Louveteau ! par

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Continuation / Humour / Famille

7 Confidences

Catégorie: G , 4052 mots
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Chapitre 7 – Confidences


Camille accéléra. Elle ressentait toute la tension nerveuse qui parcourait son voisin et posa une main sur sa jambe. Elle fut étonnée de voir qu'il avait repris son masque froid et distant et que ses larmes avaient déjà disparues. Il était tellement sous contrôle que même ces moments où il aurait pu partager ses craintes avec quelqu'un il ne se l'autorisait pas. Mais elle l'avait vu, elle, l'homme inquiet, fragile et paumé qu'il était. Elle l'avait vu tendre la main quand il lui avait montré le petit chiot blessé et elle avait pu ressentir une détresse profonde.


Puis tout semblait avoir disparu, maintenant. Il regardait par la fenêtre sans un mot mais elle apprécia qu'il ne lui ôte pas la main qu'elle voulait rassurante.


Kiki était toujours emmitouflé dans le manteau tâché de sang de son maître, posé sur ses genoux et ne semblait plus émettre un seul bruit ni faire aucun mouvement.


« Mon dieu, face que le petit chiot s'en sorte car je ne serai vraiment pas comment gérer Elijah…il m'a l'air tellement accroché à ce petit chiot »


Elle observa rapidement le visage d'Elijah qui semblait plongé dans des pensées profondes et s'étonna en voyant la froideur de son regard, qu'il puisse autant faire cas de la petite bête. Peut être parce qu'elle appartenait en réalité à son frère et qu'il appréhendait sa réaction si quelque chose lui arrivait…peut être. Elle fut tout de même étonnée d'un tel comportement. Après tout, ce n'était qu'une bête justement…Elle sourit légèrement. Le petit Kiki tout compte fait aurait une protection sans faille auprès de ses maîtres !


Le silence dans l'habitacle de la voiture lui pesait et peu habituée à ne pas bavarder, elle brisa le silence



- Tu as eu des nouvelles de Klaus ?


Elijha se tendit.


« Mauvaise approche » pensa t'elle immédiatement.


Elle devait dévier la conversation mais elle s'étonna de ne pas trouver quoi lui dire. Elle devait se l'avouer, cet homme l'impressionnait réellement. L'aura qu'il dégageait était inquiétante et même si elle savait que jamais il ne lui ferait de mal, elle ne sentait pas aussi à l'aise qu'avec Niklaus. Au moins Niklaus lui réservait souvent de beaux sourires, certes parfois même à la limite de mauvais garçon avec des biens mauvais pensées, mais elle savait qu'elle pouvait gérer ses colères et ses comportements.


Avec ELijah, tout était différent. Elle ne savait pas comment pénétrer dans sa carapace.


Beau cas d'école en tous les cas pour elle.


Elle appuya un peu sur le genou du jeune homme et reposa sa question. Oui, autant allez jusqu'au bout..


- Alors, des nouvelles de Klaus ?


- Non


- Bien, je vais lui passer un savon quand il va revenir


Un tremblement de la part d'Elijah la surprit. Parler de Klaus semblait le contrarier ou le rendre inquiet. Elle s'en voulut immédiatement. Elle n'avait pas pris la mesure de l'attachement qu'il avait avec son petit frère et sentait que le sujet était brûlant. Peut être leur dispute avait réellement été très virulente ?


D'un coup, elle espéra qu'Elijah n'avait pas commis l'irréparable ! Elle repensa au portable, aux vêtements laissés à l'abandon et sentit son cœur se mettre à battre trop rapidement.


Puis elle se ravisa. Si il y avait bien une personne au monde qui ne ferait jamais de mal à son ami, c'était bien son grand frère. Elle sourit bêtement et toussota pour se redonner de la contenance.


Elijha, sans détourner son regard de la route qui défilait, murmura :


- Je n'ai fait aucun mal à Niklaus, si c'est ce que tu pensais


Camille se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux et rigola bêtement.


- J'y ai songé une fraction de seconde, c'est vrai


- J'aime ta franchise, Camille, mais rassures toi sur cela, même si tu me vois certainement comme un méchant sérial killer, je ne ferai pas de mal à mon frère


- Un sérial killer, carrément ?


- Je peux lire aisément ta méfiance envers moi, Camille


- J'ai …j'ai jamais été méfiante avec toi, juste interrogative.


- Un peu trop, je pense


Le silence se réinstalla entre les deux et Camille contenant mal son malaise relança une nouvelle discussion .


- Et Rebecca je croyais qu'elle venait cette semaine à la plantation ?


ELijah tout en posant une main sur le petit louveteau et son regard fixé au dehors sourit en pensant à sa sœur.


- Ma sœur a préféré prendre la clé des champs et avoir quelques jours de vraie liberté loin de nous, je la comprends


- Oui Rebecca est un électron libre


- Elle est avec Kol


- Oh…lui aussi est un électro très libre


- Oui en effet


- C'est un peu le cas de toute la famille, non ?


- En effet, peut être parfois un peu trop justement.


Elle aurait aimé lu dire qu'il aurait besoin lui aussi parfois de prendre cette liberté et de vivre ce que ses frères et sœurs s'octroyaient régulièrement mais elle n'osa pas. Elle ne voulait pas qu'il se referme de nouveau et finir le trajet dans l'état de tension dans lequel il avait commencé.


Elle tourna sur la gauche et continua en longeant les bois.


- La ville n'est plus bien loin, le vétérinaire est un ami de Kieran. Il n'est pas tout jeune mais est excellent dans son domaine, je suis certaine qu'il va remettre sur pattes notre petit kiki.


- Kieran, le prêtre ?


- Oui, mon oncle


- Votre famille est ancrée dans la nouvelle Orléans depuis longtemps


- Oui mon oncle m'a dit que nous avions toujours eu nos attaches là bas, je ne vois pas pourquoi, j'ai toujours l'impression que cette ville cache des secrets trop lourds à porter et est malfaisante


- Je crois que ton oncle sait faire la part des choses et a une grande influence sur les communautés


- Oui malheureusement, il se retrouve toujours en tête de gondole au milieu des sorcières, des loups et des vampires. Je ne l'envie pas


- Il est convié à la réunion de faction ce mercredi. Il représentera une partie des humains avec la famille Guerrera


- Je ne l'aime pas celle là


-Moi non plus. Je ne lui fais aucune confiance et ce n'est pas un mal que ton oncle puisse faire la balance


- Cette réunion semble te tenir à cœur. Je sais que vous allez essayé de signer un traité de paix pour rendre le quartier français plus sécurisé


- Ca fait un an et demi que nous essayons de poser les murs d'une réconciliation, espérons que cela aboutisse enfin…je ferait tout pour …Tu me semble bien au courant ?


- Ton frère Niklaus est souvent très bavard


- Hum, hum


- Tu y seras ?


- Oui, je préside la réunion


- J'aurai du m'en douter


Elijha leva un sourcil de désapprobation tandis que Camille souriait de son effronterie.


- Et Niklaus, il va t'accompagner ?


- Non, il refuse de signer un tel traité et préfère continuer cette guerre interminable. Il préfère lever les arbres que dresser un drapeau blanc…Je ne peux pas lui en vouloir. Quelque part, il n'a as tord. Je pense que notre famille sera toujours en danger malgré tout.


- Oui, tout a fait lui. Enfin je me doute que tu sauras le faire changer d'avis…oh punaise, ELijah, sommes-nous obligés de parler boulot ?


Elijha soupira et plongea son regard sur le louveteau . Il essaya de sonder l'esprit de son frère mais celui-ci semblait trop faible pour lui parler. Il serra son étreinte et murmura presque timidement


- J'aurai besoin de toi justement ,mercredi, pour garder Kiki


- Garder Kiki ?


- Oui je ne peux vraiment pas l'emmener à cette réunion


- Tu sais, au vu de ces blessures, il sera de toute façon certainement encore chez le vétérinaire en convalescence


- Plutôt mourir que de le laisser là bas !


- Quoi ?


Camille le regarda les yeux écarquillés. Sa réaction était un peu exagéré tout de même.


- Il va être bien soigné tu sais


- Je n'en doute pas mais il le soigne et nous repartons avec lui


- Oui, enfin tu verras avec le vétérinaire


- Comme tu dis, je verrai moi-même. Bon alors ce mercredi, c'est oui ou non ?


Camille sourit exaspérée. Ils avaient le don dans la famille Mikaleson de ne pas toujours laisser le choix.


- Ce sera non, Elijah. Je pars demain matin à New York pour quelques jours de repos, bien mérité. Je voulais aller visiter les musées étonnants de la grande Pomme


- Excellent choix. Tu verras ils recèlent de trésors insoupçonnables. Je peux te donner tes adresses si tu le souhaites…


Camille sourit. Avoir l'éternité devant soi devait être quelque part très enrichissant, ces vampires connaissaient déjà tout.


- Je suis juste déçue car Niklaus devait m'accompagner et comme je ne sais pas où il est partit…


- Niklaus devait partir avec toi ?


- Oui pour les 4 jours, pourquoi ?


- Non , rien. Je suis étonné qu'il ne m'en ait pas parlé.


- Tu connais Niklaus, toujours à faire cela à la dernière minute. Il n'avait même pas encore acheté ses billets samedi quand je l'ai eu au téléphone


- Tout lui !


Elijha n'était pas étonné de cette décision, Niklaus gérant sa vie comme il l'entendait, mais était plutôt vexé car il lui avait promis cette semaine à la plantation. Il glissa ses doigts dans la fourrure ensanglanté du louveteau et fit des petits cercles tendres, emmêlant ses doigts dans les poils du petit loup. Il lui en voulait un peu. Elijha avit envie de passer du temps libre avec son frère mais celui-ci semblait ne pas avoir autant de désir que son âiné. Tant pis…en espérant que son frère puisse de toute manière reprendre sa forme au plus vite.


- Il sera déçu que tu partes sans lui


- Je ne peux pas me racheter des billets, je n'en ai pas les moyens. Je te donnerai l'adresse de mon hôtel s'il souhaite me rejoindre plus tard.


Elle hésita un instant puis sourit à Elijha


- Tu peux venir si tu veux


- Non merci, j'ai la réunion ce mercredi mais je le dirai à Niklaus s'il revient rapidement


- Tu sais, Elijha, si cela te contrarie que Niklaus parte avec moi, tu peux me le dire


Elijah bégaya d'un coup. Cette femme était trop perspicace.


Camille pouvait lire la déception sur le visage du vampire. Elle en toucherait deux mots à son frère. Elijah était suffisamment dan le trouble pour ne pas être de nouveau trahi par un des siens.


- Je ne tiens pas mon frère avec une laisse, bien que…


Il Ne put s'empêcher de reposer son regard sur le petit loup et soupira.


- Nous avions des trucs de prévu mais je remettrai cela à plus tard.


- Il t'avait promis une semaine fraternelle, c'est ça ?


- Nous avons été ensemble pendant 1000 ans, Camille, donc que ce soit cette semaine ou une autre n'a aucune importance à mes yeux, nous avons du temps pour partager des moments entre frères


- C'est ce que je pensais avec mon jumeau et puis..enfin tu sais…


Elijha sentit sa gorge se nouer. La vie du sien était actuellement entre ses mains, dans le corps ce petit louveteau souffrant. Il essaya de cacher son malaise du mieux qu'il put et glissa sa main dans le manteau pour attraper la petite patte du louveteau. Discrètement, il lui caressa du bout des doigts et se reconnecta à l'esprit de son frère. Cela lui demandait beaucoup d'énergie et il abaissa ses remparts psychiques plus fortement.



Niklaus, petit frère, je t'en prie , me fais pas un sale coup en décidant d'aller voir ailleurs si l'herbe est meilleure…


Presque dans un souffle au bout de quelques secondes, il perçu les paroles de son frère.


« Je suis un carnivore, mon frère, donc l'herbe c'est vraiment pas mon truc. Arrêtes donc de t'inquiéter. Je suis bien plus fort que tu ne le crois, et j'ai tellement envie mercredi de faire foirer ta réunion... »


« Tu nous espionnes, petit coquin »


« Je vérifie que tu ne dragues pas trop ma copine »


« Non merci, je te la laisse, elle est trop bavarde pour moi »


« dis plutôt qu'elle sonde trop tes pensées…


Elijha entendit comme une tousse rauque. Le petit louveteau eut des saccades et il sentit la respiration de Klaus se faire beaucoup moins aisément et paniqua. Chaque mots que son frère prononçait semblait être compliqué pour lui et Elijha devait réellement tendre son attention au maximum pour pouvoir percevoir ce que son frère lui disait.


« Ne stresse pas, vampirot ! Mon sang me guérit doucement… je peux maintenir ce louveteau en vie encore un peu…mais , s'il te plait,tu peu faire quelque chose pour moi…


« Tout ce que tu veux… »


« tu peux garder ta main sur moi, sur la patte du louveteau, j'aime bien quand tu me caresses comme ça… »


Elijha accentua immédiatement ses pressions douces sur le corps du louveteau et sentit sa gorge se nouer.


« Et puis tu sais New York ce n'est pas si loin, on se parlera au téléphone, grand frère… »


Elijha sentit que son frère parvenait de moins en moins à garder le contact et pour ne pas l'épuiser décida de rompre celui-ci. Ce vétérinaire avait réellement intérêt à être au top…


- Elijah ? Elijah ?


Camille accentua sa pression sur son genou et le secoua légèrement quand elle vit que le jeune vampire tournait la teête vers elle ?


- Tu m'as fait peur, on aurait dit que tu étais partit…dis moi, est ce que je peux te poser une question personnelle ?


- Euh oui, je verrai si elle mérite une réponse


- Je me doutais…d'où vient ce lien qui vous réunit différemment de tes autres frères et sœur, entre Niklaus et toi ?


- Euh…c'est …je ne sais pas, c'est parfois comme si notre sang coulait dans les veines de l'autre. J'ai toujours été plus proche de Niklaus que de mon autre fratrie. Peut être parce qu'il a toujours été différent, et que il avait besoin plus que les autres d'être protégé.


- Protégé de quoi ?


Elijha expira profondément. Si Niklaus lui faisait confiance, peut être pourrait il se confier aussi un peu à elle. Elle connaissait certainement déjà l'histoire de leur famille, car Klaus avait du lui en parler par monts et par vaux.


- De qui plutôt… De mes parents, de mon père surtout. Mon père a toujours cru que Niklaus était le plus faible de ses fils et ne le tolérait pas. Il n'a jamais rien compris mon frère, ni ses dons. Il exécrait tout ce que représentait la bonté chez mon frère, que ce soit l'art qu'il aimait, ou même le regard doux et tendre qu'il avait quand il essayait de se faire aimer par mon père. Et mon père lui répondait par la violence et un désintérêt grandissant. Il a brisé mon frère en le repoussant de cette manière. ET cela s'est accentué quand il a su que ma mère…enfin qu'elle avait convolé avec un autre et que Niklaus n'était pas son vrai fils. Kol et Finn ont toujours considéré mon frère comme un bâtard à partir de ce moment là. D'ailleurs il ne parle de lui qu'en tant que demi-frère.


- Et toi quand tu as su que Niklaus n'était pas ton frère lié par le sang ?


- C'est faux, il est lié par le sang de notre mère et par le mien. Quand nous étions petits, nous avons échangé nos sangs en nous promettant d'être lié à jamais, à la vie à la mort…tu sais le croix de bois, croix de fer, si tu mens


- Tu vas en enfer…oui je sais, j'ai fait la même chose avec mon jumeau, à la vie à la mort


- Mais pour nous deux, cela a pris des proportions réelles. Je n'ai jamais considéré mon frère comme étant que la moitié de nous. Dès sa naissance, j'ai eu…le coup de foudre peut être que je peux appeler cela comme ça. Un vrai coups de cœur pour lui. J'ai su que c'était avec lui que je partagerai tout, nos jeux, nos secrets, nos émotions, nos peurs. Finn ne s'est jamais préoccupé de moi, qui était son petit frère et j'ai balancé tout cet amour fraternel qui me manquait certainement sur Niklaus. Je pense…Ce qui n' d'ailleurs jamais plus à mon père et je crois que s'en prendre à Niklaus, c'était aussi une manière pour me punir.


- Te punir ? mais de quoi, de l'amour que tu portais à ta famille, à ton frère ?


- Mon père détestait la faiblesse et l'amour pour lui était et sera toujours une faiblesse terrible. Quand il a vu compris le lien qui m'unissait à son bâtard de fils, il a voulu nous le faire payer. Je n'ai pas été épargné par sa violence. Il aimait me martyriser quand il m'emmenait avec lui à la chasse ou autre… Je ne l'ai jamais dit à Niklaus, ou à ma mère. Seule Rebecca le sait, elle en a été témoin alors qu'elle était encore une toute petite fille mais…enfin c'est du passé. Je suis heureux qu'il ne s'en soit jamais pris à Elle, ou Kol ou Finn.


- Et ta mère ?


- Ma mère se voilait la face. Elle n'a jamais surmonté la mort de Freya et d'Henrick et nous étions les deux seuls qui n'avions pas réellement besoin d'elle pour survivre à mon père. Notre complicité était tellement forte que personne ne pouvait se mettre entre nous, même pas ma mère qui essayait, pour nous protéger je suppose, de nous séparer. Je n'ai jamais pu lui pardonner d'avoir laissé mon père s'en prendre à Niklaus de cette manière. C'était une puissante sorcière, elle aurait pu le stopper de nombreuses fois. Elle jouait un double jeu avec mon petit frère, se montrant cajolant et proche une fois que les coups étaient tombés. Jamais elle ne s'est levé par contre pour empêcher les poings de mon père lui tomber dessus comme des marteaux. Je crois que c'est pour cela que j'ai toujours voulu le protéger, car il fallait quelqu'un qui le fasse


- Il faut avoir beaucoup de courage pour oser défier ses parents ?


- Non, Le plus faible de tous, je crois bien que c'était moi, car je n'ai jamais vraiment osé affronter mon père quand il faisait du mal à mon petit frère. Rebecca , elle , l'a fait une fois. Moi, Il me terrorisait quand j'étais enfant. Il nous fallait toujours lui prouver que nous étions puissants et sans peur. J'étais un enfant innocent, et très peureux. Je le cachais à mes frères et sœur parce que j'étais un des deux aînés et je jouais un rôle auprès d'eux. Mais à la naissance de Niklaus, j'ai su qu'il fallait qu'il soit protégé et je n'ai plus eu besoin de jouer ce rôle.


- C'est pour cela, que tu ne t'autorises jamais aucune faiblesse, Elijah


- Je ne suis plus faible, j'ai appris à devenir celui que mes frères et sœur ont besoin, c'est tout aussi simple.


- Niklaus te voue une admiration sans faille


- Je ne sais pas vraiment, il admire les forts et les puissants, ce que je suis quand je suis prêt de ma famille


- Et quand tu es seul ?


- N'essaye pas de me faire dire ce dont je ne veux pas parler


- Klaus m'a parlé de votre enfance, quand tu l'emmenais chercher des fleurs pour créer des pigments pour ses peintures, quand tu lui as appris à chasser, que tu as essayé de lui apprendre le piano..


- Non, il ne t'a pas parlé de cela , rassure moi


- Si, et de tas de choses que tu as su lui montrer. ELijha, tu sais, je connais très peu de frère comme toi, qui serait capable de supporter un si terrible frangin et le soutenir et l'aider comme tu le fais depuis si longtemps


- Je ne suis pas aussi « pur » que tu veux me le prouver


- Ce n'est pas moi qui te vois comme cela, c'est ton frère.


- Oui, peut être , je ne pensais pas qu'il se serait permis de te parler de moi


- Il le fait régulièrement, de toi et de Rebecca


- Rebecca est une sœur extraordinaire. Je crois que c'est elle qui m'a permis de voir que la vie peut être belle et délicate parfois. C'est un peu mon rayon de soleil


- Elle et Niklaus semblent souvent en conflit


- Niklaus est exclusif, il partage difficilement sa fratrie avec d'autres.


- La peur de l'abandon sans doute


- Oui aussi… je crois qu'il a surtout peur que si nous aimons d'autres personnes ou nous attachons à autre chose, notre cœur ne lui laisse plus suffisamment de place pour lui.


- Et c'est pour cela que tu t'interdis d'aimer ?


- Camille, je mets un véto sur cette question


- Dommage, j'aurai essayé


- Tu essayes depuis tout à l'heure. J'ai été ami avec ton ami Freud, donc je connais le cheminement de tes pensées et où tu souhaites me mener


- Tu es trop malin pour moi, Elijah


- Dis tout de suite que mon frère s'est fait avoir par manque de discernement…


- Non je dirai qu'il a un caractère narcissique qui lui réclame qu'on s'intéresse à lui plus que tout, donc se confier c'est aussi une manière de pouvoir exister non ?


- Oui, c'est une manière d'exister…


Les deux jeune gens se turent, réfléchissant à l'implication de ces simples mots. Puis Elijah tout en vérifiant que le petit louveteau soit bien au chaud et que sa blessure ne coule pas de trop, réajusta la chemise qui lui servait de pansement, referma le manteau sur lui caressa le bout du museau. Puis il tourna un visage souriant vers l'ami de son frère.


- et si nous parlions de toi, Camille ? pourquoi apprécies-tu tant la présence de mon frère ?


Camille se mit à rougir légèrement


- Véto !


- Ok, commençons alors simplement . Quels sont tes loisirs ?


Camille sourit. Personne ne s'était jamais réellement intéressée à ce qu'elle aimait faire. Elle fut étonnée de cette question et entama la discussion heureuse de tout lui raconter, en faisant semblant de ne pas entendre la réfléxion d'Elijha


- J'avais oublié que tu étais si volubile.


Elijha l'écouta avec attention. Le cheval, les jeux de société, les voyages, les messes de son oncle le dimanche…quelle horreur ! La solitude aussi , le peu d'amis qu'elle avait depuis son arrivée à la Nouvelle Orléans, la préparation de son diplôme , tout y passa. Elijha se maudit presque intérieurement d'avoir posé la question. Le moulin à paroles était en route et il ne savait plus comment l'arrêter.


La jeune thérapeute finit par entrer dans la ville et gara la voiture devant la clinique vétérinaire.


- Nous y voilà…


Elle n'eut pas le temps de se retourner vers son passager que la portière était déjà ouverte et qu'Elijha pénétrait dans le bâtiment en courant.

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