Blue Hour
Chapitre 16 : Espérance
3952 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 23/08/2023 19:17
Jacob me raccompagna. Nous ouvrîmes quelques bières et je l’écoutai longtemps parler. Avec des mots cette fois, il m’expliqua comment l’amitié avec les Cullen était possible pour lui. Son amour inconditionnel pour Renesmé, son amitié avec Bella et plus encore. Carlisle l’avait soigné malgré leur antagonisme. Ils avaient combattu ensemble pour protéger les leurs et les habitants de Forks. Ils avaient appris à se connaitre et à se respecter. Ils avaient les mêmes ambitions ; vivre en paix. Certains jeunes de la Push n’étaient toujours pas convaincus et préféraient passer au large. Le traité protégeant le territoire des Quileutes était toujours de mise. Seul Carlisle était maintenant autorisé à passer sur ce territoire pour soigner les gens de la réserve. Billy avait confiance en lui. Renesmé aussi avait gagné la confiance des Quileutes. Enfin, pour moi, ils avaient plutôt confiance en Jacob.
Il partit en fin de soirée. J’ouvris une dernière bière et me perdit dans mes pensées. Je tentai de faire un point, le plus clair possible malgré le nombre de canettes amoncelées sur la table du salon. J’avais quitté Chicago à peine trois mois auparavant et ma vie s’était transformée en cauchemar surréaliste mêlé de drames, de morts-vivants et de loups garou. Qu’avais-je fait pour mériter cela ? Ou était passée la vie simple et routinière que j’avais à Chicago. Les années heureuses aux côtés de ma mère paraissaient si loin maintenant.
Pourtant, j’avais changé, moi aussi. Je m’assumais enfin. J’étais fort, puissant et il me semblait que rien ne pourrait m’arrêter. C’était le point positif du réveil de mon gène lupin. Je trouverais la force de vivre sans Amy. Il le fallait, d’une manière ou d’une autre. La question était où ? Allais-je partir ? Retourner à Chicago, retrouver Mike et les autres ? Partir à l’aventure, tout recommencer était une autre solution. Mais où ? La question restait entière pour le moment. Seattle peut-être.
Pourquoi ne pas rester ici, auprès de ma nouvelle famille. Ça me tentait de vivre parmi eux, je ne serais plus jamais seul. Ils étaient agréables, finalement. Je pourrais même essayer de me rapprocher de mon père. Mais il fallait vivre auprès des Cullen, et ça c’était au-dessus de mes forces. Malgré tous les bons mots de Jacob, je ne pouvais pas. Mes instincts s’y opposaient farouchement. De plus, penser à Alice augmentait exponentiellement la force de ma colère. Je m’en d’avoir pu tomber amoureux d’une monstruosité.
Un prédateur qui savait parfaitement attirer les proies dans ses filets, par le charme et la tromperie. Je la haïssais pour ce qu’elle m’avait fait ressentir, pour le temps que j’avais perdu avec Amy à cause d’elle, pour l’état actuel d’Amy. En analysant bien la situation, c’est elle que je haïssais le plus. Carlisle, Emmett et les autres m’avaient toujours semblés honnêtes, corrects. Est-ce que je me trompais ? Oui, sans doute, c’était leur faute si j’avais muté. Je m’étais transformé à cause de ces morts-vivants suceurs de sang. C’était leur faute si je devais vivre maintenant avec de lourds secrets, avec la peur de muter à n’importe quel moment sur un coup de colère au risque de tuer quelqu’un. Et malgré tout ce que j’avais entendu aujourd’hui, c’était plus fort que moi : je les haïssais. J’aurais aimé que cela soit différent mais je n’y arrivais pas.
Mieux valait les laisser tomber. M’éloigner du danger, des problèmes. Partir était préférable. Jacob m’avait expliqué qu’après quelques années sans muter, la vie reprenait son cours normal et le gène finissait par s’endormir. Mieux valait donc pour cela s’éloigner des ennuis, des vampires.
Je décidai de parler le lundi au doyen du Lycée afin de négocier mon départ.
Je passai une grande partie de mon dimanche à ruminer. Je pris ma guitare afin de me vider la tête. Je jouai jusqu’au soir, perdu dans mes souvenirs de Chicago. Ils me venaient naturellement à l’esprit et me procuraient une sensation de bien-être. La décision finit par s’imposée naturellement à moi, je retournerai là-bas, chez moi.
Le lendemain, je quittai tôt la maisonnette afin de pouvoir parler à Mr Greene avant le début des cours. Le ciel était caché par le blanc des nuages et plus à l’ouest, ils devenaient gris foncé. La pluie n’allait plus tarder. Au moins, je pourrais rouler au sec jusqu’à l’école.
- Quel dommage Mr Dove, c’est le climat ! j’en était sûr ! Quand on n’est pas d’ici, difficile de s’acclimater, hein ? Et ce qui arrive à votre amie, c’est tragique. Je comprends, je vais m’occuper de vous trouver un remplaçant rapidement. Mais je vous demande de bien vouloir patienter jusqu’aux fêtes de Noël. Forks n’est pas une destination courue pour les transferts, nous n’avons pas la ville la plus attrayante du monde, comme vous avez pu le constater, cela va prendre un peu de temps. Et si toutefois nous n’arrivions pas à vous remplacer dans ce délai, je vous saurai gré de bien vouloir honorer votre contrat jusqu’à la fin de l’année scolaire.
- Si vous arriver à me remplacer en un mois, ça serait bien, convins-je.
J’étais à demi-convaincu de l’effort qu’il allait faire pour me remplacer rapidement. Je ne lâcherais pas.
Je me rendis dans ma classe et tentai de passer la journée le plus normalement possible, avec des élèves parfois intéressés, parfois distraits.
La cloche sonna la fin de la dernière heure de cours et après avoir regroupé mes affaires dans mon sac à dos, j’attrapai mon blouson et mon casque et me dirigeai vers ma bécane. Le parking était bondé de véhicules qui faisaient ronfler leur moteur, de groupes de jeunes qui chahutaient et riaient fort. La pluie avait fait son œuvre pendant la journée et s’était calmée en cette fin d’après-midi. J’entrepris de sécher ma moto grâce à la serviette que je laissais constamment sous ma selle.
Du coin de l’œil, je l’aperçu, se tenant à trois mètres de moi, silencieuse, immobile.
- Que veux-tu Alice, lançai-je, agacé.
- Bonjour Lucian, répondit-elle d’une voix pétillante et mélodieuse.
- Je dois rentrer avant la pluie, dis-je, continuant de frotter ma selle en lui tournant le dos, je suis pressé.
- J’ai besoin de te parler, accordes-moi deux minutes, implora-t-elle.
Je me retournai et lui fit face avec un regard de défi. Elle eut un léger mouvement de recul, feignant une grande inspiration elle commença :
- Nous n’avons pas parlé depuis que … enfin tu vois, tu sais tout maintenant. Nous pourrions en discuter, ça nous ferait du bien. Je suis sûre que tu as mille questions.
- Ça ne m’intéresse pas, crachai-je.
- Lucian, me coupa-t-elle. Je n’ai pas changé. Tu peux comprendre aujourd’hui pourquoi je t’ai rejeté. Par respect pour Jasper, certes, mais aussi et surtout pour te protéger. J’aurai pu te tuer, ton odeur … nous devons en parler !
- Tu aurais peut-être mieux fait de me tuer, ou peut-être as-tu envie de le faire maintenant, lançai-je, acide, sans même la regarder, il est quatre heures !
- Arrête, Lucian, et laisses-moi finir ! cria-t-elle. Ce que vous êtes colérique, vous les loups !
Mon corps commençait à trembler.
- Aujourd’hui, tout est différent, reprit-elle calmement, tu es … toi. Et je ne suis plus un danger pour ta vie.
Je restai immobile, le dos toujours tourné.
- Lucian, Je veux être là pour toi, je peux être là pour toi, sans danger, je n’ai pas pu sauver Amy à temps, je m’en veux, ce que j’essaie de te dire …
Je me retournai doucement et la toisa, froidement. Elle baissa les yeux et chercha au plus profond d’elle-même. Elle avança de quelques pas et posa sur moi ses grands yeux topaze, brûlants de mille feux. Ma vue s’était aiguisée avec ma mutation. Le spectacle était époustouflant. Elle était encore plus belle qu’avant, plus lumineuse, plus éclatante. Sa peau était encore plus lisse, plus parfaite. Tout chez m’attirais, m’affolais…foutaise, mise en scène !
- Lucian, je ne veux plus lutter … je t’aime, lâcha-t-elle dans un souffle.
Je m’approchai d’elle à mon tour. Je m’arrêtai à quelques centimètres de sa bouche entrouverte et pu sentir le souffle frais qui s’en échappait. Tout mon corps hurlait, l’embrasser, la toucher, elle m’offrait tout ce que je désirais depuis tant de semaines. Elle ferma les yeux et attendit. Un frisson de dégout parcouru mon échine. Tout ceci n’était qu’artifices, comme une veuve noire qui attire sa proie dans sa toile. Je décalai doucement mon visage vers son oreille et murmura doucement et froidement :
- Alice, je te hais. La seule chose dont j’ai envie, c’est de t’arracher la tête. Je ne te crois pas. Tu es un monstre.
- Elle rouvrit les yeux et recula doucement.
- Lucian … lâcha-t-elle, déconcertée. Je la toisai, regard noir, heureux de la blesser.
- Comment peux-tu me haïr à ce point ? dit-elle, dévastée.
- Tu es … une abomination, lâchai-je en ponctuant chacun de mes mots.
L’adrénaline montait, je sentais les frissons qui indiquaient que je n’étais pas loin de muter. Je me retournai vivement, enfourchai ma moto, casque sous le bras, et démarrai. Je lui envoyai regard noir tout en tournant l’accélérateur. Le vent me calmerait. Je roulai vite, les frissons se calmaient mais ma vue s’embuait. Un sentiment de colère mêlé à de la frustration me rongeait. Je lui avais lâché mon venin, les mots étaient sortis, naturellement. Je lui avais résisté, tenu tête. Je n’arrivais pas à croire un mot de ce qu’elle me disait. Cela me dégoutait et me blessait en même temps. Tout chez elle n’était qu’apparence. Des armes pour mieux attirer ses proies et les saigner. Les meurtres étaient surement leur œuvre et ils arrivaient à embobiner Jacob et les autres au nom d’une amitié factice. Elle m’avait séduit, j’avais le cœur brisé. Elle avait laissé l’accident d’Amy se produire pour m’affaiblir, c’était sûr. Je ne pouvais pas rester ici, ni avec ces vampires, ni avec ces pseudos loups protecteurs qui se laissaient manipuler par leurs pires ennemis. Je n’arriverais pas à me résoudre à voir le bien que mon frère voyait en eux.
Je roulai longtemps, sans trop savoir où j’allais. Calmé, je retournai au Lycée. La nuit était tombée et le parking était presque vide. La voiture de Mr Greene était toujours là. C’est lui que je souhaitais voir. Il fallait que je m’assure de sa bonne volonté dans la recherche de mon remplaçant. Je ne pourrais pas rester ici trop longtemps. Quitte à changer Amy d’hôpital, peu importe, il fallait que je parte.
Je poussai la porte du bâtiment dans lequel se trouvait son bureau. Les lumières du grand couloir étaient éteintes. Seul le distributeur de boisson diffusait une pâle lueur. J’avançai vers le bureau du Doyen quand un bruit m’alerta. Une porte qui claquait au loin, pensai-je. Puis j’entendis un cri étouffé. Celui d’un homme qui se blesse. Et l’odeur arriva. La même odeur que j’avais sentie chez les Cullen. Acre, amère, désagréable. Elle était mêlée à une odeur métallique : du sang. Vampires !
J’avançai à pas feutrés vers le bureau, révolté par ce que je craignais de découvrir. Pourquoi ne l’avais-je pas senti ce matin. Mr Greene était un vampire. Qu’allais-je faire ? appeler Jacob ? était-ce un de leur ami aussi ? Va voir, suis ton instinct. Tu es fort, il ne peut rien te faire.
Parvenu devant son bureau, porte était entrouverte et la lumière de sa lampe de bureau luisait à peine dans l’entrebâillement. Je perçus un bruit de chute et de gargouillis. Je m’élançai afin de secourir la pauvre victime.
Mon étonnement me stoppa net. J’étais face à une scène d’horreur dont Mr Greene n’était pas le prédateur, mais la proie. A demi allongé sur le sol, sa tête était renversée sur le genou d’un être qui buvait son sang à sa gorge. Il releva la tête à mon arrivée fracassante. C’était, un homme. Je veux dire, avant d’être un vampire, il était homme, mâle. Mais, il n’y avait plus rien d’humain chez lui aujourd’hui. Et le sang qui coulait de sa bouche le rendait encore plus effrayant. Sous un visage blafard aux contours vifs et anguleux, une chevelure trop longue et noire pendait, inerte. Il avait des yeux rouges-vifs effrayant. Il lâcha sans ménagement Mr Greene et se releva en grognant à mon encontre. Je me dressai face à lui, prêt à bondir. Pourrais-je muter assez vite lorsqu’il lancerait l’assaut ?
Je perçus alors un mouvem ent dans un autre coin de la pièce. Je devinai une forme dans la pénombre, elle fila à toute vitesse et traversa une fenêtre pour prendre la fuite. La forme était féminine, malgré des cheveux assez courts, en pétard. Alice !
Je n’eus pas le temps m’interroger sur ce qu’il me semblait avoir vu. Mais j’étais effondré, malgré tout ce que j’avais dit à Alice, quelque part je souhaitais que ce ne soit pas si grave, qu’elle ne soit pas si monstrueuse. Je ne voulais surtout pas me l’avouer. Une étincelle de mon ancienne vie, une réminiscence de ma faiblesse, voilà ce que c’était. L’homme, gigantesque et effrayant avançait vers moi. Bon sang mute, arrête de te lamenter !
La colère s’empara de moi et je me transformai au beau milieu du bureau du proviseur, mort. Mon adversaire eu un mouvement de recul mais se reprit, vite. Son attitude ne laissait aucun doute : il avait décidé d’en finir avec moi peu importe la forme que je prendrais. Il se cabra sur ses immenses jambes vêtues d’un pantalon en cuir lacé sur les côtés et s’élança. Sa rapidité me surpris et je pris un coup sur le museau sans même avoir pu réagir. Je fis face à mon ennemi qui se tenait maintenant de l’autre côté du bureau, dans la pénombre, là où j’avais vu s’enfuir A … non n’y pense pas, concentre-toi.
J’avais appris à muter, ok, je ne m’en sortais pas trop mal. Mais il manquait une corde à mon arc : je n’avais pas appris à me battre. J’avais une envie féroce et irrépressible d’arracher sa tête à ce monstre mais je n’avais aucune idée sur la manière de m’y prendre. Je commençai par retrousser les babines et tentai un grognement. Cool, ça marchait, il se campa sur ses jambes mais ne démarra pas. Je sentis tout à coup une présence derrière moi. J’eu à peine le temps de bouger qu’Emmett et Edward se jetaient sur le géant. Après un combat que j’eu du mal à suivre, vu la vitesse d’exécution, je vis le géant tomber à genou. Sa tête n’était plus sur son cou mais dans les mains d’Emmett. Ils m’avaient sorti d’une sacrée misère ces deux-là. J’avais à l’esprit d’autres desseins maintenant, Alice avait participé au meurtre du Doyen, je devais la retrouver et la tuer.
Je décidai de prendre le chemin qu’elle avait emprunté, après tout, j’étais moi aussi une créature surnaturelle et tenter une sortie de super héros me séduisait.
Au moment où je sautai par la fenêtre j’entendis Edward m’appeler. Trop tard, et je n’avais pas envie de lui parler. Le devoir m’appelait. Elle devait payer.
Je me précipitai à travers la forêt tentant de retrouver la trace olfactive d’Alice. Je ne perçue que les restes de l’odeur aigre qui devait être celle de l’homme. Je décidai alors de me rendre directement chez les Cullen. Mon agilité était incroyable. Je prenais de l’assurance à chaque instant, dans ma forme lupine. J’arrivai devant la grande maison. Tous m’attendaient, campés sur leurs jambes fléchies, prêts à contrer mon attaque. J’aperçus Alice en retrait. Son visage était d’une tristesse infinie, comme si elle regrettait d’avoir commis ce meurtre avec son comparse. Chemin faisant, j’avais imaginé qu’elle était à l’origine de toutes les attaques perpétrées depuis la rentrée. Mais qui était le monstre qui l’accompagnait, pourquoi ne l’avais-je jamais vu avant ?
J’avançai au-devant des vampires et grognai. Jacob, apparu soudainement entre eux et moi. Edward et Emmett arrivèrent à ce moment-là.
- Lucian, Edward nous a appelé, il a lu tes pensées là-bas. Ce n’était pas Alice, elle était là, avec nous, à la maison. Ce sont les soldats de Maria. Edward l’a lu dans l’esprit du géant avant de le combattre.
- Lucian, coupa Edward. En sortant, tu n’as pas trouvé l’odeur d’Alice car elle n’y était pas. C’était la leur, et tu le sais.
La colère m’aveuglait. Je réfléchissais, vite. Jacob s’éloigna légèrement et muta en une fraction de seconde. Revenant vers moi, il m’imposa les images de la soirée. Il me montra Alice, Bella, Renesmé, Edward, Emmett et Rosalie en train de papoter, un match en fond sonore sur le grand écran du salon. Il me montra l’image d’Alice qui, sursautant, prononça le nom de Mr Greene d’un air paniqué. Il me montra alors Edward et Emmett s’élancer à l’extérieur de la maison.
- Je l’ai vu, elle lui ressemblait tant, lâchai-je, troublé.
- Crois-nous, elle n’a jamais été là-bas, dit Carlisle. Rentre chez toi maintenant.
Jacob me fit un signe de tête m’indiquant de la suivre.
- Lucian, ce que tu as vu n’est pas suffisant pour accuser Alice. Ce n’était qu’une ombre.
C’était énervant qu’il puisse rentrer dans ma tête de la sorte. Il fallait que je retrouve au plus vite ma forme humaine.
- Attends, me dit-il. Ce sont tes instincts qui parlent, tu dois réfléchir, Lucian, reprendre le contrôle. Alice n’a rien de dangereux, ni les Cullen. Il faut que tu arrives à comprendre ça. La colère t’aveugle.
- Laisse-moi gérer ça tout seul Jacob, grognai-je.
- Surement pas, tu risques de faire une boulette qui nous mettra tous dans l’ennui.
- Je vais partir, comme ça vous serez tranquille, plus peur que le gars de l’Est vienne déranger votre tranquillité malsaine.
Je démarrai en trombe en direction de la ville.
Ils avaient raison. J’étais en colère et je retournais toute ma haine contre Alice. Je n’avais vu qu’une ombre, c’était vrai. Je n’avais pas envie que Jacob sente le moindre de mes sentiments. Arrivé à une centaine de mètres de l’orée de la forêt, je repris ma forme humaine. Je finirai à pied, coupé de toute relation mentale avec Jacob et les autres.