Des espoirs
Chapitre 2 : Journal personnel de Lex Luthor
1518 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 24/01/2026 14:21
Extrait du journal personnel de Lex Luthor
Dimanche 15 septembre
Je consignerai dans ces pages les évènements de mon existence ainsi que mes réflexions sur notre époque.
Je ne fais pas ceci dans le but de consolider un quelconque culte à ma personnalité. La démarche ici est de graver dans le marbre du temps, les pensées de l'un des puissants de ce siècle, moi-même, Lex Luthor, comme un témoignage offert aux générations futures.
Ma place est au sommet. Guider, diriger les peuples est mon destin.
L'on dit que lorsque Alexandre vit l'étendue de son empire, il pleura... car il n'y avait rien à conquérir.
Hélas parfois, je le comprends.
J'ai conquis les terres, les cieux aussi bien que les océans. Mon nom est inscrit en lettres argentées sur les satellites qui ceinturent notre planète. J'ai même conquis les étoiles.
Mes victoires ne se sont pas scellées sous le glaive, contrairement à ce rustre d'Alexandre Le Grand, mais par la plume et l'intellect.
J'aurais pu vivre à Dubaï ou n'importe quel autre paradis en vogue chez les fortunés de ce monde... Mais je ne supporte pas la présence de ceux qui ont l'outrecuisanse de s'imaginer être mes égaux.
Le siège de mon royaume est ici à Metropolis. Entouré de ceux qui savent rester à leur place. J'aime à l'occasion la compagnie de bons flatteurs, de flagorneurs. Bien souvent, ils en ignorent jusqu'à leur propre insignifiance. C'en est amusant. Et du haut de ma tour d'ivoire, j'ai, de temps à autre, besoin de distraction.
Je ne m'apitoie pas sur mon sort. Je n'ai pas d'égal, ni de challenge à ma hauteur, telle est ma croix.
Mardi 24 septembre
Bruce Wayne est un homme intéressant. J'ai fait sa rencontre de peu de temps après son "retour à la vie". L'héritier Wayne ayant disparu de la civilisation durant plus d'une décennie, le décès avait en effet été déclaré. Prématurément, il faut croire. Un cas similaire à celui d'Oliver Queen, de Queen Industries, dont le décès fut annoncé, à tort, après un naufrage. C'est à croire que ces jeunes milliardaires ne savent plus quoi inventer pour gagner quelques points en bourse.
Mais Bruce Wayne est fait d'un tout autre bois. Il tient de son defunt père. Est-il digne pour autant de mon intérêt ? Autant qu'un nuisible puisse l'être. Autant qu'un rat volant le contenu de mon garde mangé.
Le petit Bruce s'est déplacé en personne, a joué de son charme et de ses courbettes, rapportant de son retour de Markovie le contrat de couverture éolienne que Lex-Corp avait chiffré et proposé au Chancelier Markov des mois auparavant. Une perte de temps, d'argent, mais surtout une atteinte à l'image de ma société.
Cela importe peu. Les dispositions sont déjà prisent, conjointement avec la Vlatava, de lancer la construction d'une usine nucléaire qui déversera ses eaux de refroidissement dans les nappes phréatiques à la frontière Markovienne. Ces bouseux d'Européens pourront se targuer d'avoir une énergie verte, leur bilan écologique sera de toute façon catastrophique.
N'y voyez pas là de la mesquinerie de ma part, mais le jeune Bruce Wayne doit apprendre que la concurrence a les dents longues. C'est un service que je lui rends.
Jeudi 26 septembre
La vie des Metropolitains doit être bien ennuyeuse. Ou bien sont ils simplement envieux ?
Les rues de Central City sont protégées par une créature appelée Le Flash, Starling City se contente d'un fou armé de flèches et Gotham City serait hantée par un homme Chauve-souris.
Pathétique.
Et voici que nos chers concitoyens prétendent qu'un Hercule en collant aurait empêché un train de dérailler...
Vivement décembre, que ces imbéciles puissent voir le père Noël...
Jeudi 3 octobre
Je m'aperçois que dans ces lignes, pas une fois, je n'ai mentionné la femme qui partage ma vie, Eve Teschmacher.
Eve n'est certes ni une intellectuelle, ni une philosophe, mais elle est jolie. Elle comble mes attentes et je la récompense. Un homme qui a ma position n'a que peu de temps à consacrer à la romance.
Bien que cela ait pu provoquer le chagrin de nombreuses prétendantes, elle est l'élue qui partage mon quotidien. Très certainement grâce à sa pugnacité et sa persévérance, elle a su s'imposer, m'approcher et m'amadouer.
Ce qui, à présent que je le met noir sur blanc, je m'en rends compte, n'est pas peu de choses.
Eve est tout acquise à mes ambitions, à mes projets ainsi qu'à mes méthodes. Elle est, cela va sans dire, sous mon charme, cherchant sans cesse mon approbation. Cela peut parfois m'être insupportable, par chance, je m'en accommode.
Mais elle a une qualité indéniable, elle me fait rire. Sa naïveté et sa bêtise, plus précisément, me font rire. Eve est bien souvent un souffle de fraîcheur dans mes journées chargées.
Pas plus tard que ce midi, Eve s'est montrée hilarante. J'en ai manqué de m'étouffer avec ma bouchée de bœuf de Kobe lorsqu'elle a évoqué l'idée d'être mère.
Lorsque j'eut fini de me tenir les côtes, je lui aie rappelé les termes de notre contrat : je n'ai pas besoin d'enfants.
Du moins pas aujourd'hui, et certainement pas avec quelqu'un possédant un si faible taux de matière grise.
En parfaite transparence, sachez que je prévois avoir un jour un héritier. J'ai, dans cette optique, financé un projet de clonage. Le jour où le besoin de paternité se fera sentir, je pourrais alors élever, littéralement, un petit Lex.
Bref, Eve est impayable.
Mardi 15 octobre
Je l'ai vu. Le surhomme.
Mercredi 16 octobre
Les journaux l'ont surnommé Superman.... Quel manque de retenu…
Mardi 5 novembre
Miss Teschmacher semble être partie depuis une dizaine de jours. Je viens seulement de remarquer son absence. Elle reviendra.
J'ai perdu le fil de mes réflexions, et toute notion du temps. Cela arrive lorsque mon intellect est focalisé sur un sujet. Et quel sujet !
Il y a quelques jours (semaines ?), j'effectuais la présentation d'armures autonomes mues par IA (une merveille de technologie), à l'attention des représentants des armées.
L'une de ces armures a estimé que les militaires présents représentaient une menace, aussi les a-t-elle attaqués. Bref, un détail qui a incité le fameux Superman à se montrer, puis détruire ladite armure (propriétée de Lex Corp, coût total de la perte encore à évaluer avec le service pertes et profits).
Je dois avouer qu'il est impressionnant. Capable de léviter, force effectivement Herculéenne, souffle réfrigérant... En résumé : un arsenal vivant qui a le mauvais goût vestimentaire de porter ses sous-vêtements par-dessus son pantalon.
Mais cela laisse songeur : si une alliance, ou, éventuellement, une manipulation, pouvait amener cette créature à se mettre à mon service, rien ne m'arrêterait.
Vendredi 8 novembre
Le surhomme semble attirer l'attention et l'admiration de la plèbe. Les habitants de Metropolis manquent de discernement. Face aux tours de force, plus nombreux et plus fréquents désormais, de ce Monsieur Muscle, ils en oublient que les véritables prouesses sont celles des intellects supérieur, tel que le mien. Un intellect humain. Car, oui, après une étude spectrographique, je suis en mesure de l'affirmer : Superman ne viens pas ne notre monde.
Mercredi 25 décembre
Mes armures autonomes viennent d'abattre un avion de ligne. Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une défaillance des produits Lex Corp : abattre cet avion faisait partie d'une expérience. Et comme je l'avais initialement prévu, Superman a sauvé une grande partie de ses passagers. Les quelques sacrifices n'auront pas étés vain puisque les données récoltées durant le crash me permettent de mieux cerner la créature.
Jeudi 26 décembre
La créature m'a retrouvé. Elle me désigne comme un ennemi, incapable de comprendre que l'expérience de l'avion était un mal nécessaire... Une expérience méticuleusement préparée, je tiens à le préciser.
Il s'est présenté tard dans la soirée d'hier. Pulvérisant la vitre de mon bureau, au 47eme étage de ma tour, dans une démonstration de force parfaitement inutile et puérile : je suis parfaitement conscient de la force dont ce butor peut faire usage.
J'ai tutoyé ce dieu en costume moulant. Je lui ai exposé les faits. Offert ma sympathie. Mais sous ses airs de guerrier suprême, il a les ambitions pathétiques d'un boyscout.
Il refuse toute alliance.
Qu'il me désigne comme son ennemi, ainsi soit-il.
Si Alexandre le Grand s'attristait du manque à conquérir, il devait indéniablement se réjouir lorsqu'un ennemi digne de lui se présentait sur l'échiquier.
Le conquérant avait vaincu Spitaménès ou encore Darius III, Lex Luthor fera tomber ce soi-disant "super" homme…
Oui, voici enfin un défi à ma mesure : Faire tomber un Dieu.