Ceux qui brûlent dans la lumière par

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Univers Parallèle / Romance / Fantasy

2 Rencontre au Sommet

Catégorie: M , 3017 mots
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Rencontre au Sommet



Une fois dans le ciel, je regarde le sol défiler. Je suis à la fois stupéfaite et émerveillée. Les lumières magiques deviennent de plus en plus petites, elles ressemblent à des étoiles qui forment une étrange constellation, mais rien n’égale la beauté de la vraie voûte constellée d’Azeroth. C’est vraiment à couper le souffle. J’aime le bruit des puissantes ailes du griffon qui battent l’air, les bourrasques qui soufflent violemment dans mes cheveux et qui me fouettent le visage, ce sentiment de joie et de liberté. En voulant toucher un nuage, je perds l’équilibre, mais heureusement, Yaedrel me rattrape. Je suis prise soudainement d’un fou rire incontrôlable. Il n’a pas l’air de trouver ça amusant. Je soupire et je me contente d’entourer mes bras autour de sa large taille. Il fait sombre mais j’aperçois quand même une grande silhouette se dresser. Une tour grise délabrée dans un défilé de rochers qui s’apparentent à des lames de rasoir. Le seul fait de les contempler me donne la sensation déplaisante que ma chair se lacère. Je ne sais pas depuis combien de temps on vol, mais l’aube pointe le bout de son nez. La lumière naissante du soleil m’aveugle quelque peu. C’est là que je discerne un grand rempart de pierre avec une grosse porte. Juste derrière, un immense pont décoré de quatre impressionnante statues, deux de chaque côté et au bout du chemin, contre un grand mur, une autre sculpture. Il me semble avoir vu deux passages se séparant pour se rejoindre sous une arche pour rentrer dans la cité. Les griffons se penchent sur la droite, leurs ombres glissent sur l’eau, pour ensuite rentrer dans une petite enclave dans la seconde muraille. L’animal se pose avec une douceur insoupçonnée. La première chose que j’observe, c’est que l’endroit est très enclavé, après, on est dans un rempart. Le sol est recouvert de paille, des nids sont éparpillés un peu partout où les griffons et leurs petits sont couchés. L’odeur est très désagréable et pourtant l’endroit est très animé, il y a beaucoup de personnes dans ce lieu étroit. Alors que Yaedrel m’aide à descendre du puissant animal, mon regard est attiré par des hommes trapus.  

-         Ces petits messieurs sont des représentants du fier peuple des nains. Intervient le Draenei, remarquant mon interrogation.

-         C’est fou la diversité des peuples dans votre monde. Lui-dis-je avec le sourire.

-         On n’a pas le temps pour du tourisme ! Dit fermement Thabita en sortant subitement de derrière mon dos. 

Je soupire pour faire comprendre mon mécontentement, moi qui ai absolument envie de voir les bébés griffons de plus près, de discuter avec ces drôles de petits personnages barbus. Hélas, l’insupportable Thabita m’attrape rudement le poignet et m’escorte jusqu’à un escalier qui aboutit à une ruelle avec une multitude de maisons aux toits bleus. C’est bondé d’habitants bruyants, qui courent dans tous les sens. D’innombrables odeurs me titillent les narines, comme celle du pain qui vient tout juste de sortir du four. Ça me rappelle mon monde quand mon père et moi nous baladions dans les rues de Fortonerre à cheval, le même tintamarre. On passe sous une arche en pierre, où se tiennent des gardes en armures de plates grise avec un tabard au couleur azur abordant le symbole d’un lion or. On se fraye un chemin parmi la populace jusqu’à un grand pont de pierre. C’est là que mes yeux se sont abandonnés sur la plus gracieuse des créatures que j’ai pu voir jusqu’à maintenant, elle est élancée, sa peau est d’une douce couleur violette, elle a de long cheveux bleus qui lui tombent jusqu’aux hanches, elle possède une longueur de sourcils insolite tout comme ces oreilles pointues et un regard blanc luisant. Elle était aussi habillée d’une élégante robe bleu avec des motifs étranges.

-         Arrête-donc de la dévisager ! Me gronde Thabita.

-         Je suis désolée, je n’ai jamais vu une créature aussi gracieuse. Lui dis-je avec admiration.

-         C’est une Elfe de la nuit, un peuple vraiment très ancien. Me répond Yaedrel, gentiment. 

Je le remercie de sa réponse et avant de reprendre la marche. On arpente encore longtemps les rues de Hurlevent avant d’enfin arriver devant l’immense entrée du Donjon. Deux soldats montent la garde de l’autre côté du pont-levis, Thabita se présente à eux, disant qu’elle est attendu par l’illustre roi Anduin Wrynn. Je me suis mise à glousser, voilà comment lécher les bottes de son seigneur. On s’avance sous la grande arche, pour faire face à une spectaculaire fontaine à plusieurs bassins ornée d’une immense statue d’un homme avec une position des plus chevaleresque. Je m’approche de l’eau, je contemple mon reflet, mes longs cheveux noirs de jais sont ébouriffés, des cernes sous mes yeux argentés, ma figure est sale et je ne parle même pas de mon apparence. Je réalise que je dois rencontrer le Roi de Hurlevent dans cet accoutrement. Je prends de l’eau dans le creux de mes paumes, pour me laver le visage et arranger ma coiffure.

-         Sérieusement ? tu fais ta toilette maintenant !? Et en plus, dans la fontaine à l’effigie du défunt Roi Varian ! Me gronde Thabita.

Je hausse les épaules, habituée à ses remontrances. On monte un des deux grands escaliers qui entourent la fontaine. Je distingue d’autre marches qui donnent sur le perron. Sur les murs qui l’encadre, deux étendards avec une tête de lion en or sur fond bleu. Juste au-dessus de l’entrée du donjon, on peut apercevoir aussi le même animal en pierre. Thabita me pousse, pour que je passe devant. J’ai alors subitement mal au ventre, les jambes engourdies et les mains tremblante. J’appréhende vraiment ma rencontre avec le roi et J’ai peur de ce qui pourrait m’arriver. J’avance dans ce long couloir d’arches et de colonnes, où des soldats sont postés raide comme des piquets. Nos pas résonnent sur le sol de marbre. C’est sûr que sa Majesté et sa suite de petit noble sont maintenant alertés de notre gracieuse présence. Mon cœur s’emballe instantanément dans ma poitrine, ma respiration se saccade, j’ai du mal à avancer mais la main rassurante de Yaedrel sur mon épaule me donne un peu de courage pour continuer. Au loin, je discerne la silhouette d’un impressionnant trône de marbre. L’interminable couloir s’achève. Je suis dans une grande salle circulaire où je m’arrête à l’entrée. Il y a de nombreux gardes, mais pas que, également beaucoup d’humains, les fameux noble, si j’en juge par leur apparence. Un souvenir lointain émerge de mon esprit, je me revois dans une salle d’audience comme celle-ci, enfin, elle était différente mais pas tant que ça. Mon père, le Roi, le fessier posé sur son précieux trône, avec sa clique d’aristocrates stupides, essayant de vendre leurs fils comme de la marchandise pour sa fille, enfin, ce n’est pas moi qu’ils voulaient mais le titre de mon cher paternel, étant son unique enfant.

Je reviens à la réalité quand j’entends les messes basses de ses gens avec leurs pesants regards inquisiteurs. Je me sens vraiment mal, j’en tremble, alors J’essaie de me concentrer sur ce qui m’entoure. Sur la gauche, il semble y avoir un passage qui donne sur un petit jardin, j’en distingue une autre à droite mais elle est fermée. Deux grandes portes de bois et de fer également close de chaque côté du trône qui se trouve au centre, en haut d’une série de marche, son dossier était incroyablement haut, avec encore une tête de lion en or gravée, décoré de tissus bleus. Au pieds du siège, quatre statues de lions dorées couchés. Le roi est assis là, appuyé sur le pommeau d'or incrusté d'un rubis de son étrange épée, sa poignet longue et mince, une garde complète affublée de trois pointes de métal afin de protéger la main de son porteur, l’arme semble avoir à la fois une et deux lames gravées d'étrange courbes qui s'apparentent à des feuilles. Ce qui les réunies c’est une espèce d’orbe luminescente, ça ressemble à un petit soleil dont l’éclat est à la fois doux et menaçant. Je ne peux pas entrevoir clairement son visage de là où je suis mais il semble aussi jeune que moi. Il a une chevelure blonde comme les blés grossièrement attachés à l’arrière de son crâne, d’innombrable mèches lui tombent abondamment de chaque côté de sa figure. Ses vêtements sont de couleur d’or, de blanc et d’azur comme quasiment tout ici. Il porte un long manteau par-dessus une sorte de petite pèlerine avec une broche d’argent en forme de tête de lion, une écharpe de cérémonie, une chemise grise et une grosse ceinture de cuir. Un pantalon bleu foncé et pour finir, des bottes de cuir orné d’or. Au côté du roi, un homme qui n’a pas été épargné par le temps, portant une tenue un peu similaire, mais bien plus sombre que celle du roi. Thabita me traîne au milieux de l’assistance, tout mon corps se met à vaciller, je suis paniquée, mon mal de ventre s’intensifie. J’entends les murmures à peine audible des spectateurs, j’arrive à peine à retenir mes sanglots. Je n’ose même pas regarder le Roi plus longtemps.

-         Votre Majesté. Dit alors Thabita en faisant une révérence. Voilà la femme qui a traversé la porte des ténèbres.

-         Je vous remercie. Vous pouvez disposer. Dit le Roi d’une voix ferme mais non dénuée de bonté.

Approche. Me dit-il subitement.

L’agent du SI:7 s’écarte du passage et quitte les lieux par le couloir où je suis arrivée. Je sens la main de Yaedrel me pousser délicatement en avant mais mes muscles se sont comme paralysés. Je ne peux faire un pas de plus comme je ne peux retenir mon chagrin. Mes yeux sont noyés dans un torrent de larmes. Pourquoi je me mets dans un état pareil ? Mes jambes ne supportent plus le poids de mon propre corps et je tombe au sol. Je suis à genoux, les mains sur la figure pour le dissimuler. Je perçois des bruits de pas tout près de moi. Avant de comprendre ce qu’il se passe, on saisit mes mains ce qui m’inflige une terrible douleur. Je lève la tête, le Roi est à genoux près de moi. Je peux clairement voir son visage en détail. Il a des traits très doux, malgré sa mâchoire légèrement carrée et son menton en forme de cœur, mais ce qui m’interpelle le plus, c’est ses yeux qui sont d’un azur étonnamment profond, comme les reflets bleutés sur la surface d’un lac gelé. Pour le reste de son visage, le jeune roi a aussi de long sourcils épais, des pommettes saillantes, un nez quelque peu retroussé avec des lèvres pas trop fines. Une lumière éclatante jaillit des mains du Roi et baigne les miennes dans une douce chaleur rassurante et la douleur s’évanouie quand la lumière s’estompe. Son Altesse m’aide à me remettre sur mes pieds avec délicatesse. Je suis toujours noyée dans son regard intense, il y a quelque chose de bienveillant chez lui mais je ressens un autre sentiment incongru, je suis fascinée par lui, comme un papillon attiré par une flamme.  

-         N’ayez crainte, on ne vous fera aucun mal. Me dit alors le roi avec gentillesse.

Il me conduit vers le trône tout en tenant une de mes mains dans la sienne, des frissons me parcoure l’échine, je peux sentir la chaleur de sa peau, la moiteur de sa main. Il fait signe a un homme dissimulé dans la foule.

-         Apporte-lui une chaise, que mon invitée ne reste pas debout.

Il me lâche alors la main pour retrouver son siège royal et s’appuie à nouveau sur le pommeau de son épée. Son majordome, du moins je suppose, place une chaise devant les marches qui conduisent au trône du roi. Je m’installe et le beau jeune roi m’observe depuis les hauteurs, il reste silencieux un moment avant de me sourire.

-         Je suis le Roi d’Hurlevent Anduin Wrynn, nous ne connaissons pas encore votre nom ?

-         Lynawen, votre majesté. 

-         On m’a dit que vous avez traversé la porte des ténèbres, comment avez-vous fait ? Me demande-t-il avec sympathie.

-         Je… Je n’en… je ne m’en souviens pas votre Majesté. Lui dis-je avec une voix tremblante.

-         C'est contraignant mais rien qui ne puisse être arrangé par le temps. Dit-il avec le sourire. D’où venez-vous alors ? Enchaîne-t-il alors toujours avec une attitude plaisante.

-         D’un… D’un monde qui s’appelle Utrion…

J’entends les bavardages de la salle augmenter de volume. Ils ont l’air scandalisés mais je n’arrive à comprendre aucuns mots à cause du brouhaha infernal. Toute cette attention m’affole quelque peu mais le Roi se lève en réclamant le silence avec une voix des plus autoritaire, puis doucement les jacasseries finissent par cesser.

-         Je suis désolé, je vous en prie, continuée. Me dit-il sur un ton rassurant.

-         Je suis Lynawen d’Archon de Fortonerre, princesse du royaume de Ludroth, Votre majesté.

L’auditoire recommence de plus bel, le vieil homme qui se trouve à côté du trône, lui qui restait silencieux depuis le début, intervient d’une voix beaucoup plus sévère. Ils les menacent de les faire sortir si le Roi est encore interrompu. Son Altesse reste silencieux mais semble interloqué, il fixe intensément l’orbe de son épée avant de plonger à nouveau son regard dans le mien, mais c’est moi qui brise le silence en première.

-         Sir, même si votre monde à l’air merveilleux, comme puis-je repasser la porte des Ténèbres pour rentrer chez moi ? Je lui demande un avec une voix un peu paniquée.

-         Madame, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour comprendre ce qu'il c'est passé, mais en attendant, vous êtes la bienvenue sous mon toit. Mon majordome va vous accompagner à vos nouveaux quartiers.

L’homme sort de la foule et me demande de le suivre, il ouvre la porte de bois qui se trouve à gauche du trône, on monte un long escalier en colimaçon avant d’arriver dans un couloir avec plusieurs portes, mais on se n’arrête pas, on escalade encore un étage. Les portes sont moins nombreuses, et il semble encore y avoir un escalier mais on n’y monte pas. Le serviteur du Roi se stoppe devant une porte sur la gauche et l’ouvre. Elle donne sur une chambre très spacieuse décorée des éternelles couleurs que ma rétine n’a fait que croiser. Un grand lit baldaquin, des étagères, des commodes, un bureau, y a aussi un petit balcon et une autre pièce, surement la salle d’eau. 

-         On vous apportera des vêtements et de quoi manger, Madame. Me dit le serviteur.

Puis l’homme claque la porte derrière moi et me voilà seule avec mes pensées dans un monde inconnu.





Voilà j'espère que mon chapitre 2 vous aura plus.

Dans mon chapitre présentation, vous à avez disposition un lien qui donne sur une photo du Roi Anduin pour les curieux qui veulent vraiment le voir en détail.

Sur ce, merci d'avoir lu mon chapitre et n'hésitez pas à donner votre avis.

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