Blue Hour

Chapitre 15 : Rencontre

Chapitre final

4542 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/08/2023 19:16

J’étais dans un état d’esprit proche de la dépression. J’aurai souhaité m’enfermer quelque part et me laisser dessécher comme le vieux monstre que j’étais. Mon mari m’avait quitté et mon béguin, nul ne l’ignorait plus, était un loup garou. Jacob avait appelé à la maison pour nous prévenir que la mutation avait eu lieu et qu’Amy était condamnée.

    De plus, Jasper allait revenir pour régler cette histoire avec Maria et me narguerait probablement en m’ignorant. Lucian aussi reviendrait à la maison, le prétexte était un match mais nous devions l’informer sur ce que nous étions. Il allait donc me détester en sachant que j’étais aujourd’hui sa pire ennemie.

    Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ma famille continuait sa petite vie tranquille, son ersatz de vie humaine qui chassait du gibier. J’avais terminé ma semaine de cours tel un zombie. Tout ça m’horripilait. Je décidai de rester à l’étage lors de la venue des « deux hommes ». Mieux valait faire profil bas et laisser passer l’orage. Mon n’arrangerait rien dans l’immédiat. J’entendrais tout, de l’étage.

    Aux environs de 17h, la sonnette retentit. J’entendis les voix de Carlisle et Jacob qui se saluaient. Lucian suivait derrière son frère, silencieux, mais son odeur l’avait trahi. Comment son odeur pouvait-elle encore m’enivrer à ce point-là ?

    Tous prirent place autour de la grande table de la salle à manger.

-     Lucian, commença Carlisle, tu es maintenant au courant du secret de la tribu de ton père et de ton frère, puisque tu fais partie des leurs. Tu sais que tu dois garder le secret pour le bien-être de tout le monde. Tu as aussi entendu parler de notre secret et aujourd’hui, les tiens nous laissent le soin de t’expliquer ce que nous sommes, avec nos propres mots. Et je les en remercie. Le plus important, c’est que tu saches que nous ne sommes pas tes ennemis.

    Je ressentis quelques tressaillements et entendis quelques craquements de chaises.

-     Aujourd’hui, continua Carlisle, nous sommes amis et œuvrons pour la tranquillité de nos vies et de celle des habitants de Forks, ensemble. Tu as pu apprendre à nous connaitre, tu as constaté que nous étions des personnes correctes et de confiance. Cela ne changera pas. En ce qui concerne notre régime alimentaire, jamais nous ne nous nourrissons d’êtres humains. Cela est au prix d’immenses efforts pour certains d’entre nous, sache-le. Mais nous nous contentons de chasser les animaux de la forêt. Nous sommes rapides, habiles, certains sont dotés de pouvoir un peu plus importants, Edward lit dans les pensées par exemple, Bella peut se protéger grâce à un bouclier invisible et Alice, mmm, elle voit l’avenir.

-     Elle aurait pu me dire ce qui allait arriver, lança Lucian, caustique.

-     Elle voit l’avenir des vampires assez clairement, celui des humains de manière un peu plus floue et concernant celui des loups, eh bien c’est le néant.

-     Oh, alors ça ! lâcha Lucian, visiblement sceptique.

-     Pour ce qui est du reste, tu l’apprendras avec le temps, si tu souhaites naturellement, continuer à nous fréquenter.

-     Allez, sois cool, le targua Emmett !

-     Je suis là non ? rétorqua-t-il. Son ton était froid, sec et mordant, rien n’était gagné.

    D’en haut, il me sembla pourtant que l’ambiance se détendait un peu, sans pour autant redevenir aussi amicale qu’avant.

-     Où est Alice ? s’inquiéta Lucian.

-     Elle, elle n’est pas très en forme, avoua Edward, Jasper est parti.

    Je savais qu’Edward percevait mes pensées et que ma mauvaise humeur l’inciterait à ne pas signaler que j’étais tout près.

-     Eh bien il ne me manquera pas celui-là. Je ne suis pas sûr qu’il ne bouffe pas de l’homme de temps en temps !

-     Non Lucian, s’exclama Esmé, Jasper était malheureux. Il est celui qui a le plus de mal avec notre régime mais il y arrive. Et pour ce qui est de ton altercation avec lui, Edward veillait sur toi.

-     Je vois que tout le monde est au courant, encore une fois, et tu n’as pas jugé bon d’intervenir ? reprocha-t-il à Edward

-     Non, s’excusa celui-ci, tant qu’il ne te faisait pas de mal, je ne devais pas risquer de nous dévoiler.

-     Et donc il est parti, il a abandonné Alice, comma ça ! s’étonna Lucian.

-     Jasper, expliqua Carlisle, a un don un peu particulier. Il peut contrôler les émotions. Mais en contrepartie, il ressent tout ce que les gens ressentent. Ce qui fait que ses problèmes avec Alice ont été plus que difficiles.

-     Mais, je ne comprends pas, pourquoi …

    A ce moment-là, quelqu’un poussa la porte d’entrée. Mon pire cauchemar survenait.

-     Jasper, s’exclama Carlisle. Quelles sont les nouvelles ?

-     Rien pour le moment, répondit Jasper. Deux personnes le suivaient. Je me précipitai au bord des escaliers, veillant à ne pas être vue. Une jeune femme menue aux cheveux blond clair coupés courts et un homme grand et mince lui aussi doté de cheveux blonds avancèrent dans la maison.

-     Bonjour Charlotte, bonjour Peter, dit Esmé.

-     Bonjour à tous. J’espère que notre visite surprise ne vous importune pas. Nous avons souhaité accompagner Jasper afin de nous faire pardonner nos bavardages avec Maria. Nous ne pensions pas qu’elle en profiterait.

    Jaser avança au milieu de la pièce et dit :

-     Je suis persuadé que Maria souhaite profiter de l’affaiblissement de notre famille dû à quelques dissensions conjugales pour tenter de prendre possession de ce territoire, expliqua Jasper. A nous de faire l’effort de lui montrer une famille unie afin de la dissuader. Les loups devront déguerpir. Il nous faut garder cette arme secrète au cas où.

    Je notai la façon dont il s’était adressé à Jacob et à Lucian. J’ignorais s’il avait posé un regard sur eux mais j’en doutais fort. J’imaginais plus un geste dédaigneux en leur direction.

    Est-ce que j’étais comprise dans le plan ? Allais-je devoir afficher un air serein aux côtés de mon mari lors de la visite de Maria ? Surement. Cela me faisait bouillir. Il m’avait quitté, il était parti sans moi, il avait refusé de tenter d’oublier tout ça à mes côtés et je devais m’abaisser à jouer le rôle de l’épouse comblée !

-     Quand doit-elle arriver ? demanda Rosalie.

-     Il faut poser cette question à Alice, rétorqua Emmett.

-     Pas la peine, annonça Edward, elle sera là à la tombée de la nuit demain.

-     La dame n’assume plus de nous faire ses réponses en direct ? ironisa Jasper.

    Mon sang ne fit qu’un tour. Il ne pouvait pas me quitter et me dénigrer de la sorte. Je descendis les escaliers et fonçai à toute vitesse aux côtés de Bella. Je me tins tout à coup au milieu de l’assemblée, souriante, comme si rien n’était. Quelle comédienne !

-     Ai-je raté quelque chose ? fanfaronnai-je ?

    Je dévisageai rapidement chaque personne présente et m’arrêtai sur Lucian un peu plus longtemps. Sas traits étaient fatigués, durcis, éprouvés. Je croisai alors son regard. Dans ce regard qui dura à peine une seconde, il y avait mille choses. Il me buvait des yeux, il aspirait tout mon être. Il paraissait étonné, méfiant, en souffrance et m’interrogeant de mille questions. Le bleu de ses yeux était encore plus intense. Il semblait plus fort, plus grand. Tout son être était encore plus beau, plus charismatique qu’avant sa mutation. J’étais complètement sous le charme. Son regard se mua tout à coup en colère, en dégout, à mon encontre. J’étais dévastée.

    Je détournai rapidement les yeux et les posai sur Jasper. Il m’adressa un regard dédaigneux, voir même absent. Il avait sans aucun doute perçu mon émoi, et ma détresse.

    Je ressentis à ce moment-là une profonde tristesse. Mais elle était différente, comme si elle venait se superposer à la mienne. Ça n’était pas la mienne. Jasper ! Je le fusillai à mon tour du regard et la sensation disparue aussitôt. Il m’avait fait partager sa tristesse.

    J’étais bouleversée. Peinée par la colère de ce qu’il avait osé projeter sur moi, surprise de l’intensité de sa propre douleur et attristée par le dégout qu’éprouvait Lucian à mon égard.

    J’étais sans ressort, un cœur tout mou qui ne savait plus comment fonctionner. Mon unique envie à cet instant, fut d’aller me réfugier dans les bras de Lucian, de lui dire combien je voulais essayer, combien je voulais qu’il me comprenne et m’accepte. Jasper me faisait presque peur, Lucian m’envoutait et me rejetait.

    A ma vue, tous avaient retenu leur respiration, au fond du salon la télévision scanda le générique des informations de dernières minutes :

 

 

Nous apprenons à l’instant la mort tragique de quatre jeunes, disparus depuis la nuit dernière. Leurs corps ont été découverts dans Thornton Creek Park,

 Au Nord de la ville. Ils ont visiblement été attaqué par des bêtes qui les ont sauvagement mordus à la gorge. 

Les jugulaires sectionnées, ils n’ont pas survécu à leurs blessures.

Le Maire a décidé de lancer une vaste traque afin d’éloigner les prédateurs hors des limites de la ville.

 

 

-     Ceux-là ont l’air moins inoffensifs, lança Lucian à Jacob, sur un ton épouvanté.

-     Sortons d’ici veux-tu, pour le moment ce n’est pas notre problème.

-     Mais ils tuent des gens !

-     Lucian, dehors.

    Ma famille, ainsi que les deux autres vampires, attendirent que les deux Quileutes sortent de la maison.

-     Nous ne nous sommes pas nourris à Seattle, et nous ne laissons pas ce genre de traces, se défendit Charlotte.

    Je cherchai la vérité dans le regard de Jasper. C’est là que mes yeux rencontrèrent les siens. Ils étaient d’un rouge vif. Je poussai un cri, révoltée.

-     Jasper ! non, pourquoi ?

-     Oh, ça va, ne t’énerve pas, lâcha-t-il d'un air méprisant, Peter et Charlotte sont plus intelligent que tu ne le pense.

    Il sorti de sa besace une poche de sang en plastique, destinée aux hôpitaux.

-     Jasper, comment peux-tu après tant d’années d’efforts ? Condamna Carlisle.

-     C’est un bon compromis, je ne tue personne et je me nourris normalement.

-     Et tu n’es pas plus violent qu’avant ? pas plus « animal » ?

-     Je ne me plains pas, Peter et Charlotte non plus, rétorqua-t-il en les désignant de sa main.

    Ceux-ci acquiescèrent de la tête.

-     Comme le dit Jasper, c’est un bon compromis, reprit Peter. Mais nous ne sommes pas venus pour nous faire reprocher notre régime, nous connaissons tous nos différends à ce sujet.

-     Oui, revenons à ce qui nous inquiète, ajouta Edward.

-     As-tu eu une vision plus précise de l’arrivée de Maria ? me demanda Emmett.

    Je m’efforçais de retrouver rapidement mes esprits. J’étais tellement déçue. Je sentais Jasper si éloigné de moi, de notre famille maintenant. J’en venais à me demander s’il n’avait pas suscité notre rupture afin de se nourrir à sa guise. L’appel du sang aurait été finalement plus fort que notre mariage, et mon trouble lui aurait permis de s’échapper. Je levai les yeux en direction d’Edward. Celui-ci tournait discrètement la tête de gauche à droite, m’indiquant que j’avais tort.

-     Demain soir, à la tombée de la nuit, finis-je enfin par lâcher.

-     Sera-t-elle seule ? S’enquit Jasper d’une voix dure en me regardant à peine.

-     A priori oui, mais je n’en suis pas sûre, elle n’a pas décidé, répondis-je en baissant les yeux. Je ne souhaitais pas croiser le regard de Jasper à nouveau.

-     Je vais rester dans les environs, je reviendrai demain en fin de journée, annonça-t-il. Nous irons voir ce qu’elle veut.

-     Jasper, c’est ta maison, reste ici, implora Esmé.

-     Plus maintenant, souffla-t-il, désolé Esmé, je me sentirai mieux ailleurs.

    Il s’approcha d’elle, déposé un léger baiser sur son front.

    Chacun retourna petit à petit à ses occupations. Carlisle et Emmett avaient rejoint Jasper et Esmé dans un coin du salon. Jacob parlait avec Renesmé, Edward et Bella. Ces derniers s’enlaçaient tendrement. Comme je les enviais. Et cette envie se projetait une fois de plus sur Lucian. Bon sang, c’était un loup maintenant, impossible. Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être simplifiées dans cette situation. Pourquoi avait-il fallu que je ressente encore tant de choses à son égard maintenant ? Voire plus ! Logiquement, tout aurait dû disparaître avec sa mutation, il était dans le clan ennemi aujourd’hui.

 

    Le lendemain soir, je conduisis ma famille à l’endroit où j’avais vu Maria dans mes flashs. La nuit tombait vite dans la forêt. Heureusement, notre vue aiguisée ne nous trahirait pas.

    Elle arriverait par le Sud. Nous étions tous regroupés derrière Jasper qui regardait dans cette direction. Il était perché sur un tronc d’arbre tombé à terre. Nous entendions des petits bruissements d’animaux, si peu de bruit pour une nuit en forêt, les oiseaux nocturnes se taisaient comme lorsqu’un danger approchait.

    Dans un froissement de tissu, tout à coup, une femme brune apparu devant Jasper.

-     Quel accueil ! lança la femme d’une voix cristalline. J’aurais pu simplement sonner chez vous comme le font les humains, je sais que vous êtes attachés à leurs mœurs. Je suis capable d’un peu de savoir vivre !

    Elle portait des Doc Martins noires, ouvertes sur un pantalon de cuir et un blouson de cuir ajustés à ses formes fines et ses longs cheveux bruns tombaient en boucles de part et d’autre d’un joli visage marmoréen que ses hautes pommettes creusaient profondément. Ses yeux, d’un rouge flamboyant, nous toisaient avec défi. Elle était diaboliquement belle.

-     Que veux-tu Maria ? demanda Jasper, froidement.

-     Je suis venu te chercher mon beau Jasper, annonça fièrement Maria, d’une voix douce, sans pour autant se défaire de son assurance.

-     Et qu’est-ce qui te fais croire que je vais partir avec toi ?

-     Tu es malheureux ici. Ta femme t’a blessé. Laquelle est-ce d’ailleurs ?

    Elle fit un pas en avant et nous scruta un par un. Instinctivement, ma famille se resserra autour de moi et Maria ne mit pas longtemps à comprendre.

-     La petite brunette à la coupe garçonne ? Tu me surprends Jasper, je te pensais plus délicat dans tes goûts.

    Mon sang ne fit qu’un tour, j’étais prête à lui sauter à la gorge. L’énorme main d’Emmett m’enserra le bras.

-     Tout doux, me murmura-t-il.

    La tension était palpable, nous étions tous prêt à bondir, nous n’attendions que le bon moment.

-     Tu me connais mal Maria, et tu n’as toujours fait que m’utiliser.

-     Je pensais que cela était loin derrière nous. Pour ma part j’ai gardé le souvenir de nos tendres moments, ironisa-t-elle en me toisant du coin de l’œil.

-     Je n’ai jamais cessé de penser à toi et je pense qu’aujourd’hui c’est le bon moment pour nous retrouver. Je t’offrirai un immense terrain de jeu pour te nourrir. Mon territoire dépasse toutes mes prévisions aujourd’hui, tu seras surpris. Mes troupes veillent au maintien de celui-ci avec dévouement, tu n’auras plus besoin de te battre, tu pourrais juste profiter. Je te dois bien ça, non ?

-     C’est tentant mais je préfère poursuivre ma route de mon côté.

-     Et continuer à bouffer des lapins ? Non mais tu t’es vu ? Maria pestait maintenant. Je t’offre de la nourriture de premier choix, une maison de rêve si tu le souhaite, tout ce que tu voudras. Rentre avec moi et oublie ces pseudos-vampires qui se nourrissent de rats des champs. Tu ne vas quand même pas non plus partir ces mollassons de Peter et Charlotte et tenir la chandelle pendant des siècles.

-     Jasper est assez grand pour faire ce qu’il veut de sa vie, intervint Carlisle. Personne ne lui imposera quoi que ce soit. Même pas nous.

    Elle regarda à peine Carlisle, donnant l’impression de le mépriser au plus haut point.

-     Je ne supporte pas que cette fille te fasse souffrir, reprit-elle à l’attention de Jasper. Je ne veux que ton bonheur.

-     Tu ne te souciais pas de ce que je ressentais à l’époque.

-     A l’époque, comme tu dis, mon territoire était ridicule, il fallait que je gagne des terres. Aujourd’hui, tout va bien. Nous pourrons être heureux.

-     Je vais y songer, dit calmement Jasper. Mais tu devrais partir maintenant.

-     Tu ne m’invites même pas dans ta maison ?

-     Nous ne souhaitons pas qu’un humain soit blessé autour de chez nous, s’interposa Carlisle. Rentrez chez vous !

-     Je te promets un beau cadeau Jasper, mais là tu m’ennuie avec cette propension au calme que tu m’imposes. Au revoir. Oh, au fait, dit-elle en se retournant, faisant virevolter sa chevelure brune, je ne te lâcherai pas comme ça, rien n’y personne ne m’arrêtera.

    A peine eut-elle fini sa phrase qu’elle disparaissait à notre vue.

-     Je ne te demande rien, cria Jasper alors qu’elle avait déjà disparu dans les profondeurs de la forêt.

 

 

-     Bah dis donc, railla Emmett en me lâchant enfin le bras, elle est accroc celle-là. Sacré p’tit lot !

    Jasper le fusilla du regard.

-     Repartons, ordonna ce dernier à l’attention de Charlotte et Peter. Je ne veux pas vous mettre en danger, adressa-t-il à l’attention de Carlisle.

-     Jasper ? appelai-je

    Pourquoi avais-je fait ça ? Il se retourna et s’approcha de moi, gêné. Les autres commencèrent à s’éloigner sur le chemin du retour. Peter et charlotte attendaient à l’écart eux aussi.

-     Qu’y a-t-il Alice ? demanda-t-il doucement.

-     Tu, tu vas bien ?

-     Oui, tu vois, je survis. Je te confirme mon choix, si c’est cela qui t’intéresse. Mon retour ici m’a prouvé une fois de plus que j’étais mieux loin de toi. Je te l’ai montré, tu as compris ?

-     Oui oui, Jasper. Je suis désolée, je suis ... tellement …

-     Je ne te demande pas de lutter Alice. Même si cela me fait mal de te perdre, la réalité est là, il faut l’accepter, c’est tout. Et tu ferais mieux de l’accepter toi aussi, jusqu’à ce qu’il mute au moins. Alors, peut-être tout sera différent.

-     Il a déjà muté, avouai-je, vaincue.

    Jasper garda le silence, l’air grave, affecté par ma révélation. Il soupira longuement et reprit :

-     Alors c’est la fin de notre vie à deux. Comment est-ce possible ? Ce que tu ressens pour lui est toujours aussi fort qu’avant !

-     Jasper, je ne le sais pas moi-même, je ne lui ai pas parlé depuis que c’est arrivé. Laisse-moi du temps.

-     Je pars de mon côté. Appelle-moi si tu as vraiment besoin de moi, si je peux, alors je viendrai.

-     Jasper, suppliai-je, donnes-nous au moins de tes nouvelles !

-     Tu en auras par Carlisle, peut-être.

    Il fit un petit signe à Peter et Charlotte et tout trois s’éclipsèrent en un clin d’œil dans la nuit.

    Cette fois, Jasper avait disparu et je ne savais pas si je le reverrai. J’étais triste que cette partie de ma vie soit terminée, tellement triste. Mais il fallait maintenant que j’examine l’autre partie. Qu’était-il en train de se passer avec Lucian ? Ce désir, que je nourrissais pour lui était-il vraiment réel ?

    Je redoutais d’aller lui parler de tout cela. Sa dureté à mon égard me paralysait.

Nous rentrâmes à la maison tous les sept.

 

    Bella me rejoignit dans ma chambre, s’assit à côté de moi, sur le lit.

-     Ça va Alice ?

-     Oui, ça va.

-     Jasper ne reviendra pas ? C’est ça ?

-     Non, effectivement, avouai-je, désabusée.

-     Tu veux en parler ?

    Chacun de nos échanges étaient ponctués d’un long silence.

-     Il se passe quelque chose d’incompréhensible Bella, lâchai-je en me tournant vers elle, paniquée. Je ne comprends pas.

-     Ça va aller Alice.

-     Même son odeur ne m’a pas paru aussi terrible que celle de Jacob et des autres. Il sent toujours bon ! C’est horrible Bella ! Maintenant il me hait.

-     Et toi tu es prête à l’aimer.

-     Mais ça ne peut pas marcher !

-     Tu n’as plus rien à perdre.

    Elle prit mes mains dans les siennes.

-     C’est perdu d’avance, Bella.

-     Ne dis pas ça !

-     Edward avait la possibilité de te transformer pour que tu sois comme lui. Nous nous ne serons jamais pareils. Nous ne sommes pas proie et prédateur, nous sommes ennemis !

-     Jacob et Renesmé sont pas mal non plus dans le genre ! Tu le sais.

    Je fourrai mon visage dans le creux de son épaule.

-     Si je comprends bien, tu me pousses dans les bras du diable.

-     Je l’ai fait avant toi, rétorqua-t-elle. Et c’était plus dangereux. Et toi qui avais peur de le tuer lorsqu’il était humain, maintenant il est aussi fort que toi.

-     Et encore plus beau, ajoutai-je.

-     Va le voir.

-     Et que vont penser les autres ?

-     Ils s’y feront. Notre vie est déjà singulière, ça ne les choquera pas. Pense à toi avant tout.


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