L'éveil

Chapitre 3 : Le salon

1182 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 19/01/2026 19:51

Je quittai la pièce en marchant lentement, une main contre le mur pour garder l'équilibre. Le couloir devant moi en desservait un autre, immense. En suivant la musique, je me dirigeai vers un grand escalier qui descendait sans doute au rez-de-chaussée. Mais j'hésitai à l'emprunter. Que penseraient toutes les personnes que j'avais entendu s'affairer dans cette maison ? Qui était cet homme qui m'avait invitée ? Et comment me connaissait-il ? Autant de questions qui tournaient dans ma tête et alimentaient mes réticences à descendre.

Pour me donner du courage, je comptai intérieurement : "un... deux... trois...", puis commençai ma descente. Au moment où j'atteignis le bas de l'escalier, le musicien acheva son morceau et des applaudissements retentirent. Timide, je me joignis à eux. Aussitôt, plusieurs têtes se tournèrent vers moi. Je comptai une dizaine de personnes dans le grand salon où j'étais arrivée. La plupart de tous ces visages m'étaient inconnus.

Sur le canapé, une jeune femme était assise, serrant contre elle un enfant d'à peu près 10 ans. Un peu plus loin, je vis deux autres filles. Elles semblaient avoir le même âge que moi. parmi elles, je reconnus la fille que j'avais entendu décompter avant mon réveil. Je regardai ensuite le côté opposé de la pièce. L'homme au piano étant de dos, je ne pus le voir mais j'eus l'impression de le connaître déjà. je vis deux autres garçons, qui tout comme les filles devaient avoir à peu près mon âge, en train de jouer aux échecs. L'un d'eux était très grand, deux bons mètres, et m'intimidait un peu. L'autre me regardait durement et froidement. OK ! Ça commençait bien. Devant la baie vitrée, deux autres personnes contemplaient la pièce en discutant : une femme légèrement plus âgée que moi, dans la vingtaine sûrement, et l'homme qui m'avait invitée à rejoindre le groupe.Le point positif était que je reconnaissais au moins deux personnes et que ces gens, à part les deux garçons des échecs et une des filles, qui me regardait bizarrement, avaient l'aiv sympathiques. En faisant de nouveau le tour de la pièce du regard, je vis que l'homme au piano s'était retourné. Je le reconnus aussitôt : c'était un de mes camarades de classe d'Espagnol. Je n'avais pas son nom car je ne lui avais jamais parlé.

La personne qui m'avait invitée à descendre s'avança vers moi.

- Alma ! Tu es là. Comment te sens-tu ? me demanda-t-il.

- Ça va, répondis-je, mal assurée.

J'hésitai, puis me décidai enfin à poser la question :

- Euh, comment vous connaissez mon prénom ? Je ne vous l'ai pas dit.

- Je t'ai vue au lycée et quelqu'un me l'a dit, répondit-il.

Je ne me rappelais pas l'avoir déjà vu, mais je croisais tellement de gens au lycée, que j'avais dû l'apercevoir sans y prêter attention et il était donc normal que je ne m'en souvienne pas.

- Désolé, mais je ne vous reconnais pas, avouai-je. Est-ce que je peux savoir votre nom ?

- Bien sûr, acquiesça mon interlocuteur.

Mais avant qu'il ait pu terminer sa phrase, le musicien reprit son jeu et nous nous tournâmes tous vers lui pour mieux l'écouter. J'étais complètement envoûtée. La musique, mélancolique, faisait pourtant remonter ma tristesse à la surface. J'essayai de le cacher mais l'homme en face de moi s'en rendit compte car il s'approcha de celui au piano et lui tapa sur l'épaule en lui murmurant quelque chose. Le morceau changea d'un coup pour devenir joyeux et entraînant. En regardant mieux, je vis que le pianiste jouait très très vite. Ses doigts couraient sur tout le clavier, sans aucune hésitation. L'homme plaqua le dernier accord puis se leva d'un bond. À nouveau, tout le monde applaudit et je me laissai emporter dans l'euphorie collective, fascinée, puis pivotai vers mon ancien interlocuteur pour poser à nouveau ma question :

- Avec tout ça, vous n'avez pas eu le temps de me dire qui vous étiez.

- C'est vrai, admit-il. Je suis le docteur Carlisle Cullen.

Son nom me dit tout de suite quelque chose. Au lycée, il était connu comme le père adoptif de cinq adolescents, tous dans l'établissement. Ces personnes inspiraient de la crainte et de la timidité aux autres élèves : ils étaient renfermés, toujours ensemble et souvent absents. Quant au médecin, il avait une très bonne réputation : sympathique, calme, direct et peu habitué à cacher des choses. Certains élèves disaient même qu'il était "différent de la plupart des autres docteurs".

- D'accord, déclarai-je, merci beaucoup. Bon, j'allais dire le mien mais c'est pas la peine visiblement.

La plupart des personnes proches de nous éclatèrent de rire. Le musicien nous rejoignit au bas de l'escalier et se présenta à son tour.

- Edward, enchanté Alma !

- Enchanté moi aussi, répondis-je. Mais toi c'est normal que tu connaisses mon nom vu qu'on est en Espagnol ensemble.

- En effet, acquiesça-t-il.

- Ah, et tu joues très bien du piano, ajoutai-je.

- Merci. Et toi, tu joues ?

- Non, désolé. Ni moi, ni un autre membre de ma famille. Ils ne sont pas très musique. Mais moi, un peu, donc je chante.

- C'est bien aussi, décréta la femme qui avait décompté avant mon réveil.

Je ne m'étais pas rendue compte qu'elle s'était approchée.

- Je m'appelle Alice, expliqua-t-elle. Et lui, c'est Jasper, indiqua-t-elle en montrant l'homme au regard dur.

Il me salua d'un signe de tête tandis que la femme près de la baie vitrée s'approchait de moi.

- Alma, enchantée. Moi c'est Esmé.

J'acceptai la main qu'elle me tendait puis remarquai que la jeune femme qui serrait l'enfant dans ses bras avait quitté le canapé avec la petite pour venir vers nous à son tour. Carlisle s'occupa des présentations :

- Voici Bella et sa fille Renesmée, expliqua-t-il en désignant la femme puis la fille.

- Enchantée, dis-je timidement.

Enfin, ce fut au tour du grand gaillard de se lever et de nous rejoindre.

- Emmett, déclara-t-il. Ravi de te voir Alma. je te présente Rosalie, ajouta-t-il en me désignant la dernière fille de la pièce, qui elle n'était pas venue vers nous.

Décidément, sa taille avait beau m'impressionner, son sourire me rasséréna tout de suite. Au vu de tous les visages amicaux qui m'entouraient, je compris que je n'étais pas tombée chez des personnes qui allaient se débarrasser de moi dès que la neige fondrait ou que je serais sur pied. Carlisle finit par me tirer de ma rêverie :

- Mais, Alma, tu ne te souviens pas de moi ? Pourtant, nous nous sommes déjà plus que croisés.

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