Tabitha

Chapitre 1 : Teaser

814 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 27/01/2026 16:44

FONDU D’OUVERTURE

PLAN ÉLOIGNÉ.


Au cœur d’une forêt dense, deux garçons de quatorze ans filent à vélo sur un sentier de terre battue.

Le soleil radieux perce à travers les arbres, tentant d’effacer les traces de la pluie qui s’est abattue plus tôt.


Une jeune fille peine à suivre.

L’un des garçons se retourne souvent pour vérifier où elle en est, tandis que l’autre ne s’en soucie pas.


P.O.V. — PREMIER CYCLISTE  

Il zigzague entre les roches, les souches, les flaques de boue.

Le crissement des pneus sur la terre mouillée, sa respiration rapide… tout est exaltant.


Il atteint la fin du sentier, freine brusquement, pivote à 180 degrés et attend les deux retardataires.


GARÇON  

(Essoufflé)

Elle te ralentit !


Devant eux, une rivière rugit, puissante et menaçante.

Le garçon excité jette son vélo et s’avance vers le bord.


JEUNE FILLE  

(À voix basse)

On devrait rentrer, Loan…


LOAN  

C’est trop risqué, Max !


Max ignore l’avertissement.

Il s’élance sur une roche glissante.


Des oiseaux croassent au-dessus, comme s’ils tentaient de le mettre en garde.


MAX  

Ne fais pas ta chochotte !

(Arrogant)

Va-t’en, Fanny !


Il saute sur la roche suivante, agile.


Loan le suit à contrecœur.

Il perd l’équilibre un instant, mais se rattrape.


MAX  

Loan le Viking vient de franchir le premier obstacle !

Va-t-il rattraper Max le Conquérant ?


Max bondit sur une autre roche, puis une autre. Il glisse, mouille son soulier, rit.


Les cris d’oiseaux se font plus insistants.


Loan regarde Fanny, inquiet.

Max lui fait signe d’avancer.

Loan inspire profondément et s’exécute. Fier, galvanisé par l’adrénaline, il lève les bras.


LOAN  

(À Fanny)

Hé, tu viens ? C’est facile une fois que t’as le truc !


MAX  

(Sec)

Non !

(Arrogant)

Retourne jouer avec tes Barbies.

Sérieusement, ta sœur est obligée d’être là ?


Il saute sur la dernière roche et atteint la rive opposée.

Il sort un joint, le brandit fièrement.


MAX  

Je t’attends dans l’égout.


De l’autre côté, le paysage change brutalement :

prairie ouverte, herbes hautes, horizon dégagé.


Max s’éloigne et disparaît dans la végétation.


FANNY  

Loan, reviens… c’est dangereux.


LOAN  

Non, regarde…


Il s’élance.

Son pied glisse. Il chute lourdement sur son genou. Le choc est brutal. Une tache de sang s’élargit sur son pantalon. Il s’accroupit, agrippe son genou, les mains tremblantes. Les larmes montent.


Les cris stridents des oiseaux se mêlent au grondement de la rivière, comme une mise en garde ignorée.


Au loin, Max réapparaît.

Il court, paniqué, hurlant.


MAX  

Courez ! Partez, vite !


FANNY  

(Elle crie)

C’est pas drôle ! Loan s’est blessé !


Max atteint la rivière, là où le courant est le plus violent.

Sans réfléchir, emporté par la panique, il se jette dans l’eau.


Par moments sur les roches, par moments immergé jusqu’aux genoux, il avance péniblement. Le courant finit par le saisir et l’emporte.


L’écho de l’eau qui se fracasse contre les pierres est sinistre.


Par un sursaut d’instinct, Max parvient à s’agripper à un rocher.

Ses doigts glissent sur la surface humide.


Loan, malgré la douleur, se redresse. Boitant, il traverse la rivière avec une détermination héroïque. Il longe la rive, les yeux rivés sur son ami.


LOAN  

(Paniqué)

Agrippe-toi ! Ne bouge pas !

(A tue-tête)

Va chercher de l’aide !

Allez, Fanny ! Vite !


Fanny enfourche son vélo et disparaît dans les arbres.


Loan tente de s’approcher de Max. Le courant le repousse, le fait trébucher. À bout de forces, il regagne la rive.


LOAN  

(Essoufflé)

Bouge pas ! Reste où tu es ! Tiens bon !


Max reprend ses esprits. Il lève la tête pour parler à Loan…


Son visage se fige. Une terreur pure. Comme s’il voyait quelque chose derrière son ami.

Il hurle.

Il tente d’atteindre une autre roche.


Les oiseaux crient, affolés.


Max perd l’équilibre. Sa tête percute violemment une roche.

Son corps inerte est happé par le courant. Il disparaît sous l’eau.


Loan reste figé, pétrifié.

Le courant efface toute trace du drame.


Les oiseaux se taisent. Un silence oppressant tombe.


Un petit bateau en papier surgit des remous. Il flotte jusqu’à heurter la jambe de Loan. Loan le ramasse, les mains tremblantes.


C’est la réplique parfaite du bateau de Georgie dans Ça.

Mais sur le papier détrempé, un nom a été inscrit : SS MAX.


CUT

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