Tuesday

Chapitre 5 : Manassas

3776 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/02/2026 08:40

<La soucoupe volante fonçait dans l'obscurité infinie parsemée d'étoiles. Elle fendait l'air à une vitesse ahurissante, traçant un sillon lumineux dans le ciel nocturne telle une comète folle.

Mais l'engin n'était plus tout à fait sous contrôle: le vaisseau approchait de la Terre à toute allure et il pénétra son atmosphère sans décélérer. Au contraire, il prit encore de la vitesse et vint finalement percuter la surface de la planète dans un fracas assourdissant. La carlingue métallique poursuivit sa course au sol sur une centaine de mètres, non sans arracher la moitié de la forêt dans laquelle elle s'était écrasée. Elle finit par s'arrêter totalement dans un épais nuage de poussière, laissant derrière elle une profonde cicatrice fumante dans le bois qu'elle venait de lacérer. La soucoupe était maintenant posée au milieu de la végétation tel un étrange champignon clignotant, désormais incapable de décoller ou de reprendre son envol tant les dégâts du crash étaient importants. Mais peu importait. IL savait qu'IL était arrivé à destination. Cette petite planète bleue abritait le plus puissant artefact de l'univers, un diadème doté de pouvoirs cosmiques phénoménaux qui LUI permettrait de prendre le contrôle de la galaxie... Peu importait donc les dégâts sur son banal vaisseau puisqu'IL règnerait bientôt en totale suprématie sur l'infinie et au delà... il LUI suffisait simplement de retrouver le diadème, et SES rêves se réaliseraient enfin. IL prendrait sa revanche sur les hommes en noir et IL asservirait cette planète abjecte.

Enfin.

IL se mit alors en marche vers la petite ville endormie, ses multiples pattes griffues cliquetant sur le sol tandis que des milliers de cafards émergeaient sur son chemin telle une marée mouvante et infecte.>


 


        

Les yeux de Dana Scully s'ouvrirent brusquement. Une désagréable sensation parcourut le corps de la jeune femme, comme si des centaines d'insectes grouillaient sous ses draps. Le rêve (ou plutôt le cauchemar) qu'elle venait de faire avait été plus vrai que nature, et elle dut se passer plusieurs fois les mains sur les bras et les cuisses avant de pousser un soupir de soulagement: aucune blatte ne courait sur son matelas ni sur sa peau. Les battements de son cœur se calmèrent peu à peu et la petite rouquine se retourna vers la table de nuit qui jouxtait son lit. Elle posa un regard fatigué sur son radio-réveil dont l'écran affichait 6h29 en chiffres rougeoyants. Comme chaque matin, son alarme allait sonner alors qu'elle-même ouvrait tout juste les yeux. Tout était donc parfaitement normal, comme toujours.


Mais d'où provenait alors cette étrange odeur de saucisses-frites qui flottait dans les airs et l'incommoda soudain? La ventilation générale de l'immeuble devait en effet avoir un sérieux problème si les émanations de la cuisine de ses voisins s'immisçaient jusque dans sa chambre à coucher. Il faudrait qu'elle prenne le temps de contacter son propriétaire aujourd'hui pour lui signaler ce facheux désagrément.


La sonnerie stridente du réveil une minute plus tard sortit Dana de ses pensées et la jeune femme appuya sur le petit appareil pour le faire taire. Elle se leva immédiatement, comme montée sur des ressorts. Traîner dans son lit ne faisait pas partie de ses habitudes, même si elle se sentait exténuée aujourd'hui. Son cauchemar étrange lui revint alors brusquement à l'esprit, et elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel: elle s'en voulait de s'être laissée emportée par ce bref instant de panique, d'autant que ce rêve lui rappelait les étranges lubies de son partenaire. Décidément, Mulder déteignait sur elle plus qu'elle ne l'aurait imaginé, et bien plus qu'elle ne voulait l'admettre.


Dana se posta un instant devant la fenêtre de sa chambre, le regard perdu dans la pâle lueur de l'aube naissant, et elle pria pour que cette journée de mardi soit calme et sans surprise. Elle avait déjà eu son lot d'étrangetés pour aujourd'hui, et une routine ennuyeuse au bureau lui conviendrait parfaitement. La jolie rousse porta alors instinctivement sa main sur la petite croix en or qui ornait son cou, comme pour appuyer sa requête silencieuse.


Dana traversa ensuite son petit appartement de Georgetown, ses pieds s'enfonçant dans la moquette beige et moelleuse. Elle se dirigea d'abord vers la salle de bain où elle laissa le robinet ouvert pendant dix bonnes minutes avant de se rendre à l'évidence: elle ne pourrait pas prendre de douche ce matin. L'eau qui sortait du pommeau était glacée et elle devra vraiment joindre son propriétaire plus tard dans la matinée pour lui signaler cette déconvenue supplémentaire. Après la ventilation, le chauffe-eau semblait lui aussi avoir rendu l'âme, à son grand désarroi.


La jolie rouquine soupira, un brin contrariée de n'avoir pu se réchauffer sous le jet bienfaisant, et elle se résolut à devoir enfiler son impeccable tailleur bleu marine sans respecter sa routine matinale habituelle.

Dana éprouva d'ailleurs quelque difficulté à fermer son pantalon, comme si son ventre était gonflé des suites d'un copieux repas. C'était ses voisins qui se délectaient de plats gras et elle en récupérait à la fois l'odeur et les problèmes digestifs: il n'y avait décidément aucune justice dans ce monde.


La jeune femme se fit ensuite couler un café dans la cuisine, mais elle préféra renoncer à ses toasts: elle ne voulait pas surajouter à la tension qui se manifestait sur le bouton doré situé juste au dessus de son nombril.


Le breuvage sombre et fumant que Dana se servit lui brûla les lèvres et la jeune femme jura intérieurement. Elle attendit alors patiemment que son arabica refroidisse tout en feuilletant le magazine qu'elle avait abandonné sur la table de la cuisine la veille (ou était-ce l'avant veille? Elle n'était plus vraiment sûre maintenant).


La jolie rouquine, distraite par ses récentes mésaventures, regardait les articles publicitaires sans les voir, les yeux dans le vague, une main toujours posée sur sa tasse fumante lorsque deux tâches rouges s'écrasèrent soudain sur le papier glacé. Une chaleur subite monta au visage de la jeune femme et son coeur s'emballa à nouveau. Dana porta précipitamment la main à son nez et ce qu'elle craignait se confirma. Elle saignait abondamment et elle dût s'emparer en catastrophe de son torchon à vaisselle pour juguler le flux écarlate tiède qui s'écoulait de ses narines. Un frisson parcourut la jeune femme, et elle se mit à trembler violemment. Cet événement la ramenait subitement plusieurs années en arrière, lorsqu'elle avait été diagnostiquée d'une tumeur neuropharyngée incurable. Une vague de souvenirs terrifiants et de panique la submergea, et elle attrapa son cellulaire sans réfléchir davantage. Il était 07h12 et Mulder devait probablement être réveillé. Plus qu'un collègue, le grand brun était devenu au fil du temps et des épreuves un repère, une constante rassurante et inébranlable pour elle. Dana composa son numéro en sachant que le timbre de la voix de Fox serait, à lui seul, d'un profond réconfort. Le jeune homme décrocha au bout de deux sonneries, au grand soulagement de Dana:



-Mulder? C'est moi.



Scully remarqua que sa propre voix était faible et tremblait légèrement, et elle s'en voulu de céder à la panique aussi facilement. Après tout, elle avait seulement fait un cauchemar et l'épistaxis semblait s'être réglée d'elle-même: au bout de quelques secondes, elle ne saignait déjà quasiment plus.



-Bonjour Scully, j'étais sur le point de t'appeler ! Est-ce que tout va bien?



Scully hésita un instant à tout révéler à Mulder, son rêve étrange et le court mais violent saignement de nez, puis elle se ravisa. Elle se sentait tout à coup ridicule, fragile, et elle craignit que son collègue ne s'inquiète outre mesure. Et que pourrait-il bien penser sur le caractère paranormal de son songe..? Elle n'osait même pas y penser.



-...Scully? Tu es toujours là?



-Oui Mulder, tout va bien. Je voulais juste... te demander si tu avais terminé ton rapport sur notre dernière affaire.



Bien rattrapé, songea immédiatement Dana qui avait réussi à la fois à reprendre rapidement contenance et à retrouver une voix assurée. Il n'y avait aucune raison de se faire du mauvais sang en finalité, et encore moins d'alerter son partenaire. Elle soupira imperceptiblement, presque soulagée, tout en priant pour que Mulder n'y voit que du feu. Elle était néanmoins heureuse de l'avoir en ligne, sa présence lui ayant apportée l'apaisement qu'elle avait escomptée.



-Mmh..., lui répondit son coéquipier en éludant la question du rapport. Tu ne devineras jamais où je me trouves en ce moment même..., ajouta-t-il d'une voix a la fois mystérieuse et enjouée.



-Laisse moi deviner..., murmura la petite rouquine d'un ton taquin, tu es garé devant chez moi et tu t'apprêtes à m'entraîner dans une énième chasse à l'extraterrestre? Y aurait-il eu un crash de soucoupe volante cette nuit, accompagné d'un débarquement de cafards-extraterrestres repoussants cherchant à asservir l'humanité?



Scully s'attendait à ce que le grand brun rebondisse sur sa plaisanterie ou lui rétorque un trait d'esprit dont seul lui avait le secret, mais seul un silence épais lui répondit.



-...Mulder? Tu es encore là?



-Scully... je suis garé devant chez toi. Je regarde tes fenêtres depuis avant... et je n'ai pas vu tes rideaux bouger. Comment as-tu su que j'étais là...?



-Mulder, cela fait plus de six ans que tu m'empêches de boire mon café chaud chaque matin, alors...



-Scully, il y a vraiment eu un crash de vaisseau spatial cette nuit... comment as-tu deviné?



-Ta question est vraiment sérieuse, Mulder? Avec toi, une affaire sur deux concerne un objet volant non identifié...



-Scully... Deux témoins affirment qu'une marée de cafards est apparue juste après l'incident...



Le silence s'étira cette fois entre les deux coéquipiers, et Scully s'approcha lentement de la fenêtre de sa cuisine. Elle en écarta légèrement le rideau et elle observa La Taurus de Mulder garée de l'autre côté de la rue. Son partenaire lui adressa un petit signe de la main lorsqu'il l'aperçue, qu'elle lui rendit à son tour.



-Scully, reprit subitement Mulder, ces... ces bestioles auraient volé une pierre précieuse dans le musée de minéralogie de Manassas. C'est à moins d'une heure de route de Washington...



-Tu n'es pas sérieux? Des cafards venus d'ailleurs seraient coupables d'un casse dans un musée? Ne me dis pas que tu y crois réellement, je t'en prie...



-Si, bien sûr que si, je veux y croire. Et c'est d'ailleurs une occasion unique de mettre enfin la main sur la vérité... De prouver l'existence extraterrestre... Mais enfin Scully..., COMMENT as-tu deviné tout ça...?



Dana leva les yeux au ciel, mi-exaspérée mi-amusée par les futures théories que son collègue ne tarderait pas à émettre sur ses potentielles capacités divinatoires. Elle n'avait fait que plaisanter en s'inspirant de son cauchemar ridicule et il n'y avait certainement pas de quoi en faire tout un plat.



-Très bien, laisse-moi finir mon café et j'arrive, finit par murmurer Scully, vaincue, avant de raccrocher.



La jeune femme se passa rapidement le visage sous l'eau, effaçant les dernières traces de sang séché sur sa peau, puis elle avala d'une traite son arabica désormais froid.

Il ne sera jamais donc jamais possible de boire un café à la bonne température... songea Dana, à nouveau contrariée. Et cette fichue odeur de saucisses-frites qui semblait ne plus vouloir la quitter... bon sang, que c'était pénible!



Dana attrapa son trench beige d'un geste presque furieux et accrocha son arme de service à sa hanche droite, puis elle se résolut à rejoindre son collègue au bas de l'immeuble. L'air frais lui fit néanmoins du bien et effaça presque instantanément toutes traces de l'agacement et de la confusion qu'elle avait pu ressentir depuis son réveil. Elle savait qu'elle ne devait pas se laisser aller à ce genre de ressentis, au risque de se perdre elle-même dans un tourbillon d'émotions inutiles.



-Tu as l'air bien sérieuse tout à coup, lança Mulder par la fenêtre ouverte de la voiture. C'est la perspective de cette nouvelle chasse à l'extraterrestre qui te demande tant de concentration?



-Dans tes rêves, Mulder, rétorqua Scully en s'installant sur le siège passager. On fait un rapide aller-retour là-bas, on interroge tes témoins, et si comme je le pense tout ceci n'est qu'un canular de plus, on rentre pour le déjeuner sur Washington.



-Dans tes rêves, Scully. Aujourd'hui restera gravé dans les mémoires comme étant le mardi le plus important de l'histoire de l'humanité...



Scully leva une énième fois les yeux au ciel alors que Mulder démarrait la Taurus en trombe en direction de Manassas.






***






-Bonjour, je suis l'Agent Mulder du Bureau de Washington, et voici ma partenaire Dana Scully, annonça le grand brun à l'hôtesse d'accueil du musée de minéralogie de Manassas. Nous avons reçu des informations selon lesquelles deux employés auraient été témoin du crash d'une souc... d'un objet volant non identifié, juste avant qu'un vol ne soit commis ici...



La jeune femme assise derrière le comptoir les fixa de ses grands yeux bruns et globuleux, puis elle observa avec attention la carte officielle que lui tendait l'Agent fédéral. Quelque chose dans son regard était troublant, presque dérangeant, et Scully s'aperçut bientôt qu'elle ne clignait tout simplement pas des paupières. Cela lui donnait un air étonné en permanence, et s'en était quasi inquiétant.



-Ah oui, acquiesça finalement l'employée d'une voix grave et lente, les témoins... vous devez parler de papa et maman. Venez, suivez-moi.



La réceptionniste sauta de sa chaise haute puis se dandina jusqu'à la porte menant à la salle d'exposition. Les deux Agents échangèrent un regard étonné et lui emboitèrent le pas. La jeune femme arrivait à peine au menton de Scully, et sa silhouette trapue contrastait étrangement avec la petite taille de sa tête. C'était comme si elle n'appartenait pas au bon corps, ou inversement, rendant l'ensemble de son anatomie particulièrement dépareillé et disgracieux.


L'intérieur du musée était vieillot mais plutôt bien entretenu, et les visiteurs allaient et venaient entre les différentes vitrines, déambulant sur le parquet massif fraîchement ciré. Rien ne laissait présager une quelconque activité suspecte ou autre catastrophe en cours et rien ne démontrait qu'un vol venait d'avoir lieu ici, mais cela ne tranquillisa pas Scully pour autant. Même si son rêve lui paraissait désormais risible et lointain, elle ressentait une étrange sensation de déjà-vu tout en étant persuadée de ne jamais avoir mis les pieds en ce lieu. Dana secoua légèrement la tête, essayant de se convaincre elle-même que la fatigue et cette pénible odeur de saucisses-frites qui ne la lâchait plus étaient la cause de tous ses tracas. Elle ne devait surtout pas céder à ce genre de pensées au risque de devenir exactement comme son partenaire: paranoïaque et obsédée par tout ce qui sortait de l'ordinaire.


La jolie rousse essaya de se concentrer sur autre chose et elle jeta alors machinalement un coup d'œil aux vitrines d'exposition devant lesquels ils passaient aux pas de course.

Dana fut étonnée de constater de la richesse de ce petit musée local. Des gemmes de toutes tailles, formes et couleurs côtoyaient des bijoux antiques, de petites sculptures taillées dans des pierres semi-précieuses, facettées et brillantes de milles éclats. D'immenses géodes aux diverses nuances de mauves, de blancs et de rouges bordaient les allées, posées à même le sol et dépassant de loin la taille de Mulder. De magnifiques bancs rose pâle sculptés à même le quartz s'alignaient contre les murs et accueillaient les touristes fatigués ou en quête d'une jolie photo souvenir prise avec leur polaroïd. Les rayons du soleil entraient par les hautes fenêtres qui encadraient la salle, faisant flamboyer de mille feux chaque pierre, chaque cristal, magnifiant les couleurs et les reflets à travers les vitrines.


La petite réceptionniste les guidait dans ce dédale minéral d'un pas rapide et presque aérien malgré son étrange anatomie, comme si la gravité terrestre ne s'appliquait pas de la même façon sur elle.


Le trio déboucha enfin dans une petite pièce privée, sombre et dépourvue de fenêtre, où un couple était penché au dessus d'un large bureau en verre. Loupes en main, les deux individus examinaient ce qui ressemblaient à des fragments de roches ou de métal. En regardant de plus près, Scully s'aperçut qu'il s'agissait de météorites de diverses tailles. Mulder, qui avait dû émettre la même conclusion qu'elle, s'était déjà rapproché des petits astéroïdes et les examinait avec les yeux brillants de ceux qui voulaient croire.



-Papa, maman, annonça la petite réceptionniste de sa voix grave, voici les Agents Mulder et Scully du FBI. Ils sont venus pour... pour nous aider.



Le couple leva la tête, abandonnant l'examen minutieux dans lequel il était plongé, et fixa les nouveaux venus avec de grands yeux sombres et proéminents.


L'homme et la femme ne pouvaient nier leur fille tant ils se ressemblaient. Plus étrange encore, ils présentaient entre eux les mêmes caractéristiques physiques: une petite taille compensée par une silhouette trapue sur laquelle trônait une tête de taille réduite, presque ridicule. Et tout comme leur fille, leurs regards étaient fixes, leurs paupières grandes ouvertes et figées dans une éternelle expression d'ahurissement.



-Aah, Agent Mulder, Agent Scully, nous sommes heureux de vous voir, annonça l'homme en tendant une main vers les fédéraux. Je m'appelle Clark Jeebs, et voici mon épouse, Sonia. Vous connaissez déjà notre adorable fille Helena qui travaille ici avec nous...



-Que pouvez-vous nous dire sur les événements de la nuit dernière?, questionna immédiatement Mulder.



-Comme je vous l'ai dit au téléphone, expliqua Clark Jeebs, un vaisseau spatial s'est crashé à Manassas hier soir. La créature à son bord est clairement hostile et cherche à s'emparer d'un artefact très puissant pour asservir la galaxie... La pierre que nous conservions dans notre musée en est la clé. Et IL s'en ai emparé...



Scully toussota légèrement en baissant la tête, tentant vainement de camoufler le rire ironique que lui inspirait cette déclaration inattendue et loufoque.



-Un artefact? De quelle... sorte d'objet s'agit-il? , enchaina Mulder sans prêter attention au scepticisme habituel de sa partenaire.



-C'est un bijou très ancien. Un diadème, qui donne une force et une longévité exceptionnelle à quiconque le possède...



-Un diadème?, s'exclama alors la jolie rouquine en relevant brusquement la tête. Comme ceux que portent les Jedi dans Star Wars ?



Mulder se retourna lentement vers sa collègue en haussant les sourcils, un brin surpris par son intervention, et un sourire pointa sur ses lèvres:



-Il faudra réviser tes classiques, Scully. Les Jedi ne portent pas de diadème. Mais merci de t'impliquer dans cette enquête...



Dana s'apprêta à rétorquer qu'elle était convaincue par ce qu'elle avançait mais elle se tut. Elle n'avait en réalité jamais visionné les films de la Guerre des Étoiles, et elle ignorait d'où lui venait cette soudaine connaissance apparemment erronée. Elle se contenta de baisser à nouveau la tête, légèrement honteuse cette fois, et elle laissa son coéquipier poursuivre l'entretien:



-Et vous dites que des cafards sont apparus après le crash du vaisseau, reprit le grand brun, et qu'ils sont responsables du vol de la pierre? Mais quelle est le rapport entre ces bestioles et cet... extraterrestre ?



-IL est elles, et elles sont LUI. Elles font parties de LUI, elles LE composent et LE nourrissent... et elles ont volé la gemme pour LUI. S'IL entre en possession des deux partie de la relique, s'en sera fini de la galaxie telle que nous la connaissons...



-Pourquoi ne pas avoir alerté la police locale du vol de cette nuit ?, demanda alors Dana, légèrement suspicieuse.



-Pour la simple et bonne raison que personne ne nous croirait. Nous avons fait appel à vos services car vous vous occupez de cas... particuliers. Sans compter que nous avons une expérience assez mitigée avec les autorités... notre cousin de New York s'est fait explosé la tête un nombre incalculable de fois et...



-Clark!, s'exclama son épouse.



-Pardon chérie,... oui,... hum,... je m'égare. Vous êtes tout simplement notre seul et dernier espoir... implora le conservateur en se tournant vers les deux fédéraux.



-Et le vaisseau spatial, où est-il...?, souffla Mulder.



-Il est dans un piteux état au beau milieu de la forêt, à quelques kilomètres d'ici, complètement hors service...



-Et le diadème, avez-vous une idée d'où il se trouve?, demanda Mulder.



-Il est à Manassas, chez un autre gardien des reliques. Ne LE laissez surtout pas le prendre lui aussi...



-Où est-il caché exactement, M. Jeebs? Dites-le nous, insista le grand brun.



Le petit conservateur trapu soupira, échangeant un regard lourd de sens avec son épouse, puis il fixa à nouveau les deux Agents de ses yeux ahuris et globuleux:



-Connaissez-vous le bar restaurant Chez Franky?



-Non, répondit Mulder.



-Oui, affirma Dana exactement en même temps.



Fox se tourna une nouvelle fois vers Scully, ses yeux verts écarquillés de surprise, alors que sa partenaire se mit à saigner abondamment du nez, arrosant son élégant tailleur marine d'écarlate poisseux.














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