Le prix de la gloire

Chapitre 12 : Blessures

1977 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 13/01/2026 23:40

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Marta Ramos, vous là connaissez ? C’était ma star montant de l’an dernier avec les Passager. Je l’ai repéré à ses quatorze ans et la bande d’ados ont collaboré avec moi pendant quatre ans. De simple amateurs.

Je ne les insultes pas, bien au contraire, Wolfix Music Studio est né d’une volonté de mettre en lumière des artistes de tout bord, de tout styles et quelque soit leur désir : amateur ou pro. Si j’écris ce billet c’est pour vous prévenir de ne plus faire confiance à cette femme.

Elle ose porter plainte pour faits infondés. La liste est longue entre des abus sur mineur, viols, harcèlement et j’en passe. Mademoiselle Ramos a toujours tenu par tout les moyens à se rendre intéressante.


Ce qu’elle semble oublié c’est que la nuit du 21 au 22 juillet 2001 à Tolède, a eu lieu un accident terrible. Elle a perdu ses deux passagers, qui étaient de deux ses amis : Erwan Mendez et Melissa Garcia 16 ans.

Pourquoi je vous parle de cette affaire ? Il est juste de dire qu’elle porte plainte contre moi, m’accusant d’être le conducteur. Et il parait qu’un proche ami, suggère qu’il m’avait prêté le véhicule. Alors que je sais la vérité. Comme j’ai mentionné, Marta est une menteuse, une manipulatrice.

S’il est juste que je vis à Tolède, je ne suis pas un ado irresponsable, ivre, drogué. J’ai mieux à faire dans ma vie. Marta est venu sonner chez moi pour me demander de l’aide. Elle m’a raconté avoir fugué dans la soirée de chez ses parents, faire de l’auto-stop pour se rendre à Barcelone. Les deux amis ont fait pareil partant de Séville.


Elle se souvenait de plus grand-chose sur pourquoi ils se sont rendu là-bas et le déroulé des événements. Il était prévu que de prime abord, elle se repose chez moi. Je ne suis jamais abaissé à coucher avec elle malgré ses avances induites par ce qu’elle avait consommé.

En revanche, j’ai plusieurs fois tenté de la convaincre de se rendre à l’autorité pour qu’elle assume. C’était une ados, une rebelle et je n’étais que son mentor, son producteur, pas ses parents.


Et six ans plus tard, nous nous somme revus pour démarrer en douceur sa notoriété. Plusieurs petites scènes, soirées privées, bars, festival. Elle est adulte et a assumé elle seule, la prise de drogue. Il m’est quand même arrivé de la gifler justement pour lui faire comprendre que se droguer est une mise en danger pour elle.

Et tient une autre accusation au hasard : il parait que je l’ai laissé seule durant nos congés communs. Seule dans la rue, sans clé, sans argent. Elle oublie qu’elle avait des proches et sa mémoire lui a plusieurs fois à cause de la drogue jouait des tours, elle perdait souvent les clés ou ses cartes. Vous voulez la liste de ce qu’elle m’accuse ? Liste dans l’encadré en rouge.


Vous vous demandez pourquoi je parle d’une star déchue anonyme ? Pour vous mettre en garde si elle revient de sa chute, chez vous, producteurs ou directeurs de grands Opéras. Mademoiselle Ramos est une femme instable, une menteuse et elle ose diffamer, ruiner ma notoriété.

Un procès se prépare et je ferais tout pour la rendre publique. Dans la vie, il faut assumer ses actes, jeunes ou adultes. L’honnêteté paye."


L'article m’entaille violemment. Je m’ennuyais alors j’avais décidé de lire « Le journal des artistes d’hier et d’aujourd’hui » dont ma sœur est abonnée. Qui aurait pu penser que deux mois après avoir enfin déposer mes plaintes, il oserait m’assassiner ?

Le pire ? Le hasard pur, je n’ai rien cherché. Je reviens de loin, je tiens bon et me voilà en pleine envie de le descendre ! Lors du kebab, j’avais effleuré le désir ultime de le détruire, lui faire du mal et pourtant, j’ai laissé tomber, me concentrant sur mes TOC, mes traumas et pour poser les bases d’un avenir un peu meilleur.


— Voilà ! Je suis de retour, c’était très dur de trouver des sushis à emporter à cette heure là. Ça va ? Un problème ?


Sans un mot, je me lève du canapé moelleux pour lui faire lire.


— Ok alors, là, c’est grave, extrêmement grave. Je vais de suite téléphoner à l’avocate !

— Non !

— Marta, tu es attaquée. Ton nom, celui de tes amis, tout ce que tu…

— Non ! Ce journal reste peu remarqué ! Je veux qu’il sache que je ne l’ai pas lu ! S’il te plait !

— J’en prends note ne t’inquiètes pas.

— Merci.


Je referme le magazine doucement pendant qu’elle récupère le repas pour ce soir. J’ai une envie de me cacher pour prendre ce rendez-vous. Et concernant l’édition ? Comment ils ont pu accepter de publier ça ?

Après ma douche, je retrouve ma sœur qui a préparé un film. Elle a sans doute raison, répondre ne ferais qu’augmenter l’incendie. Elle se protège et la justice prouvera qu’elle est bien une victime.


L’affaire de Tolède a tellement avancé ces quatre derniers mois qu’avec mes parents, on est frustré de pas en savoir plus. Marta elle, reste toujours indifférente. Comme ce soir, à manger tranquillement, les yeux dans le vague. Je la surveille de très près même la nuit. Je devine bien qu’elle va tôt ou tard, craquer.

Me voilà libre, la nuit m’accueille. Je sortais le jour quelques fois or la ville après minuit, m’a tant manqué. Je déambule sous ma capuche au grès des rues, me perdant dans mon imaginaire.

Mon enfance était fun, pleine de danse. Mon adolescence l’était quand même malgré l’absence. Le sujet tabou, les exigences, les règles m’ont poussés à m’exprimer avec tout ce que je pouvais. Danse, chant, peinture, tags.

Si mes parents ont validé mes talents, ils étaient plus occupées par leurs propres vies. Une confiance totale en moi ? Sans doute, que j’ai grandi trop vite. Alvaro a vu au-delà, il ne jugeait au final pas mes choix, enfin au début.


J’étais l’aimant. Une capacité d’attirer beaucoup d’amis. J’avais dû diviser pour mieux respirer. Entre le groupe que je ne vois plus, par choix. Et les autres avec Erwan et Melissa. Je les nomme enfin. Au fond, ils n’étaient pas de meilleurs amis, je n’en ai jamais désigné pour pas créer des jaloux.

Mon cerveau revient à lui. Pour moi, il est le meurtrier. Oui, pour moi, ce n’est pas un accident et je ne cherche pas à tout comprendre. Depuis ses premières caresses au studio, ses baisers délicats et ses faveurs sous menace que je prenne la responsabilité de perdre le contrat…J’ai encaissé, en secret. Tout manière, personne ne m’aurait cru. Et ça à donc empirer.


Non, ce type ne désire qu’une chose, façonner une jeune proie pour l’emmener au sommet avant de la tuer à coup de fausses rumeurs, de ruiner sa réputation et ainsi encaisser un max de fric. Il ne m’a jamais aimé contrairement à Roberto.

Comment ai-je pu croire un temps, que notre couple pouvait se briser ? La drogue brouille les sens et surtout la peur. J’avais peur de raté cette deuxième chance. J’ai voulu me prouver que je pouvais maitriser ma vie, penser qu’il a pu oublier qui j’étais… Non, il a tout enregistré, il me connait mieux que personne.


Je me suis plus confier à chaque coup de son dard en moi qu’à mes amis. Ma sœur absente, mes conneries à l’école, mes inspirations de chanson, mes bonnes et mauvaises notes, mes amours…


« Tu ne trouvera jamais mieux que moi ma petite jolie Marta. Tu es unique, magnifique. Je te remercie de ta confiance, un jour, dès que tu seras prête, tu auras un super contrat de pro, une vrai star. Je ne t’abandonnerais jamais »


Si tu l’as fais connard ! Mon désir de lui faire mal me revient ! Pourtant, faut que je suis forte ! Mes proches me disent régulièrement que je suis courageuse. J’ai surtout envie qu’on m’oublie, retirer mes plaintes.

Ok, il doit être en taule mais ça m’épuise de ressasser chaque micro-souvenir, chaque parcelle de sa peau partout en moi ! Je voulais juste danser, être reconnue ses vrais, je suis la risée désormais. Même si on le condamne, il aura entaché ma mémoire.

Ma mémoire là, veut être reset. Une boite de nuit attire mes sens. La musique trop forte, la fumée, les cris, les odeurs. C’est ma vie, elle est bancale et je me sens bien ici. Je prends un peu d’argent piqué à ma sœur pour me shooter à six verres de…je vais plus me rappeler.


Je n’ai pas vraiment l’heure non plus et j’observe un moment les fantômes. On me draguera, une main suffit pour repousser. Ce soir, je ne couche pas, non, je m’amuse autrement. Un groupe attire aussi mon attention, de la poudre blanche se balade discrètement.

Tel un faucon, je fonce, je cherche mes mots, je bégaye et me retrouve jeté dehors sans que je pige quoi que ce soit. Vomir me permet de mieux retrouver un peu mes esprits. Mal à la tête, perdue, mon portefeuille volé. Que faire ?


Je le sentais venir qu’elle n’allait pas tenir ! La porte à claquée sec. Une heure et demie, ma sœur plus dans son lit. Ni une ni deux, je m’en vais à sa recherche. Je restreins les lieux à ceux de la consommation et des boites de nuit.

La recherche va très longue, épuisante. Quatre heure se profile vite. Les boites brassent tellement de monde que les vigiles ne l’ont pas forcément vu dans les parages. Je commence à me demander si elle n’a pas …


— Marta !


Je me précipite sur le banc. Elle a bu, elle est ailleurs autrement. J’arrive à la faire marcher, elle veut me parler alors que je lui laisse ce moment sans queue ni tête. Ça me brise le cœur de me revoir en elle. Il faut absolument la sécurisée pour ne pas qu’elle retombe dans une autre addiction.

Elle fuguera c’est certain et tout verrouillé n’est pas la solution non plus. La cause est plus profonde et je crois le savoir : moi. Mes parents ont été là pour elle mais elle, elle a voulu depuis petite être admirée, soutenu, validée essentiellement par moi.


N’avoir pas su dire mes blessures pour ne pas briser notre famille, mon image, la touchée. Elle me confiait tout et je suis sûr qu’elle n’a pas eu le choix de se confier à lui et son journal. Maintenant qu’on a des chemins similaires, être à ses côtés ne suffit pas. Moi aussi, faut que je parle à un psy, comment réparer la première blessure ? La faille qui a faire sortir le Diable ?

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