Le prix de la gloire

Chapitre 9 : Troubles

1962 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 02/01/2026 00:46

Je parle au compte goutte. Je voulais tout dévoiler, le psy m’a conseillé qu’on aille en douceur. Trois mois que je suis ici, enfermé avec deux kilos repris alors que j’en ai perdu environ dix. Je me sens un peu mieux. Moins en manque, toujours peu d’appétit mais j’avance malgré tout.

Alvaro m’a bien lâché et en fait, j’ai compris que ce qu’il compte c’est le fric et se garnir en réseau. Il m’a exposé, presque vendu…il m’a volé tout en plus je déteste mon corps. Il me faudra des mois pour me sentir en confiance.


— Mademoiselle Ramos, comment vous sentez vous aujourd’hui ?


Le psy me pose toujours la même question tout les mardi matin à notre rendez-vous hebdomadaire. Le canapé est confortable, parfois je m’allonge parfois que je me recroqueville. Je suis dans la deuxième option.


— Je sors quand ?

— Dans un mois si tout ce passe bien.

— Dehors, je vais…ma sœur ou mes parents. Je ne veux plus le revoir.

— Il est, d’après vous, encore en vacances ?

— Mon téléphone est éteint, pourtant, je crois qu’il est de retour.

— Voulez vous qu’on l’allume durant une prochaine séance pour être accompagné quand vous lirez de possible message ?

— Veut pas…pas maintenant


La séance tourne court et je suis heureuse de me réfugier dans un coin de ma chambre. Là, je suis bien, à gratter le mur avec mes ongles. Le repas arrive, je ne mange pas grand-chose, enfin que le yaourt puis finalement la viande avec deux cuillères de purée.

L’après-midi, mon étoile arrive. Elle s’approche de ma cage, tend sa main lentement comme si elle avait peur de me briser. Je le suis déjà, je me sens abandonné, malade, coupable, faible. Je la saisi d’un coup pour l’attirer en larme dans mes bras.


— Ne m’abandonne pas ! Restes !

— Je ne partirais jamais petite sœur. Je te le jure.

— Veut sortir, dehors, chez toi. L’immeuble plus sûr que la campagne, pas de risque que je fuis, voir kidnappe, papa, maman d’accord pour être avec toi. Toi, tu m’as manqué ! Ne m’abandonnes pas ! Je suis seule, je n’arrive plus là !

….

Elle est là, recroquevillée, épuisée, angoissée. Ses mots me transpercent. Je l’ai laissé, perdu tant d’années, l’abandonnant dans un âge si crucial, l’adolescence.


— Tues le ! S’il te plait, tues le !

— Marta, c’est illégal. Seul déposer plainte suffira pour le faire condamner.


Elle tremblante beaucoup, je remarque qu’elle ne porte qu’un tee-shirt. De suite, je l’entourne de mon châle.


— Réchauffes toi, je vais te chercher un pull.


Son armoire ne comporte pas vraiment de vêtement chaud. Cependant, je me décide de lui prendre au moins le gilet. Comme une enfant, elle se laisse porter. Je tâte son front, espérant qu’elle n’a pas de fièvre et que c’est juste une chute de tension.


— Marta, je vais t’accompagner jusqu’au lit pour te reposer, d’accord ?


Elle refuse, fixant le mur. Je remarque qu’elle a gratter « M = + ». Elle reprend son geste lentement, en larme, serrant mon châle de son autre main. Son poignet droit est déjà marqué par une tentative d’automutilation quand elle a cassé le miroir, le deuxième mois.

Mes parents ne savent plus comment gérer la situation. Par des jeux de sociétés, des conversations banales et des balades, rien ne change.

« 

Si tu as des solutions pour le condamné, je suis preneuse.

— Avec ta mère, on s’est renseigné sur internet. Et, on redoute le pire, il va s’en sortir.

— Papa, quand elle sera prête, on trouvera un avocat et crois moi, abus sur mineur, non assistance à personne en danger, viols avec contrainte chimique, paiement refusé, carte…

— Adela ! On connait la liste par cœur ! Non, tu vois, deux choses seront compliqué à faire payer. Une, le plus récent, la justice dira que ta sœur est majeur et qu’il n’y a aucune preuve qu’on l’a forcer.

— Maman ! Elle est dans un centre de désintox ! Tu veux quoi de plus pour prouver qu’elle est malade !?

— Je le sais ! Nous sommes du côté de ta sœur évidemment ! Cependant, il a de l’influence, il saura sans doute capable de démontrer que Marta a choisi d’être dans cette situation. Et puis, ok, on là soutient aussi par rapport au drame. Sauf que, je ne la voie pas capable d’avoir commis une telle chose ! Je pense fortement qu’il a manipuler.

— Comment vous avez su pour ce soir là ?

— J’ai remarqué des égratignures lorsqu’elle était venu prendre le petit déjeuner. Ta sœur adorait faire du skate mais elle n’avait pas de blessure le soir même. Je ne m’étais pas inquiéter, une fois, on l’a surprise dans la rue, de nuit, s’amuser.

—Maman ! Ne sois pas naïve, elle était une ados, elle est connu pour son caractère de rebelle. Tu admets toi-même qu’elle était capable de fuguer !

— Ces amis vivait à quarante cinq minutes en voiture. De nuit, sans rien voir, comment aurait-est possible ?

— Ma chérie, on ne lui répond pas vraiment là. Marta avait déjà au début de l’adolescence, même quand on se parlait encore, un comportement oui, impulsive, rebelle, une envie de dépasser les limites. Pour moi, elle était capable de prendre le volant, en allant à une soirée. Mais justement, pour revenir à comment on n’a su. Les journaux.

— Je ne me suis pas renseigné sur l’affaire mais qu’avait conclu la police, papa ?

— Classique, autant que je m’en souvienne. Fuite du conducteur et…

— Je crois me rappeler finalement que ses amis étaient dans un camping, pas ici.

— Et la voiture ? Elle n’était pas volé ?


Mes parents ont continué à remonter le fil de leurs mémoires. Je suis sortir fumer, ayant un mal de tête. Ma sœur en déjà à son premier mois en séjour et la priorité c’est sa santé physique bien avant de dénouer ses nœuds »


— Docteur m’a dit parler d’un sujet à la fois.

— C’est un très bon conseil petite sœur. Parler de ce qui te bloques en priorité, c’est essentiel.

— Deux morts, je m’en rappel plus de leurs prénoms. Ils étaient avec moi, j’ai mérité qu’il me fouette…

— Marta, il a profité de ta détresse pour…

— Il est là depuis le début. Là, depuis le début…


Elle n’a plus cherché à vouloir rester dans son coin, répétant ses mots jusqu’à que le sommeil l’emporte, sous la couette. Sur le côté, je caresse sa joue si froide, maigre et moi aussi, ces mots là, ajouté à l’échange avec mes parents, me donne un frisson étrange.

Le lendemain midi, au café que je partage avec Carmen dans son bureau, j’ai rassemblé dans une pochette trois pages imprimés de l’accident plus une autre page. Mon amie est surprise de ma conclusion :


— Alvaro Pats, il a détruit ma sœur et il ne prend aucune nouvelle, il est censé être de retour non ? Donc, pour moi, il est capable d’être impliqué de près ou de loin dans ce fait-divers.

— Adela, sois sérieuse un peu. Ta sœur a dit ça car il est dans sa vie depuis ses quatorze ans. Ça ne veut pas dire qu’il est impliqué dans ça bien que je n’en doute pas, qu’il le soit pour les autres faits très grave.


— Lit ça. Cela vient d’un blog qui enquête sur les drames classées sans suite. Sept ans ont passés, le dernier article à jours, date d’il y a cinq ans. En revanche, ils démontrent des éléments troublants dont personne n’a pris la peine de creuser plus que ça. Un, voiture volé à Barcelone. Deux, les deux jeunes victimes étaient dans un camping à Séville et leurs disparitions ont été constaté le lendemain par leurs familles. Connus pour des fugues pour des fêtes, ils n’ont pas le permis et rien n’a été trouvé pour savoir si une soirée était prévu. Ils n’ont pas le permis et ne sont pas connu pour voler.

— Adela…

— Aucun témoin n’a mentionné la voiture garée ou phares allumées dans le secteur. Troisièmement, ma sœur n’est mentionné nulle part. Oui, c’est évident, mes parents n’ont jamais rien su. Mais moi, je vais rajouter que, si elle était sous emprise de substances illégales ainsi que de l’alcool, comment elle aurait pu se souvenir qu’elle a un accident à vingt minutes de son producteur ?

— Adela, laisses moi dire ce que je pense

— Je termine. Imaginons que ma sœur, sans permis, se soit rendu à Barcelone par un moyen quelque conque, elle aurait volée une voiture, rouler tranquillement jusqu’à Séville, prendre ses deux potes, faire la fête et se crasher à Tolède ? Oui, on n’a jamais retrouvé le conducteur ni résolu donc toute l’affaire mais Marta a parlé avec une mémoire traumatique. Je ne dis pas forcément qu’il est vraiment coupable, mais tout ça est très troublant. Quand ma sœur se sentira un peu mieux, on ira porter plainte déjà pour les faits récents, ensuite, avec son accord, je demanderais à l’avocat de rouvrir le dossier, mieux étudier les preuves.

— Je te suis Adela. Après, si, cela s’avère vrai, s’il était le conducteur, faudra rester très prudent sur les révélations pour ta sœur. Elle va comment d’ailleurs ?

— Elle refuse de parler de lui et travaille sur l’accident. Très anxieuse, elle a presque plus de manque. L’équipe m’a confirmé, une possible sortie bien plus tôt, sans doute dans un autre moi. Marta veut vivre avec moi, pour se sentir plus en sécurité que la campagne. Nos parents sont d’accord.

— Tu n’as pris aucun congé depuis ton retour. Il me parait légitime, que tu prennes jusqu’à la fin des vacances d’été. Non, ta sœur est une priorité, je trouverais une remplaçante.

— Merci pour toi Carmen. Merci milles fois pour ton soutien, tes conseils et…

— C’est normal pour moi.

— Je vais en parler à Roberto de tout ça, je suis sûr qu’il trouvera aussi que c’est étrange comme mes parents.


La sonnerie retenti, la journée défile, une routine. Chaque seconde, je pense à l’enquête et j’ai l’envie de m’y plonger sans perdre de temps. Roberto veut aussi s’y coller, je lui intime de se concentrer sur Marta.

Il ne sait pas vraiment lui aussi, comment s’y prendre avec elle. Pourtant, quand il me raconte qu’il y a un micro sourire, une demande de tendresse, je lui rappel que l’essentiel est là. Marta a besoin d’amour, de stabilité, comprendre que tous ne veulent pas lui faire de mal.

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