avant de lever une main ornée de lourds anneaux scintillants.

— "Négocier ? Avec des Sith ?"

Elle laissa échapper un rire sec, presque incrédule, avant de s’appuyer sur la balustrade de sa tribune, comme si elle s’adressait à une classe d’élèves particulièrement obtus.

— "Ai-je vraiment bien entendu ? Vous voudriez parlementer avec ces serpents Vexis et espérer qu’ils ne vous mordent pas ? C’est cela, votre brillante stratégie ?"

Sa voix, teintée d’un amusement cruel, résonna dans l’enceinte du Sénat.

Elle posa un regard perçant sur Vladis Khor, plissant les yeux comme une grand-mère contrariée devant un enfant trop naïf pour comprendre l’évidence.

— "Depuis quand un Sith honore-t-il ses engagements ?"

Elle fit un geste ample du bras, comme si elle chassait une idée ridicule.

— "Avez-vous déjà ouvert un livre d’histoire ? Chaque traité, chaque trêve conclue avec eux n’a été qu’un prélude à une trahison plus grande encore. Parce que c’est ce qu’ils sont. Des menteurs. Des conquérants. Des parasites qui se repaissent de notre complaisance."

Son estrade descendit lentement, alors qu’elle prenait volontairement son temps avant d’ajouter :

— "Je ne sais pas ce qui est le plus ridicule : croire qu’ils respecteront un traité ou penser qu’ils n’ont pas déjà infiltré certains d’entre vous."

Un silence de plomb s’abattit sur la salle.

Elle porta une main à son front, exagérant son exaspération avec un soupir dramatique.

— "Ah… tant d’années à protéger cette galaxie, et me voilà entourée d’imbéciles qui pensent qu’un Sith se gère comme un vulgaire syndicat d’ouvriers en grève !"

Un petit rire nerveux fusa dans l’assemblée, vite étouffé par la tension ambiante.

Azra redressa la tête, ses yeux brillants de détermination.

— "Parlez-leur, offrez-leur des planètes, et voyez combien de temps il leur faudra avant de réclamer votre trône, votre armée et vos enfants. Vous leur ouvrez une porte, ils prendront votre maison. Vous leur tendez la main, ils vous trancheront le bras."

Elle s’arrêta enfin, se tournant vers Meywine avec un sourire entendu.

— "Grand Maître, poursuivez. Je suppose que vous êtes venue ici avec quelques suggestions sur comment en finir avec ces fanatiques aux lames rouges. Nous vous écoutons, assez perdu de temps."

Vladis Khor ne se laissa pas démonter. D’un geste lent et mesuré, il ajusta le col de son uniforme, son regard acéré fixé sur Azra. Son ton était poli, presque mielleux, mais chargé de sous-entendus.

— "Votre Majesté, on ne peut qu’admirer votre ferveur. On sent que cette affaire vous tient particulièrement à cœur."

Il laissa flotter un silence, savourant l’attention qu’il venait de capter, avant d’ajouter avec un fin sourire :

— "Mais peut-être est-ce parce que vous avez déjà pris votre décision ? Après tout, la Voix des Jedi n’est autre qu’une Zeltronne, issue de l’une des plus anciennes familles nobles de votre planète. Même votre fils, chef de votre garde royale, a été formé par les Jedi. Difficile de ne pas voir là un certain alignement d’intérêts..."

Quelques murmures parcoururent la salle. Certains membres du Sénat échangèrent des regards entendus, d’autres observaient Azra avec une curiosité renouvelée.

La reine ne répondit pas immédiatement. Elle battit lentement des cils, savourant l’instant, puis éclata d’un rire sec et sonore, un rire sans joie, chargé de mépris.

— "Mon pauvre Khor..."

Elle inclina légèrement la tête, comme une grand-mère exaspérée par la naïveté d’un enfant.

— "Vous pensez vraiment que je suis du genre à me laisser corrompre par des liens familiaux ou des sentiments ?"

Elle descendit légèrement son regard sur lui, le détaillant avec une pointe d’amusement cruel.

— "Laissez-moi vous donner une information que vous avez manifestement négligée. Une fois cette conférence terminée, ce sera au tour de Zeltron, en sa qualité de membre fondateur, qui présidera le Conseil de Sécurité de la République Stellaire."

Elle marqua une pause, laissant l’information se répandre comme un poison dans l’assemblée.

— "Et vous savez ce que cela signifie ?"

Elle s’appuya légèrement contre la balustrade de sa tribune, ses yeux brillants d’une lueur prédatrice.

— "Cela signifie que dans très peu de temps, ce sera moi qui superviserai les décisions militaires de cette République. Ce sera moi qui donnerai mon aval sur les opérations stratégiques à venir."

Son sourire s’élargit, mais il n’y avait aucune chaleur dans son expression.

— "Alors, Khor, vous qui aimez tant peser chaque option… Comment comptez-vous expliquer à votre peuple que, pendant que vous prôniez la négociation, la République s’apprête déjà à organiser une riposte militaire ?"

Elle inclina légèrement la tête, un sourire moqueur aux lèvres.

— "Peut-être que vous pourrez parlementer avec les Sith après leur défaite. Qui sait ? Ils seront sûrement plus enclins à discuter depuis une cellule."

Les murmures s’amplifièrent dans la salle, oscillant entre approbation et stupéfaction.

Il faut dire qu'au sein de la République Stellaire, Zeltron était bien plus qu’une planète de plaisirs et de festivités. En tant que membre fondateur, elle jouissait d’une influence politique considérable, à la fois par son ancienneté et par son économie florissante. Mais ce qui faisait réellement de Zeltros un acteur incontournable, c’était sa proximité avec le Nouvel Ordre Jedi grâce à la famille Laurine.

Dans les hautes sphères du pouvoir, il était bien connu qu’Azra Altar était une femme qu’il valait mieux avoir de son côté que contre soi. Elle était connue pour être rancunière, quiconque osait s’opposer à elle risquait non seulement son mépris cinglant, mais aussi de voir ses soutiens s’évaporer comme de la fumée dans l’air froid de l’espace.

Valia, dans les coulisses, concentré sur ce spectacle politique, ne pouvait s'empêcher d'être impressionné par le charisme naturel de sa grand-mère. À ses côtés, Geki souffla avec admiration :

— "Je retire ce que j’ai dit tout à l'heure, pas besoin d’une successeuse, elle se porte à merveille, la reine."

Dans l'assemblée, ce fut Daman Velkor, président de Fondor, et fidèle allié de la reine Azra, qui rompit le silence. Cet homme massif, au crâne rasé et à la peau brune marquée par des cicatrices, symbole du passé brutal vécu par son peuple. Fondor, l’un des centres industriels majeurs de la République, savait mieux que quiconque la tyrannie des Sith.

— "Votre Majesté," commença-t-il d’une voix grave et posée, "j'admire votre franc-parler si rafraîchissant quand tant d'entre nous ici jouent du verbe trompeur. Il est insensé de croire que ces fanatiques s’arrêteront aux bastions Jedi. Nous avons vu ce qu’ils ont fait sur Coruscant. C’est une question de temps avant qu’ils ne tournent leur regard vers nous. Et à ce moment-là, nous ne pourrons plus choisir d’ignorer le problème."

Des murmures d’approbation parcoururent la salle, notamment parmi les dirigeants des mondes les plus proches des territoires en danger.

Puis Rendoth Kai, Premier Ministre de Denon, prit la parole. Son long manteau d’ébène contrastait avec la pâleur de sa peau gélatineuse, et les anneaux de métal qui perçaient ses tentacules trahissaient un passé militaire.

— "Votre Majesté," dit-il en s’inclinant légèrement vers Azra, "vous nous dites que la guerre est inévitable et qu’elle doit être menée avec fermeté. Mais permettez-moi de poser une question essentielle : la République est-elle réellement prête à suivre cette voie ? Car ce choix ne sera pas sans conséquences politiques."

Son regard se porta sur Lorr Tavas, le Chancelier Suprême, avant de revenir sur Azra.

— "Nous savons tous ici que Zeltron, par sa proximité avec le Nouvel Ordre Jedi, est un acteur majeur de cette crise. Vous avez déjà une position très claire, mais qu’en est-il des autres mondes ? Cette guerre ne doit pas être imposée, elle doit être décidée collectivement."

Le sous-entendu était clair : il refusait que la décision soit dictée uniquement par la souveraine zeltronne.

Kez Drayen, représentant de Mon Cala, prit alors la parole. Son long manteau d’apparat ruisselait encore légèrement, comme s’il venait tout juste d’émerger des eaux profondes de sa planète natale. Contrairement aux autres, il n’avait pas de patience pour les jeux politiques. Il alla droit au but.

— "Ce débat n’a plus lieu d’être."

Un frisson parcourut l’assemblée.

— "La question n’est pas de savoir si nous devons agir, mais comment. Si nous n’intervenons pas, alors ce seront les Enfants de Korriban qui décideront pour nous. Et lorsqu’ils le feront, ce ne sera pas par la négociation."

Un silence suivit ses paroles, mais avant que d’autres ne puissent réagir, Janna Vosari, chancelière d’Eriadu, se leva. Son teint cuivré et ses yeux perçants lui donnaient une allure impérieuse. Elle n’était pas du genre à prendre la parole sans raison, et lorsqu’elle parlait, c’était rarement pour adoucir les tensions.

— "Zeltron sera la présidente du conseil de sécurité. Par ce fait, la reine aura autorité de diriger notre appareil militaire, bien sûr en collaboration avec les membres du conseil et le Sénat Galactique. La reine Azra nous donne aujourd'hui l'opportunité d'éviter des semaines de pourparlers qui ne peuvent que nous ralentir."

Un murmure parcourut la salle. Certains approuvaient, d’autres semblaient mal à l’aise. Alors que Janna continuait :

— "Tranchons aujourd'hui cette question et finissons-en."

Daman Velkor se leva à nouveau, un regard lancé vers la reine comme un prétendant cherchant à se faire remarquer par sa belle.

— "Je propose un vote."

Un léger brouhaha parcourut les tribunes. Velkor ne laissa à personne le temps de réagir et enchaîna immédiatement :

— "Nous devons statuer sur une action militaire contre les Enfants de Korriban." Il marqua une pause, puis ajouta : "Et j’exige que ce vote inclue une mention spéciale donnant au Conseil de Sécurité tous les pleins pouvoirs pour prendre les mesures nécessaires sans passer par le Sénat. Assurant ainsi une action rapide et ferme sans tergiversations."

Un silence tomba sur la salle. Tous les regards se tournèrent vers la tribune d’Azra, qui, impassible, attendit quelques secondes avant de répondre.

— "Je refuse."

Son ton était calme, mais chaque mot portait une autorité indiscutable.

— "Je refuse de diriger un Conseil derrière des portes fermées, dans l’ombre des couloirs du pouvoir."

Elle s’arrêta un instant, puis se tourna vers Meywine.

— "Ce que le Grand Maître de l’Ordre Jedi a à proposer, qu’elle le fasse ici, devant tout le monde. Nous ne sommes pas dans une réunion secrète. Chaque dirigeant de cette République mérite de savoir exactement quelles mesures seront prises contre les Enfants de Korriban."

Un silence s’installa. Azra venait de mettre une pression supplémentaire sur Meywine, forçant les Jedi à exposer publiquement leur plan.

La Grand Maître leva les yeux vers Azra et hocha lentement la tête avant de se tourner vers l’assemblée.

— "Très bien."

Elle inspira profondément, consciente que ce moment était décisif.

— "Je vais vous dire exactement pourquoi je suis venue ici."


********************************

Dans un repaire sombre de la galaxie, une salle immense, sculptée à même la roche noire, était baignée dans une lueur écarlate. L’air était épais, chargé d’électricité et du murmure des flammes qui dansaient le long des braseros.

Une armée de Sith se tenait immobile, serrée en rangs parfaits, le visage caché sous des capuchons sombres ou des masques d’acier brut. Ils attendaient, silencieux, figés comme des statues. Car devant eux, sur un trône d’obsidienne, Darth Nihilus, Seigneur des Enfants de Korriban, les observait.

Sédu était là. Un homme jeune, trop jeune pour être à la tête d’une telle puissance. Sa peau noire semblait presque absorbée par l’ombre qui l’entourait. Son front haut, ses traits fins, ne portaient aucune cicatrice, aucune marque de violence. Mais ses yeux… ses yeux brûlaient d’une fureur glaciale, une flamme sombre qui consumait tout sur son passage.

Il n’avait pas besoin d’élever la voix pour imposer le silence absolu.

Il se leva lentement, laissant son long manteau noir glisser derrière lui comme un voile funéraire.

— "Pendant un an…"

Sa voix était calme, posée, mais chaque syllabe était une lame qui s’enfonçait dans l’air.

— "Pendant un an, nous avons laissé les Jedi croire que nous n’étions qu’une rébellion exilée, une armée cachée dans l’ombre, frappant aux frontières comme des parasites."

Il descendit lentement les marches de son trône, ses pas résonnant dans la salle.

— "Pendant un an, nous avons patienté. Nous avons joué leur jeu, les avons laissés croire que nous n’étions qu’une simple nuisance."

Un sourire sans joie effleura ses lèvres.

— "Mais aujourd’hui…"

Il leva la main, et derrière lui, Zethus, son serviteur, actionna un immense hologramme révélant le plan d'une structure gigantesque.

Un frisson parcourut l’assemblée.

Certains Sith murmurèrent entre eux. Ils avaient reconnu ce lieu.

— "Aujourd’hui, nous allons leur montrer qu’ils ont eu tort."

Il ferma le poing, et l’image de la planète s’obscurcit, engloutie par des ombres mouvantes.

— "Nous allons frapper leur cœur."

Son regard balaya son armée, chaque soldat sentant son corps se tendre sous la pression invisible de sa présence.

— "Nous n’allons plus nous cacher dans la bordure extérieure. Nous n’allons plus jouer à la guérilla. Nous allons leur rappeler ce que signifie le vrai pouvoir du Côté Obscur."

Il s’arrêta, laissant un silence pesant s’installer avant d’asséner la dernière sentence :

— "Nous allons leur prendre un de leur symbole . Et quand nous en aurons fini, les Jedi ne seront plus qu’un souvenir brisé, un murmure éteint dans l’obscurité."

D’abord, ce fut un seul cri. Puis un autre. Et bientôt, une clameur s’éleva, grondement sourd qui se transforma en un hurlement de guerre, un écho d’ombres et de rage.

Nihilus referma lentement son poing.

Il était temps.


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