Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force
Devant les dirigeants de la République Stellaire, Meywine se redressa légèrement, posant un regard assuré sur l’assemblée du Sénat. Son attention se porta d’abord sur la reine Azra Altar, dont l’intervention énergique avait brusquement recentré les débats.
— "Votre Majesté," commença-t-elle d’un ton mesuré, "vous avez toujours été une protectrice inflexible de la République. Un rempart contre ceux qui voudraient exploiter sa faiblesse. Peu sont prêts à nommer la menace avec autant de clarté, et pour cela, je vous rends hommage."
Elle laissa un court silence s’installer avant de poursuivre, sa voix résonnant avec gravité sous la coupole du Sénat.
— "Mais je ne suis pas ici pour exiger une action précipitée ni pour vous inciter à lancer vos flottes dans l’obscurité. Les Enfants de Korriban ne sont pas une armée que l’on peut affronter frontalement. Si nous nous aventurons aveuglément dans les bordures extérieures sans comprendre leur stratégie, nous ne ferons qu’ajouter nos forces à la longue liste de leurs victimes."
Son regard balaya l’assemblée, défiant chaque dirigeant de la contredire.
— "Leurs frappes rapides, calculées, sur des bastions Jedi avant de disparaître. Leur permet de semer la terreur tout en effaçant leurs traces. Ils ne cherchent pas à nous conquérir, du moins pas encore. Ils veulent nous aveugler, nous pousser à frapper dans le vide, nous diviser."
Elle marqua une pause, laissant ses paroles résonner dans l’esprit de ses auditeurs.
— "Et ce que la Force me montre, ce que je ressens avec une certitude inquiétante, c’est que tout ceci n’est qu’une façade. Un voile destiné à cacher un dessein plus grand. Nous ne combattons pas un simple soulèvement Sith. Nous faisons face à une menace qui observe et qui attend le bon moment pour se révéler."
Elle posa alors les bases de son raisonnement.
— "La bataille de Coruscant était l'exemple parfait. Elle nous a appris une leçon amère : nous avons sous-estimé leur influence. Le combat a permis de révéler des traîtres, oui… mais serait-il sage de croire qu’il ne reste plus d’ombres dans nos rangs ?"
Certains sénateurs se raidirent, d’autres croisèrent les bras, méfiants. Elle avait prévu cette réaction.
— "Je ne viens pas semer la suspicion au sein de cette assemblée. Je ne crois pas à la paranoïa, mais à la prudence. Une guerre ne se gagne pas seulement sur un champ de bataille. Elle se gagne aussi en s’assurant que ceux qui dirigent ne sont pas les instruments d’une force qui les dépasse."
Elle inspira légèrement, puis enchaîna avec ses propositions, pesant chacun de ses mots.
— "La Force ne révèle pas toujours ses vérités de manière directe, mais elle ne ment jamais. Et ce qu’elle me murmure, c’est que l’ennemi est encore ici, parmi nous."
Quelques voix parcoururent l’assemblée. Meywine poursuivit sans se laisser interrompre.
— "Je propose donc que les Jedi aient un rôle accru dans la surveillance des figures politiques et militaires influentes. Non pas pour s’immiscer dans les affaires des mondes souverains, mais pour garantir que plus jamais un Darth Nihilus ne puisse faire plier cette République de l’intérieur."
Elle posa un regard appuyé sur certains dirigeants.
— "Nous pouvons sentir la corruption là où elle se cache, identifier l’influence de la persuasion Sith avant qu’elle ne prenne racine. C’est un devoir que nous devons exercer pleinement."
Elle laissa un instant de silence avant de préciser.
— "Nous ne chercherons pas à interférer dans vos décisions, mais nous devons être en mesure d’évaluer si celles-ci sont prises sous une influence extérieure. Il ne s’agit pas de juger des choix politiques, mais de garantir qu’ils sont faits en toute liberté, sans manipulation, sans corruption."
Ma deuxième proposition concerne la coordination des services de renseignement avec les Jedi.
Meywine savait que cette mesure soulèverait des débats, mais elle poursuivit avec la même fermeté.
— "Je propose donc que les Jedi collaborent étroitement avec les services de renseignement de la République. Cela ne signifie pas que nous en prendrons le contrôle. Mais les informations concernant la menace Sith ne doivent plus être fragmentées entre différentes agences. Toute anomalie, tout mouvement suspect, devra nous être envoyé directement en priorité."
Elle prit une pause, avant d’ajouter avec un ton plus mesuré :
— "Nous ne demandons pas d’accéder à vos secrets d’État, seulement à ce qui concerne directement notre combat commun. La République et l’Ordre Jedi doivent faire corps ensemble face à cette menace. Nous devons être unis, car notre survie en dépend."
Meywine observa l’assemblée. Les expressions allaient de l’approbation à la méfiance, en passant par la colère contenue.
— "Ces mesures ne sont pas un renoncement à votre autorité. Elles sont un pacte. Un pacte entre ceux qui détiennent le pouvoir politique et ceux qui sont chargés de protéger la galaxie contre l’invisible."
Elle inclina légèrement la tête, comme pour adoucir l’impact de ses paroles.
— "Ce que je vous propose aujourd’hui, ce ne sont pas des chaînes, mais des boucliers. Ce ne sont pas des entraves, mais des garanties. Et lorsque le véritable assaut des Enfants de Korriban commencera, alors vous verrez que ces décisions auront fait la différence entre une République vulnérable et une République préparée."
Un silence s’étira dans l’assemblée.
Le Grand Maître du Nouvel Ordre Jedi avait posé ses conditions. À présent, il ne restait plus qu’à voir comment la République réagirait.
L’atmosphère s’alourdit dès que Meywine eut terminé. Quelques instants de silence flottèrent dans l’assemblée, puis une vague d’agitation gagna les tribunes. Des regards échangés, des sourcils froncés, des chuchotements à peine contenus.
Kaltha Brenn, la Présidente de Rattatak, fut la première à réagir. Elle se redressa brusquement, posant les mains sur le rebord de son pupitre, son regard doré brûlant de défi.
— "C’est insensé, Grand Maître ! Vous nous demandez vraiment d’accepter une surveillance Jedi sur nos gouvernements ?"
Elle fit un geste circulaire en direction des autres dirigeants, cherchant leur soutien.
— "Les Jedi ne font pas partie de cette République, et pourtant, vous exigez un droit de regard sur nos choix, nos décisions, nos officiers ? Où cela s’arrêtera-t-il ? Devrons-nous aussi vous consulter avant de ratifier nos lois ?"
Elle croisa les bras, un rictus de mépris effleurant ses lèvres.
— "Aujourd’hui, vous voulez observer. Demain, vous voudrez conseiller. Et un jour, vous imposerez vos directives sous couvert de préserver notre stabilité."
Dans les tribunes, plusieurs dirigeants hochèrent la tête.
Davrin Holk, Premier Ministre de Corellia, prit la parole à son tour, d’un ton plus mesuré mais tout aussi incisif.
— "Grand Maître Brightstar, nous reconnaissons le rôle des Jedi dans la défense de la galaxie. Mais il faut être clair : ce que vous proposez, c’est de placer votre Ordre au cœur même de nos institutions."
Il marqua une pause, ses doigts tapotant légèrement le pupitre devant lui.
— "Nous avons déjà des services de renseignement, des forces de sécurité, des mécanismes de contrôle qui ont prouvé leur efficacité par le passé. Vous affirmez que Nihilus a encore des agents dormants, mais avez-vous la moindre preuve tangible ?"
Un frisson d’approbation parcourut plusieurs sections du Sénat.
Lorr Tanys, Président du Consortium de Cato Neimoidia, enchaîna sans attendre.
— "Chaque monde de cette République est souverain et dispose de ses propres lois. Nous avons déjà des institutions dédiées à la sécurité de nos gouvernements, des protocoles de surveillance et des contre-mesures."
Il esquissa un sourire poli, mais son ton était acéré.
— "Dites-moi, Grand Maître, devons-nous en conclure que nos propres systèmes ne sont plus dignes de confiance ? Que nous ne sommes plus aptes à gouverner sans votre approbation ?"
Il marqua une pause théâtrale, avant d’ajouter avec une pointe d’ironie :
— "Ou alors, peut-être que vous considérez que nous avons besoin d’une tutelle ? Une République guidée par la sagesse des Jedi ?"
Un murmure approbateur parcourut l’assemblée, accompagné de quelques regards défiants tournés vers Meywine.
Vladis Khor, Président de la Fédération de Kinyov, prit alors la parole, son ton faussement bienveillant.
— "Grand Maître, nous respectons votre engagement à défendre la paix. Mais nous savons tous comment fonctionne le pouvoir."
Il laissa planer un silence, avant d’ajouter d’un ton plus tranchant :
— "Lorsqu’un groupe s’arroge le droit de surveiller, il finit toujours par vouloir diriger."
Ses doigts effleurèrent lentement le pupitre devant lui, comme s’il pesait chacune de ses paroles.
— "Vous dites que ce n’est pas une prise de contrôle… mais si demain, l’un de nous prend une décision que vous jugez risquée, que se passera-t-il ? Vous contenterez-vous de signaler le problème ? Ou exigerez-vous un changement, sous prétexte de préserver la République ?"
Il secoua lentement la tête, feignant un air désolé.
— "Même avec les meilleures intentions, un pouvoir exercé finit toujours par s’étendre. Et une fois accordé, il est bien difficile de le reprendre."
Dans la salle, les réactions étaient désormais partagées. Certains acquiesçaient ouvertement, d’autres échangeaient des regards plus hésitants. Meywine venait d’être mise au défi, et tous attendaient désormais sa réponse.
Le chancelier Tavas intervint en leva la main, se rappelant son rôle de modérateur de cette conférence.
— "Assez."
Sa voix résonna dans la salle, ferme et maîtrisée. Le tumulte des protestations et des échanges acérés s’éteignit progressivement, tous les regards convergeant vers lui. Il laissa quelques instants s’écouler, observant tour à tour Meywine et les sénateurs les plus bruyants.
— "Le Grand Maître de l’Ordre Jedi a présenté ses propositions. Il est légitime que ce Sénat puisse les débattre, mais nous devons le faire avec la rigueur et le respect qu’exige la situation."
Il se tourna ensuite vers Meywine, lui offrant un signe de tête.
— "Grand Maître, vous avez entendu les objections soulevées. Souhaitez-vous répondre ?"
Meywine s’apprêta à parler, mais avant qu’elle ne puisse prononcer un mot, une voix claire et autoritaire s’éleva depuis les tribunes.
Azra Altar. Tous les regards se tournèrent encore une fois vers la reine de Zeltron. Ses yeux bruns pétillaient d’une lueur amusée.
— "Chancelier, vous vous rappelez enfin que vous avez le droit d'intervenir. Je suis contente, j'ai cru pendant un moment que la sécurité de notre république ne vous intéressez pas"
Elle fit un geste de la main, comme pour balayer une poussière invisible.
— "Je vais vous épargner un long débat où chacun se déchirera sur des détails tout en évitant soigneusement de prendre une décision."
Son regard balaya l’assemblée, s’attardant sur Kaltha Brenn et Davrin Holk, puis sur Meywine.
— "Soyons honnêtes. Les propositions du Grand Maître sont concrètes… mais elles sont bien trop brutales pour nous chers politiciens."
Elle inclina légèrement la tête, un sourire moqueur aux lèvres.
— "Le simple fait que des Jedi aient le droit de poser les yeux sur vos affaires vous donne déjà des sueurs froides. Alors imaginez ce que cela serait si leur surveillance devenait effective."
Un léger rire traversa ses paroles, bien qu’il n’y ait rien de particulièrement amusant dans la situation.
* Et ne nous mentons pas à nous même. Si nous tournons le dos au nouvel ordre Jedi, ils n'auront qu'à imposer cette surveillance de manière officieuse. Ce n'est pas comme si nous avions les moyens de les arrêter.
Elle continua, son ton se raffermit.
— "Alors soit. Si vous craignez tant que les Jedi ne deviennent une force incontrôlable, alors donnons-leur une place où nous pourrons, justement les surveiller."
Elle laissa planer un silence avant d’annoncer avec assurance :
— "Je propose que le Nouvel Ordre Jedi soit intégré temporairement au Conseil de Sécurité de la République."
Un frémissement parcourut l’assemblée. Des murmures surpris fusèrent de plusieurs tribunes.
Azra poursuivit, implacable.
— "Ainsi, nous répondons aux besoins de nos protecteurs tout en conservant notre souveraineté. Les Jedi auront un droit de regard sur les affaires de sécurité en directe relation avec les mouvements des enfants de Korriban, mais avec la collaboration des gouvernements républicains.Les Jedi obtiennent l’accès dont ils ont besoin. La République garde le contrôle sur ses institutions. Et nous évitons ainsi le chaos d’une fracture entre nos deux entités.
Après tout, le Conseil de Sécurité n’est pas une institution figée. Ses membres changent selon un système de rotation entre les mondes constituant cette République. Rien n’empêchera que, dans quelques cycles, si nous jugeons que les objectifs de défense contre les enfants de Korriban ont été atteints, nous leur retirions ce droit de siège."
Son sourire s’élargit, perçant comme la lame d’un vibrocoutelas.
— "C’est la moins pire des solutions, ne trouvez-vous pas ?"
Elle croisa les bras, s’appuyant légèrement contre la rambarde de sa tribune, comme si la discussion était déjà réglée, puis jeta un regard entendu à Meywine.
— "Qu’en dites-vous, Grand Maître ?."
Tous attendaient la réponse de Meywine, l’assemblée suspendue entre prudence et curiosité.
Le Grand Maître garda le silence un instant, pesant soigneusement le pour et le contre de la proposition d'Azra.
D'un côté, un rôle aussi proche du pouvoir politique réjouirait sans aucun doute les nostalgiques de l’Ancien Ordre, à commencer par Maître Koffi. Pendant l'année écoulée, il avait su manœuvrer habilement pour faire élire deux de ses alliés au poste de secrétaire du Conseil Jedi. Cette intégration officielle au Conseil de Sécurité lui donnerait un argument de plus pour justifier ses ambitions.
D'un autre côté, refuser une telle opportunité reviendrait à priver les Jedi d'un accès privilégié aux renseignements et aux décisions stratégiques de la République. Or, face à un ennemi aussi insaisissable que Darth Nihilus, ils ne pouvaient pas se permettre d’être aveugles.
Elle inspira profondément. La Force, troublée par l’émergence du côté obscur, ne cessait de lui murmurer un avertissement silencieux. Quelque chose se tramait, un danger imminent qu’elle ne pouvait encore nommer.
Elle devait faire un choix. Elle inspira profondément, posant son regard sur l’assemblée.
— "Je vous mentirais si je vous disais que j’aime cette proposition."
Son ton était posé, mais ferme.
— "Je suis la descendante directe de la Grande Rey, et s’il y a une chose sur laquelle elle a toujours été catégorique, c’est bien la séparation des Jedi et de la sphère politique. Nous avons vu les dangers qu’implique une trop grande proximité avec le pouvoir. Les Jedi ne sont pas des régents. Notre serment est de protéger la galaxie avec dévouement, sans ambition ni autre agenda que de servir la force"
Son regard balaya l’assemblée, cherchant à capter l’attention de chaque dirigeant.
— "Mais nous ne pouvons pas ignorer la situation dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes confrontés à une menace insaisissable. Un poison qui se répand là et se nourrit de notre hésitation.Nous avons besoin de moyens concrets pour le traquer."
Son regard s’attarda sur les visages de ses opposants, Kaltha Brenn, Davrin Holk, Lorr Tanys et Vladis Khor.
— "Mais que cela soit bien clair : nous quitterons ce siège au moment même où Darth Nihilus ne sera plus une menace pour cette galaxie."
L’assemblée resta silencieuse un instant. Kaltha Brenn, les bras croisés, échangea un regard mécontent avec Lorr Tanys, tandis que Vladis Khor esquissa un rictus ironique. Mais avant que l’un d’eux ne puisse réagir, Azra Altar frappa encore une fois.
— "Voilà. Nous avons la parole du Grand Maître du Nouvel Ordre Jedi."
Elle laissa son regard glisser sur les opposants, son sourire se faisant plus acéré.
— "Les Jedi se retireront eux-mêmes une fois la traque des Enfants de Korriban achevée. Il n’y a donc pas vraiment d’objection à avoir, n’est-ce pas ?"
Alors que le silence s’étirait après l’intervention d’Azra, ce fut Vladis Khor, le Président de la Fédération de Kinyov, qui se redressa légèrement, ses yeux perçants braqués sur Meywine.
— "Grand Maître, une question demeure." Son ton était calculé, presque nonchalant. "Si l’Ordre Jedi obtient ce siège temporaire au Conseil de Sécurité, qui aura l’honneur de vous représenter. Vous ?"
Meywine répondit d’un ton calme mais assuré :
— "Je comprends la nécessité de cette question, mais je ne peux me permettre d’endosser ce rôle. Mon devoir en tant que Grand Maître m’oblige à rester auprès des miens sur Scarif"
Rendoth Kai, le Premier Ministre de Denon, et allié de la reine Azra prit alors la parole :
— "Dans ce cas, pourquoi ne pas nommer Eden Laurine ? En tant que Voix des Jedi, elle siège déjà auprès de nous et bénéficie de la confiance du Sénat."
Meywine ne montra aucune objection, mais des murmures s’élevèrent dans l’assemblée. Deux Zeltronnes au Conseil de Sécurité ? Certains s’en inquiétaient déjà.
Lorr Tavas, le Chancelier Suprême, intervint avant que la tension ne monte :
— "Nous avons une proposition et un nom. Je propose que nous procédions immédiatement au vote."
Le vote fut sans appel. La proposition passa avec une large majorité.
Meywine observa l’assemblée, impassible, tandis que les résultats s’affichaient sur les écrans holographiques. Son pupitre redescendit lentement vers la scène où l’attendaient ses padawans et Eden Laurine. Cette dernière arborait un sourire satisfait, savourant déjà le poids de cette nouvelle responsabilité. Pour elle, c’était une victoire. Une ascension de plus dans les rouages de la République.
Même après avoir obtenu ce qu’elle était venue chercher, Meywine ne pouvait chasser cette sensation oppressante. Celle d’avoir perdu une bataille qu'elle ignorait avoir mené.
Sous la scène, Valia accueillit sa maîtresse avec un sourire sincère.
— "Votre calme et votre sagesse ont imposé le respect de tous, Grand Maître. Cela nous a permis d'obtenir cette victoire. Dans vous avez passé la semaine a préparer."
Meywine ne répondit pas tout de suite, ses yeux suivant distraitement les sénateurs et dignitaires qui quittaient lentement la grande salle. Son visage, impassible en apparence, trahissait une pensée plus lourde.
— "Tu trouves ?" dit-elle, son ton plus sec qu’elle ne l’aurait voulu. "J’ai plutôt eu l’impression d'avoir été une enfant à qui on devait expliquer aux adultes ce qu'elle voulait dire, tout en retournant mes paroles à leur convenance."
Valia plissa légèrement les yeux, perplexe.
— "Que voulez-vous dire ?"
Avant que Meywine ne puisse répondre, Eden Laurine fit son apparition, son pas assuré trahissant une satisfaction évidente.
— "Grand Maître," déclara-t-elle avec un sourire maîtrisé, "je serais honorée de représenter l’Ordre au Conseil de Sécurité."
Elle marqua une pause, savourant la portée de ses mots avant d’ajouter :
— "C’est une avancée majeure pour nous. La République ne pourra plus faire semblant d’hésiter. Désormais, avec l’appui de Zeltron, nous serons en mesure de donner une véritable direction à la riposte contre Darth Nihilus."
Meywine tourna lentement la tête vers elle.
— "Donner une direction…" répéta-t-elle d’une voix mesurée.
Eden inclina légèrement la tête, son sourire se faisant plus assuré.
— "Nous ne serons plus en position d’attente. Nous pourrons enfin imposer un cadre, orienter les décisions, éviter que la République ne tergiverse alors que le danger grandit."
Meywine observa un instant Eden, puis son regard se posa sur Valia, qui suivait l’échange en silence, incertaine.
— "Alors nous avons déjà changé," murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour les autres.
Elle tourna la tête vers Geki, qui observait la scène avec son éternel air détendu, les bras croisés derrière ses cheveux roux.
— "Et toi, Geki ? Qu’as-tu retenu de tout ce que tu as observé ?"
Le jeune padawan haussa les épaules avec un sourire malicieux.
— "Ce que j’ai retenu ? Et bien ça craint d’avoir des responsabilités." Il marqua une pause, jetant un regard complice à Valia avant d’ajouter d’un ton léger : "Ne m’en voulez pas si je reste padawan toute ma vie ."
Eden roula des yeux, exaspérée par son insouciance, tandis que Valia laissa échapper un léger rire amusé.
Meywine, souriait. Pendant un instant, elle sembla retrouver de sa lumière.
— "Toi au moins, je peux compter sur toi pour ne jamais changer," lui souffla-t-elle aux oreilles alors qu'elle le prenait dans ses bras tendrement.
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Dans un repaire sombre de la galaxie, Zain était allongé sur le sol glacé de sa cellule, le regard vide, les bras repliés contre lui. Il grelottait, mais pas à cause du froid. Il attendait. Il attendait le retour de Darth Ranok et Darth Qamra, qui allaient l’emmener sur Byss.
Rien que ce nom lui donnait envie de vomir. Il avait entendu ce que lui réservait Darth Nihilus. Le livrer encore une fois à Dooku, pour que ce monstre puisse reprendre le contrôle de son corps.
Il sentit une boule se former dans sa gorge. Puis une question hanta son esprit. Pourquoi lui ? Il n’avait rien demandé. Il n’avait jamais voulu être un héros. Il n'avait jamais voulu se retrouver ce jour-là sur Coruscant.
Mais non. Il avait fallu qu’on le choisisse. Qu’on le maudisse. Qu’on lui vole son corps, son esprit, sa liberté.
Ce n’était pas juste.
Zain voulait hurler. Pleurer. Supplier. Mais à quoi bon ?
Personne ne viendrait le sauver. Pas cette fois.
Valia était loin.
Les Jedi ne savaient même pas où il était.
Il était seul.
Soudain, un bruit lui fit relever la tête. Des pas précipités. Des cris étouffés. Des ordres hurlés. Il y avait de l'agitation dans l'air.
Zain se redressa lentement. Son cœur battait si fort qu’il était sûr que quelqu’un allait l’entendre.
Une urgence ? Un déplacement imminent ? La fameuse attaque dont parlait Nihilus ?
Peu importe. Il se devait de saisir cette chance.
Si Katarn avait été là, il se serait moqué de lui, de son indécision, de son éternelle hésitation.
Mais Katarn n’était pas là. Personne n’était là pour le sauver. Personne… sauf lui-même.
Il inspira profondément, tentant d’ignorer les tremblements de ses mains.
Oui, il n’était pas un grand guerrier.
Oui, il n’était pas un duelliste accompli.
Oui, il n’avait jamais brillé par sa puissance dans la Force.
Mais il était un Solaris. Et les Solaris avaient un don. Précieux, unique. Un don qui, s’il était utilisé avec soin, pouvait s’avérer bien plus utile qu’un sabre laser.
Il serra les dents et s’approcha lentement de la porte. Le champ de force crépitait faiblement, baignant la cellule d’une lueur rougeâtre.
Il posa une main hésitante contre l’une des parois froides de la porte, cherchant à se plonger dans sa mémoire.
C’était toujours le même processus.
Laisser son esprit glisser… Ne pas forcer… Se laisser porter…
Mais cette fois-ci, c’était encore plus difficile qu'avant. Comme essayer d’ouvrir un livre dont les pages pesaient une tonne. Il comprit qu'il avait perdu l'habitude de plonger dans la mémoire des objets. Zain ferma les yeux et poussa plus loin.
Il forçait. Il insistait.
Puis enfin…
Une image, floue.
Un garde.
Une main gantée tapant un code.
Six chiffres.
Les chiffres dansaient dans son esprit, se bousculant, se superposant.
Il les tenait.
Zain rouvrit les yeux brusquement, haletant.
Ses doigts tremblaient encore lorsqu’il tendit la main vers le clavier extérieur de sa cellule.
Il rassembla la force et commença à taper grâce au code. Un chiffre. Puis un autre. Il faillit se tromper. Quand un bip retentit alors que le champ de force se désactivait. Le jeune padawan eut un hoquet de surprise. Il avait réussi.
Mais il n’avait pas le temps de savourer sa victoire.
Il devait maintenant monter un plan.