Ceux qui brûlent dans la lumière

Chapitre 47 : Début des ennuis : 1ère partie

2624 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/10/2022 22:59

Début des ennuis : 1ère partie


La brise nocturne vient caresser nos visages, tandis que nos pieds se balancent doucement dans le vide. Les rayons bienveillants de la Dame Blanche éclairent la grande vallée des Mulgores... et dire qu’elle sera bientôt ravagée par une guerre injuste et cruelle. Le Draenei reste silencieux, ses yeux bleu luisants fixant l’horizon. Mon cœur se serre dans ma poitrine en voyant son visage meurtri …

-         Le seigneur-régent vous a-t-il fait du mal ?

Son attention se porte sur moi, son regard empli de chagrin. Tristesse qui m'est plus destinée qu’à lui. Sa main bleutée se pose alors sur mon épaule pour me réconforter.

-         Non, bien au contraire, il m’a traité avec respect et m’a permis de faire amende honorable.

-         Que voulez-vous dire par là ? Demandé-je perplexe.

-         Disons, dame Lynawen, qu’il m’a envoyé en mission pour lui.

-         Quel genre de mission ? Était-ce si dangereux, pour que vous en reveniez amoché ?

-         Vous le découvrirez bien assez tôt madame.

Sur ces mots le Draenei se mure dans le silence et ses yeux dérivent à nouveau sur le paysage. Mon vieil ami à l’air d’avoir bien changé depuis notre séparation.

-         Yaedrel, vous avez assez souffert par ma faute. Je vous libère de votre serment. Vous pouvez enfin déposer votre bouclier.

Je n’attends guère de réponse tandis que je quitte les lieux, posant un dernier regard sur le géant bleu.

 

Au petit matin, les troupes sont en place. Tandis que Saurcroc, Thrall et Lor’themar s’occupent de défendre la grande porte, l’accès principal qui sépare Mulgore du reste du continent de Kalimdor. Baine, Grisetête, Jaina, mes hommes et moi-même constituons l’arrière garde, dernier rempart s'ils venaient à échouer.

Nous avions au préalable pris soin de cacher les civils dans des grottes nichées dans la capitale. Leur ordre était clair : si les troupes ennemies s’avançaient trop, ils devaient tous se replier dans les portails d’évacuations menant à Lune-d’Argent.

Mes yeux parcourent nos troupes, je vois la peur chez certains, l’excitation chez d'autres. Un instant, je me remémore Fortonerre, et l’assaut des démons. Mon père n’était peut-être pas un parent exemplaire, mais il était imparable en stratégie militaire.

  

- Tout va bien Lynawen ? me demande Ilera, alors que j’étais encore plongée dans mes pensées.

- oui, oui… fais-je mine en lui souriant, en sachant très bien que l’angoisse se lit sur mon  visage.

 - C’est normal, lance Genn en nous rejoignant, le calme avant une bataille est toujours difficile, c’est là qu’il faut garder son sang-froid et l’esprit en alerte.

 

D’une certaine façon, Genn ressemble à mon père. Le tempérament calme, déterminé et sans peur ; des qualités qui me rassure. Dame Jaina, elle, reste silencieuse. Soudain, Je suis coupée de mes pensées par un bruit d’explosion qui retentit loin devant nous, vers la palissade :

 

- Par la lumière !

- Ne vous inquiétez pas, me rassure Baine, ils savent ce qu’ils ont à faire. Que tout le monde  se regroupe et garde sa position ! il peut s’agir d’une diversion. Si Sylvanas n’est pas folle, elle a sûrement prévu quelque chose pour nous atteindre ici.

 

Le Tauren a raison, me dis-je, on ne sait pas ce qu’elle prépare, mais ce qu’elle veut se trouve forcément ici.

Aussi je ne suis pas complètement remise de ma tentative de meurtre, j'espère que cela n’aura pas d’incidence sur la bataille. Au loin, nous entendons des hurlements, des sons de catapultes, des craquements, des sorts. Un vacarme intense parvenant jusqu’à notre position.

Aethas sort alors de son mutisme :

 

- les combats font rage là-bas, j’aimerais les rejoindre pour leur prêter main forte…

 

Je me tourne vivement vers lui, l’attrapant par le poignet :

             - Non ! Restez. Je vous en supplie …

Je ne veux pas qu’il risque sa vie à la grande porte comme Yaedrel. Heureusement, l’elfe de sang acquiesce à ma demande. 

-         Son altesse a raison, coupe Jaina, notre mission est simple. Un seul faux pas et c’est tout Mulgore qui s’écroule !

 

Aethas reste de marbre face aux remarques de l’Archimarge, même si je perçois en lui une certaine colère. Dans tous les cas, Jaina a raison : si nous voulons gagner, il faut rester ici. 

 

Alors que nos regards sont concentrés sur la grande porte, un sifflement mécanique se fait entendre dans les airs. Une détonation assourdissante, suivit d’un puissant souffle. Une odeur de brûlé, de terre et de poudre m’agresse les narines.

J’ai à peine le temps de me retourner que le sol se soulève devant nos pieds. J’invoque immédiatement la lumière nous protégeant des gros fragments de roches. Lorsque la poussière retombe, un immense cratère nous fait face, les soldats qui se trouvaient là un instant avant avaient tous disparus. Un garde cria :

- Là-haut !

Nos yeux se lèvent. Au-dessus de nous, deux zeppelins gobelins obscurcirent les cieux.

Des frissons de terreur traversent mon échine. On n’avait absolument pas prévu que Sylvanas nous attaque par les airs, du moins pas ainsi… Pourquoi tant de moyens pour détruire quelques petits villages Taurens ?

 

-         Tenez vos positions, clame Genn, cette sorcière a envoyé des renforts aériens pour attaquer Pitons-du-tonnerre...

 

Un autre bruit sourd, suivit d'une explosion, l'interromps, faisant voler d’autres soldats.

Par la lumière, ils nous bombardent à nouveau ! 


Sylvanas a un coup d’avance sur nous, elle provoque le chaos dans nos rangs, nous forçant à nous éparpiller pour nos vies. Les impacts d’obus sont totalement imprévisibles et nos pertes risques d’être lourdes.

-         Que tout le monde reste assez proche pour intervenir. C’est le seul moyen de limiter nos pertes avant l’épuisement de leurs munitions, crie Genn tout en esquivant plusieurs débris.

-          Mais comment allons-nous faire pour tenir assez longtemps ? hurlé-je pour me faire entendre dans ce vacarme.

 Au même moment un sifflement se fait entendre. Levant instinctivement la tête, mon cœur s'emballe lorsque j’aperçois une bombe filer droit dans ma direction.

Par la Lumière pas aujourd’hui, pas maintenant. De peur, je me recroqueville en fermant les yeux, mes dernières pensés sont pour mon tendre Anduin…

Une secousse vrille mon corps.

Je suis toujours en vie ? Mes paupières sont ouvertes, mais je ne perçois rien dans l’obscurité. Seule une persistante fumée me brûle les yeux, les émanations de la déflagration s’engouffrent dans mes poumons, me faisant toussoter. Je sens l’herbe fraîche à mes pieds et des particules de terre et de poussières me retombant dessus. Par réflexe, je lève mes bras, tâtonnant à l’aveugle. De la pierre ; c’est de la pierre. Un dôme de roche m’aurait protégé de l’impact de l’explosion ? Celui-ci se craquèle subitement laissant entrer une aveuglante lumière.

Lorsque mes yeux s’habituent à la luminosité, je remarque le cratère fumant se dessiner autour de moi. Penché à mes côtés se trouve l’homme masqué, l’étrange ami de Thrall.

À son cou, son médaillon oscille sous la lumière, faisant briller l’argent dans lequel il a été forgé. Mon attention s’attarde sur ses gravures. Les larmes me montent aux yeux sans que je puisse les contrôler.

Non, c’est impossible, ça ne peut pas… je réalise à peine ce que je viens de voir que l’homme disparait, se fondant dans le chaos. Je me relève d’un bond pour le suivre, mais une autre explosion retentit. Je n’ai pas le temps de faire appel à lumière qu’une barrière prismatique m’enrobe, me protégeant de l'impact.

-         Lynawen ! hurle une voix.

 Je me tourne et la silhouette familière d’Aethas se dessine à travers l’épaisse brume de l’explosion, la main scintillante d’une aura violette et le regard empli d’inquiétude.

-         Je vais bien, merci.

La barrière crépitante qui venait de me protéger se dissipe. Le Sin’dorei s’approche de moi, glissant délicatement sa main sur ma joue :

-          S’il vous arrivait malheur, je ne m’en remettrai pas…


Un instant, je me perds dans ses iris émeraudes, ne sachant guère quoi dire. Le bruit d’une autre explosion retentie alors : la déflagration balaye tout sur son passage. L’onde de choc souffle ceux qui sont encore debout. Sans réfléchir, j’enfonce la lame d’Ellamayne dans le sol, la lumière implose, nous accordant sa protection.

Lorsque la fumée retombe enfin, l’horrible spectacle s’offre à nous… du village dans lequel je suis arrivée, il ne reste qu’un trou béant ; habité par des incendies allumés çà et là.

Aethas se laisse tomber à genoux, le bruit de son armure cliquetant sur le sol poussiéreux, son teint blafard. Derrière moi, j’entends des bruits de sabots, de nombreux Taurens se regroupent en pleurant à chaudes larmes. Baine Sabot-de-Sang, s’avance, la douleur et un profond chagrin se lisent sur ses traits. Ma main tremblante se resserre avec hargne sur le manche d’Elleymane : le village était vide, certes, mais j’ai l’impression d’avoir failli à ma tâche. C’était mon devoir de protéger l’arrière garde.

J’ai un amère goût d’échec alors que la bataille n’est même pas terminée. J’ignore le nombre de combattants ayants trépassés sous mon commandement et rien que d’y songer me dégoûte. Pour couronner le tout, personne n’a de nouvelle de la grande porte.

Les Mulgore était, il y a encore quelques heures, une plaine verdoyante. Maintenant elle a presque été réduite en cendres…

L’ombre menaçante des zeppelins glisse au-dessus de nous. À cette vue, mon corps se réanime. Pitons-du-Tonnerre, ils ont l’intention de détruire Pitons-du-Tonnerre ! Si elle tombe, nous tombons tous. Je m’y refuse ! Je ne les laisserai pas tuer d’avantage d’innocents, je ne ploierai pas le genou, jamais ! Je me précipite vers mon ami Sin’dorei.

-         Aethas ! hurlé-je, Aethas ! ouvre-moi un portail immédiatement !

-         Un portail…

-         Pour le Pitons-du-tonnerre !

L’elfe de sang se redresse immédiatement. Ses mains s’enveloppent d’une aura blanche et, d’un geste fluide de sa part, un portail émerge du vide. L’image flou et en perpétuelle mouvement de la cité Tauren se dessine. Sans perdre une seconde je le traverse à la hâte. Me voilà aux Pitons, dans les cieux j’aperçois les engins de mort de la Horde. Déterminée, je m’avance vers le bord de la mesa.

-           Qu’est-ce que vous comptez faire ? Intervient subitement Aethas qui m’a apparemment suivi.

-         Défendre la cité et ses habitants.

-         Peu importe votre foi en votre lumière, je doute que vous pouviez abattre deux zeppelins seule…

-         Non, pas les détruire, mais protéger la ville d’un dôme de lumière. Comme à Lordearon.

-         C’était-vous ce jour-là !? S’étonne l’elfe aux cheveux cendrés.

-         Avec Anduin, ensemble…

-         Cette fois vous êtes seule, vous êtes sûre que vous allez y arriver ? S’inquiète l’elfe.

-         Je le dois, je n’ai pas le choix … faites-moi confiance mon ami


Sur ces mots, je regarde Ellemayne : son orbe bleu scintille comme jamais. Anduin n’est pas physiquement avec moi, mais il possède sa jumelle, et les deux lames sont reliées par une magie puissante. Tout comme nous sommes reliés par la lumière.

Cette pensée m’apporte beaucoup de force ; je peux le faire, j’en suis capable ! Je plante mon épée dans le sol tandis que le ciel se met à gronder, je sens la lumière divine me traverser de sa chaleur bienveillante, mes yeux brillent de son éclat doré. Je lève ma main vers les cieux et une puissante fulguration transperce la voûte et s’écrase dans cette dernière. La puissance est telle que j’ai l’impression d'être écrasée face à elle. Je suffoque, la sueur perle sur mon front. Je… je dois la maîtriser, je ne peux pas faillir, je dois les protéger...

-         Lynawen ! Crie Aethas derrière moi

Sa voix, les pleurs des Taurens, ainsi que tous les hommes et femmes de l’Alliance qui m’ont suivi ici en croyant en moi, dame Jaina, Genn et Mia, Anduin ...

Penser à eux me galvanise. Je me redresse non sans difficulté, le dôme de lumière émerge et englobe en son sein toute la cité Tauren perché sur ces mesas. Ses parois de lumière s’écoulent avec la grâce la plus divine qui soit. Je l’ai fait !

Ma joie se brise aux premiers coups d’obus, la violence de l’impact est d’une puissance inimaginable. J’hurle ma souffrance à m’en détruire la voix. Mon corps tout entier tremble de douleur, je tombe à genoux. Le deuxième missile qui s’écrase réduit mon dôme de lumière en morceaux, et me propulse en arrière. Les ténèbres se substituent à l’image d’Anduin et je m’évanouis.



Remerciement à theforestspirit pour la correction et à un ami pour m'avoir aider sur la bataille.

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