Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force
Chapitre 4 : L'appel d'un autre monde.
4756 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 30/01/2026 12:30
Un souffle court, un sursaut. Katarn ouvrit brusquement les yeux, son corps tendu comme une corde prête à rompre. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, et la moiteur de la sueur collait ses vêtements rêches à sa peau. Il mit quelques secondes à comprendre où il était.
Ses mains tremblaient légèrement alors qu’il passait ses doigts dans ses cheveux en bataille, tirant dessus comme pour s’ancrer à la réalité. Il ferma un instant les yeux, tentant de calmer son esprit. Ce n’était pas un rêve. Ce n’était pas une illusion.
Il avait lu les coordonnées.
Et le nom de la planète.
MORTIS.
Ce nom résonnait dans son esprit comme une incantation oubliée. Une légende parmi les Jedi. Une planète qui n’existait que dans les récits anciens, transmise à travers les siècles comme une fable.
On disait que Mortis n’appartenait à aucune carte, à aucune galaxie connue. Qu’elle apparaissait et disparaissait au gré de la volonté de la Force elle-même. Un monde hors du temps, un carrefour où la lumière et l’ombre se mêlaient en un équilibre fragile.
Les Jedi chercheurs, notamment les Solaris, avaient tenté, génération après génération, de prouver son existence, mais aucune trace, aucune preuve tangible n’avait jamais été trouvée. Tout ce qu’ils avaient rassemblé n’étaient que des récits fragmentés, des témoignages cryptiques, des visions fugaces gravées dans les temples les plus anciens.
C’est dans ces récits qu’apparaissaient les trois figures mythiques de Mortis : le Père, incarnation même de l’équilibre, veillant sur le chaos et l’ordre ; la Fille, symbole du côté lumineux, protectrice et sacrificielle ; et le Fils, avatar du côté obscur, consumé par son désir de domination.
Mais ce n’étaient que des légendes. Aucun Jedi, pas même les plus grands Maîtres, n’avait jamais foulé le sol de Mortis.
Alors pourquoi lui, Coleman Katarn, prisonnier oublié sur Mytus VII, venait-il d’en voir les coordonnées ?
Katarn tenta de se remémorer chaque détail. La sensation du cuir sous ses doigts lorsqu’il s’était tenu dans le cockpit du Faucon. Le bourdonnement des moteurs. La lumière des étoiles filtrant à travers le cockpit. Et Rey… La grande Rey, debout face à lui. Pas vieille, pas ridée comme son reflet habituel. Non. Jeune. Intacte. Comme si le temps n'avait eu aucune emprise sur elle.
Il inspira profondément. Tout cela n'avait pas de sens. Il avait lu la biographie de la dernière Jedi des dizaines de fois, il n'y avait aucune mention de Mortis dedans. Rey était morte ici même sur Mytus le lendemain après avoir prophétisé l'arrivée d'un élu de la lumière de sa propre famille. Lentement, il serra les poings. Il devait en apprendre plus.
L'ancien Jedi n’avait pas eu le temps de se ressaisir que l’alarme retentit brusquement dans le couloir. Un signal froid et métallique, identique à celui qui annonçait chaque matin le réveil des détenus.
08h00.
La cellule vibra légèrement alors que le champ de confinement s’effaçait. Un souffle de vapeur s’échappa des cloisons tandis que la porte coulissa lentement, dévoilant deux gardes en armure en bronze, sabre en main.
— "Prisonnier Katarn, debout."
L'ancien Jedi obéit sans un mot. Il sortit dans le couloir, où une dizaine d’autres détenus attendaient déjà, alignés sous la vigilance silencieuse des gardes. L’air était plus tendu que d’habitude.
Les gardes étaient plus nerveux que d’habitude. Leur posture était plus raide, leurs mouvements plus rigides. Certains tenaient leurs sabres un peu trop fermement, comme s’ils s’attendaient à ce que Katarn fasse quelque chose. Ils se méfiaient de lui.
Lorsqu’ils atteignirent le réfectoire, l’atmosphère lourde devint presque suffocante.
Il y avait plus de gardes qu’à l’accoutumée, et même des droïdes carcéraux, qui balayaient les prisonniers de leurs scanners rouges. Tous les détenus étaient alignés, inspectés un par un.
La fouille dura deux heures, puis la porte principale s’ouvrit. Katarn releva la tête.
Haris Brightstar entra en premier. Droit, imposant malgré son âge, il portait la robe blanche des Jedi de sa lignée, son regard sombre et sérieux. Il ne souriait pas. Mauvais signe.
Il était suivi de Matsenn Koffi. Le secrétaire du Conseil Jedi n'avait pas changé. Grand, à la peau noire, son visage taillé de marbre affichait cette même malice implacable, son regard scrutant chaque prisonnier comme un commerçant qui inspecte des produits avant un achat. Ses mains croisées derrière son dos lui donnaient un air de juge prêt à prononcer une sentence.
Mais ce qui capta l’attention de Katarn, c’étaient les deux autres secrétaires qui les accompagnaient.
Maître Chifa Sarron. Une Iktotchi aux cornes incurvées encadraient un visage aux lignes dures, presque sculptées, et son teint rouge pâle était marqué par d’anciennes cicatrices rituelles sur le front.
Katarn la connaissait. Une Jedi ordinaire, sans éclat, sans exploits remarquables. Elle était compétente, certes, mais n’avait jamais rien accompli d’exceptionnel. "Elle, secrétaire ? Comment ?" se dit-il à lui-même.
Il détailla son visage, mais n’y vit rien d’autre que l’expression neutre et polie qu’elle affichait toujours.
Maître Zol Ivour. Un Weequay, à la peau brunâtre striée de cicatrices, son crâne rasé lui donnant un air encore plus austère. Katarn le connaissait aussi. Un Jedi prêcheur nostalgique de l’Ancien Ordre Jedi, comme Koffi.
Lorsque les trois secrétaires s’arrêtèrent au centre de la salle, le silence tomba, lourd et pesant.
Les yeux de Koffi balayèrent l’assemblée, observant avec satisfaction les détenus parfaitement alignés sous la surveillance des gardes. Un léger sourire effleura ses lèvres tandis qu'il se tourna vers Haris Brightstar.
— "Je dois admettre que votre travail ici est impressionnant, Maître Haris." Sa voix était posée. "La prison fonctionne parfaitement. L’ordre est maintenu, et je constate qu’aucun incident n’a été signalé."
Il marqua une pause, laissant son regard glisser sur les rangées de prisonniers silencieux, avant d’ajouter d’un ton plus appuyé :
— "C’est la preuve incontestable que le Nul-Force peut dompter n’importe quel esprit rebelle."
Koffi haussa légèrement les épaules, feignant la réflexion.
— "Quel dommage, tout de même, que la Sélomir ne pousse que sur Mytus VII." Il fit tourner légèrement son poignet, comme s’il pesait ses mots. "Avec une telle ressource, on pourrait pacifier bien des conflits à travers la galaxie."
Katarn vit immédiatement Haris se raidir. Le Grand Gardien de Mytus, d’ordinaire impassible, venait de tressaillir. Son visage, auparavant froid et maîtrisé, vira légèrement au rouge.
Il connaissait Haris. Il était en train de contenir une colère monumentale.
À cette déclaration, certains prisonniers baissèrent les yeux, d’autres se crispèrent légèrement, mais personne n’osa briser l’ordre imposé par la présence des secrétaires Jedi.
Katarn, lui, ne détourna pas le regard.
Koffi sembla le remarquer. Ses yeux sombres se posèrent sur lui, et son sourire s’étira imperceptiblement. D’un pas mesuré, il quitta le centre de la salle pour s’avancer lentement dans sa direction.
Les gardes autour de Katarn se raidirent instinctivement.
Le prisonnier savait déjà ce qui allait suivre.
Koffi s’arrêta juste devant lui, le toisant de haut en bas comme un collectionneur évaluant une relique abîmée.
— "Coleman Katarn."
Son ton était doux, presque bienveillant.
— "Cela fait longtemps."
Il inclina légèrement la tête, ses yeux sombres scrutant chaque détail du visage de l’ancien Jedi.
— "Je ne t'avais presque pas reconnu. L'année passée ici t’a… comment dire…" Il haussa un sourcil, cherchant le mot juste. "Marqué !"
Un sourire en coin.— "Tu sais, je me suis souvent demandé comment tu vivais cette expérience. Après tout, toi qui avais toujours été si… énergique, te retrouver ici, coupé de tout, privé de ton don… Ça doit être une leçon d’humilité, non ?"
Il ne laissa pas le temps à Katarn de répondre, enchaînant immédiatement :
— "Oh, mais je parle trop, pardonne-moi." Il fit mine de se reprendre, posant une main sur son propre torse comme s’il s’excusait réellement. "Raconte-moi plutôt. Comment te portes-tu ?"
Malgré le Nul-Force qui lui brûlait les poumons, Katarn sentit une chaleur familière monter en lui. Une colère sourde, contenue, qui menaçait de s’enflammer à chaque mot mielleux de Koffi.
Cette flamme, il la connaissait bien. Elle l’avait conduit à faire tant d’erreurs par le passé, à réagir impulsivement, à frapper avant de réfléchir.
Et aujourd’hui encore, elle était prête à éclater.
Il serra les poings, forçant son corps à rester immobile. Il voulait répondre, il voulait voir l’arrogance de Koffi vaciller, même un instant.
Puis son regard croisa celui de Haris Brightstar.
Le vieil homme ne dit rien, mais tout était dans son expression. Un avertissement muet. Ne fais pas de bêtises.
Katarn inspira profondément. Il ravalait sa rage, mais son regard, lui, restait planté dans celui de Koffi, et répondit.
"Je vais très bien, Merci de vous soucier de moi, Maître Koffi"
Ce dernier, tantôt amusé tantôt déçu, reprit la parole sans même masquer sa satisfaction.
— "Ah, Katarn et moi avons un passé commun, n’est-ce pas ?" dit-il en se tournant vers Sarron et Ivour, comme s’il partageait une anecdote entre amis.
— "Vous avez sûrement entendu parler de lui, il était un Jedi. Et pas n’importe lequel. Un véritable guerrier, toujours prêt à se jeter dans la mêlée, à défier tout le monde ami comme ennemi, à croire qu’il ne se souciait pas des conséquences."
Il secoua la tête, affichant un faux air mélancolique.
— "Mais nous savons tous où mènent ces illusions ?"
Puis, il croisa les bras, un sourire aux lèvres.
— "Il y a un an, ses actes durant la seconde bataille de Coruscant lui méritaient une sentence exemplaire. La prison à vie."
Il marqua une pause, savourant chaque seconde.
— "Mais moi, j’ai plaidé pour la clémence. Parce que, malgré tout, ce n'est pas comme s'il voulait vraiment trahir l'ordre, il est juste trop borné pour son bien."
Il fit un léger geste de la main vers Katarn.
— "Et regarde où nous en sommes ! Une année plus tard, voici un homme qui a une chance de continuer sa vie. Pas en tant que Jedi, bien sûr, ça il ne le sera plus jamais"
Ivour éclata d’un rire bref avant de secouer la tête, l’air faussement admiratif.
— "Vous êtes trop bon, Maître Koffi. Un traître reste un traître. Si j’avais été à votre place, je n’aurais pas hésité une seule seconde à appliquer la sentence la plus sévère."
Sarron, elle, ne rit pas. Ses traits restaient figés dans un masque de neutralité, mais Katarn ne manqua pas de voir le léger malaise dans son regard.
Koffi, lui, ne releva pas immédiatement la remarque d'Ivour. Il se contenta d’observer Katarn avec une lueur amusée dans les yeux, comme s’il évaluait combien de temps il tiendrait avant d’exploser.
Mais Katarn ne lui donnerait pas ce plaisir.
Koffi, comme s’il venait de se souvenir de quelque chose d’important, détourna son attention du prisonnier. Son expression changea subtilement, passant de l’amusement à une froide indifférence. Sans un mot de plus, il tourna les talons et s’éloigna d’un pas mesuré.
Ivour et Sarron lui emboîtèrent le pas, tandis qu’Haris les suivait, sa posture toujours aussi raide. La tension qui avait alourdi l’air du réfectoire s’évapora lentement avec leur départ, laissant derrière des prisonniers qui ne comprenaient pas ce qui venait de se dérouler. Certains avaient observé la scène comme un spectacle inattendu, d’autres se demandaient pourquoi un secrétaire du conseil du nouvel ordre Jedi s’était amusé à jouer avec un homme brisé comme Katarn, pour finalement s’en désintéresser aussi vite.
Mais Coleman, lui, ne s’attarda pas sur la question.
Alors que les gardes donnaient leurs ordres, il se laissa guider sans résistance vers les serres de Sélomir, comme chaque jour. La routine, la monotonie de la prison reprenait son cours.
Il voulait oublier Koffi, oublier son sourire suffisant et ses paroles acides. Il ne pouvait pas se permettre de perdre du temps avec ces jeux d’esprit.
Son rêve.
Il devait se reconcentrer.
La vision du Faucon, de Rey, de Mortis…
C’était ça, la vraie question.
Plus Katarn réfléchissait, plus il se perdait dans ses pensées. Pourquoi Mortis ?
Si ce n’était pas une vision de la Force, alors pourquoi son propre subconscient lui parlait-il de cette planète ? Il ne s’était jamais particulièrement intéressé à cette légende. Il y avait trop peu d’indices sur son existence, trop de mystère. Même lorsqu’il avait étudié l’équilibre de la Force, Mortis n’avait jamais été mentionnée. Ni dans les archives de Rey, ni dans le journal de Quillan Vox.
Alors pourquoi maintenant ?
Qu’est-ce que cette planète venait faire dans son esprit ?
Il ferma brièvement les yeux, sa respiration ralentissant sous l’air lourd des serres. Devait-il croire que c’était réellement une vision envoyée par Rey ?
Après tout, elle était déjà venue le sauver sur Coruscant, surgissant de nulle part pour empêcher qu’il ne soit consumé par son propre pouvoir. Et s’il y avait bien une Jedi capable de défier le Nul-Force, c’était elle.
L’idée paraissait insensée… Mais pas tant que ça.
C’était quand il s’était concentré sur son entraînement, sur la Force, qu’il avait maîtrisé son rêve. Alors, peut-être que l’impossible s'était produit.
Après une journée de travail forcé, Katarn était toujours au point mort. Même s’il admettait maintenant qu’il avait été le témoin d’un miracle, qu’il avait été contacté par Rey elle-même, il ne savait toujours pas ce que son message voulait dire. Et il n’avait aucune assurance qu’il obtiendrait d’autres réponses dans ses rêves. Les miracles n’avaient pas tendance à se répéter.
Alors qu’il se dirigeait vers sa cellule après le dîner, une silhouette familière apparut dans le couloir relevant les gardes et demandant d'escorter lui-même Katarn. Joran Brightstar. Le garde s’approcha d’un pas vif et plaça une main sur son épaule, en vieux camarade qu'il était.
— "Coleman ! On a raté notre petite discussion matinale, hein ?."
Katarn haussa un sourcil retrouvant son sarcasme légendaire.
— "Tu m'as manqué. une matinée chargée ?"
— "Oh, si tu savais !" Joran leva les yeux au ciel, exagérant son soupir. "Oncle Haris m’a collé aux chambres d’incinération aujourd’hui. Il voulait que tout soit sécurisé pour la visite des secrétaires."
Katarn ralentit le pas.
— "Les incinérateurs ?"
— "Ouais. Franchement, t’as déjà vu quelqu’un foutre le bazar là-bas ? Moi non plus. Mais bon, oncle Haris voulait que quelqu’un surveille, alors j’ai passé ma matinée à observer des flammes et à m’assurer que personne n’allait accidentellement tomber dedans."
Katarn comprit aussitôt. Haris avait éloigné Joran de la visite des secrétaires Jedi. Le garde n’était pas un mauvais bougre, mais il n’avait pas la langue dans sa poche. Mieux valait éviter qu’il ne dise quelque chose qu’il ne fallait pas.
Ne voulant pas le blesser, Coleman préféra ne pas relever.
— "En parlant de Maître Haris…" dit-il en changeant légèrement de ton, "je l’ai trouvé troublé, aujourd’hui."
Joran, ravi d’avoir des informations que les autres n’avaient pas, hocha la tête avec enthousiasme.
— "T’as remarqué aussi, hein ? Normal. J’ai tout entendu de sa discussion avec Maître Koffi. Il faut dire que le ton est vite monté."
Il baissa légèrement la voix, bien que son excitation soit évidente.
— "J’étais dans la salle de contrôle des incinérateurs, et j’ai capté une discussion bien tendue entre eux. Koffi a dit, et je cite : La Sélomir est une ressource du Nouvel Ordre Jedi, et il est temps de l’exploiter à sa juste valeur."
Katarn sentit un frisson désagréable parcourir sa nuque.
— "Ensuite, il a annoncé qu’il allait bientôt soumettre au Conseil Jedi l’idée d’envoyer des ingénieurs des Phares d’Endor ici, sur Mytus, pour travailler sur… tiens-toi bien…"
Joran marqua une pause dramatique avant de lâcher :
— "L’armement de la Sélomir."
Il se pencha légèrement vers Katarn, son ton se faisant plus grave.
— "Il veut construire des armes à base de Sélomir pour aider les Jedi dans leur combat contre les Enfants de Korriban."
Katarn resta silencieux, digérant l’information. C’était bien pire que ce qu’il imaginait.
Joran poursuivit, baissant encore plus la voix comme s’il partageait un secret interdit :
— "Oncle Haris n’a pas aimé. Il lui a répondu que les Brightstar étaient les maîtres de Mytus et que c’était à eux, et à eux seuls, de décider de l’usage de la Sélomir."
Il jeta un regard autour d’eux, s’assurant qu’ils étaient toujours seuls, avant de conclure :
— "Après ça, Koffi a dit que tout cela serait discuté au Conseil… et oncle Haris est parti sans rien dire."
Katarn avançait aux côtés de Joran, son esprit encore hanté par les paroles de ce dernier sur Koffi et ses ambitions. Militariser les Jedi, c’était une folie. Une répétition des erreurs du passé. L’Ancien Ordre Jedi s’était effondré à cause de ce genre d’aveuglement, et maintenant, Koffi et ses partisans fonçaient droit dans le même piège.
Mais Katarn savait une chose : Meywine ne laisserait pas faire cela.
Koffi pouvait bien avoir réussi à faire élire deux nouveaux secrétaires acquis à sa cause, cela ne lui donnait pas un pouvoir absolu. L’Ordre Jedi n’était pas une armée, et il ne devait jamais le devenir.
Katarn inspira profondément, chassant ces préoccupations. Il devait faire confiance à Meywine. Pour l’instant, il avait sa propre quête à mener.
Une idée lui vint alors. C’était absurde. Tiré par les cheveux. Mais il n’avait rien à perdre en essayant.
Il tourna légèrement la tête vers Joran et lança d’un ton détaché :
— "Dis-moi, Joran… Si je te dis Mortis, tu penses à quoi ?"
Joran s’arrêta net, clignant des yeux comme si Katarn venait de dire une absurdité.
— "Mortis ? Attends… tu es au courant de cette vieille histoire ?"
Le jeune Brightstar fronça les sourcils, avant de sourire en secouant la tête.
— "Ah ! Je parie que c’est Meywine qui a vendu la mèche, hein ? C’est un vieux secret de famille. Les anciens nous ont toujours dit de surtout pas en parler aux étrangers, mais bon… La preuve que même l’Élu de la Lumière peut voir sa langue glisser."
Il gloussa fièrement, sans se rendre compte du choc qui traversait Katarn.
Une légende de la famille Brightstar ?
Katarn masqua son trouble, ralentissant légèrement le pas pour étirer le trajet autant que possible.
— "Ouais… ne t'inquiètes pas, je n'en ai jamais parlé à d'autres. C’est juste que j’ai entendu la bande à Braum parler de Mortis l’autre jour. Ça m’a rappelé cette histoire."
Joran roula des yeux.
— "Évidemment que ces fanatiques s’y intéressent. Mortis, c’est du pur folklore de la Force. Mais bon… Si même la grande Rey ne l’a pas trouvée, eux n’ont aucune chance. Pas vrai ?"
Katarn garda son expression impassible, mais en lui, quelque chose venait de se briser.
Rey a cherché Mortis ?
Il venait de toucher un fil invisible, une piste qu’il n’avait jamais soupçonnée.
Joran haussa les épaules, comme si tout cela n’avait jamais été qu’un détail sans importance pour lui.
— "Mais bon, si tu veux mon avis, même elle n’avait pas les idées claires quand elle a commencé à s’intéresser à Mortis. Elle avait quand même 115 ans. Personne n'a cru à ce qu'elle racontait. Et ils avaient raison."
Katarn, toujours surpris, masqua son trouble et continua à jouer le jeu.
— "Personnellement, j’ai jamais compris pourquoi vous, les Brightstar, avez caché cette histoire."
Joran tourna la tête vers lui, comme si Katarn venait de poser une question stupide.
— "Attends, Coleman… Toi, t’es sympa, t’as grandi avec nous. Tu nous aimes bien. Mais dire à la galaxie que la grande Rey avait perdu la boule et ne parlait que de Mortis, une planète qui n’existait pas ? Qu’elle avait pris son vaisseau, le Faucon Millenium, ses droïdes et Chewbacca pour disparaître je ne sais où, sans retour, juste après avoir prophétisé la venue d’un Élu de la Lumière ? La catastrophe que ça aurait été."
Il laissa échapper un petit rire nerveux.
— "T’imagines la réaction de tous ceux qui en avaient après les Jedi, après nous les Brightstar ? Comment ils auraient pu exploiter cette histoire pour la salir et pour s'attaquer à notre rang ?"
Il baissa légèrement la voix, jetant un regard furtif autour de lui avant d’ajouter d’un ton plus sérieux :
Katarn ne répondit pas.
— "Non, Coleman. C’était notre devoir de protéger la mémoire de notre ancêtre. Que la galaxie se souvienne d’elle pour l’héroïne qu’elle était… et non pour la vieille femme sénile qu’elle était devenue.
Et tant pis si nous devons duper des milliers de gens à venir ici sur Mytus se recueillir sur une tombe vide."
Joran disait ça avec une légèreté qui fit froid dans le dos alors Katarn se remémorait ses visites à la tombe de Rey sur Mytus. Il se sentit maintenant bête d'avoir cru jeune que ce lieu pouvait la rapprocher d'elle. L'esprit en ébullition. L'ancien Jedi qui pensait tout connaître des Brightstar venait une nouvelle fois de découvrir l'un de leurs secrets. Arrivé à sa cellule, il jeta un dernier coup d'œil à Joran le voyant s'éloigner insouciant ne mesurant pas la portée de ce qu’il venait de révéler.
La grande Rey… Son destin n’avait jamais été celui qu’on lui avait conté. Pas une fin tranquille sur Mytus VII, pas une héroïne s’éteignant après une longue vie de combat laissant derrière elle l'espoir d'un élu de la Lumière qui continuerait à veiller sur la galaxie. Non. Elle était partie. Partie avec ses compagnons de toujours. Partie à la recherche de Mortis. Et personne ne l’avait jamais revue ni ne savait ce qui lui était arrivée.
Katarn s’assit lentement sur la couchette de métal, fixant le mur. Il en était maintenant sûr. Rey était en train de l’appeler à elle. Et il était temps qu’il réponde à cet appel.
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Dans le vaisseau de Darth Nihilus nommé le spectre noir. Sedu observait l’hyperespace, ses mains jointes derrière son dos, impassible face aux courants de lumière qui fusaient devant lui. À ses côtés, Zethus son vieux serviteur restait silencieux, tandis que le général Dox se tenait droit, les bras croisés sur son plastron sombre.
— Nous attaquerons dès que mon agent nous enverra le signal.
Annonça Nihilus d'un ton calme.
Dox ne put contenir un froncement de sourcils avant de parler.
— Vous êtes le seul à le connaître "cet agent"' Alors que nous dépendons entièrement de lui pour déclencher l’attaque. Est-ce bien sage ?
Alors que Zethus s'apprêtait à répondre , Nihilus leva une main se tut immédiatement. Puis, d’un ton tranchant comme l’acier :
— Dox… La seule raison pour laquelle tu es encore en vie est parce que j’ai décidé que tu me serais utile.
Il pivota légèrement, son regard invisible transperçant l'ancien genera.
— Ne confonds pas ton rôle avec celui d’un conseiller. Tu n’es pas ici pour donner ton avis. Tu es ici pour obéir.
Dox baissa les yeux, inclinant légèrement la tête.
— Bien, Seigneur Nihilus.
A ce moment là , la tension fut brusquement interrompu par l’ouverture brutale des portes de la salle de commandement. Dix ombres pénétrèrent sans cérémonie.
Nihilus ne bougea pas tout de suite. Il se contenta d’un léger sourire.
— Ah… voici le groupe des Dix.
Sa voix était emplie d’un amusement moqueur.
— On vous a deja confié votre mission ?
Un silence s’installa, mais aucun des Sith ne recula. Ils n’étaient pas du genre à se justifier.
Darth Desolous Un Pau’an massif en armure noire, ancien Jedi tombé dans le côté obscur fut le premier à briser le silence, sa voix rocailleuse résonnant dans la pièce.
—Si tu veux quelque chose demande le nous directement. Il s’avança légèrement. Nous ne sommes pas tes larbins.
À ses côtés, Darth Phobos Une Theelin à la peau pourpre et aux yeux jaunes perçants, autrefois une terreur pour l’Ancienne République, manipulatrice et sadique.haussa un sourcil, un sourire carnassier étirant ses lèvres.
— Tu nous as fait renaître. D'accord. Elle inclina la tête. Mais celà ne va pas dire que nous allons resté docilement à exécuter tes ordres.
Darth Kherus Un Mirialan au crâne tatoué de runes Sith, connu pour ses expériences interdites sur les âmes et la possession d’esprits ajouta.
— Après nous avoir ressuscité. Tu as parlé d'une association entre nous pour régner sur la galaxie. Nous t'avons suivie jusqu'à maintenant . Mais tout celà commence à trop durer. Nous voulons connaître tes plans.
Nihilius resta impassible. Il savait que ce moment viendrait. Ces Sith n’étaient pas des serviteurs dociles. Ils avaient été des conquérants, des maîtres de la guerre, et ils n’allaient pas suivre un chef qui les considérait comme de simples outils.
Un frisson parcourut la pièce. Les murmures cessèrent immédiatement. Nihilius rassembla toute sa puissance. Sa voix résonna, glaciale, tranchante.
— Vous osez me questionner Alors que vous devriez me remercier nuits et jours . Je vous ai redonné la vie. Et parmi tous ceux qui j'ai ressuscité, vous êtes les rares à avoir obtenu des corps de même race que les leurs pendant votre vivant.
Un ricanement s’éleva du fond de la pièce, mais il s’éteignit aussitôt sous le poids de l’aura oppressante de Nihilus.
— Je vous ai promis. Un empire devisé des provinces, trônes, et royaumes ou vous pourrez tous reigner. Et je tiendrai parole.
Il marqua une pause, pesant ses mots.
— Mais avant il vous faut d’abors réussir la mission dont on vous parlé.
L’atmosphère devint plus lourde.
Puis, d’une voix implacable, il conclut :
— Mytus sera le premier clou dans le cercueil des Jedi. Alors à vos postes et ne me dececez pas. Sinon je reprendrais ce que je vous ai donné.
Dans le vaisseau de Darth Nihilus, les Dix s’exécutèrent, mécontents mais écrasés par la puissance oppressante du Seigneur Noir.