L'éveil

Chapitre 2 : Le bureau

1011 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/01/2026 19:46

L'obscurité était totale. Je dérivais, entre la réalité et le rêve, sans savoir duquel j'étais le plus proche. Je ne savais plus où j'étais, je ne savais pas quand j'allais me réveiller (si cela devait arriver). Mes pensées défilaient dans mon esprit. Je revoyais encore ce jour de mon huitième anniversaire, le phénomène quand j'avais voulu attraper mon cadeau, ce tout premier d'une longue série d'événements tous plus étranges les uns que les autres. Puis, d'un coup, je me voyais dans la cuisine, au moment de cette conversation qui avait tout changé, qui m'avait obligée à fuir, qui m'avait conduite ici, dans la forêt, où la fatigue avait finalement gagné. Bientôt, les ténèbres s'estompèrent.

J'entendis des voix encore lointaines tout autour de moi :

- Je crois qu'elle se réveille.

- J'en ai l'impression aussi.

- Mais qu'est-ce qu'elle fait là ?

- Je n'en sais rien, Quil. Personne ne le sait. Elle nous le dira quand elle sera réveillée sûrement.

Je sentis à ces mots que le sommeil voulait m'emporter une nouvelle fois. La discussion continua :

- Ne la brusquons pas ! Il faut qu'on l'emmène quelque part au chaud. Elle ne doit pas rester ici. Il fait trop froid et elle a besoin de repos.

- Mais où veux-tu l'emmener ?

- On pourrait la porter chez moi et appeler le docteur Cullen.

- Non, mauvaise idée. Je crois qu'il faut directement lui amener au lieu de faire des allers-retours.

- Tu es sûr de toi, Sam ?

- Le temps presse. Comme je l'ai dit, c'est la seule solution.

- Bon d'accord. Je vais les prévenir. On se retrouve là-bas.

- Vas-y !

Puis, je sombrais, encore une fois, et la conversation s'éteignit.

Je flottais de nouveau dans cette entre-réalité. Je ne sentais même plus la douleur de mes membres, résultat de ma course et de ma chute. En fait, je n'éprouvais rien.

Mais, soudain, le brouillard commençait à se dissiper. Ma vue s'éclaircit. J'entendis un décompte :

- Trois ... Deux ... Un ...

À ce moment-là, mes paupières s'entrouvrirent. Je ressentais cette fois-ci tout mon corps. J'avais mal partout, pas qu'aux jambes. Je n'étais pas allongée dans la neige. Sous moi, il y avait quelque chose de mou : un lit.

- Elle se réveille, murmura une voix apaisante.

- Elle a ouvert les yeux, informa la voix qui avait décompté.

- Alma, si tu nous entends, hoche le menton, s'il te plaît.

J'acquiesçai, surprise que ce mouvement me demande autant d'énergie. Je pris conscience de l'environnement autour de moi. J'étais dans une pièce. De ce que je voyais, je n'étais pas chez mes parents. Le! pièces n'étaient pas aussi grandes chez eux.À côté de moi, trois personnes : une femme (sans doute celle qui avait décompté) et deux hommes. Tous me regardaient. Je vis l'un d'eux pivoter vers la porte.

- Je vais annoncer aux autres qu'elle est réveillée.

- Bonne idée, lui répondit l'autre homme.

Le premier sortit et la porte se referma. Le second se tourna vers moi :

- Comment te sens-tu Alma ?

Comment connaissait-il mon nom alors que je ne l'avais jamais vu ?

- Ça va, murmurai-je. Je suis fatiguée.

- C'est normal. Tu es tombée et tu as perdu connaissance. Mais, heureusement, des personnes t'ont retrouvée et nous avons pu arranger cela. Est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu étais dehors par un temps pareil ?

Fallait-il que je lui parle de ma fugue ? Certainement pas. Il serait tout à fait capable de me ramener à la maison et bonjour le psy. Ou pire encore, il m'expédierait de nouveau dans la forêt.

- Je ... Je ne sais pas, mentis-je.

- D'accord. Tu te réveilles, il faut que tes souvenirs te reviennent. Nous en parlerons plus tard. Si tu te sens prête, n'hésite pas à descendre.

Mon interlocuteur quitta la pièce, me laissant seule. Je me demandai s'il fallait vraiment que je descende. Je n'en avais pas la moindre envie. je ne connaissais pas ces gens qui, eux, avaient l'air de me connaître.ils m'appelaient par mon prénom, ce qui était un bon indice. À la place, j'observai la pièce autour de moi.

Mon lit était en plein milieu. Les murs étaient recouverts de bibliothèques, sauf celui de la porte, qui croulait sous les tableaux. Avais-je atterri dans la chambre d'un étudiant, d'un professeur ou d'un grand dessinateur ? D'ailleurs, étais-je dans une chambre ? En observant à ma gauche, je vis une table couverte de papiers et de livres en tous genres. ok ! Je devais être dans un bureau en fait. Je notai que, ce qui était bien, c'était que le propriétaire était organisé. Rien ne traînait, pas comme dans le bureau de ma mère. Là-bas, vous ne pouviez pas faire un pas sans marcher sur quelque chose. En repensant à ma mère, les larmes me montèrent aux yeux. J'aurais aimé pouvoir lui dire au revoir ainsi qu'à mon père. Je me laissai tomber en arrière sur mon lit et me mis à pleurer.

Quelques minutes plus tard, je parvins à surmonter ma tristesse et je tendis l'oreille vers le couloir. J'entendis distinctement plusieurs bruits : deux personnes qui passaient en discutant, la télé qui fonctionnait à fond les ballons, mais aussi des portes qui s'ouvraient et se fermaient. Bientôt, le son de la télé disparut, remplacé par une musique douce. Quelqu'un jouait du piano en bas. Mon intuition était confirmée : je n'étais pas chez mes parents, ni chez un autre membre de ma famille, car aucun d'entre eux ne jouait de musique.

Mais alors, où avais-je atterri ? Et surtout, avec qui ? Le moment était venu pour moi de découvrir ce nouvel environnement. Prenant mon courage à deux mains, je me dirigeai vers la porte que j'ouvris.

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