Blue Hour
Je quittai la maison de Lucian, triste à mourir. J’avais eu du temps pour réfléchir à la situation. Pendant ces dix jours où je ne l’avais pas vu, j’avais plus pensé à lui qu’à Jasper et cela me mettait vraiment mal à l’aise. Lucian n’était pas le nouvel ami auquel je m’attendais. Il fallait se rendre à l’évidence, Il était plus que ça. Et cela était bien plus que ce que j’avais envisagé.
Cela ne pouvait pas durer.
Je décidai, forte de toute ma détermination, de retourner une dernière fois prendre un cours de guitare. Inconsciente !
Son parfum m’avait envahi, comme à chaque fois. J’avais malgré tout profité du moment, tant bien que mal, le dernier en totale intimité avec lui, me disais-je, fondant devant le bleu de ses yeux. Mis à part la profonde brulure qui dévastait ma gorge, le moment avait été parfait. Nous étions bien ensemble. Il était patient, charmant et authentique. Rassurant aussi. Tout était simple, évident et tellement plaisant. J’aurais tant voulu l’embrasser. Pourtant, le mouvement imperceptible de sa carotide et tant d’autres choses chez lui, me rendaient folle. J’ai manqué de le tuer trois fois ce soir-là.
Cela me rendait d’autant plus triste que si je l’avais tué, je ne m’en serais jamais remise.
Je ne pouvais pas continuer ainsi. Cela me rendait malheureuse et je refusai d’être malheureuse. J’avais tout pour avoir une vie parfaite. Et cet humain ne devait pas en faire partie.
Je pesai le pour et le contre.
Evidence numéro un : je ne pourrai jamais décemment de le côtoyer suffisamment pour supporter son odeur sans souffrir. Il y aurait toujours des moments de séparations à cause … de la vie, de nos vies. Et j’allais devoir recommencer à m’habituer, à chaque fois. Nous fréquenter de la sorte et m’enfermer indubitablement et douloureusement dans une relation qui ne pouvait pas exister, c’était une erreur.
Evidence numéro deux : je le savais, et je l’admettais au plus profond de moi, l’amour qui naissait au fond de moi était profond, sincère. Maintenant, je savais que son parfum était plus qu’une fragrance attirante. Mon frère allait être content, j’étais allée au fond des choses, j’étais curieuse de savoir ce qu’il allait me suggérer maintenant. Pour ma part, j’étais sûre que m’éloigner de lui serait la meilleure chose à faire. Pour sa sécurité et par respect mutuel pour nos conjoints.
Analyse : étais-je en paix avec moi-même ? Plus ou moins. Plus parce que j’optais pour la sagesse. Moins car mon choix était sans doute celui de la facilité.
Résolution : comment allais-je continuer ? En le considérant comme un simple collègue et en passant mon chemin. C’était le moins que je puisse faire, pour lui.
Dommages collatéraux : Jasper allait-il souffrir de cette situation ? … ce problème-là n’était pas résolu. A cet instant, et fac à la tristesse que m’imposait mon choix, c’était mal parti. Pourtant, c’était le bon choix. Tous les couples traversent des orages. J’espérais simplement que Jasper aurait la patience de m’aider à traverser celui-ci. Il sentirait forcément mon désarroi, ma tristesse, et ça me désolait profondément de ne pas pouvoir garder cela pour moi, sans gêner personne. Il allait pourtant subir mes tourments de plein fouet. Satané don !
Le mien, contrairement, me fichait un peu trop la paix. Malgré les heures passées auprès de Lucian, je n’ai jamais pu entrevoir la moindre chose le concernant. C’était d’un frustrant ! Je n’avais pour seul guide que ma propre raison, ce à quoi je n’étais pas habituée. Mon caractère habituellement désinvolte et insouciant venait du fait que je n’avais jamais à m’inquiéter, je le savais. Sauf là. Je me retrouvai dans le flou, comme n’importe quel quidam et je prenais la mesure de la complication que cela engendrait.
Conclusion : j’étais retournée chez lui le jeudi, avec la nouvelle guitare, fraîchement arrivée. J’avais en tête de mettre un terme à nos cours et de lui offrir la guitare en remerciement.
Une fois là-bas, j’avais eu l’idée idiote de lui confier qu’il me plaisait. Prise d’un élan de sincérité, je m’étais imaginé qu’il allait m’envoyer paître et que tout aurait été pour le mieux. Et je restais relativement honnête, ça comptait à mes yeux.
Quel revers imprévu ! Il a abondé dans mon sens et m’a quasiment déclaré sa flamme. Je lui plaisais !
C’est normal, je suis un vampire et tout chez moi est fait pour te séduire, pour t’attirer dans mes filets.
Il ne se rendait pas compte de ce qu’il disait, évidemment. J’aurai dû m’en douter, idiote, idiote, idiote ! Bref, ces paroles n’ont quand même pas arrangé mon affaire. Elles m’ont anéanties. J’aurais préféré qu’il se taise…
Je lui avais confirmé que l’invitation de Carlisle tenait toujours, que je ne serais pas un frein à son amitié avec Emmett.
J’avais fait mon devoir et à partir de maintenant, je m’appliquerais à ce que tout redevienne comme avant. Je comptais sur notre capacité, à nous autres vampires, de laisser divertir par n’importe quoi. Cet humain ne serait qu’un divertissement qui m’amuserais quelque temps. J’allais bien trouver une nouvelle lubie qui me permettrait de le chasser de mon esprit et d’épargner de mauvaises sensations à Jasper.
J’avais quitté sa maison et m’était engouffrée dans ma voiture sans me retourner. Si j’avais pu pleurer, j’aurais versé toutes les larmes de mon corps. J’ai roulé au hasard pendant un moment, tentant désespérément de me convaincre que ma décision était juste.
Je rentrai à la villa. Edward et Bella étaient partis pour quelques jours plus au sud afin de varier un peu leur menu. Cela me convenait. Je n’avais pas envie de partager mes tourments avec Edward. Ils ne seraient là que demain, pour la fête d’anniversaire de Carlisle, c’était bien suffisant.
J’avais eu Jasper au téléphone en rentrant. Il ne comptait pas revenir avant une quinzaine de jours. Il était bien avec Charlotte et Peter. La notion de temps n’est pas tout à fait là même pour nous. Qu’est-ce qu’un mois quand on a vécu plus d’un siècle, voire plusieurs siècles. Quelque part, cela m’arrangeait. Je travaillerais à me reconstruire avant son retour. Pourtant il me manquait. Quelle égoïste !
J’occupai mon esprit à la préparation de l’anniversaire de Carlisle. Nous avions prévu d’être en petit comité, notre famille, un ou deux Quileutes, comme d’habitude, et Lucian et Amy.
Carlisle nous avait confié apprécier tout particulièrement travailler avec Amy. Elle était non seulement compétente mais aussi d’une grande humanité avec les patients. Il retrouvait en elle la passion farouche qu’il avait eue lorsqu’il avait entrepris de se consacrer à soigner les humains afin d’expier ses péchés. Elle était toujours disponible et d’une patience d’ange. La séance musicale avec Lucian avait convaincu Carlisle que ce couple d’humain valait la peine d’être fréquenté.
Les êtres de mon espèce n’ont pas pour habitude de partager leur quotidien avec des humains. Cela nous amusait de vivre parmi eux, de les observer, les étudier. Mais sans pour autant les aimer. Idéologiquement, ils restaient notre source principale de nourriture, même si nous y avions renoncé. Et on ne s’attache pas à de la nourriture. Depuis l’épisode « Bella » et la constante présence des indiens parmi nous, nous avions finalement admis que certains d’entre eux méritaient vraiment d’être connu. Je venais d’ailleurs moi aussi d’en faire l’amère expérience.
Et il fallait que Carlisle et Emmett s’entichent de cette même personne !
Je repris à mes préparatifs en bougonnant, admettant tout de même que l’idée de le revoir me plaisait assez, même si cela serait douloureux, et pour ma gorge, et pour mon cœur. Ma propre inconstance me désolait.
Cela me confortait dans ma décision. Je n’étais plus moi. Je perdais pied, ainsi que ma nature enjouée et insouciante. Il fallait que ça change.
Je prétexterai, au cours de la soirée, un coup de fatigue pour me retirer assez tôt dans ma chambre.
J’avais prévu d’installer un buffet au fond du salon, les plats seraient déposés sur une espèce de montagne géante, formant des petits villages à flanc de colline. J’avais tamisé la lumière et disposé des fleurs un peu partout. Parfait !
Nous partîmes chassés tous ensemble afin d’être à l’aise le lendemain. Jacob et Seth nous accompagnèrent sous leur forme lupine, Jacob n’aimant pas être séparé de Renesmé et Seth collant toujours aux baskets de Jacob.
Nous croisâmes le chemin de Bella et Edward qui rentraient et fîmes le chemin du retour avec eux.
- Tout le monde est là, les enfants et les chiens, on peut rentrer maintenant, lançai-je tout haut.
Jacob et Seth poussèrent des grognements réprobateurs. Tous les signes indiquaient que la course poursuite allait démarrer. Parfait, un peu de divertissement, Edward n’y verra rien d’intéressant. Je me retournai vers lui, il m’adressa une moue ironique. Je m’élançai alors, les loups sur ma trace.
J’arrivai à la maison avant tout le monde, ravie.
- Tu as triché Alice, prendre la rivière pour planquer ta trace ! et en plus je n’aime pas me mouiller, râla Seth.
- Oui mais j’ai gagné ! fanfaronnai-je
Certes j’étais trempée de la tête aux pieds mais heureuse et victorieuse. Cette sortie avait apaisée ma soif mais aussi allégé ma peine.
Un peu plus tard, Edward vint aux nouvelles. Il tambourina légèrement à la porte de ma chambre et passa la tête dans l’entrebâillement. Il avait toujours cet air bienveillant et poli qui le caractérisait.
- J’ai bien vu que tu voulais m’éviter, commença-t-il doucement.
- Edward, Il y a des moments où je n’ai pas envie de tout partager, répondis-je, évasive.
- Je comprends, je sais être discret quand il le faut. Je suis là, au cas où, sache-le, c’est tout.
Il commença à s’éloigner.
- Edward ! appelai-je finalement, penaude. Tu finiras de toute façon par comprendre, j’ai besoin de toi.
Je laissai alors le flot de mes pensées couler à l’intérieur de ma tête, simplement, sincèrement. Il put saisir le bonheur que j’avais à être avec l’Humain, l’emprise que ses yeux mais aussi tout son corps avait sur moi. Ou encore à quel point j’aurais souhaité qu’il n’y ait que lui. Il avait enfin pu lire dans mon esprit l’attitude de Lucian avant qu’il ne parte.
Edward me regardait, d’un air douloureusement compréhensif.
Bella nous avait rejoint et était restée discrète, voyant que le moment n’était pas opportun. Je ne la repoussai pas, de toute façon Edward lui dirait tout et j’avais confiance en elle.
- Alice, si tu veux nous pouvons partir, murmura-t-il.
- Non Edward, hors de question, je l’ai déjà dit, criai-je, inflexible. Je ne veux pas que ma famille paye pour ça.
- Alors tu devras assumer, quoi qu’il se passe.
- C’est pour ça que j’ai besoin de ton soutien et pas de ton jugement, lançai-je énervée.
- Je l’entends, mais tu auras aussi besoin de Jasper pour apaiser tes tourments, ajouta-t-il sur le même ton calme.
- Oui, je sais, répondit-je tristement. Peut-être comprendra-t-il … je l’espère.
- Et cela ne suffira peut-être pas. Il faudra peut-être te résoudre à changer de partenaire.
- Ça s’est exclus. Edward ! non !
- Tu pourrais passer à côté …
- Non, Edward, tout le monde n’est pas vous ! protestai-je
- Alice calme-toi. Nous te soutiendrons, Edward voulait juste te mettre en garde, modéra Bella. Tu n’es pas nous, et nous ne sommes pas toi. Mais nous serons là pour toi quoi qu’il en soit.
- Merci Bella, ajoutai-je en toisant Edward.
Celui-ci m’adressa un sourire espiègle.
- Si tu étais moi, ça serait tellement plus simple pour toi. Mais ne t’inquiète pas, je me range aux côtés de ma femme.
Lucian et Amy arrivèrent à la villa, les bras chargés de fleurs et de cadeaux. Carlisle les accueillit avec toute la classe et la splendeur qui le caractérisait.
- Vous me comblez mes amis. Entrez, rejoignez ma famille. Vous êtes ici chez vous.
Esmé se joignit à Carlisle pour accueillir le jeune couple.
- Vous êtes resplendissants tous les deux, je suis heureuse de vous avoir avec nous ce soir.
Amy précéda Lucian dans la grande pièce. Elle portait une petite robe noire qui mettait sa silhouette en valeur. Ses cheveux blonds étaient remontés en un chignon savamment désordonné. Quelques mèches bouclées entouraient son visage. Ses yeux verts, soulignés d’un léger maquillage pailleté, étaient superbes. J’oubliais parfois comme les yeux humains pouvaient être beau. La gamme des couleurs était beaucoup plus étendue et subtile que celle de ma race. Et eux n’avaient pas besoin d’être beau pour séduire leurs proies, comme nous, mais pour se reproduire et donner la vie. Réalité cruelle !
Mordue par la jalousie, je crus un instant que Rosalie investissait mes pensées. Je la regardai, et souri, amusée du spectacle ; Rosalie fusillait du regard Emmett, dont le menton pendait bêtement. Seth affichait à peu près le même facies ahuri. Bella et Edward pouffaient, il détaillait les projets que Seth avait en tête en regardant Amy à Bella.
Tout le monde se salua cordialement. Lucian se tînt devant moi. Il était rasé de près et son parfum naturel était mêlé à une fragrance épicée et boisée. Rien ne sentait meilleur. Tout mon corps brulait. Il portait un pantalon noir à pinces et une chemise blanche fermée par une cravate en cuir noir. Mon Dieu qu’il était beau. Parfait. Il chercha mon regard. Ses yeux bleus étaient doux et implorants. Il n’avait donc pas l’intention de céder. Avec son amie dans la même pièce ! malotru !
Je tournai légèrement la tête de gauche à droite, en évitant son regard, lui faisant part de mon mécontentement.
- Bonsoir Alice, tu es rayonnante, annonça-t-il, avec un sourire contraint.
- Lucian. Je lui adressais un sourire crispé.
- Bonsoir Amy, dis-je à sa compagne en détournant la tête. Heureuse de passer un peu de temps avec toi, la dernière fois j’ai manqué à mon devoir. Nous allons nous rattraper ce soir.
Je la pris par le bras et l’attirait vers le buffet pour lui offrir un verre. Je l’emmenai ensuite vers Bella, Rosalie et Esmé, créant de fait un clan garçon-fille qui me convenait parfaitement. Alors que nous parlions futilités, mode, maquillage, Lucian jetait dans notre direction quelques regards éperdus. Il faisait mine de prendre plaisir aux conversations de mes frères. Edward observait ce petit jeu discrètement et je su qu’il lisait parfaitement les pensées de Lucian et que celles-ci étaient emplies de moi. Il me regarda, résigné devant l’évidence. La sonnette retentit à cet instant.
Je vis Carlisle se diriger vers la porte. Qui avais-je bien pu oublier ? Carlisle avait omis de me dire qu’il avait d’autres invités. Charlie, peut-être. Au moment où je me posais ces questions, un flash de Jasper apparu. Oh mon Dieu c’était lui. Je n’étais pas prête. Le sang que j’avais dans mon corps ne fit qu’un tour (eh oui, ça n’est pas le mien après tout). Comment ma vision pouvait-elle arriver si tardivement ? J’avais peut-être vraiment un problème au cerveau avec toutes ces émotions.
- Jasper, entendit-je Carlisle s’esclaffer. Tu es là.
- Carlisle, je n’aurais manqué ça pour rien au monde. Il donna l’accolade à notre père puis son regard se dirigea vers moi. Il était beau mon mari. Il portait un manteau de laine noir dont le col relevé mettait son visage en valeur. Ses cheveux blonds tombaient autour de son visage en boucles indisciplinées. Je le soupçonnais de ne pas avoir pris un taxi pour rentrer de Port Angeles. Ses yeux étaient clairs et pétillants, preuve qu’il avait bu récemment et qu’il était heureux de me voir. J’avais l’impression à ce moment-là que mon cauchemar se terminait.
Jasper me sourit. Il laissa choir son sac au sol et écarta les bras pour m’étreindre alors que je me précipitai vers lui.
- Alice, tu m’as manqué !
- Comme je suis heureuse que tu sois là, soupirai-je.
Je me jetai telle une furie dans ses bras. J’étais vraiment heureuse. Ce n’était pas une ruse pour détourner Lucian de moi. J’étais si contente de voir Jasper. De retrouver la tranquillité de notre mariage, sans secret, sans douleur. Tout irait bien. Ma joie était mêlée de stress. Allait-il le ressentir ? Il mettrait surement ça sur le compte de la présence des humains et de la tentation qu’offrait leurs veines saillantes. Espérons.
- Que d’amour mon cœur, il emplit toute la pièce, je devrais partir plus souvent ! me taquina-t-il. C’est bon de rentrer à la maison. Je sens une pointe de frustration pourtant.
- Je ne t’ai vu rentrer que lorsque tu as frappé. Mes visions me font des blagues.
C’était une partie de la vérité que je pouvais énoncer. Un bon début.
Tout le monde salua Jasper. Celui-ci diminua l’ampleur de son sourire à la vue de Lucian et Amy.
- Tu reconnais Amy et son ami Lucian, dit Carlisle, nous faisons un travail fabuleux avec Amy, à l’hôpital, c’est une brillante collaboratrice et fort sympathique de surcroît.
- Et Lucian est un musicien hors pair, ajouta Edward, il faut que tu entendes ça !
Je vis Jasper se détendre un peu et regarder le couple avec étonnement. Que sentait-il bon sang ? Edward ?
- Edward me fit signe que tout allait bien. Il devait probablement être surpris parce que nous les avions invités eux seuls à notre sauterie. Seulement deux humains parmi tous ces monstres !
La soirée suivie son cours, agréablement. Les uns discutaient avec les autres. Il y avait des conversations sur la médecine, sur les études en cours, la littérature et tant d’autres thèmes. J’arrivais à en suivre plusieurs à la fois. Oh ! C’est quoi ça ? Tout à coup un flash me fit sursauter. Je me repris, espérant avoir été suffisamment discrète. Edward et Bella se dirigeaient vers moi alors que je m’approchai de Jacob, affairé au buffet avec Seth.
- Pourquoi diable as-tu en tête de poursuivre Jasper à travers la forêt.
- Mais je n’en sais rien, petit globule, où es-tu allée chercher cela ?
Je regardais Edward, stupéfaite.
- Je ne l’ai vu que dans ta tête Alice, pas dans la sienne.
- Sa petite tête de linotte va surement plus lentement que le mienne !
- Surement un de ces petits jeux qu’affectionne Jacob, claironna Bella en lui donnant un coup d’épaule.
- Avec Jasper le coincé ? ça m’étonnerait, railla Jacob.
Jasper était sur le perron avec Rosalie et Emmett, à raconter son périple vers le lac Michigan. Il n’avait pas prêté attention à nos échanges.
Carlisle et Esmé s’entretenaient avec Lucian et Amy, visiblement ravis. Carlisle se rappela à nous :
- Et si Edward et Lucian nous offraient un de ces moments musicaux dont ils ont le secret ! proposa-t-il
Tout le monde se regroupa autour du piano. J’avais disposé quelques chaises non loin, sûre que ce moment arriverait.
Ils nous régalèrent une fois de plus avec leurs mélodies. Après plusieurs morceaux, Edward plaqua quelques accords au rythme de la valse. Les couples commencèrent à danser au milieu du salon. J’attrapai Jasper afin de profiter moi aussi du moment. Je fus amusée de voir que Seth entrepris Amy afin de tenter quelques pas. Alors qu’ils dansaient, Jasper m’arrêta doucement et me demanda s’il pouvait faire danser Bella, alors seule.
- Bien sûr ! lui dis-je, ravie de ce moment. Jasper était un bon valseur.
Il m’invita à m’asseoir auprès des musiciens en l’attendant. Je m’obligeai alors à ne regarder que les mains d’Edward courir sur le piano. Je tournai mon regard vers Lucian et rencontrai ses yeux. Non pas ça. Je me noyais à nouveau dans ses prunelles bleues. Il me sourit tendrement. Je lui rendis son sourire alors qu’il entamait un solo endiablé qu’il avait joué lors de nos cours et sur lequel j’avais fait l’accompagnement. Notre complicité surgie à nouveau tel un torrent de bien-être et la bulle refit son apparition. Il n’y avait plus que nous. Nous étions pris ensemble dans le tourbillon de la musique et le monde autour de nous avait disparu, sans même en être conscient.
Edward s’arrêta tout à coup de jouer en me fixant. Je revins à la réalité brutalement. Cette fois ses yeux étaient inquiets. Ils étaient fixés sur Jasper qui s’était figé au centre de la pièce, dévisageant Lucian de façon plus qu’inquiétante.
- Je suis fatigué, je pense que nous devrions arrêter, avoua Edward.
- Nous allons vous laisser, proposa Amy. Merci pour votre accueil.
Après les avoir salués, je me dirigeai vers Jasper, inquiète et quelque peu gênée.
- Tu sais ce qui est en train de se passer Alice ?
La question de Jasper était cinglante, cassante.
- Jasper, pourquoi ce ton ?
J’étais mal à l’aise et il ne ferait rien pour arranger cela, bien au contraire.
- Tout cet amour qui emplissait la maison ce soir quand je suis arrivé, j’ai cru qu’il était pour moi. Mais j’étais étonné de sa force. Eh bien je l’ai senti exploser quand vous vous regardiez Lucian et toi. Cet amour si fort que tu ressens, c’est pour lui, pas pour moi ! lâcha-t-il furieux ! Il avait craché ces mots au comble de sa frustration. Et c’est pareil pour lui !
- Jasper, tentai-je.
Mais il me coupa et reprit de plus belle :
- J’ai ressenti la même frustration lorsque je l’ai salué, que celle que tu ressentais quand je suis arrivé. C’était la déception de ne pas pouvoir être ensemble qui vous rongeait. Je n’ai compris que quand je vous ai vu l’un à côté de l’autre.
- Depuis quand sais-tu mettre des mots sur les sentiments que je ressens ? fulminai-je. Ce n’était qu’un moment de partage musical, il m’a donné quelques cours en ton absence et nous avons passé un bon moment, c’est tout. Tu dis n’importe quoi.
- Son parfum te fait un effet incroyable, tu passes du temps avec lui et tu oses me dire qu’il n’y a rien de plus ? Je l’ai vu dans vos yeux, et si tu crois que je ne sais pas interpréter ce que je ressens, tu te trompes !
- Jasper, il faut que tu comprennes ! Je le regardai alors avec un air suppliant, désespéré, en lui saisissant les bras.
- Je veux qu’il n’y ait que toi. C’est ce que je souhaite au plus profond de moi. Je ne veux rien d’autre et je me battrai pour cela, me défendis-je.
Jasper me dévisagea, son regard était vidé de tout sentiment, hagard … et cruel.
J’entendis alors Edward crier :
- Jasper ne fait pas ça.
Il avait déjà disparu. J’étais pétrifiée.
- Qu’y a-t-il ? S’enquit Carlisle
- Jasper va les tuer, souffla Edward. Comme ça il n’y aura plus que lui et toi, répondit-il en me regardant.
Tout se passa très vite. A peine Edward eut-il prononcé ces mots que Jacob s’élança en courant et muta alors qu’il n’était pas encore en bas du perron. Seth le suivi aussi sans attendre. Ma vision ! Mais qu’est-ce que cela signifiait.
- Il va y avoir du sang, s’écria Emmett, tout frétillant. Il s’élança, suivi à son tour d’Edward et Carlisle.
- Je reste avec Renesmé, vas-y avec Bella, proposa Rosalie, demi sourire aux lèvres. Tu sauras leur parler.
Nous filâmes à toute vitesse. Nous arrivâmes presque à la lisière de la ville et aperçûmes enfin Jacob et Jasper. Ils se faisaient face, le premier grondait, le deuxième sifflait de fureur. Jasper avait dû s’arrêter sachant qu’il n’y aurait rien de discret à les tuer avec Jacob sur le dos.
- Pourquoi me suis-tu ? laisses-moi les tuer, tout sera réglé ! Ce ne sont pas tes affaires.
Edward se fit le traducteur des pensées de Jacob. Il s’exprima d’un ton calme et rassurant.
- Il dit que tu ne peux pas tuer des humains, tu romprais le traité, il a raison Jasper.
- Il y a des choses plus importantes que le traité, fulmina Jasper
Effrayée, je fus néanmoins touchée par ses propos.
- Pas plus important que la famille, répéta Edward.
- Nous ne sommes pas une famille Jacob, nous n’avons aucun lien de sang, maugréa Jasper. Ma seule famille c’est Alice, mon épouse. Quelqu’un se met sur ma route, je réagis.
Le loup poussa un grognement féroce qui fit trembler le sol que nous foulions. Nous étions tous aux aguets derrière Jasper.
- Jasper, reprit Edward, d’un ton plein de douceur malgré la stupeur qui se lisait sur son visage. Jacob dit que Lucian est son demi-frère biologique. Billy est leur père.
Le silence s’abattit sur la forêt. L’annonce de cette nouvelle nous avait tous figé.
- Rentrons à la maison Jasper, Jacob voudrait nous expliquer, dit Edward. Garde ta rancune pour un autre moment s’il te plait.
Les autres se rapprochèrent d’Edward, en quête d’explications sur les dernières minutes écoulées. Jasper se retourna vers moi en ricanant :
- Eh bien tu vois Alice, plus besoin que je m’inquiète maintenant ! A moins que tu veuilles d’un cabot.
Jasper lança cette remarque de façon à me blesser, exprimant sa douleur. Je n’avais pourtant pas besoin de cela. La nouvelle m’avait stupéfiée et complètement anéantie. Je réalisai que Lucian faisait partie de la famille des loups, même s’il n’en était pas un. Des milliers de questions se bousculaient dans ma tête ; pouvait-il devenir un loup ? Etait-il déjà trop vieux ? Pourrait-il échapper au phénomène grâce à sa mère qui n’était pas Quileutes ?
NON ! STOP ! je n’avais pas à me poser ces questions, ça n’était pas mon problème. C’était Jasper le plus important. Il partit de nouveau à toute vitesse, prenant la direction de la maison. Je couru derrière lui.
Je le retrouvai dans notre chambre, à son bureau, la tête entre les mains.
- Jasper ? osai-je
Il ne releva pas la tête, ne répondit pas.
- Je voudrais que tu sois sûr que, même avant de comprendre ce qui m’arrivait, j’avais décidé de tout faire pour sauver notre mariage. C’est toi qui comptes ! Nos années partagées ensemble et celles que nous partagerons encore.
- Je veux bien te croire Alice, je sens que tes intentions sont bonnes. Mais il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter. Et ce que j’ai senti ce soir était incroyablement fort. Jamais il n’a émané de toi la même chose pour moi. Et … et ça me rend fou ! Jasper arpentait la chambre à grandes enjambées, impuissant.
- Jasper, je vais m’éloigner de lui, on va oublier tout ça ! implorai-je
- Je n’oublierai pas ta frustration Alice, je le sentirai au quotidien, crois-tu que j’aie envie de cela ? répondit-il, vaincu.
- Alors pourquoi avoir voulu le tuer ?
- Pur instinct de vengeance. Je suis un tueur, c’est ma nature. C’est compliqué d’être parfait, surtout quand il s’agit de celle que l’on aime.
Il baissa les yeux, désarmé. Je m’approchai de lui doucement et le prit par le cou :
- Oh Jasper, je suis tellement désolée. Je comprends. Je n’ai pas l’intention de changer quoi que ce soit à notre vie, ni de remettre en cause mon amour pour toi. Je t’en prie, essaies !
- Je ne demande que ça Alice, tu le sais.
Il se dégagea doucement de mon étreinte. Il marqua un profond silence.
- Tu es tout ce qui compte pour moi, mon âme sœur ! Il s’était rapproché de moi et avait placé mes mains contre son cœur. Il prononça ces derniers mots avec la complicité qui nous liait depuis si longtemps, mêlé à une douleur profonde qui faisait trembler l’ambre de ses yeux. Sa tête se pencha délicatement vers moi et ses mains se saisirent de mon visage. Il ressentait une lueur d’espoir mêlée à une immense tristesse. Il se produisais tout ce que je redoutais : Jasper souffrait à cause de moi.
- Essayons ! suppliai-je.
- Essayons, répéta-t-il. Je ne vais pas renoncer comme ça, pas après tant d’années.
Il soupira et fixa un moment le noir de la forêt par la fenêtre.
- Descendons, j’ai des excuses à présenter à Jacob, je ne voudrais pas être pris pour un sauvage.
Son visage reprit son expression froide et crispée alors qu’il sortait de la chambre. Rien n’était gagné.
- D’accord, acquiesçai-je.
Il prit ma main et nous descendîmes l’escalier. Tous les yeux étaient fixés sur nous.
- Ça, va, tout va bien, assura Jasper en souriant à tout le monde.
Il s’avança vers Jacob en lui tendant la main. Jacob accepta celle-ci après une courte hésitation.
- Je ne voulais pas te faire de mal Jacob, ni heurter ta famille, je suis désolé.
- Tu ne savais pas, et je te comprends moi aussi.
Bon, pensai-je, quelle horreur ! Toute ma famille est au courant maintenant ! Edward se tourna alors vers moi avec un regard bienveillant.
Jasper s’approcha d’Esmé et l’étreint pour la rassurer. Nous nous détendîmes, l’orage étant passé, en partie :
- Jacob, pourquoi n’avoir rien dit concernant Lucian ? s’enquit Bella. Je pensais être ton amie !
- Bella, c’est tellement récent, je n’ai pas encore digéré la nouvelle et mon père n’a pas été très accueillant avec Lucian. Pour le moment, on n’a rien de deux frères, et je ne sais pas si ça arrivera un jour. Pas la peine de s’étendre sur quelque chose qui n’existe pas.
Jacob était visiblement affecté par la situation.
- Quel problème Billy a-t-il avec Lucian, est-ce grave ? demanda Carlisle.
- Lucian est le fruit d’une aventure que mon père a eu au moment où ma mère et lui devait se marier, expliqua Jacob. Il est tombé fou amoureux d’une jeune touriste. Mon grand-père a été inflexible sur l’avenir de la meute et a obligé mon père à s’unir à une fille de la réserve afin que notre don perdure. Son père vous avait rencontré et il savait que vous risquiez de revenir. Il fallait être prêt au cas où. Billy ne savait pas que l’aventure avait eu des suites. Quand Lucian s’est présenté à la maison, cela a fait resurgir une partie douloureuse de sa vie. Il l’a rejeté, tant pour lui-même que pour Lucian. Il voulait se protéger de cette nouvelle qui le bouleversait et protéger Lucian de nos secrets, sachant qu’étant à demi Quileute, il y a de fortes chances pour qu’il ne mute jamais.
- Cela ne veut pas dire qu’il ne pourra pas muter, lança Seth en faisant un clin d’œil à Jacob.
Je frissonnai, écœurée par cette pensée.
- Seth, on n’est pas là pour étaler nos histoires de famille, protesta Jacob.
- Lucian est mon pote, contesta Emmett, et j’aimerai comprendre ce que veut dire Seth.
- Il y a un précédent concernant la mutation demi-sanguine. Embry, sa mère n’est pas une Quileute. Mais elle est indienne, contrairement à la mère de Lucian. Mon père pense qu’il ne mutera jamais. Mais moi, j’en suis moins sûr.
- Pourquoi dis-tu cela ? demanda Esmé.
- Je connais les signes, déclara Jacob, sur un ton qui écartait toute autre question.
Je suivi silencieusement la conversation essayant de me faire oublier. Je m’étais assise au milieu de l’escalier, comme j’aimais souvent le faire. Les pensées tourbillonnaient dans ma tête. J’essayai de reprendre le contrôle. J’avais la sensation qu’un poignard s’enfonçait de plus en plus profondément dans mes entrailles à chaque nouvelle information lâchée par Jacob. Jasper me scrutait du coin de l’œil, sans réaction. Il ne m’entoura d’aucune onde de bien-être, il m’en voulait, j’en étais sûre. Peut-être était-il lui-même à l’origine de cette sensation insupportable. Comment le lui reprocher ? Je venais de lui promettre qu’il n’y avait que lui et je ne pouvais empêcher mes émotions de me submerger devant la nouvelle. Cela ne s’avérait pas aussi simple que je l’aurais souhaité.
J’essayais tant bien que mal de mettre un peu d’ordre dans ma tête. La confusion de mes sentiments, laissa alors peu à peu la place à des éclaircissements. Je comprenais maintenant pourquoi je n’arrivais pas à lire son avenir. Je ne lis pas l’avenir des loups. L’évocation du pire eu pour effet de faire redoubler ma panique. Il allait muter ! S’il avait été un simple humain, j’aurais pu voir, même mal.
- Moi ça me plairait qu’il mute, reprit Emmett. Au moins il ne serait plus aussi faiblard et j’aurais un pote pour longtemps. Peu importe qu’il soit un de vos cerbères, je l’aime bien et si je peux le côtoyer pendant plusieurs décennies ça me va.
Je vis Rosalie tressaillir à l’idée de devoir côtoyer un autre loup. Leur odeur nous dérangeait passablement.
- Il mutera, Alice le sait, avoua Edward. Elle ne peut pas voir son avenir, tout comme celui de Jacob.
Je fusillai Edward du regard, non seulement pour avoir parlé de moi et de Lucian dans la même phrase, mais aussi pour avoir révélé tout haut une vérité que je n’assumais pas tout bas. Et aussi pour avoir pénétré dans ma tête à un moment si délicat. Jasper me lança lui aussi un regard lourd de reproches. J’avais envie de me tapir au fond d’un trou pour le reste de mes jours.
Je tentai de détacher mon esprit de ce qui se passait ici. Je détournai les yeux alors que la conversation allait bon train concernant le devenir de Lucian. De nouvelles pensées vinrent encore troubler mon esprit. Elles concernaient, malgré moi, encore et toujours Lucian. Il pourrait être immortel s’il mutait, ou en tout cas jouir d’une longévité incroyable. Espoir. Qu’en serait-il de son odeur si magique une fois qu’il aurait muté ? Désespoir. STOP ! Laissez-moi tranquille.
Je poussai alors un cri de surprise alors qu’une vision arrivait sans crier gare.
- Alice ? s’enquit Edward, l’air inquiet.
Je m’étais figée, les yeux dans le vague.
- Ils sont trois, un homme et deux femmes, récitai-je. Ils sont dans la région. Je les vois courir. Nous devons les arrêter, sinon il y aura d’autres morts. Oh, ils sont …, le magasin des Newton.
Mes yeux étaient restés figés, fixant le vide, comme si j’étais en transe. La vision était d’une rare violence. Je les voyais effrayer un couple dans leur voiture, sur le parking des Newton. Etaient-ils là pour se voir en cachette ? sur le parking désert et sombre ? Si nous n’arrivions pas à temps, ils ne pourraient jamais nous le confirmer. La vision se poursuivait, j’étais face à la voiture, assistant impuissante à un spectacle cruel. Deux ombres tournaient autour du véhicule, si vite que je ne pouvais voir leur visage. Ils frappaient la carrosserie et riaient à gorge déployée. Les passagers étaient terrorisés. L’homme, affublé d’un manteau noir surmonté d’une profonde capuche, fini par briser la vitre de la voiture et en extirpa le conducteur sans ménagement. La vitre brisée, les cris de la passagère redoublèrent d’intensité. Ils cessèrent soudain, alors que la silhouette féminine monta à la place du conducteur et saisi violemment la gorge de la femme pour se nourrir.
- Assez, je vous ai demandé de vous tenir correctement. Quelle crédibilité vais-je avoir si vous foirez tous mes plans. On ne se nourrit pas ici ! Nettoyez-moi ce … carnage.
La voix était celle d’une femme dont je n’arrivais pas à voir le visage non plus. Elle me tournait le dos, fermement campée sur de hautes bottes à talons recouvrant en partie son pantalon de cuir noir. Un blouson de la même matière était ajusté à sa taille fine et une cascade de boucles brune voletait dans le vent frais. Ses deux acolytes ricanaient bêtement, comme ivre du sang qu’ils venaient de boire. Tout à coup, ils se figèrent.
- On décampe ! Commanda la femme en cuir.
- Ma vision cessa soudain. Je repris mes esprits, toujours statufiée au milieu de l’escalier. La maison était vide. Mon téléphone sonna au fond de ma poche.
- Alice ? demanda Carlisle
- Oui, répondis-je, encore un peu dans les vapes.
- Nous sommes arrivés trop tard, c’est un carnage ici. La police était déjà sur place. Emmett, Jasper et Edward essaient de les rattraper. Nous rentrons.
Quelques instants plus tard, ma famille revint à la maison. Les garçons avaient perdu les meurtriers aux portes du territoire des loups, espérant que ces derniers prendraient le relais. Bella s’éloigna un peu afin d’appeler chez Billy. Je rapportai ma vision en détail aux autres, désolée de ne pouvoir mettre un visage sur ces personnes, et qu’elle n’ait été plus précoce.
- Une des femmes à l’air de commander, elle a l’air plus âgée que les deux autres. Je n’ai vu que son dos, satanée vision, maugréai-je.
- Tu as eu beaucoup d’émotions Alice, dit Carlisle, on sait que ça affecte ton pouvoir.
- J’ai vu la vision d’Alice et je n’arrive pas non plus à déterminer qui ça peut-être, ajouta Edward, inquiet.
- Ils ont fui par la mer, rapporta Belle, rengainant son téléphone.
- Bon sang ! s’écria Emmett furieux, la prochaine fois je les démonte !
Le téléphone de Carlisle sonna.
- C’est Charlie, annonça-t-il. Je vais devoir aller faire les premières constatations. Cette fois, ça être compliqué de prétexter une attaque animale.
- Pourtant, ces vampires sont bien des animaux ! s’exclama Esmé.