Ceux qui brûlent dans la lumière par

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Univers Parallèle / Romance / Fantasy

3 Un havre de paix

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Un havre de paix


"Il était une fois, il y a bien longtemps, dans le monde d’Utrion, une flèche de cristal éclatante transperçant le ciel. Elle était à l’origine de la magie qui imprégnait le monde. L’humanité apprit à la maîtriser et des héros aux exploits incroyables naquirent. Mais tout n’était pas tout blanc, la flèche attirait la convoitise. Des royaumes voulaient s’en emparer pour s’approprier son immense pouvoir. De nombreuses guerres virent le jour pendant des siècles. Utrion fut ravagée par la haine et la violence et le peuple souffrait. Toutes ces guerres et ces morts ont engendrées la naissance de créatures monstrueuses, une force destructrice et implacable. Ils nous ont poussés jusqu’à nos derniers retranchements. Les rois prirent la décision de s’unir pour repousser la menace, mais cette union n’était pas suffisante. Alors, un homme du nom d’Archon prit la décision de détruire la flèche grâce à une arme subtilisée à l’une de ses créatures. Il parvint à la briser et, pour une raison inconnue, les démons disparurent. Les guerres cessèrent car l’objet de la convoitise n’existait plus et la magie se dissipa. Archon bâtit son propre royaume sur les vestiges de la flèche… Ainsi fut créée Fortonerre."

 

Je me réveille, affolée. Je ne sais pas où je suis. J’explore les environs du regard et je me souviens que je suis dans la chambre d’ami du château de Hurlevent. J’ai cru un instant que j’étais chez moi. La pièce est plongée dans l’obscurité. Subitement, la lumière du jour éclaire la pièce, je me cache les yeux des rayons du soleil qui m’aveugle. C’est là que je vois une petite femme habillée de façon modeste, aux cheveux roux tressés. Elle se tourne vers moi et me fait une gracieuse révérence.

-         Madame, laissez-moi me présenter. Je suis Millie Porteroi, votre dame de compagnie. C’est le majordome du Roi qui m’envoie pour vous servir.  

-         Eh bien, je suis enchantée de vous rencontrer, Millie. Lui dis-je avec sympathie.

-         Je vais de ce pas vous faire couler un bain. Me dit-elle en s’inclinant avant de partir immédiatement dans la salle d’eau. 

Je sors du lit lentement puis me dirige vers le balcon pour prendre un peu d’air frais. J’ai une magnifique vue sur le jardin extérieur, il y a un immense lac avec un petit îlot sur lequel il y a des structures étranges. Il y a également un long rempart de pierre qui sépare la ville du jardin avec des gardes qui grouillent dessus. De là où je me trouve, on peut les confondre avec une fourmilière. Au loin, on peut apercevoir l’océan, des énormes bateaux cuirassés qui partent et qui reviennent, probablement par le port de la cité. Mon corps se met à frémir à cause du léger vent frais sur les parties dénudées de mon corps. Quand je me tourne, Millie est derrière, elle me fait signe de la suivre dans la salle d’eau. Il y a, au centre de cette pièce, une grande baignoire de marbre décorée des traditionnelles têtes de lions que je vois partout depuis mon arrivée dans cette ville. J’enlève les bandages de mes mains, je suis alors complètement abasourdi… Comment c’est possible ? Les blessures ont disparu sans laisser la moindre trace, comme si je ne m’étais jamais blessée. Je revois le visage du roi, ses yeux azur intense et cette étrange lumière éclatante qui avait jaillit de ses doigts, c’est comme si je pouvais sentir cette douce chaleur à nouveau sur ma peau. C’est donc ça qui m’a soignée ? Je retire ma chemise et m’apprête à retirer les autres bandages. Millie les défait pour moi, mais au moment où ils se desserrent, je sens un élancement autour de ma taille. J’aperçois une entaille parfaitement recousue, en passant mes doigts dessus, j’ai un petit gémissement de douleur. Les yeux de ma dame de compagnie s’écarquillent à la vue de la blessure, elle recule vers la porte et se retourne vers moi.

-         Madame, je vais chercher vos vêtements. Me dit-elle alors en s’inclinant.

Elle passe la porte en me laissant seule dans la pièce. Je rentre alors dans la baignoire de marbre. L’eau chaude sur ma peau est revigorante mais me pique un peu au niveau de ma plaie. Je ferme les yeux pour me détendre un instant, des images de mon passé refont surface. La cour du château, ma mère dans son petit jardin plantait des stachys byzantina. J’aimais les surnommée les oreilles de lapins à cause de leur forme élancée et la surface duveteuse de leurs feuilles. La forêt Parme, j’aimais tellement cet endroit où l’herbe et le feuillage était d’un améthyste profond et les troncs d’un noir ébène. Mon oncle m'y emmenait en cachette quand j’étais enfant pour m'apprendre le tir à l'arc. Parfois, pendant nos balades, il me contait des récits, de héros, de magie et de créatures terrifiantes. À cause de lui, je voyais des visages difformes dans le bois des arbres. En vieillissant, j’aimais m’y balader seule et je continuais de pratiquer le tir à l’arc en secret car père me disait toujours qu’une Dame de mon rang devait se comporter comme-t-elle. Qu’est-ce que j’ai pu détester ça. Les soirs de pluie et les bourrasques de vent violent qui s’engouffraient dans les galeries souterraines du château, le sol grondait comme s’il y avait de l’orage sous nos pieds. La salle du souvenir, avec les statues de mes ancêtres, toutes d’un cristal si pur, on n’en avait jamais vu d’une telle qualité. La précision avec laquelle elles étaient sculptées était un secret bien gardé par le Roi. Seule la famille royale avait le droit d’y pénétrer. Je venais souvent voir celle de ma mère, il m’arrivait parfois de lui parler. La salle du trône, l’endroit favori de mon père, le Roi, elle était large mais tout en longueur, les murs étaient ornés de colonnes surmonté d’arches, des étendards avec l’emblème de notre maison, une flèche brisée argenté sur un fond violet et des armures à leurs pieds tenant des épées, la pointe vers le bas. Un long tapis violet et argent allait jusqu’aux quelques marches où se trouvait le trône. Le siège royal ressemblait à la flèche de cristal des récits anciens, il était d’un bleu platine presque transparent. Derrière lui, trois mosaïques représentaient les vieilles légendes, celle du centre représentait mon ancêtre Archon, celle de gauche la guerre de cristal et l’autre la flèche brisée. Je suis en pleine plénitude quand mon souvenir de cette pièce que j’ai tant parcourue est dévoré par de violente flammes rougeoyantes, des cries résonnent à mes oreilles, des nobles et des serviteurs se faisant déchiqueter par des horribles et terrifiantes abominations. Je me lève brusquement de la baignoire et sort tremblante, me laissant glisser au sol. 

-         Madame !? Vous allez bien ? Me dit Millie d’une voix affolée.

Je me mure dans le silence avec ce souvenir en tête. Ce n’est donc pas un cauchemar ? ça m’est réellement arrivée ? Qu’est-ce qu’il s’est passé dans mon monde ? Comment je suis arrivée ici ? Je sens alors sur mes épaules la douceur d’une serviette. Elle m’aide gentiment à me redresser et me présente des vêtements sur un petit meuble. Quand je m’approche pour les inspecter, je les reconnais instantanément… C’est ma tenue royale, je me souviens que mon oncle l’avait faite pour moi car je détestais les robes encombrantes, père était furieux. Je me souviendrais toujours des mots de mon oncle a dit ce jour-là : “Mon cher frère, arrête donc tes sermons. C’est juste un pantalon et royale, en plus ! “ me remémorer ces mots m’arrache un petit sourire. Comment sont-ils arrivés ici ?

-         Ce sont les vêtements que vous portiez quand on vous a trouvée devant la porte des ténèbres, Madame. Me dit-elle avant de reprendre.

Ils étaient dans un mauvais état alors on les a raccommodés.

J’acquiesce, puis je prends mes vêtements pour les regarder de plus près. C’est une longue redingote argentée avec des bordures brodées violette sur les épaules et sur toute la longueur des boutons en or mais également en bas du manteau qui porte le symbole de ma maison. Les ourlets des manches sont noirs avec des ornements dorés. Il y a aussi une chemise en soie noire, des chaines en or relient des ornements d’épaules au col couvert de fioritures brodées en violet. Une ceinture fine noir et argent fait la liaison avec un pantalon violet et des bottes de cuir noir elles aussi brodées d’argent tout le long. J’enfile mes affaires et je sors de la salle d’eau. Millie m’assoie sur une chaise pour me coiffer d’une simple couronne tressée avec mes cheveux noirs légèrement ondulés qui tombent jusqu’au milieux de mon dos. Elle me propose de me faire visiter le Donjon de Hurlevent. On sort alors de ma chambre et je la suis jusqu’à la salle du trône. Le siège royale est vide mais y a quelques nobles qui arrêtent de parler en me voyant. On les ignore et on tourne vers la droite. Le couloir m’amène jusqu’à un petit jardin intérieur entouré par des allées qui lui donne une forme carrée. Les allées sont ouvertes ce qui nous permet de voir le lac de là où nous somme. Le jardin en lui-même est un véritable petit îlot de verdure où il serait facile de se relaxer. Les arbres donnent une impression d’un biome à part. J’ai même aperçu un écureuil sur une branche et un hippogriffe qui dort à l’ombre d’un arbre. J’emprunte un des chemins pour me rendre dans une grande bibliothèque, plusieurs rangées de livres sont au centre et contre les murs. J’aperçois une femme assise sur une chaise, un livre dans les mains, en train de lire une histoire à un groupe d’enfants affalés sur le sol qui semblent totalement captivés par son récit. Un homme derrière eux utilise la magie pour illustrer et distraire les enfants. Je suis totalement ébahie par ce que je suis en train de voir, c’est tellement beau toutes ces paillettes colorées qui se transforment en un héros de récit qui combat des monstres. Je n’ai qu’une seule envie, c’est d’aller m’installer avec les enfants pour écouter l’histoire. Je sens alors une main sur mon épaule, en me retournant mon cœur ne fait qu’un bond, le Roi est là, face à moi, avec un éclatant sourire.

-         Je ne voulais pas vous effrayer. Me dit subitement le roi.

-         Je ne m’attendais pas à vous voir, votre Altesse. J’étais captivée par l’histoire.

-         Elle vous plait ? Me demande-t-il avec sympathie.

-         Oui, j’en ai déjà entendu des similaires, à l’exception faite que je ne connais pas le héros. Je lui réponds avec un petit sourire au lèvre.

-         L’histoire parle de Anduin Lothar, un grand homme, c’est d’ailleurs de lui que je tiens mon prénom. Puis-je vous inviter à écouter l’histoire en ma compagnie ?

Il me tend alors la main et je lui prends volontiers. Il congédie ma dame de compagnie et ensemble, on se dirige vers la conteuse. Quand ils voient le Roi venir vers eux, ils arrêtent ce qu’ils sont en train de faire. Le Roi, un peu gêné, les invitent à ne pas faire attention à nous et à continuer leur récit. On s’assoie en tailleur sur le sol avec les enfants devant le regard déconcerté de la conteuse. Elle se remet à lire son histoire et l’homme à l’illustrer avec la magie. Je n’avais jamais pensé que la magie pouvait servir de distraction. Pendant le récit, le Roi me jette des petits regards furtifs, je me demande bien pourquoi ? Le conte se termine avec les cris de joie et de déception des enfants. Je me relève avec l’aide du Roi qui m’explique que cette histoire c’est réellement déroulé, il me raconte que les orcs ne sont pas originaire d’Azeroth, qu’ils sont arrivés par le même portail que moi, ce qui déclencha une guerre qu’ils ont appelés “La première guerre“ et qu’Anduin Lothar était un héros qui protégea son peuple. J’ai eu la peur au ventre de ce qui se serait passé si je n’avais pas traversée seule la porte. Le roi me sort de mes sombres pensées quand il m’invite à nous balader dans le jardin extérieur. Nous marchons silencieusement en suivant la rive du lac, la brise d’air frais est des plus agréable et joue avec les mèches dorées du Roi. Pendant notre promenade, on s’échange des regards gênés et des sourires maladroits. Au bout d’un moment, ma taille commence à m’élancer un peu, je pose ma main sur ma blessure et la masse pour essayer de l’apaiser. Le Roi s’immobilise, son regard semble inquiet.

-         Je suis confus, si j’avais su que vous étiez blessée autre part qu’à vos mains, je vous aurais soignée dans la salle du trône. Me dit alors le Roi.

Une intense flamme dorée constituée de lumière embrase les mains du Roi. La surprise me fait reculer d’un pas, mais je suis subjuguée par tant de beauté. Mon corps tout entier se mets à rayonner de cette douce chaleur, elle parcoure la moindre parcelle de mon être. La douleur se dissipe et je me sens comme apaisée, mais ce sentiment s’évanouie quand la lumière s’estompe. Son regard d’azur me fixe intensément et je me mets à bégayer en voulant le remercier, Il sourit en réponse.

-         Comment ça fonctionne ? Mon monde est totalement dénué de magie. Elle n’est qu’une légende farfelu d’autrefois.

-         Votre monde semble bien insipide. Me dit-il en riant.

-         Mon monde à bien des choses à offrir, mais vous évitez ma question, Sir. Lui dis-je avec un air taquin.

-         Eh bien, il me tarde d’en savoir plus. Pour ce qui est de La lumière, c’est une voie difficile d’accès, elle nécessite beaucoup de volonté.

-         Vraiment ? votre maturité ne correspond pas à votre jeunesse et votre magie n’égale pas votre habilité à éviter les questions.

-         Ma foi, c’est un concours de circonstance, en ce qui concerne votre question sur la lumière, je suis navré de ne pas pouvoir vous répondre. Hélas, mon devoir de Roi m’appelle. Cependant, je vous fais la promesse de vous en parlez une prochaine fois, mais laissez-moi au moins vous raccompagnez à vos appartements. Me dit le roi de façon cordiale.

Le Roi me donne son bras gauche par politesse et ensemble nous faisons le chemin inverse pour regagner l’intérieur du château de Hurlevent jusqu’à mes appartements. Une fois devant ma porte, je le lâche pour lui faire face. Le jeune Roi me dévisage et semble intrigué. Je me sens un peu gênée de son regard si insistant. Quand il remarque mon malaise, il recule d’un pas et passe sa main dans ses mèches, tout aussi embarrassé. 

-         Veuillez m’excuser pour mon comportement malvenu. Je n’avais jamais vu d’humain au yeux comme les vôtres. Dit le Roi, un peu confus.

-         C’est un trait caractéristique de ma lignée, si vous croisez d’autres personnes au yeux similaire au miens, je les connais certainement. Lui dis-je en riant.

Le Roi sourit, me prend la main droite et y dépose un baiser. Ça n’a duré qu’un instant mais j’ai pu sentir la fraîcheur et la douceur de ces lèvres.

-         Madame. Me dit-il avant de s’en aller.

Je me retourne pour attraper la poignée de la porte et rentre à l’intérieur. Millie, ma dame de compagnie, m’indique un repas apparemment encore chaud sur la table et m’invite alors à m’asseoir.



Voilà, désolé pour l'attente. J'espère que ça vous plaira autant que ça m'a plu de l'écrire.

Si vous avez des questions, sur l'univers, les personnages, n'hésitez à me laisser un commentaire.

Sidorada-adore

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