Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force
Le bourdonnement familier du sabre résonnait dans le silence du bureau en ruine. Sa lumière verte éclaboussait les murs déchirés, projetant des ombres mouvantes dans la poussière en suspension.
Katarn contemplait la lame, le regard perdu dans la sensation qu’elle lui procurait. Son arme. Son prolongement. Comme un membre qu’on lui avait arraché et qu’il retrouvait enfin. Il resserra sa prise sur le manche, l’éprouva entre ses doigts, ressentant le poids parfait, l’équilibre précis, la chaleur de l’énergie qui pulsait à travers elle.
C’était comme s’il n’avait jamais été séparé d’elle.
Puis un gémissement derrière lui brisa ce moment de communion.
L'ancien Jedi se tourna brusquement, posant les yeux sur la silhouette effondrée contre le mur.
Haris.
Le vieil homme ouvrait lentement les yeux, une main tremblante portée à sa tempe ensanglantée. Il battit des paupières plusieurs fois, cherchant à percer le flou de sa vision. Lorsqu’il aperçut Katarn, son expression oscilla entre confusion et incrédulité.
— "Coleman… ?" Sa voix était rauque, à peine plus qu’un souffle.
Il tenta de bouger, mais son corps meurtri refusa de lui obéir. Un grognement de frustration lui échappa tandis qu’il s’appuyait sur ses coudes pour se redresser.
— "Ne forcez pas, mon oncle."
Joran, agenouillé à ses côtés, glissa un bras sous son épaule pour l’aider. Alors que le haut gardien de la prison jeta un regard inquiet à Katarn, cherchant une explication.
— "Comment es-tu sorti de ta cellule ? Qu’est-ce qui se passe dehors ?" demanda Haris, sa voix encore marquée par la faiblesse.
— "La prison est attaquée." C’est Joran qui répondit en premier, sans lâcher son oncle. "Les champs de confinement ont sauté après une explosion. Le Nul-Force ne fonctionne plus. Les Enfants de Korriban sont là, et…"
Soudain, un vacarme éclata dans le couloir.
Des cris de rage. Des coups de bottes contre le sol métallique.
Puis une clameur féroce monta, portée par des voix déformées par la haine.
— "TROUVEZ LE VIEUX BRIGHTSTAR, TUEZ-LE !"
— "IL NOUS A ENFERMÉS ICI COMME DES SARLACC !"
— "ON NE PARTIRA PAS SANS SA TÊTE !"
Joran blêmit et se tourna vers la porte éventrée, d’où la lueur tremblante des incendies extérieurs filtrait à travers la fumée.
— "Merde…" Il passa nerveusement sa main sur son front. "Ils viennent pour lui."
Katarn serra les dents. Il n’était pas surpris. Les prisonniers n’allaient pas laisser passer l’occasion de se venger de l’homme qui représentait des années d’enfermement.
La Force retrouvée, Katarn n'hésita pas, il s'avança vers cette bande de vauriens, décidé à leur montrer qu'ils avaient fait l'erreur de leur vie en menaçant son maître. Il inspira profondément, alors qu'il sortait du bureau cherchant à rassembler ses forces.
Il les vit au bout du couloir, une vingtaine de prisonniers de races différentes armés de barres métalliques et dont le regard annonçait leur rage.
Il voulait les stopper. Les faire reculer. Canaliser la Force pour ériger une barrière invisible entre eux et leur cible.
Mais à l’instant où il toucha l’énergie qui l’entourait, tout bascula. Un éclair blanc déchira sa vision, le précipitant ailleurs.
Il n’était plus dans le couloir.
Il se tenait au sommet d’un monolithe, une tour noire et argentée surgissant d’un paysage irréel.
Autour de lui, le monde semblait en perpétuelle mutation : le ciel oscillait entre un bleu limpide et une nuit constellée d’étoiles, comme si le temps lui-même ne savait plus dans quelle réalité il existait.
Un vent glacial fouettait son visage, chargé de murmures indistincts. Il tenta de bouger, mais son corps semblait figé, ancré à cette place comme une statue.
Puis, une voix. Un murmure à peine perceptible, mais qui résonna jusque dans ses os.
— "L'heure du choix est venue."
Katarn chercha l’origine du son, mais il ne voyait personne.
Tout disparut. D'un coup, il était sur le dos, les oreilles bourdonnantes. Les prisonniers l’avaient fait tomber et s’acharnaient sur lui. Des coups de pied et de poing pleuvaient sur son corps, l’écrasant au sol.
Puis une voix, lointaine, comme noyée dans un brouillard :
— "Coleman ! Lève-toi, bon sang !"
Joran.
Katarn sentit une main tenter de l’agripper.
Il ne réfléchit pas.
Il laissa la Force exploser autour de lui.
Une onde de choc balaya les assaillants dans un vacarme assourdissant.
Il roula sur le côté, crachant du sang, puis se redressa lentement.
Son souffle était erratique. Son cœur battait à un rythme frénétique, toujours hanté par la vision qu'il venait de voir.
Il prit une profonde inspiration, il devait chasser les échos de cette vision. Ce n’était pas le moment de s'éparpiller. Il avait une autre priorité. Il devait faire sortir Haris d’ici.
Le trio quitta le bureau à la hâte. Katarn marchait à grands pas dans les couloirs en ruines, son sabre toujours allumé projetant une lueur verte sur les murs déchirés par les explosions. La prison entière résonnait de cris, de tirs et du fracas des combats.
— "Où allons-nous ?" demanda-t-il sans ralentir.
Haris, soutenu par Joran, reprenait lentement son souffle. Son visage était pâle, marqué par la fatigue, mais son esprit restait vif.
— "L’aile nord," répondit-il. "Il y a un bunker de sécurité là-bas. Un refuge conçu en cas d’évasion massive, où le personnel non armé peut s’abriter jusqu’à ce que la situation soit maîtrisée."
Joran hocha la tête, comme pour seconder les paroles de son oncle.
— "Et il y a des communicateurs ?" Demanda Katarn.
— "Oui. Il y en a. Nous pourrons contacter les forces planétaires et leur signaler l’attaque."
Un plan. Imparfait, mais suffisant.
— "Alors on y va."
Ils avancèrent dans le chaos, Katarn ouvrant la voie, ses sens en alerte. Des prisonniers livrés à eux-mêmes erraient parmi les gravats, certains trop choqués pour bouger, d’autres s’entredéchirant pour de vieilles rancunes. Plus loin, des groupes armés s’acharnaient sur les derniers gardes qui tentaient encore de défendre la prison.
Mais Katarn n’entendait plus ces bruits.
Son esprit était ailleurs.
L’image de Mortis refusait de le quitter. La scène s’était gravée en lui comme une marque au fer rouge.
Elle semblait si réelle… Une vision du futur ?
Haris, malgré sa faiblesse, pouvait ressentir son trouble.
— "Coleman."
Katarn tourna la tête vers lui.
— "Calme-toi. Collecte tes pensées, ne te laisse pas submerger par tes émotions."
Haris s’appuya légèrement plus sur Joran pour s’arrêter un instant. Il regarda son ancien élève avec un sérieux profond.
— "Tu as été privé de la Force pendant un an. Et maintenant, elle revient à toi d’un coup, avec une intensité que tu n’as jamais connue. Ton corps, ton esprit, ton cœur… tout est en ébullition. C’est comme si un barrage venait de céder et que son flot te submergeait."
Katarn fronça les sourcils, toujours tendu.
— "Les visions que tu vois… elles peuvent être du passé, du futur… parfois les deux en même temps. Tu dois te maîtriser pour reprendre le contrôle."
Katarn inspira profondément, il se sentait revenir à ses années de padawan où il avait du mal à se canaliser. Il n’arrivait pas à se débarrasser de l’angoisse qu’il ressentait.
Il fixa Haris, son regard brûlant d’une intensité nouvelle.
"Ce que j'ai vu ! Si je vous le dis, vous ne me croirez pas, Maître", avoua-t-il.
Haris ne répondit pas. Il semblait de plus en plus fatigué, incapable de tenir une longue discussion.
Katarn ferma brièvement les yeux, pour s'assurer dans la Force que le chemin était sûr.
Mais au moment où il rouvrit les paupières, son cœur rata un battement.
Cette présence. Il la connaissait.
Lointaine, mais indéniable.
Froide, insidieuse… comme un serpent enroulé autour de son esprit.
C’était la même que sur Coruscant. La même que dans l'ancien temple de l'ordre Jedi.
Sedu.
Darth Nihilius.
Il était là.
Pas sur Mytus VII. Mais pas loin.
Assez proche pour que Katarn le ressente.
Et à cet instant, il sut. Sedu était en train de lui sourire.
Une connexion invisible venait de se former entre eux, comme un fil tendu entre leurs deux âmes. Katarn pouvait presque le voir, malgré la distance.
Un frisson glacé parcourut son corps, et il serra plus fermement le manche de son sabre.
— "Coleman !"
Joran le secoua légèrement par l’épaule.
— "Tu es avec nous ?"
Katarn hocha la tête, reprenant ses esprits.
— "Ouais. Je suis là."
Mais au fond de lui, il savait. Sedu savait qu’il était libre.
Après avoir parcouru la plus grande partie de la prison, l’aile nord était enfin en vue.
Les explosions, les cris et le chaos semblaient lointains maintenant. Ici, la bataille s’était stabilisée.
Une ligne de Brightstar se tenait devant le bunker, leurs sabres activés, surveillant les environs d’un regard vigilant. Ils étaient les derniers remparts, protégeant les réfugiés qui s’étaient repliés dans la zone sécurisée.
Haris, soutenu par Joran, peinait à avancer. Son corps tremblait sous l’effort, sa respiration saccadée. Il avait tenu jusqu’ici par pure volonté, mais son corps arrivait à sa limite.
Alors qu’ils approchaient enfin du bunker, ses jambes cédèrent.
Joran réagit immédiatement, resserrant sa prise sous l’aisselle de son oncle pour l’empêcher de s’effondrer.
— "On y est presque, tenez bon," murmura-t-il en le soulevant un peu plus.
Mais Haris ne répondit pas. Son souffle était court, son visage livide. Il avait perdu connaissance.
Katarn s’avança aussitôt pour lui venir en aide, mais Joran leva un bras pour lui bloquer le passage.
— "Attends."
Katarn s’arrêta net, un sourcil haussé.
Joran inspira profondément, semblant peser ses mots.
— "Écoute… Si tu passes cette porte, tu sais où ça va te mener."
Katarn croisa les bras.
— "Retour dans ma cellule ?" dit-il, un sourire en coin.
Joran acquiesça lentement.
— "Et cette fois, ils s’assureront que tu n’en sortes jamais."
Le silence pesa entre eux, seulement troublé par les lointains échos qui régnaient encore dans la prison.
Puis Joran reprit, sa voix plus basse, plus sérieuse.
— "Tu m’as sauvé la vie, Coleman. Sans toi, ce Sith m’aurait réduit en pièces."
Il fouilla rapidement dans une de ses poches et en sortit un petit appareil qu’il lança à Katarn.
Ce dernier l’attrapa d’un geste précis et baissa les yeux dessus.
Une commande d’ouverture à distance d'un vaisseau.
Il releva un regard incrédule vers Joran.
— "Tu es en train de me dire de m’enfuir ?"
Joran esquissa un sourire en coin.
— "Je dis juste que je peux gérer la situation tout seul et amener mon oncle en sécurité." Il haussa légèrement les épaules. "Et puis… J’aimerais bien, pour une fois, être celui qu’on félicite. Après tout, je viens à moi tout seul de sauver le haut gardien de Mytus."
Katarn le regarda un instant, il y avait une lueur d'hésitation dans les yeux, cachée par son humour. Mais Katarn connaissait Joran et il savait qu'il n'aimait pas avoir de dette.
D’un ton plus léger, ce dernier ajouta :
— "Par contre, sois sympa, gare-le dans un coin sûr. J’ai mis toutes mes économies dedans."
Katarn observa un instant la clé dans sa main, avant de relever les yeux vers lui.
Un sourire amusé étira lentement ses lèvres.
— "Je ne te promets rien… Je suis un très mauvais pilote."
Joran roula des yeux.
— "Génial… Au revoir les vacances sur Lanupa."
Sans un mot de plus, Katarn tourna les talons et s’élança dans les couloirs en direction des hangars.
L'ancien Jedi avançait rapidement dans les couloirs en ruines, son pas précis. Il connaissait la prison mieux que quiconque. Mytus VII n’était pas seulement l’endroit où il avait été enfermé, c’était l’endroit où il avait grandi. Il savait quels tunnels contournaient les principaux points de contrôle, quels conduits d’aération menaient directement aux sections clés.
Il longea un mur effondré, se faufila à travers un passage latéral dissimulé par des poutres métalliques tordues. Il pouvait entendre, au loin, des cris et des affrontements sporadiques. Mais quelque chose clochait.
Le bruit des combats avait pratiquement disparu.
Une partie de lui voulait s’en réjouir. Cela signifiait peut-être que l’assaut des Enfants de Korriban arrivait à son terme. Mais une autre partie savait que ce n’était pas forcément une bonne chose.
Il accéléra le pas. Après plusieurs détours à travers des couloirs à moitié effondrés, il arriva enfin à destination.
Le hangar.
Il n’attendit pas plus longtemps et sortit la clé que Joran lui avait donnée et appuya dessus.
Un léger signal sonore émit un bip dans la pénombre.
Katarn repéra le vaisseau immédiatement.
Un transporteur civil de taille moyenne, un modèle discret, conçu pour le fret et les déplacements à longue distance. Rien de remarquable. Parfait pour fuir sans attirer l’attention.
Il s'approcha ensuite devant le panneau de contrôle du hangar, balayant rapidement la surface couverte de poussière et de suie. L’écran tactile était fissuré, mais encore fonctionnel. Il posa une main dessus et activa la commande d’ouverture.
Un grondement sourd résonna dans l’immense pièce métallique alors que les lourdes portes commencèrent à coulisser lentement, laissant apparaître l’extérieur.
Le ciel s’ouvrit à lui.
Et il vit la bataille.
Des explosions illuminant l’espace comme des éclairs figés dans le vide. Et au milieu du chaos, les chasseurs Fighters de Serenno, leurs ailes effilées traçant des arcs mortels entre les tirs de laser, prenant en chasse les X-wings des défenses planétaires.
Katarn resta figé un instant.
Serenno. C’était là que tout avait commencé.
Un goût amer lui remonta dans la gorge. Ses doigts se crispèrent légèrement sur la console.
Mais il chassa ces pensées d’un battement de cils. Ce n’était ni le moment ni l’endroit pour ressasser le passé.
Sans un mot, il quitta la console et se dirigea vers le vaisseau de Joran. Il était temps de partir.
Alors qu'il s'apprêtait à monter à bord, une voix brisa le silence du hangar. Elle était tendue, vibrante d’une colère contenue :
— "Traître… Tu comptes vraiment t’enfuir ?"
Il se retourna lentement, et son regard tomba sur Koffi.
Le Maître Jedi était en piteux état. Ses vêtements étaient déchirés, brûlés à certains endroits. De la sueur perlait sur son front noir, et son sabre laser, activé, tremblait légèrement dans sa main. Ses traits étaient marqués par l’épuisement, mais son regard brillait d’une détermination féroce.
— "Je savais que tu viendrais ici." Sa voix était lourde de reproches. "Peut-être même que tu es de mèche avec les Enfants de Korriban."
Katarn ne répondit pas immédiatement. Il poussa un léger soupir et baissa les yeux vers son sabre avant de le désactiver.
— "Koffi… Va-t’en."
Le ton n’était pas menaçant. Juste fatigué.
— "Je n’ai pas envie de me battre contre toi. Ne me force pas à te faire du mal."
Le visage de Koffi se contracta sous l’effet d’une rage contenue.
— "Tu vois, c’est ça qui m’a toujours insupporté chez toi, Katarn. Cette arrogance."
Il serra les dents, avançant de quelques pas.
— "Ce regard, cette certitude que tu pouvais me défier."
Katarn ne bougea pas, mais son regard se fit plus froid.
Koffi continua, sa voix tremblante de rancune.
— "Normal venant d'un fils de mercenaire ! Un vaurien, une vermine des bas-fonds !"
Il leva son sabre, le pointant droit sur Katarn.
— "Du temps des vrais Jedi, quelqu’un comme toi n’aurait jamais été accepté parmi nous."
Katarn inspira profondément, son expression toujours impassible.
Il venait de comprendre. Koffi n’était pas seulement venu l’arrêter. Il était venu régler ses comptes.
— "Il semblerait que tu aies beaucoup sur le cœur ? Alors avant de dégainer, fais-moi plaisir : vide ton sac."
Katarn inclina légèrement la tête, un sourire moqueur effleurant ses lèvres.
— "Comme ça, au moins, j’aurai moins de scrupules à te tabasser si tu décides de me barrer la route."
Koffi serra la mâchoire, ses doigts crispés sur le manche de son sabre laser. Son regard brûlait d’une colère qui n’avait rien à voir avec la situation actuelle.
— "Tu crois que c’est un jeu ?" gronda-t-il. "Toujours à tout prendre à la légère."
Il fit un pas en avant, ses épaules tendues, il éclata enfin.
— "Des gens comme toi…" Il cracha presque ces mots. "Vous vous croyez toujours au-dessus des enjeux. Vous n’avez jamais voulu comprendre que l’Ordre Jedi aurait dû être bien plus que ce qu’il est devenu."
Katarn ne répondit pas, se contentant d’observer. Il le laissait parler. Il voulait qu’il parle.
Koffi continua, sa voix tremblante de rancœur.
— "Nous avons laissé cette galaxie être dirigée par des politiciens, au lieu de la guider comme nous l’aurions dû. Nous avons choisi la neutralité au lieu de prendre les rênes, et regarde où ça nous a menés !"
Il fit un geste de la main, désignant le chaos qui régnait au-dehors, la prison en ruines, l’attaque qui faisait rage.
— "Mais le pire, c'est que des Jedi comme toi ont toujours méprisé ceux qui voulaient réellement faire la différence. Ceux qui avaient l’audace de penser que nous aurions dû imposer notre autorité pour une meilleure galaxie."
Katarn expira lentement, puis avança à son tour, réduisant l’espace entre eux.
— "J’en ai marre."
Sa voix était calme, dénuée d’amusement.
— "Marre de tous ces types qui veulent jouer aux sauveurs. Qui pensent qu’ils sont les seuls à comprendre ce dont la galaxie a besoin."
Il désigna Koffi d’un geste du menton.
— "Tu crois détenir la vérité ? C’est ça ton problème. Toi, Nihilius, tous ceux qui pensent qu’ils sont les seuls à voir clair. Mais la galaxie n’a jamais eu besoin de vous. Pas plus qu’elle n’a besoin de moi."
Il marqua une pause, puis haussa légèrement les épaules.
— Koffi, tu es juste un type qui refuse d’accepter que le monde ne sera jamais exactement comme tu veux qu’il soit."
Son regard s’assombrit légèrement.
— "Alors maintenant, pousse-toi de mon chemin."
Son ton était sans appel. Pas une menace. Une certitude.
Mais Koffi n’avait pas l’intention de reculer.
Il activa son sabre dans un sifflement brûlant.
Le choc des sabres résonna dans le hangar alors que les lames verte et bleue s’affrontaient dans une danse mortelle. Katarn mesurait chacun de ses mouvements, testant la résistance de son adversaire.
Il espérait que Koffi lui offrirait un vrai duel. Mais très vite, il réalisa que ce ne serait pas le cas.
Koffi attaquait avec fureur, mais sans la précision et la maîtrise qu’il lui connaissait autrefois. Son souffle était saccadé, ses gestes manquaient de fluidité. Il était rapide, certes, mais pas assez. Son style de combat, d’ordinaire agressif et impitoyable, était brouillon, hésitant.
Katarn était presque déçu.
Certes, Koffi était épuisé. Mais lui aussi. Il avait passé un an privé de la Force, enfermé dans une cellule, son corps et son esprit brisés par la monotonie de la prison. Et pourtant, il dominait le duel avec une facilité déconcertante.
Leurs lames s’entrechoquèrent une dernière fois. D’un mouvement fluide, Katarn feinta une ouverture sur son flanc droit. Koffi mordit à l’hameçon, tentant de capitaliser sur cette prétendue faille. Mais il ne vit pas venir la contre-attaque.
Un mouvement sec. Un revers précis.
Le sabre de Koffi s’envola hors de ses mains, tourbillonnant en l’air avant de retomber plus loin sur le sol métallique du hangar.
Au moment où Koffi réalisa qu’il était désarmé, Katarn lui asséna un coup de poing fulgurant en plein visage.
L’impact fit craquer sa mâchoire. Les yeux de Koffi roulèrent dans leurs orbites alors qu’il s’effondrait lourdement sur le sol, inconscient.
Le silence retomba aussitôt.
Katarn souffla lentement, secouant légèrement sa main après l’impact.
— "Je t’avais prévenu."
Il jeta un dernier regard au corps inerte de Koffi, puis désactiva son sabre avant de se diriger vers le vaisseau. Il n’avait plus de temps à perdre.
Katarn s’engouffra dans le cockpit du vaisseau et s’assit lourdement dans le siège du pilote.
Il posa les mains sur les commandes et inspira profondément. Il était un combattant, un stratège, un Jedi formé à l’art du sabre et de la Force. Mais un pilote ? Pas vraiment.
Il parcourut rapidement le tableau de bord du regard, essayant de se souvenir des rudiments du pilotage. Les cours qu’il avait reçus lui semblaient lointains… et il avait toujours préféré laisser Harlow, son vaisseau prugil, gérer cette partie.
— "Allez, comme au bon vieux temps à l'académie," murmura-t-il pour lui-même.
Il enclencha les systèmes un à un, suivant son instinct plus que ses souvenirs. Le vaisseau vibra sous lui alors que les moteurs s’activaient lentement. Le tableau de bord clignota, affichant une série de diagnostics qu’il ignora complètement.
Il referma la verrière et agrippa fermement les commandes.
— "On va y aller doucement… Doucement…"
Il poussa légèrement sur les manettes de propulsion. Le vaisseau se souleva, tremblotant, puis pivota maladroitement avant de se stabiliser.
Katarn souffla. Première étape réussie.
Lentement, il dirigea l’appareil vers l’immense porte du hangar. De l’extérieur, il pouvait voir le ciel déchiré par une bataille féroce.
Des chasseurs filaient à toute vitesse, traçant des lignes lumineuses dans l’obscurité.
Il propulsa le vaisseau à travers l’ouverture du hangar. Tant bien que mal, il navigua entre les tirs de blasters et les vaisseaux en plein combat. Il savait que son seul espoir était de se faufiler hors de l’atmosphère sans attirer l’attention.
Mais évidemment, ça ne pouvait pas être aussi simple.
Un bip sonore attira son attention.
Un chasseur ennemi venait de se placer dans son dos.
— "Déjà…" grogna-t-il.
Les alarmes du vaisseau retentirent alors que son poursuivant ouvrit le feu. Katarn effectua une manœuvre d’évitement instinctive, mais le vaisseau trembla violemment sous l’impact des tirs qui frôlèrent son flanc.
Il n’allait pas tenir longtemps.
Soudain, une explosion illumina l’espace derrière lui.
Un X-Wing venait d’intervenir.
Katarn vit le chasseur ennemi partir en vrille, en proie aux flammes, avant d’exploser dans une gerbe de métal incandescent.
Une voix grésilla dans son communicateur.
Le pilote du X-Wing dut voir l’identification sur son écran.
— "Joran, c’est toi ? Réponds !"
Katarn serra les dents.
S’il répondait, il risquait de se trahir. S’il ne répondait pas, il éveillerait encore plus de soupçons. L'espace n'était plus loin, il devait tenir encore un peu.
Le communicateur grésilla à nouveau.
— "Joran ? Bordel, réponds-moi ! Que c'est il passait à la prison ?"
Le pilote du X-Wing insistait.
Katarn, toujours silencieux, observa son tableau de bord. Il était hors de portée des combats, mais pas encore totalement en sécurité.
Il jeta un regard aux écrans arrière. Le X-Wing ralentit légèrement, comme hésitant… puis, pris par l’urgence du combat, il fit demi-tour.
Le pilote avait d’autres préoccupations.
Katarn expira lentement, un poids quittant son torse. Il avait réussi. Il était hors de Mytus VII.
Il était enfin libre… et pourtant, il n’avait jamais été aussi perdu.
Son regard glissa sur l’écran de navigation.
Là, devant lui, une série de coordonnées gravées dans son esprit.
Elles étaient là depuis un an. Depuis ce rêve qui refusait de le quitter.
Mortis.
Il hésita.
Juste une seconde.
Mais il ne pouvait plus faire marche arrière.
Désormais, il était officiellement un traître à l’Ordre Jedi.
Sans un mot, il entra les coordonnées.
Le vaisseau trembla légèrement alors que le calcul se terminait.
Katarn tira la commande.
Un flash lumineux déchira l’espace, plongeant dans l’hyperespace.
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À bord du vaisseau de Darth Nihilius
Zethus s’inclina légèrement devant la silhouette drapée de noir.
— "La mission des Dix est un succès, mon Seigneur. Ils vont bientôt nous rejoindre."
Darth Nihilius ne répondit pas immédiatement, contemplant l’immensité de l’espace.
— "Et les prisonniers ?"
— "Ils sont à bord. Ceux restés fidèles reprendront leur place. Les autres…" Zethus haussa les épaules. "Nous savons quoi en faire."
Un silence. Puis, d’une voix lasse, Nihilius répondit simplement :
— "Je vois."
Zethus s’inclina et quitta la salle.
À peine avait-il disparu que la porte s’ouvrit à nouveau.
Nit Braum entra.
Le Nautolan s’avança, son éternel sourire en coin, mais une lueur de prudence dans le regard. Il inclina légèrement la tête, sans s’agenouiller.
— "Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce que vous veniez me chercher."
Nihilius tourna lentement la tête.
— "Tu te trompes."
Braum arqua un sourcil.
— "Ah ?"
— "Nous n’avons pas attaqué Mytus VII pour toi. Nous avions un autre objectif."
L’air devint plus lourd.
Braum sentit un frisson remonter sa colonne.
— Mais comme j'étais dans le coin, je ne pouvais pas rater l’occasion de régler une dette."
Un silence.
Puis Nihilius pivota vers lui.
— "Sur Coruscant, tu m’as désobéi."
Braum ne broncha pas. Il savait.
— "Je t’avais ordonné de ne pas toucher à Coleman Katarn."
Le Nautolan ricana.
— "Vous m’aviez demandé de le guider vers vous… J’ai interprété ça à ma façon."
Il jouait avec le feu. Mais c'était trop tard.
La Force s’abattit sur lui.
Sa gorge se serra, son corps s’éleva dans les airs, projeté jusqu’à Nihilius.
Il suffoqua, mais un sourire tordu étira ses lèvres.
— "Je le savais… Tu n'es pas Nihilius. Tu es toujours ce Jedi d’il y a vingt ans."
Braum toussa, mais continua, défiant :
— "Je l’ai toujours senti. À chaque regard que tu posais sur moi. Tu voulais me faire payer pour le petit Mirialan."
Il sourit malgré la douleur alors que tout son être se faisait tordre.
— "Alors vas-y. Montre-moi jusqu’où tu es tombé."
Nihilius resserra son emprise, rapprochant Braum jusqu’à ce que leurs visages ne soient plus qu’à quelques centimètres.
— "Tu as raison. Ceci est pour Elio."
Un éclair noir jaillit de sa paume.
Braum n'eut pas le temps de hurler. En quelques secondes, il ne resta de lui que de la cendre.
Sedu baissa lentement la main.
Les résidus flottèrent un instant avant d’être balayés par la ventilation.
Il détourna son regard vers l’espace, tournant ainsi la page sur vingt ans de rancune.