Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force

Chapitre 7 : Dîner chez les Altar

4372 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 20/02/2026 13:58

Dans le Sénat Républicain. Après la fin de la première journée de la conférence galactique.

Le bureau de la Voix des Jedi était plongé dans un silence tendu, seulement troublé par le murmure des holo-écrans diffusant les bulletins d’information de la journée en continu.

— "L’intégration du Nouvel Ordre Jedi au Conseil de Sécurité représente une décision historique, mais aussi controversée. Certains y voient un renforcement nécessaire face à la menace Sith, tandis que d’autres dénoncent une intrusion dans les affaires politiques de la République."

Sur un autre écran, les réactions des figures politiques commençaient déjà à se multiplier.

Lorr Tanys, Président du Consortium de Cato Neimoidia, affichait un air glacial en s’exprimant d’un ton mesuré mais acéré :

— "Ce vote marque un tournant dangereux. Les Jedi n’ont jamais été soumis à nos lois ni à nos protocoles militaires. Leur donner une place au sein du Conseil de Sécurité, c’est leur accorder une position politique qu’ils n’ont jamais eue, et qui pourrait un jour se retourner contre nous."

Face à lui, Rendoth Kai, Premier Ministre de Denon, défendait une vision plus pragmatique :

— "Nous sommes en guerre contre un ennemi qui sait frapper dans l’ombre. Les Jedi sont les seuls capables de percevoir et d’anticiper ces mouvements. Ne pas utiliser leur expertise serait une erreur. Il ne s’agit pas de leur remettre les clés de la République, mais de reconnaître leur rôle stratégique."

Mais c’est l’intervention du Chancelier Lorr Tavas qui capta véritablement l’attention. Son image apparut sur l’écran principal, son ton ferme et mesuré cherchant à apaiser la situation.

— "Le Grand Maître Brightstar a été claire : cette présence est temporaire, justifiée par l’urgence de la situation. Une fois la menace Sith neutralisée, le Nouvel Ordre Jedi quittera ce siège. D’ici là, il nous appartient de veiller à ce que cette coopération soit un atout pour tout le monde."

Meywine observa l’écran un instant avant d’expirer lentement.

Face à elle, Eden Laurine, la Voix des Jedi, affichait un air satisfait, son regard brillant d’une lueur déterminée.

— "Un premier pas."

Meywine tourna lentement la tête vers elle.

— "Un pas, oui. Mais dans quelle direction ?"

Eden esquissa un sourire léger, sans dissimuler son enthousiasme.

— "Vers la paix. Nous avons enfin une place à la table où se prennent les décisions. Nous ne sommes plus relégués au simple rôle de protecteurs sans voix."

Meywine croisa les bras, la scrutant attentivement.

— "Peut-être ? Mais une paix au dépend de nos valeurs était-elle une vraie paix. Maintenant chaque action, chaque parole du Conseil Jedi sera scrutée, interprétée et utilisée contre nous à la moindre erreur."

Eden s’appuya contre son bureau, impassible.

— "Alors nous devons faire en sorte de ne pas commettre d’erreur."

Meywine soupira.

Dans un coin de la pièce, Valia resta silencieuse, observant l’échange avec un malaise grandissant. Elle n’aimait pas cette discussion. Toute sa jeunesse, elle avait vu sa mère évoluer dans les arcanes du pouvoir, manœuvrant avec subtilité pour protéger les intérêts des Jedi et de leur famille. Elle connaissait cette logique. Elle savait où elle menait.

Pourtant, elle voyait aussi l’autre face du problème : l’Ordre Jedi n’avait pas le luxe de rester en retrait alors qu’un ennemi puissant tissait sa toile dans l’ombre.

À côté d’elle, Geki, lui, restait plus détendu, bien que son regard attentif montrait qu’il suivait la conversation avec intérêt. Il n’avait pas l’expérience de Valia en politique, mais il savait reconnaître un débat où chacun pensait avoir raison sans vouloir le dire ouvertement.

Meywine inspira profondément, posant son regard sur Eden.

— "Nous avons déjà vu où mène une trop grande proximité avec le pouvoir. Ce Conseil de Sécurité est une arme à double tranchant. Il nous donne des moyens, mais il nous enferme aussi dans un cadre qui ne sera jamais le nôtre."

Eden ne sembla pas se troubler.

— "C'est toujours mieux d'avoir une arme, même une qui risque de nous blesser, que de naviguer cette menace en aveugle."

Meywine garda le silence un instant, pesant soigneusement les mots d’Eden.

Avant que la discussion ne puisse continuer, quelqu'un toqua à la porte du bureau. Valia ouvrit lentement.

Korrin Altar entra, son uniforme cérémoniel de la Garde Royale impeccablement ajusté. Malgré son allure imposante, il semblait légèrement mal à l’aise en présence d’Eden. Leur relation, bien que pacifique, restait marquée par six années de séparation.

Il s’éclaircit la gorge avant de s’incliner respectueusement devant Meywine.

— "Grand Maître."

Puis, il adressa un regard plus mesuré à Eden.

— "Eden."

Une certaine gêne s’installa, leur séparation n'ayant jamais été officialisée. Cela faisait six ans maintenant que les deux s’évitaient religieusement.

Le prince poursuivit, cherchant ses mots avec une certaine prudence.

— "Grand Maître, je viens vous porter une invitation de la reine. Elle souhaite vous convier à dîner ce soir, dans son quartier privé du Sénat."

Meywine arqua un sourcil.

— "Un dîner ?"

Korrin hocha la tête.

— "Oui. Elle souhaite discuter avec vous dans un cadre plus tranquille. Vos padawans peuvent vous accompagner si vous le souhaitez."

Valia échangea un regard avec son père. Korrin semblait crispé, son expression impassible masquant mal une certaine contrariété. Elle se souvint qu'il l'avait invitée à dîner avec lui après la conférence. La jeune Zeltronne comprit immédiatement, ce qui devait être un simple dîner familial a été détourné en une réunion politique.

— "Qu’en est-il de la voix des Jedi. De la représentante de la famille Laurine de Zeltron ? Est-elle invitée à ce dîner aussi ?"

Demanda Eden, offusquée.

— "La reine n'a pas demandé votre présence, Eden." Répondit sèchement Korrin à sa femme.

Eden, choquée, laissa sortir un petit cri de stupeur, pendant que Meywine scrutait le prince, avant qu’elle n’incline légèrement la tête.

— "Nous acceptons avec plaisir."

Korrin ne s’attarda pas. D’un mouvement mesuré, il effectua un salut discret avant de quitter la pièce d’un pas rapide, comme s’il tenait à s’éloigner sans délai.

Meywine le suivit du regard un instant avant de reporter son attention sur Eden.

— "Il n’a pas l’air enchanté."

Eden haussa légèrement un sourcil, un sourire moqueur étirant ses lèvres.

— "Vous trouvez ? Moi, ça fait bien longtemps que je n’arrive plus à le lire en lui."

Sa voix était légère, mais son ton trahissait une pointe d’ironie.

Valia sentit une colère sourde monter en elle. Son père n’était pas un homme expansif, mais ce n’était pas une raison pour se moquer ainsi de lui. Pourtant, elle ravala son irritation et garda le silence, les mâchoires serrées. Ce n’était ni le moment ni l’endroit pour réagir.

À côté d’elle, Geki, qui n’avait pas suivi toute la tension sous-jacente, se pencha légèrement vers Valia, l’air curieux.

— "Dis, les Zeltrons ont des spécialités culinaires, non ? Je parie que vous avez des viandes que je n'ai jamais goûtées ! Je compte sur toi pour m’indiquer les meilleurs plats."

Son enthousiasme détonnait avec l’ambiance plus tendue de la pièce. Valia détourna son regard d’Eden pour le poser sur son ami, qui affichait un sourire gourmand. Elle esquissa un sourire en coin et haussa légèrement les épaules.

— "Tu sais ! Les nobles Zeltrons se targuent d’être des pur végétariens. Ils disent que ce sont nos plantes qui nous donnent ce teint rose jalousé par les peuples de la galaxie. Donc très peu de chance que tu croises de la viande durant ce repas."

Geki, qui s’attendait déjà à goûter des mets exotiques et savoureux, prit une expression de pur désespoir. Il se tourna immédiatement vers Meywine, levant la main, comme un élève cherchant à attirer l'attention de son enseignante.

— "Grand Maître, permission de ne pas venir à ce dîner."

Meywine, amusée par sa réaction, croisa les bras et le regarda d’un air faussement sévère.

— "Permission refusée. D'ailleurs, tu vas me suivre immédiatement, pour être sûr que tu ne sois pas en retard."

Elle se leva et attrapa son padawan par la joue, le traînant dehors sous ses protestations.

Geki jeta un dernier regard vers sa camarade, espérant peut-être qu’elle intercède en sa faveur pour lui éviter le calvaire végétarien qui l’attendait.

Alors que Valia s’apprêtait à les suivre, mais à peine eut-elle fait un pas qu’une main se posa légèrement sur son bras.

— "Reste un instant," dit Eden, qui avait retrouvé son calme.

Valia s’arrêta, surprise.

Depuis son arrivée à Bailopolis aux côtés de Meywine, Eden l'avait évitée, ne lui adressant la parole que lorsque cela était strictement nécessaire, toujours sous le cadre rigide des préparatifs de la Conférence Galactique. Pas une seule fois sa mère n’avait cherché un échange personnel.

Valia avait secrètement espéré que cette semaine passée à coopérer ensemble apaiserait la distance entre elles. Mais rien n’avait changé.

Alors pourquoi, maintenant ?

Eden croisa les bras, évitant le regard de sa fille un instant, comme si elle hésitait roulant de ses yeux verts. Puis, d’un ton presque détaché, elle demanda :

— "Tu as ramené une robe de cérémonie ? Ou tu veux que je t’en fasse amener une ?"

Valia haussa un sourcil. C’était donc pour ça qu’elle la retenait ?

— "Je suis peut-être une padawan chevalier maintenant, mais je n’ai pas oublié votre leçon : quand on visite Bailopolis, on ramène toujours une robe de cérémonie." répondit-elle sans chercher à masquer son amusement.

Eden eut un léger sourire en coin, difficile à interpréter. Fierté ? Nostalgie ? Ou simplement satisfaction de voir que, malgré tout, Valia n’avait pas entièrement renié son éducation ?

— "Bien." se contenta-t-elle de dire avant de détourner légèrement la tête, son expression redevenant plus neutre.

Valia fixa un instant sa mère, cherchant un signe, un indice qui trahirait quelque chose de plus que cette simple question. Mais Eden resta égale à elle-même, impassible, avant d’incliner légèrement la tête et de se détourner.

Ce n’était pas grand-chose. Un petit échange, presque anodin. Pourtant, Valia ne put s’empêcher d’y voir plus qu’un simple souci d’étiquette. Sa mère voulait qu’elle soit à la hauteur.

Le soir, les couloirs du Sénat républicain étaient plus calmes, loin de l’agitation qui avait marqué la journée. Devant la porte massive menant aux quartiers privés de la Reine Azra, Valia ajusta légèrement les plis de sa robe de cérémonie violette. Elle aurait dû en porter une orange. La couleur de la famille Laurine. Mais elle n’avait pas pu s’y résoudre. Depuis son émancipation, enfiler à nouveau cette couleur lui semblait déplacé.

Devant l’entrée, elle trouva déjà Meywine et Geki qui l’attendaient.

Le Grand Maître Jedi, fidèle à elle-même, n’avait rien changé à son apparence : toujours cette robe blanche immaculée brodée de fils dorés, reflet de son rang et de sa position. À ses côtés, Geki… était méconnaissable.

Il avait abandonné sa robe marron pour un haut Jedi rouge foncé, parfaitement assorti à ses cheveux flamboyants, et un pantalon noir plus formel avec de longues bottes. Mais ce qui attira le plus l’attention de Valia, ce fut sa coiffure. Ses mèches rebelles, habituellement en bataille, étaient plaquées comme si sa tête avait été écrasée par un rayon tracteur.

Et vu sa moue boudeuse, Valia devina immédiatement qui en était responsable.

— "Je suis victime d’un crime," grogna-t-il en passant une main dans ses cheveux aplatis. "Le Grand Maître m’a torturé."

Meywine, impassible, applaudit son exploit de répondre avec une sérénité absolue :

— "J’ai encore accompli un miracle. J'ai rendu Geki présentable."

Valia eut un petit sourire en coin.

— "Un exploit que seule la Séraphine pouvait accomplir."

— "Hé !" protesta Geki, croisant les bras avec une indignation feinte.

— "Nous pouvons entrer ?" demanda Meywine aux gardes qui assistaient avec incompréhension à la scène.

D'un geste solennel Les lourdes portes s’ouvrirent, dévoilant une vaste salle de réception. Le plafond voûté s’élevait haut, orné de fresques discrètes représentant l’histoire de la lignée royale de Zeltron. Aux murs, de hautes fenêtres laissaient entrevoir la skyline illuminée de Bailopolis, tandis qu’au centre de la pièce, une immense table trônait, dressée avec une élégance raffinée.

L’éclairage des chandeliers suspendus projetait des reflets dorés sur la vaisselle précieuse et les coupes de cristal. Rien ici n’était ostentatoire, mais tout transpirait le pouvoir et la tradition.

Un valet Zeltron vêtu de soie carmin et or s’avança avant de déclarer d’une voix pressante :

— "Grand Maître du nouvel ordre Jedi Meywine Brightstar et ses Padawans, Valia Laurine et Geki Keshin."

Meywine entra la première, son maintien noble et assuré, suivie de près par Valia et Geki. Ce dernier avançait d’un pas moins mesuré, l’air curieux, observant déjà les plats disposés sur la table.

Au bout de la table, la Reine Azra Altar attendait dans son fauteuil volant. À sa gauche, son fils Korrin Altar s’était levé dès leur entrée en signe de respect. Mais ce ne fut pas lui qui attira immédiatement son attention.

Assise à la droite de la Reine, une jeune fille du même âge que Valia, aux cheveux noirs et d'une peau plus rosée que la sienne, partageant avec elle des petites cornes sur le front. Elle portait une robe jaunâtre sans manches ressemblant à celle de la reine. Elle se leva à son tour avec grâce et inclina légèrement la tête.

Zélia Altar. La nièce de la Reine et héritière du trône de Zeltron.

Valia ne s’attendait pas à sa présence, que faisait-elle ici.

Les invités prirent place autour de la table dans un mélange de retenue et de curiosité. Meywine s'installa aux côtés de ses padawans, Valia et Geki.

Les serveurs commencèrent à disposer les plats avec une précision impeccable. Comme Valia l’avait prédit à Geki, le repas était exclusivement végétarien. Les soupes aux teintes orangé, les assortiments de légumes soigneusement préparés, et les arômes floraux qui s’en dégageaient témoignaient du raffinement culinaire des nobles Zeltrons.

La reine Azra tourna son regard vers Meywine avant de désigner d’un geste élégant la jeune fille assise à sa droite.

— "Grand Maître, voici ma nièce, la princesse Zélia."

Meywine inclina légèrement la tête en signe de respect.

— "C’est un honneur de faire votre connaissance, princesse."

Zélia s'inclina de la tête par respect.

— "Je suppose que tu connais déjà la cousine de ton père, Valia. Demanda la reine à la jeune padawan."

— "Oui bien sûr. Je suis ravie de vous revoir princesse." Balbutia Valia ne s'attendant pas à ce que la reine lui adresse la parole.

Zélia, droite sur sa chaise, lui afficha un sourire poli, mais son regard se posa bien vite sur Geki. Elle l’observa en silence, attendant visiblement qu’il se présente.

Mais Geki, totalement absorbé par le contenu de son assiette, ne remarquait rien. Il fixait avec un air dépité la soupe violette où flottaient des morceaux de plantes exotiques, jouant du bout de sa cuillère sans grande conviction.

Meywine, voyant la scène, lui donna un coup de coude discret.

— "Aïe !" sursauta Geki, redressant brusquement la tête.

Son regard croisa celui de Zélia, qui le fixait avec une curiosité évidente.

— "Euh…" Il se redressa légèrement, reprenant un semblant de contenance. "Geki Keshin, padawan du Grand Maître."

Zélia hocha lentement la tête, un sourire amusé flottant sur ses lèvres.

— "Vous semblez perplexe devant votre assiette, Geki Keshin."

Geki jeta un regard hésitant à Meywine, comme s’il espérait un secours qui ne viendrait pas, puis haussa les épaules.

— "Disons simplement que je n’ai pas encore le palais assez raffiné pour apprécier la cuisine zeltronne."

Zélia haussa un sourcil, intriguée, tandis qu’Azra et Korrin échangeaient un regard amusé.

La reine frappa violemment la table, et comme s’il avait été invoqué par la Force elle-même, un majordome zeltron apparut instantanément, surgissant d’un recoin discret de la pièce.

— "Le garçon n’est pas fait pour notre nourriture," déclara Azra d’un ton faussement contrarié. "Amenez-lui quelque chose qu’il aime. Je ne veux pas qu’on m’accuse d’affamer les enfants, j’ai déjà une assez mauvaise réputation comme ça."

Geki, voyant une opportunité inespérée, sous le regard rempli de réprimande de son maître ne perdit pas une seconde.

— "De la viande. Juste de la viande. N'importe quelle viande."

Le majordome ne posa aucune question avant de s’éclipser en silence.

Valia, elle, remarqua que Zélia n’avait pas quitté Geki des yeux depuis son arrivée. Il y avait dans son regard une curiosité presque… anthropologique. Comme si elle étudiait un animal rare, fascinée par son comportement.

Le reste du repas se déroula sous un silence pesant, rythmé uniquement par le bruit des couverts et certaines anecdotes futiles du temps où Meywine et Korrin fréquentaient l'académie Jedi sur Scarif.

Lorsque Zélia eut terminé son assiette, Azra brisa enfin le silence en se tournant vers sa nièce.

— "Alors, as-tu reçu les derniers disques de Stratégie Stellaire : Conquête Galactique que je t’ai fait envoyer ?"

Le visage de Zélia s’illumina aussitôt.

— "Oui ! Je voulais justement vous les montrer, Ma tante ."

Valia ressentit une légère brise de jalousie, elle qui n'avait pas le droit d'appeler Azra "grand-mère". La reine esquissa un léger sourire, mais au lieu d’acquiescer, elle jeta un regard en direction de Geki.

— "Plutôt que moi, je pense que tu devrais les montrer au Padawan Keshin. Il me semble qu’il est du genre à apprécier ce genre de divertissements."

Zélia jeta un coup d’œil à Geki, puis hocha la tête avec enthousiasme.

— "D’accord. Venez, Geki je vais vous montrer ma collection."

Geki, qui mâchait encore un morceau de viande avec satisfaction, haussa un sourcil mais ne protesta pas.

Il se leva et suivit la princesse hors de la pièce.

Valia, elle, sentit immédiatement le piège. Cette diversion était trop évidente. Azra voulait se retrouver seule avec Meywine et Korrin.

Elle hésita, puis se leva pour suivre Geki et Zélia.

Mais avant qu’elle ne puisse quitter la table, la voix d’Azra la retint.

— "Reste, Valia."

La jeune femme se figea, cherchant du regard son père.

Korrin, le regard nerveux qui oscillait entre sa mère et Meywine, trahissait une certaine réticence. Il n’était clairement pas en accord avec la tournure que prenait cette conversation, mais il ne protesta pas.

Meywine, qui n’était pas dupe aussi, observa silencieusement Zélia quitter la pièce avec Geki avant de mettre son assiette de côté et poser calmement ses mains sur la table.

— "Alors, nous pouvons enfin parler franchement."

Azra, un sourire léger aux lèvres, hocha la tête.

— "Nous pouvons, en effet. Que voulez-vous savoir, Grand Maître ?"

Meywine ne perdit pas de temps.

— "Pourquoi avoir tant insisté pour faire entrer le Nouvel Ordre Jedi au Conseil de Sécurité ?"

Azra ne répondit pas immédiatement. Elle laissa le silence planer un instant, comme si elle pesait soigneusement ses mots, avant de se pencher légèrement en avant.

— "Parce que l’heure est grave."

Son regard s'assombrit, se faisant plus perçant.

— "La République stellaire et les Jedi sont sous le feu de deux camps. Et ils ne s’en rendent même pas compte."


************************************

Dans un repaire sombre de la galaxie, Zain avançait lentement, son dos collé aux murs métalliques. Il s’attendait à une base grouillante de vie, remplie de gardes et de manieurs sombres, mais c’était presque le contraire. Le boucan qu'il avait entendu plutôt s'était vite tu. Le silence régnait. Seuls quelques bruits de pas résonnaient parfois dans les couloirs, et il lui semblait que la majorité des effectifs avaient déserté l’endroit.

Il ne savait pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il ne pouvait pas fuir. Il n’avait aucun plan, aucune arme, aucun moyen de quitter cet endroit. Son seul espoir résidait dans un message. Un appel à l’aide.

Il devait prévenir quelqu’un. Et il n’y avait qu’une seule personne dont il connaissait le communicateur par cœur. Valia.

Il accéléra le pas, cherchant du regard un terminal de communication. Il y en avait forcément un quelque part.

Puis, un frisson lui parcourut l’échine.

Une sensation oppressante, familière. Un danger approchait. Il en était sûr.

Il se figea, retenant son souffle, et tendit l’oreille. Des pas. Deux personnes. Il reconnut ces présences avant même d’entendre leurs voix.

Tralben et Lysel.

Le sang de Zain se glaça. Les jumeaux Mythrols. Ceux qui l’avaient traqué sur Serenno, ceux qui avaient failli le tuer dans la Forêt Noyée.

Il eut à peine le temps de plonger dans une alcôve, le dos plaqué contre le métal froid, le cœur battant à tout rompre.

Les voix des Mythrols résonnèrent dans le couloir.

— "On est encore coincés ici comme des droïdes, à jouer les gardes de prison." Tralben cracha au sol, sa frustration évidente.

— "Ouais… Dire qu'à l'époque du Syndicat Sornax, on était craints et respectés." Lysel grogna. "Maintenant, on nous laisse surveiller des couloirs pendant que les autres partent s’amuser."

Zain retint son souffle. S’amuser ?

Tralben ricana.

— "C’est parce qu’ils veulent pas de nous pour l’attaque, voilà tout."

Zain sentit un frisson lui remonter l’échine.

— "T’as vu comme ils ont préparé ça en douce ? Ça va être énorme. Les Jedi vont rien comprendre."

Les pas s’éloignèrent peu à peu. Zain attendit quelques secondes de plus avant d’oser bouger.

Une attaque. Celle dont parlait Nihilius. Il devait se dépêcher.

Quelques mètres plus loin, il trouva un petit poste de surveillance niché dans un coin du couloir. Un écran mural affichait des flux de données, et juste à côté, un terminal de communication.

Zain s’y précipita, posant immédiatement ses doigts tremblants sur l’interface.

Verrouillé.

Bien sûr.

Il jura entre ses dents et plaça sa paume contre le terminal, cherchant à plonger dans ses souvenirs.

Rien.

Zain plissa les yeux et força davantage. Comme avec la porte, il avait du mal à lire le terminal.

Tout était flou. Il inspira profondément, ferma les yeux et poussa encore plus loin.

Une image, enfin.

Un garde tapant un code. Six chiffres.

Zain rouvrit les yeux, haletant.

Pourquoi était-ce si difficile ? Alors que c'était son don de naissance. Et depuis quand avait-il une connexion si forte avec la force qu'il pouvait sentir le danger, et identifier les autres rien qu'avec leurs auras ? Il n’avait pas le temps d’y penser. Il entra rapidement les chiffres.

Bip.

L’écran s’illumina.

Il n’attendit pas une seconde de plus. Il entra le code du communicateur de Valia et déclencha l’enregistrement.

— "Valia… c’est Zain."

Sa voix tremblait légèrement, mais il n’avait pas le luxe d’hésiter.

— "J’ai retrouvé mon corps. Je ne sais pas comment, ils ont dit parce que j'étais éveillé durant l'ascension des Sith. Je ne sais pas où je suis, ou se trouve cette base des Enfants de Korriban où je suis prisonnier. Mais je ne vais pas y rester pour longtemps. Ils vont m’emmener sur Byss. Darth Nihilius veut finir ce qu’il a commencé.

— "Ils veulent performer un nouveau rituel Sith pour permettre à Dooku de prendre le contrôle de mon corps définitivement."

Il passa une main sur son visage, tentant d’ignorer la panique qui menaçait de le submerger.

— "Je… Je ne peux pas m’échapper. Je n’ai aucune issue. La seule chose que je peux faire, c’est t'envoyer ce message. S’il te plaît… viens me chercher sur Byss."

Il hésita un instant avant d’ajouter, précipitamment :

— "Il y a autre chose. J’ai entendu parler d’une attaque. Une énorme attaque contre les Jedi. C'est imminent. Préviens le Grand Maître et fais attention."

Des bruits de pas.

Il coupa immédiatement l’enregistrement et l’envoya.

Message envoyé.

Zain effaça ses traces et fonça vers sa cellule. Il venait de jouer son dernier atout. Maintenant, tout dépendait de Valia.


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