Blue Hour

Chapitre 23 : Quand la nature reprend ses droits

Chapitre final

4725 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/08/2023 19:37

Ce furent les plus longues heures de toute ma vie. Je ne pouvais m’empêcher de penser que cela pouvait être aussi les dernières d’Alice. Je me battrai corps et âme pour tenter de la sauver et ce, jusqu’à la mort. Je ne pouvais pas concevoir de vivre sans elle. La nuit dernière avait été la plus belle d’entre toutes, une véritable révélation. Je n’avais qu’une envie : la revivre encore et encore. Tout était devenu possible, nous nous accordions si bien ensemble. Malgré la promesse que je m’étais faite, mes sentiments d’avant avaient refait surface. Fréquenter Alice souvent ces deniers temps n’y était pas neutre. Elle avait su annihiler toute la haine que j’avais pour elle en étant simplement elle-même. Secret mis à part, elle n’avait rien de tellement différent de la fille que j’avais rencontré avant de savoir. C’est pour cela que je n’avais pas pu lui résister. Pour une fois, la vie m’accordait le meilleur. Ce que j’avais souhaité si fort avant de connaître la vérité et que je voulais encore plus maintenant. Alice et moi étions réunis, amoureux, heureux. Je désirais le vivre à tout prix.

    Il était hors de question que je n’y arrive pas. J’allai la sauver. J’avais à mes côtés des alliés plein d’expérience. Nous n’avions qu’à suivre le plan, rien de plus.

    Jacob et Seth étaient reparti à La Push, leur présence n’étant pas souhaitée par la ravisseuse. Nous préférions ne pas prendre de risque, l’odeur lupine nous aurait certainement trahie.

    Carlisle et Jasper répétaient le scénario encore et encore, dans le bureau du médecin. Pesant surement chaque point, soulevant chaque éventualité. Ils m’avaient expliqué mon rôle sans s’étendre, précisément, simplement. Ils ne voulaient pas m’embrouiller, disaient-ils.

    Emmett entourait Rosalie de ses immenses bras, pensif. Ils savaient ce qu’ils avaient à faire eux aussi. Ils attendaient, patiemment, l’heure du départ.

    Bella et Edward avaient rejoint leur fille dans la cuisine et faisaient bonne figure afin que celle-ci ne s’inquiète pas trop. Elle repartirait chez Emilie à La Push avec Jacob, avant la nuit.

    Dans mon coin, j’essayais de m’imaginer la scène qui nous attendait. Quelle serait ma capacité à rester calme et à obéir au plan, sachant que la personne à laquelle je tenais le plus au monde, celle qui m’avait rendu heureux dans cette vie terrifiante, était aux mains d’un monstre cruel ? On était loin du trac d’avant concert ! Mon cœur battait à tout rompre et mes boyaux se tordaient, ça je connaissais. Mais cette sensation que la mort pouvait faucher l’un d’entre nous était terrifiante. Cette sensation de devoir se heurter violemment à d’autres êtres, quels qu’ils soient, me tétanisait. J’avais tué, oui, mais cela s’était passé vite, je n’avais pas eu le temps de réfléchir, il avait fallu agir. Là, j’avais largement le temps de penser et ça me rendait fou. Je tournai tel un lion en cage au milieu du salon. Tant de questions se bousculaient dans ma tête : Amy allait-elle suivre le plan ? pouvait-on lui faire confiance ? Si je devais muter, n’allais-je pas être tétanisé par la peur et rester sur bord tel un enfant effarouché ?

    Jasper et Carlisle apparurent à nouveau dans le salon. Leurs visages étaient tendus et cela ne laissait rien présager de bon. Jasper s’approcha de moi :

-     Nous ne sommes pas amis toi et moi. Mais nous sommes tous les deux responsables de ce qui se passe. Nous souhaitons la même chose toi et moi, que personne ne soit blessé. On doit se faire confiance, quoi qu’il se passe.

    Je le contemplai, ne sachant quoi dire. Je ne réussis pas à interpréter le sens de ses mots. Me cachait-il quelque chose ? Notre cause était-elle vaine ? Je soupirai et répondis :

-     Je ne te suis pas ! ou veux-tu en venir ?

-     On doit se serrer les coudes et se faire confiance, reprit-il. Ni toi ni moi n’en avons envie mais c’est pourtant indispensable.

    Il soutint mon regard comme pour imposer sa volonté. Il m’impressionnait toujours autant. Je me défendis :

-     J’ai toujours essayé de t’aider par le passé. Je n’ai jamais voulu te nuire et ce qui s’est passé avec Alice … j’ai essayé de lutter, sincèrement.

-     Je sais, je pense que je peux te faire confiance. La question n’est pas là. Est-ce que toi, tu me fais confiance ?

    Je souris, embarrassé :

-     Et bien, tu n’as pas essayé de me tuer ces derniers temps, et il est clair que nous voulons la même chose. Je peux essayer !

-     Je ne veux pas que tu essayes, je veux que tu sois certain que tout ce qui se passera là-bas ne se retournera jamais contre toi. Nous sommes avec toi.

    Je ne compris pas un traitre mot du message qu’il souhaitait me faire passer. J’obtempérai d’un simple mouvement de la tête et il disparut de ma vue.

    Edward lança à mon attention :

-     C’est sa manière à lui de te dire que finalement il t’aime bien !

-     Rallier les troupes, un truc de militaire ça, ajouta Bella.

-     Il est important que l’on soit soudé, c’est cela que Jasper à voulu dire Lucian, intervint Carlisle.

    Je m’éclipsai à mon tour, les laissant à leurs bonnes paroles. Tout ce qui m’importait était qu’on sauve Alice. Le reste n’était qu’un détail.

 

    L’heure arriva. Nous prîmes la route de la maison de la forêt en silence. Il faisait jour mais la densité de la forêt et le gris du ciel obscurcissaient les lieux. La tristesse de cette ambiance lugubre et silencieuse ajoutait à mon anxiété.

    Arrivés à quelques mètres de la maisonnette, je sentis l’odeur d’Alice. Mon pouls s’emballa, tant de joie de la savoir vivante, que de peur de la perdre dans les minutes qui suivraient. Nous avançâmes plus lentement, aux aguets, jusqu’à ce que la maisonnette soit en vue.

    Alors je les vis. Maria, La tête haute, les jambes écartées, vêtue d’un grand manteau de cuir rouge. La brunette un pas derrière sa maîtresse, les yeux remplis de crainte et à côté d’elles deux autres brutes aux yeux rouges tenaient Alice chacun par un bras. Elle était bâillonnée, ses mains étaient attachées derrière son dos. Sa jolie robe de soirée avait été malmenée, lui laissant une épaule dénudée. Un pan de tulle pendait d’un côté, ombrant ses jolies jambes couleur albâtre. Son visage exprimait la crainte, la peur. Qu’est-ce que Maria lui avait fait vivre ? Comment avait-elle pu l’effrayer de la sorte ?

    Ils tournaient le dos à la maisonnette, les grosses pierres les protégeaient d’une menace venant de l’arrière. L’épaisseur de la végétation environnante assurait les côtés. Alice gigotait, tentant de se libérer de ses entraves. Elle réussit à libérer le visage :

-     Allez-vous-en ! cria Alice.  Ils vont vous tuer !

    Un des molosses replaça le bâillon dont Alice avait pu se défaire. Personne n’ouvrit la bouche. Visé par le marché de Maria, je me calai en tête des Cullen, en première ligne, courageux et décidé :

-     Rends-nous Alice, criai-je à Maria.

-     Où est Amy ? répondit celle-ci, très calme.

    Amy était avec nous, cachée derrière les Cullen tant elle était novice au combat. Je me retournai en sa direction pour la désigner à Maria et pu observer que, juste sortis des bois, une vingtaine de vampires à la solde de Maria nous cernaient.

    On aurait pu se croire dans un film de série Z, prévisible et ridicule. Les vampires étaient tous affublés de tenues de combattants ridicules et désuètes. Armure à la Romaine pour certains, tenue de gladiateur pour d’autres. Il y en avait un que se prenait pour Rambo et un autre pour un viking. La scène était effarante, grotesque. Malgré cela, leurs visages étaient animés par une haine bestiale. Leur yeux rouges, effrayants, nous dévisageaient goulument, leurs poings serrés pointés en notre direction. Ils prenaient leurs rôles très à cœur, semblait-il. Cela ne s’engageait pas très bien. Même bien entraînés, je ne vois pas comment les Cullen pouvaient faire le poids face à un tel nombre de tueurs. Voyant mon air atterré, les Cullen se retournèrent et découvrirent à leur tour, médusés, l’armée de Maria. Ils se mirent en position, prêt à bondir.

    Je devais poursuivre dans ce qu’on m’avait demandé de faire. A moitié convaincu, plus qu’inquiet, je repris, mal assuré :

-     Elle ne veut pas venir avec toi. Nous ne sacrifierons personne pour toi Maria.

-     Alors Alice va mourir, rétorqua-t-elle. En es-tu bien conscient ?

    Alice gémit alors que les géants resserraient leur emprise.

    Pas si vite, pensai-je. Nous n’avions même pas négocié. La négociation était la clé d’après Jasper. Il fallait flatter Maria, lui faire croire qu’elle était la plus forte. C’était ça le plan. Elle ne nous en laissait même pas l’occasion. La panique s’empara de moi. Alice ne pouvait pas mourir. Alors qu’elle s’approchait d’Alice doucement en se frottant les mains.

-     Attends, hurlai-je.

-     Alors, on veut tenter de parlementer, bel Appolon ? me nargua-t-elle. Je ne veux rien d’autre qu’Amy, c’est bien clair ? Pas de grand discours, pas de tirade désespérée.

    Le plan de Jasper ne fonctionnait pas. Aucun de Cullen ne bougeait. Personne ne venait à mon secours, pas même Jasper qui m’avait sermonné avec sa confiance quelques instants plus tôt.

    Je me retournai vers Amy, désarmé, en proie à la terreur de ce qui pouvait suivre. A ce moment-là, je ne voyais aucune autre issue :

-     Tu ne peux pas rester comme ça à rien faire ! tu ne peux pas la laisser mourir. Tu dois au moins essayer, nous te récupèrerons !

-     Lucian, comment oses-tu ! répondit-elle, outrée.

    Elle sorti de derrière les Cullen comme une furie et s’approcha de moi, tous poings levés. Elle fit mine de s’arrêter, voyant qu’elle se rapprochait dangereusement de Maria. Je m’approchai d’elle doucement pour soutenir son regard de défi. Nous étions si proche que je sentais son souffle glacial sur mon visage.

    Nous en avions parlé pourtant, Les Cullen avaient dit à Amy que si le plan ne tournait pas en notre faveur et que Maria s’emparait d’elle, nous ferions tout pour l’aider. Celle-ci n’avait pas l’intention d’embrasser cette éventualité, c’était manifeste.

-     Ma nouvelle famille t’empêchera de me faire du mal. N’est-ce pas Jasper ? dit-elle sur un ton plus qu’haineux. La traitresse ça n’est pas moi, dit-elle en désignant Alice du menton !

    Je soufflai de haine. Pourquoi réagir comme ça maintenant ? Je comprenais qu’elle m’en veuille, mais pas au point de laisser mourir Alice. Elle savait qu’on pouvait la sortir de là. Encore une fois, ça faisait partie du plan. Elle ricana en me défiant de son regard rouge. Elle ne suivrait pas le plan, elle nous trahirait, comme elle se sentait trahie par moi.

    Au diable le plan, il fallait que je nous sorte de là. Je me jetai sur elle en un éclair et l’enserra afin qu’elle ne puisse pas bouger les bras. Je fus surpris qu’elle ne soit pas plus. Je n’avais aucun mal à lui maintenir les bras derrière le dos. Elle râla et gigota sans ménagement.

-     Mmm, on dirait que le bel amoureux est prêt à répudier son ex, se délecta Maria.

    Jasper avança sur moi, furieux. Les autres Cullen poussèrent des cris de stupeur.

-     Si tu fais encore un pas je lui arrache les bras ! hurlai-je. Tu dois suivre le plan, murmurai-je à l’oreille d’Amy. Il n’y a que comme ça qu’il n’y aura pas de mort.

-     Foutaise, rétorqua-t-elle, sifflante.

-     Lucian, grinça Jasper, menaçant. Lâche Amy !

-     Attaches-là, cria Maria en me lançant une corde prête à l’usage.

    J’entraînai Amy avec moi vers le sol pour récupérer la corde et entreprit de lui attacher les poignets afin qu’elle ne puisse utiliser pas son pouvoir.

-     Et maintenant fais-la avancer jusqu’à moi, ordonna-t-elle d’un air victorieux. Tu sais, tu pourrais venir avec nous joli loup. Tu serais un bel atout dans mon équipe, ajouta-t-elle.

-     Jamais, crachai-je. Rends-moi Alice maintenant.

    Amy était à mi-chemin entre moi et Maria.

-     J’y réfléchis encore, il y a beaucoup d’avantage pour moi à la tuer tu sais. Viens avec moi, ordonnât-elle sèchement à mon attention en me fixant de ses yeux diaboliques.

-     Si un vampire doit mourir, c’est nous qui le tuerons !

    La voix était sortie de nulle part. C’était Billy. Il avait prononcé ces mots d’une voix tonitruante. Il était sorti de l’ombre de la forêt avec son fauteuil et s’était placé entre Maria et moi, à côté d’Amy.

-     Qu’est-ce que … ? commençai-je, médusé.

-     Tais-toi Lucian, m’ordonna-t-il froidement.

-     Qu’est-ce que ? C’est quoi cette farce ? cracha Maria, interloquée.

    Billy se retourna vers Carlisle :

-     Nous avions un accord Carlisle, il y a trop de vampires dans cette forêt. Tu devais en faire partir deux. Aujourd’hui vous êtes encore plus nombreux et je ne peux tolérer cela. Nous en tuerons donc deux, au moins, sans délai. A vous de décider lesquels ! Tu ne peux pas faire ce que tu veux sur ces terres, tu le sais très bien ! Tu as dépassé les bornes, nous sommes envahis !

-     Billy, ça n’est pas trop le moment vois-tu, objecta doucement Carlisle. Nous sommes un peu occupés là.

-     Alors c’est comme ça, rétorqua Billy. S’en est trop ! Tu ne veux vraiment pas respecter notre accord ? tu vas payer immédiatement. Les gars, approchez, lança-t-il en tournant la tête dans la direction d’où il venait.

-     Archie, Gus, donnez-moi Alice et occupez-vous de ça, dit Maria.

-     Les deux armoires à glace lâchèrent Alice et se dirigèrent vers les deux Indiens qui avaient rejoint Billy, d’un pas décidé. Les deux vampires, arrivés à un mètre de leur cible, se heurtèrent violemment à une barrière invisible qui les cloua sur place.

-     Vous croyez que je suis venu sans quelques précautions. La magie est partout dans cette forêt. Et elle aura toujours le dessus sur le mal, comme cela à toujours été le cas depuis la nuit des temps.

    C’était Bella ? me demandai-je. Mais si cela faisait partie du plan, je n’étais pas au courant. Y avait-il vraiment de la magie comme le disait Billy ? M’avait-il caché l’existence de leur chamane ? J’étais pétrifié. Ne sachant plus à qui faire confiance.

    Les deux vampires reculèrent, surpris et méfiant.

-     Jared, tues ce vampire, ça en fera déjà un de moins, ordonna Billy en désignant Amy.

-     Non, hurla Maria, prenez celle-ci. Ne toucher pas à mon bijou.

    Elle poussa Alice avec une force démesurée. Ma belle avaient les poignets attachés dans le dos et les jambes liées entre elles. Elle tomba sur le sol aux pieds de Jared qui la saisit aussitôt. Il la releva et obéi immédiatement à Billy qui lui intima de faire son devoir d’un signe de la tête.

    L’indien parti à toute vitesse dans la forêt avec Alice qui se débattait comme elle pouvait. Les vampires à la solde de Maria n’osèrent riposter, doutant de leur propre devenir. Je n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait. Alice était-elle sauvée ? Etais-ce là la ruse ? Oui, elle était forcément en sécurité avec les miens. Il ne manquait plus qu’un signal de Jasper pour donner l’assaut. Mais quel assaut ? nous étions si peu nombreux face à eux. Les Cullen, et quatre Indiens, dont un en fauteuil. Nous étions voués à l’échec. Qu’est-ce que les Cullen allaient décider ?

    Puis j’entendis le cri. Un cri qui me glaça d’effroi et de consternation. Alice ! Plus rien. Plus de bruit. Mon souffle se brisa, les entrailles se tordirent de douleur. La stupeur m’avait clouée sur place, bouche bée. Je n’osais croire à ce qui venait de se passer.

    L’instant d’après, l’indien ressorti avec Paul et Sam tenant chacun des morceaux de, non, je n’en croyais pas mes yeux. Dans la main de Paul, un bras. Je reconnu un lambeau de la robe d’Alice accroché à la blessure béante. Dans la main de Sam, il y avait la tête sans vie de ma bien-aimée.

    Je n’arrivai pas à croire ce que je voyais. J’étais sans voix, pétrifié par l’incompréhension. Je n’arrivais pas à reprendre mon souffle. Ma poitrine avait été lacérée par un poignard invisible surement plus douloureux qu’un vrai. Alice était morte.

 

    Pourquoi les gens qui m’avaient accueilli à bras ouverts me trahissaient-ils de la sorte ? Avais-je oublié de leur dire que j’aimais Alice plus que tout au monde ? Peut-être, finalement. Non Jacob savait. Où était Jacob, d’ailleurs ? Je ne comprenais pas, je ne voulais pas y croire. Je brûlai littéralement sur place. La colère et le chagrin envahirent chaque cellule de mon corps. Je tombai à genou, vidé de mes forces.

    Billy prononça alors des mots qui finirent de m’achever :

-      Un monstre de moins, à qui le tour ?

    Alors que toute l’assistance était à l’affut de ce qui allait se passer ensuite, je craquai, écorché vif par la douleur de ce que je venais d’entendre.

-      Billy ! pourquoi ? hurlai-je de douleur.

    Je n’attendis pas sa réponse. Je démarrai ma course en direction de mon père qui avait anéanti sciemment toutes mes chances de vivre une vie heureuse sur cette terre. Je n’avais plus rien ici-bas et ils allaient payer.  J’allais les détruire jusqu’à ce que mort s’en suive. Alors que je m’élançai en l’air pour muter, pour détruire tout ce qui se trouvait sous mes crocs, tout se passa très vite.

    Billy se projeta sur Amy, toute proche de lui, avec un couteau et coupa la corde qui maintenait ses bras. Celle-ci entraîna Billy en arrière et, dans mon élan, je me retrouvai entre eux et Maria et ses acolytes. Trop loin. Amy leva les mains dans notre direction à tous et figea tout ce qu’elle pouvait.

    Etant proche d’elle, je me retrouvais coincé en l’air sans pouvoir bouger. Dans ma position, j’étais aux premières loges pour assister à ce qui allait suivre.

    Mes frères Quileutes se jetèrent du haut des arbres dans lesquels ils s’étaient cachés. Bien vu ! leur odeur avait été indécelable d’en bas. Dans leur chute, ils mutèrent instantanément et fondirent sur les vampires qui nous encerclaient. Acculés contre la maison, Maria, la fille bouclier et les deux géants tentaient d’échapper à l’emprise du pouvoir d’Amy.

 

    Les Cullen se dispersèrent pour prêter main forte aux loups. Jasper et Emmett se précipitèrent sur Maria.

    Amy se fit bousculer par un vampire et un loup qui se combattaient. Elle perdit un instant l’équilibre et j’en profitai pour tourner la tête vers le côté où la tonalité d’une voix rugissante m’était familière. C’est là que je la vis. Elle se battait comme une tigresse contre un vampire baraqué affublé comme un gladiateur. Rapide, précisé, elle était magnifique, déterminée, vivante : Alice !

    J’aperçu alors, jonchant le sol, les pièces du faux corps déchiqueté d’Alice savamment imité.

    Mon cœur bondit dans ma poitrine telle une explosion de bonheur. Alice était vivante ! La feinte avait été là ! déstabiliser Maria et la brunette, détourner leur attention. Elles étaient figées et incapables de disparaître.

    Billy arriva à mon niveau :

-     Lucian, tout va bien, Alice est vivante, me dit-il.

-     J’ai vu, répondis-je sèchement. Tu es content de ce que tu viens de me faire vivre ?

-     Nous devions faire de toi le centre d’intérêt, nous savions que ta réaction serait la meilleure diversion, désolé fils. Ce qui compte c’est qu’il n’y ait pas de mort, ni chez les Cullen, ni chez nous.

    J’étais ulcéré, déçu d’avoir été ridiculisé, dégouté d’avoir été le dindon de la farce. Mais Alice était vivante et c’est bien tout ce qui comptait. Leur plan machiavélique avait fichtrement bien fonctionné !

    Soudain, j’entendis Amy crier :

-     Non, à l’aide !

    Je retombai subitement par terre à côté de Billy. Manifestement libéré de l’emprise d’Amy, je me retournai rapidement et vis qu’elle était prise à parti par un autre molosse habillé comme un gladiateur. Il allait la briser.

    Sans réfléchir, je bondis et mutai avant de fondre sur l’assaillant d’Amy. J’atterris sur lui par derrière et je n’eus aucun mal à lui arracher la tête de ma gueule puissante.

    Amy m’adressa un sourire reconnaissant.

    Alors que nous arrivions à bout des vampires de Maria, je me retournai vers la maisonnette. Emmett finissait d’écraser les deux géants sans trop de mal, après avoir détruit sans mal la brunette au bouclier de dissimulation. Elle avait tellement été choquée par ce qu’elle avait vu que malgré les ordres de Maria, elle était restée prostrée, sans réussir à faire marcher son pouvoir. Une aubaine pour nous. Jasper rencontrait plus de difficultés. Il avait du mal à prendre le dessus sur Maria. Elle rendait coup pour coup, déjouait toutes ses feintes. Se relevant d’un magistral coup de pied retourné de Jasper, Maria fondit sur lui avant qu’il n’ait pu rétablir son équilibre. Je choisi ce moment pour bondir sur elle. Nous roulâmes sur le sol, tentant moi de la saisir de mes dents puissantes, elle de m’attraper pour me briser. Jasper vint à mon secours en réussissant à lui décocher un coup de pied dans la tête.

-     Tu ne t’en sortiras pas Maria, dit Jasper. Regarde, ils tombent tous, et tu vas les suivre. S’en est fini de ton empire de violence et d’esclavage.

-     Jamais tu ne m’auras Jasper. Tout comme je ne peux pas t’avoir pour moi, rétorqua-t-elle, sifflante comme une vipère.

-     Je ne suis pas seul Maria. Autour de moi il y a de gens qui m’aime, d’autres qui me respectent.

    Alors, les Cullen, les loups, tous venus à bout de leurs assaillants, se placèrent autour de Maria, refermant sur elle un piège inextricable. Alice avança à côté de moi et plaça sa main sur mon dos.

    Je me sentis le plus heureux des hommes, des loups ! Plus heureux que quiconque sur cette terre. Les ailes me poussaient littéralement dans le dos, je m’élançai alors sur Maria, pour en finir enfin. Pour mettre un terme à ces semaines, ces mois de traque, d’inquiétude, de danger. Je serais celui qui achèverait celle qui avait transformé mon ex-petite amie en vampire, qui avait enlevé l’amour de ma vie. J’allais n’en faire qu’une bouchée. Je bondis face à elle, sans peur, déterminé.

    J’entendis Jasper hurler derrière moi, c’est alors qu’un écran noir apparu devant mes yeux, puis le silence, puis …


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