The Rescue's Hope par

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Side Story / Drame / Romance

5 Chapitre 5

Catégorie: T , 4145 mots
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Depuis la nomination officielle de Tsunata Nara au poste provisoire de Capitaine de la Troisième Division, un mois s’était écoulé. La Soul Society avait retrouvé un semblant de calme tandis que les compagnons d’arme d’Izuru Kira apprenaient à travailler en équipe et se réjouissaient d’obéir aux ordres de leur nouvelle supérieure, qui se dévouait corps et âme pour leur noble cause.

Le départ de la Division de Shûhei Hisagi pour le Hueco Mundo remontait, elle aussi, à une trentaine de jours. Puisque Kensei Muguruma et ses subordonnés n’avaient toujours rien trouvé là-bas au sujet des Kurotama, pas même l’ombre du plus petit indice, leur ordre de mission avait été prolongé pour une durée indéterminée. C’était en partie ce qui avait poussé le Commandant, Shunsui Kyôraku, à accepter immédiatement la proposition du ténébreux – resté au Seireitei après mûre réflexion – et de sa moitié blonde : remettre au goût du jour leur duo détonnant. Ainsi, le Shûnata reprit du service.

Le soleil ne figurait pas aux abonnés absents en ce 21 Mai. Shûhei et Tsunata, vêtus de leur cape kaki, arpentaient le soixante-septième district de Rukongai à la recherche de pistes au sujet de la possible invasion de l’Armée Noire dont ils avaient eu vent. Durant le mois passé, ils avaient appris qu’un groupe d’adeptes de la Légion ennemie s’était formé dans les bas-fonds de la ville, dans l’espoir de mettre fin au « règne oppressif » des Shinigami. A plusieurs reprises déjà, ceux-ci avaient tenté par divers moyens – pour l’instant peu concluants – d’ouvrir une brèche entre les mondes et d’y faire passer l’organisation adverse.

Cependant, ladite oppression des nécromanciens voyait sa réputation à la baisse depuis les passages récurrents de l’ancienne remplaçante et de son coéquipier dans les quartiers les plus démunis. En effet, s’il existait bien une chose qu’elle ne pouvait supporter en tout état de conscience, c’était bien de voir des enfants survivre dans de telles conditions. Shûhei s’en étonnait un peu plus chaque jour : à sa connaissance, les plus petits ne représentaient pas une vocation chez la jeune femme, mais lorsqu’il était question de les voir errer pieds nus dans l’espoir de trouver une dragée tombée par inadvertance, ou encore d’être témoins de leurs efforts pour se faire oublier des brutes avides de sang, Tsunata ne réfléchissait plus et mettait tout en œuvre pour leur venir en aide. C’est ainsi que, la plupart du temps, l’argent qu’elle gardait sur elle finissait en dons dans les mains des petites âmes défavorisées. Le ténébreux, désespéré de constater qu’elle dilapidait toutes ses économies durement gagnées, préférait ne pas la suivre dans ses élans de générosité pour leur assurer, à tous les deux, un niveau de vie correct.

Alors qu’ils traversaient une allée commerciale du quartier, Tsunata s’arrêta subitement en apercevant du coin de l’œil un garçon, âgé de tout juste quatre ans, pleurer à chaudes larmes dans les bras d’un homme qu’elle présuma être son père. La blonde partit à leur rencontre, accompagnée par un énième soupir exaspéré de son acolyte.

A leur hauteur, la Shinigami se mit au niveau de l’enfant, et arrangea sa frange mal coupée.

–  Qu’est-ce qui t’arrive, petit bonhomme ? lui dit-elle d’un ton rassurant.

–  Une Shinigami ? s’étrangla le père.

Tsunata hocha vivement la tête, son éternel sourire gravé sur son visage parfaitement dessiné.

–  Excusez-moi pour mon manque de politesse, je ne me suis même pas présentée ! Je m’appelle Tsunata !

–  Tsunata ? reprit l’adulte, abasourdi. Comme Tsunata Nara, vous voulez dire ? Le Capitaine de la Troisième Division ?

–  Provisoirement seulement, ajouta celle-ci.

–  Les rumeurs à votre sujet sont nombreuses.

Tsunata ne s’en soucia pas, ignorant accessoirement son interlocuteur, et sortit de son shihakushô une poignée de pièces dorées qu’elle plaça entre les mains jointes du bambin.

–  Je suis vraiment navrée, c’est tout ce qu’il me reste. J’espère que ça vous suffira.

Le père, complètement ahuri, les yeux exorbités, ne parvint qu’à balbutier :

–  Mais… mademoiselle, c’est…

–  Tsunata, intervint le Vice-Capitaine dans son dos, tu te rends compte que c’est vraiment tout ce qu’il te reste ?

Elle haussa les épaules.

–  Ces gens vivent dans la précarité toute l’année, se justifia-t-elle.

–  Continue comme ça, et c’est toi qui n’auras plus un sou pour vivre.

–  Si ta conscience te permet de dormir sur tes deux oreilles quand tu vois un enfant mourir de faim et ne lui viens pas en aide, sache que la mienne, non.

–  Mademoiselle, les interrompit le père, votre ami a raison : c’est beaucoup trop d’argent.

–  Pardonnez-moi mais, vous êtes qui au juste pour vous préoccuper de mes finances ? Mon banquier ?

L’homme hésita un instant, l’air ahuri, puis hocha négativement la tête.

–  On est d’accord, fit-elle.

–  Reprenez-en au moins la moitié, ne serait-ce que pour tenir jusqu’au mois prochain ! insista l’âme errante.

–  Non.

–  Soyez raisonnable !

–  Quelle tête de mule, soupira Shûhei en levant les yeux au ciel.

Tandis que l’homme s’évertuait à tendre la moitié de l’argent dont Tsunata venait de se délester, le ténébreux repoussa la main de ce dernier et le toisa d’un air qui le poussa à se résoudre.

–  Tu dis ? siffla la blonde, piquée au vif.

Le Vice-Capitaine l’ignora et ajouta à l’adresse de l’inconnu :

–  N’essayez pas de débattre avec elle : cette fille est la personne la plus bornée que je connaisse. Croyez-moi, vous n’arriverez jamais à lui faire entendre raison.

Le père se contenta donc d’accepter le don de la jeune femme qui, pour sa part, fulminait en lançant quelques regards foudroyants à son coéquipier.

L’enfant se leva et entoura les jambes de la Shinigami. Tsunata, apparemment surprise par cette démonstration d’affection soudaine, resta interdite l’espace d’un instant avant de caresser doucement les cheveux ébouriffés du garçon.

Environ dix minutes plus tard, après avoir quitté les deux âmes errantes, Shûhei et Tsunata poursuivaient leur inspection minutieuse du soixante-septième district de Rukongai dans un silence de mort. Agacé, le brun se racla bruyamment la gorge et dit :

–  Tu comptes bouder encore longtemps ?

–  Je ne boude pas, grogna sa coéquipière.

–  Oui, et Kurosaki est l’amabilité personnifiée ?

–  Bon sang, t’as un sacré problème avec lui.

–  C’était pour te faire réagir, sourit le jeune homme.

–  Mais oui, ça paraît si évident !

Tout à coup, Tsunata s’arrêta net. Shûhei, intrigué, orienta son regard sur ce qui attirait tant l’attention de sa partenaire. A cet instant, il sourit d’un air satisfait imprégné de sadisme.

–  Quoi, tu veux dire que j’ai oublié de t’en parler ? railla-t-il. Quel idiot je fais…

La blonde se tourna vivement vers lui et le désigna de son index furibond.

–  Tu le savais et tu ne m’as rien dit ? Sale traître !

–  Il ne fallait pas dilapider tes économies comme ça, la nargua-t-il en croisant les bras.

–  Tu paies rien pour attendre, Shûhei Hisagi !

Elle se dirigea – non sans taper furieusement des pieds – vers une boutique au contenu délicieusement coloré. Tandis qu’elle posait ses mains sur la vitrine en salivant de désir, Shûhei vint près d’elle et expliqua :

–  Ce district a pour réputation d’être l’un des seuls de tout Rukongai à distribuer autant de variétés de friandises. Dommage que tu n’aies plus rien pour t’en acheter.

Irritée au plus haut point, elle fit crisser ses ongles contre la devanture du magasin et lança, hors d’elle, un regard assassin à l’intention du ténébreux.

–  Si tu m’avais planté Kazeshini dans le dos, j’aurai pu te le pardonner ; mais là, t’as été trop loin, espèce de vieux fourbe !

Il éclata de rire, finissant de faire sortir de ses gonds sa coéquipière.

–  On peut savoir ce qui te fait marrer comme une hyène ? vociféra-t-elle.

–  Rien, mentit-il en essuyant une larme à la commissure de son œil droit. Allez viens, tu te fais du mal pour rien.

Il s’approcha pour lui saisir le poignet mais, avant qu’il n’en ait eu le temps, Tsunata siffla entre ses dents crispées :

–  Encore deux centimètres, et t’es mort.

–  D’accord, se résolut-il en avalant sa salive de travers.

Les deux amis se remirent donc en route.

Malheureusement pour elle, Tsunata ne conserva pas sa mauvaise humeur aussi longtemps qu’elle l’aurait désiré. A son plus grand désespoir, c’était en général ce qui se passait lorsqu’il était question de Shûhei : une ou deux blagues de sa part, et le tour était joué.

Quelques minutes après avoir retrouvé sa coéquipière telle qu’il la connaissait, le ténébreux marqua un nouvel arrêt.

–  Attends-moi ici, commanda-t-il. J’en ai pour une minute.

–  Où vas-tu ? s’inquiéta-t-elle.

–  J’ai remarqué quelque chose qui pourrait nous être utile pour notre enquête.

–  Dans ce cas, je viens avec toi !

–  Halte-là ! J’ai besoin d’être discret pour parvenir à mes fins et, avec toi, je doute sérieusement d’y arriver.

Une veine sur la tempe, elle grommela :

–  File d’ici, avant que mon pied rencontre une certaine partie de ton anatomie dont je préfère taire le nom.

Si son ton n’avait pas suffi, l’aura menaçante de la jeune femme le convainquit de s’exécuter au plus vite. C’est ainsi qu’il disparut dans un shunpo.

Tsunata se retourna et soupira, un sourire à peine dissimulé au coin des lèvres. Elle s’accorda quelques secondes pour observer l’endroit dans lequel elle se trouvait : une ruelle peu fréquentée, relativement à l’écart de l’allée commerciale, et mal éclairée par-dessus le marché !

–  Charmant, lâcha-t-elle sans trop de conviction.

Cet idiot l’avait abandonné à son sort dans le coin le plus reculé du soixante-septième district alors même qu’elle n’avait jamais rien fait de plus que le traverser.

« Attends-moi ici », qu’il avait dit.

Par quel miracle voulait-il qu’elle fasse autrement ? Résignée, elle s’appuya contre un mur, les bras croisés, et poussa un long soupir en fermant les yeux.

L’obscurité était complète. Pourtant, elle sentit une ombre se poster devant elle.

–  Te revoilà déjà ?

–  Salut, Tsunata.

Cette voix…

Le cœur de la blonde marqua un arrêt brutal : aucun doute qu’il ne s’agissait pas de son coéquipier, mais cela ne l’empêcha pas de reconnaître son interlocuteur. Elle devait faire erreur. C’était impossible.

Elle ouvrit ses yeux verts en grand. Face à elle se tenait une haute carrure masculine, pieds nus, couvert d’un long tissu miteux qui gardait son identité secrète. L’homme l’ôta de sa tête d’un geste rapide, et Tsunata écarquilla ses yeux à leur paroxysme.

–  Tu es resplendissante, sourit-il timidement.

–  A… Akio ?

Celui-ci crut bon d’opiner.

–  C’est bon de te revoir, confessa-t-il.

Ses cheveux châtain en pagaille, son regard bleu ciel… Rien n’avait changé chez lui. Même si la ressemblance avec Ichigo la troublait toujours autant, elle était certaine de pouvoir le reconnaître entre mille autres.

–  Que fais-tu ici ? demanda-t-elle en reculant d’un pas.

Le ton glacial de la jeune femme raidit Akio, malgré le fait qu’il s’était préparé à ce genre de réaction. Après tout, il était l’un des acteurs principaux dans l’affaire Miya Tanabe.

–  Je voulais m’assurer que tu allais bien, répondit-il.

–  Je ne faisais pas allusion à ça.

Il papillonna, incrédule. Tsunata le gratifia d’un regard débordant d’une détermination qu’il ne lui connaissait pas.

–  Que fais-tu ici, à la Soul Society ?

–  Oh, ça ? ricana nerveusement Akio en passant une main dans sa chevelure. C’est une longue histoire.

–  J’ai tout mon temps. Parle.

–  Ton petit-ami ne va pas tarder, je devrais y aller.

–  Mon petit… ? rougit-elle légèrement. Attends une minute, Akio, j’en ai pas fini avec toi !

Le jeune homme se tourna pour s’éloigner, mais Tsunata le rattrapa par le bras et lui fit faire volte-face avec une force herculéenne.

–  La vache ! s’exclama le châtain. T’as fait de la muscu, ou quoi ?

–  Réponds ! s’enflamma la Shinigami. T’es mort, c’est bien ça ?

Il se figea. Baissant la tête, il finit par avouer :

–  Oui.

–  Depuis combien de temps ?

–  Environ six mois.

–  Six mois ? répéta Tsunata plus doucement.

Elle relâcha sa prise. Six mois, cela ne pouvait signifier qu’une chose.

–  Peu de temps après qu’on se soit croisés dans cette rue, ce soir-là, conclut-il.

Le Hollow, Miya, Akio, Ichigo… Tsunata s’en souvenait comme si cela s’était passé la veille.

–  Comment ? interrogea-t-elle dans un souffle douloureux.

Il détourna le regard et dit :

–  Miya, je suppose. Je n’en sais trop rien, en fait.

Les yeux de l’ancienne étudiante s’écarquillèrent encore un peu, puis elle se ravisa en fronçant les sourcils et contourna Akio pour s’éloigner.

–  Attends ! s’écria le jeune homme.

–  Pourquoi m’as-tu abordée, Akio ? Qu’est-ce que tu me veux ?

–  Je t’ai cherché pendant si longtemps.

–  Dans quel but ? Si tu te souciais vraiment de moi, rien de tout ça ne serait arrivé ! N’essaie pas de me vendre de la salade en prétendant que c’est une part de pizza.

Akio arqua un sourcil un instant. Comment arrivait-elle à briser le sérieux d’une dispute avec ce genre de réflexions ? Il se rappela qu’elle l’avait toujours fait, depuis leur plus tendre enfance, et ne put retenir un sourire nostalgique. C’est avec cette même expression qu’il constata :

–  Tes cheveux ont vraiment poussé, toi qui les détestais.

Elle resta de marbre.

–  C’est grâce à ce garçon ? Celui avec qui tu viens tous les jours à Rukongai. J’ai vu sa façon de te regarder. Il a réussi à te faire accepter telle que tu es ?

–  Tu nous as suivis ?

–  Tu ne t’acharnes même plus sur ton épi comme si ta vie en dépendait. T’as enfin compris que t’étais bien plus jolie avec ?

–  Evite de contourner le sujet.

–  Tu te souviens, quand maman te les coiffait ? Elle les adorait tellement.

–  Ça suffit !

L’âme errante sourcilla tandis que sa cadette lui adressa un regard assassin.

–  Ne te sers pas de Chisami pour m’amadouer, ordonna-t-elle.

Lorsqu’elle vit son sourire se tordre, Tsunata soupira et reprit dans une mesure plus douce :

–  Réponds à ma question une bonne fois pour toutes, Akio : pour quelles raisons as-tu essayé de me retrouver ?

 Il la détailla : la Tsunata timide et enjouée avec qui il avait passé une partie de son enfance avait laissé place à une jeune femme droite, forte et intimidante, une Shinigami de vingt ans dirigeant à elle seule une armée toute entière d’une main de maître, d’après ce qu’on en disait. Tous deux avaient emprunté des chemins bien différents ; tous deux n’avaient aujourd’hui plus rien en commun.

Soudain, quelqu’un arriva vers eux au pas de course.

–  Akio-nii ! s’écria-t-il.

Tsunata, interloquée, considéra sérieusement l’adolescent aux côtés d’Akio : il s’agissait d’un jeune garçon d’une quinzaine d’années à peine, avec de beaux cheveux châtains et des yeux d’un bleu profond. A dire vrai, il y avait comme un air de famille entre lui et l’homme derrière qui il se cachait en partie. De plus, lui aussi était vêtu de guenilles et n’avait rien pour couvrir ses pieds ecchymosés.

–  Qui est ce garçon, Akio ? s’enquit le Capitaine de la Troisième Division.

Le garçon en question observa à son tour la jeune femme aux longs cheveux blonds devant eux avec une minutie particulière.

–  C’est elle, Akio-nii ? C’est la personne qui peut nous aider ?

Akio caressa affectueusement le sommet de son crâne.

–  Voici Sotaro. Je l’ai pris sous mon aile le lendemain de mon arrivée ici, à Rukongai. Maintenant, c’est un peu comme mon petit frère.

Tsunata laissa s’échapper un rire jaune qui interpela les deux âmes errantes.

–  Alors quoi ? Tu t’es dit qu’avec un enfant, je serai plus clémente avec toi ? Tu rêves, ma parole !

Son regard devint aussi noir que les ténèbres.

–  Tu nous as suivis, Shûhei et moi, c’est bien ça ? Donc, tu dois savoir qu’actuellement, je suis Capitaine ? Tu t’es dit qu’une personne de mon rang pourrait te sortir de cette galère, et qu’avec un enfant à charge, je ne pourrais rien te refuser ? N’est-ce pas, Akio ?

Le jeune Sotaro se dressa entre ce dernier et Tsunata.

–  Je vous interdis de parler comme ça à mon frère ! gronda-t-il. Akio-nii est quelqu’un de bon, jamais il n’élaborerait un plan aussi tordu pour se servir de vous ! Et puis d’abord, je ne suis plus un enfant !

Akio posa sa main sur son épaule pour le calmer.

–  Ça suffit, Sotaro. Tsunata n’a pas tort, j’étais au courant de sa position au Seireitei, et c’est pour ça que je me suis adressé à elle.

–  C’est faux ! s’interposa l’adolescent. Tu la cherchais bien avant !

L’âme errante lui sourit, puis s’adressa de nouveau à la blonde.

–  Tsunata, je t’en prie, je sais que je t’ai fait souffrir, mais Sotaro, lui, n’y est pour rien. Même si tu ne m’aides pas moi, ne le laisse pas dans cette situation par ma faute. Prends-le avec toi, emmène-le loin de l’enfer de Rukongai, par pitié.

–  Hors de question ! protesta Sotaro. Je ne te laisserai pas seul, onii-san, encore moins pour partir avec une mégère pareille !

–  Sotaro ! le réprimanda Akio.

–  Assez ! hurla la Shinigami à pleins poumons.

Malgré la cape qui le restreignait, son reiatsu augmenta si singulièrement que ses deux opposants se pétrifièrent devant la puissance qu’elle dégageait.

–  Cessez de geindre ! menaça-t-elle d’un ton glacial. Que les choses soient claires : en plus de ne plus avoir le moindre sou, je ne suis Capitaine que de façon provisoire, et c’est au Commandant de prendre ce genre de décisions. Par conséquent, même si l’envie me prenait, je ne pourrais pas vous aider. Votre cinéma ne sert à rien.

Elle inspira profondément pour reprendre son calme et déclara :

–  Je suis vraiment désolée, mais je n’ai pas les moyens de vous sortir de là.

Akio contempla tristement celle qu’il connaissait par-cœur autrefois. La jeune femme blonde qui se tenait devant lui n’avait plus que l’apparence de sa petite sœur adoptive ; du reste, c’était devenu une inconnue. Et le pire dans tout cela était, pour lui, sa part de responsabilité dans ce changement.

Shûhei arriva au même moment dans un shunpo aux côtés de Tsunata.

–  Je n’ai pas été trop long, j’espère ? demanda-t-il.

–  Non, allons-y.

Surpris par le timbre neutre de sa coéquipière, le ténébreux considéra, intrigué, les deux âmes errantes devant eux.

–  Qui sont ces personnes ? s’enquit-il.

–  Nous ne sommes que des passants qui tenaient à remercier le Capitaine Nara pour tout le bien qu’elle véhicule dans les quartiers pauvres de Rukongai. Puisque c’est chose faite, nous allons vous laisser. Tu viens, Sotaro ?

Ce dernier ravala son amertume et hocha positivement la tête.

–  Nous vous souhaitons d’être heureuse, Capitaine, et de bien vous porter, sourit tristement Akio.

Tsunata serra les poings le long de son corps et tourna les talons pour ensuite s’éloigner sans prononcer le moindre mot.

Shûhei, bouche bée, jeta un dernier regard aux inconnus et rattrapa la blonde. Akio, heureux de la savoir entre de bonnes mains, passa son bras autour des épaules de Sotaro et l’incita à le suivre dans la direction opposée à celle empruntée par les deux Shinigami.

–  Qu’est-ce qui s’est passé, Tsunata ? s’inquiéta le Vice-Capitaine.

–  Rien, rentrons.

–  Hé ! (Il saisit son bras et la força à s’arrêter.) Je t’ai déjà dit que ça ne prenait pas avec moi. Qui étaient ces gars ?

–  Personne.

Il s’approcha dangereusement du visage de sa coéquipière et planta son regard dans le sien.

–  T’es trop près, Shûhei, rougit-elle.

–  Ça m’est égal. Dis-moi ce qu’il y a.

–  Pas envie, bouda-t-elle en gonflant une joue.

–  Tsunata !

–  Shûhei !

–  Bordel, mais qui m’a filé une tête de mule pareille ?

Il soupira, excédé, puis farfouilla dans son shihakushô pour déposer entre les mains jointes de sa partenaire un petit paquet.

–  Tiens, fit-il, c’est pour toi, même si tu ne les mérites pas.

Après lui avoir adressé une grimace qui en disait long sur son état d’esprit, elle entrouvrit ses mains et contempla, des milliers d’étoiles dans les yeux, le sachet de friandises qu’elle tenait.

–  C’est pour ça que tu es parti ? interrogea-t-elle.

Il fit un sourire victorieux, ponctué par ses poings appuyés contre ses hanches dans une posture héroïque.

–  Tu pensais sérieusement que j’allais te narguer pour le plaisir ? C’était prévu depuis le début.

Mais, contre toute attente, Tsunata ne lui rendit pas son sourire.

–  Il ne fallait pas, Shûhei, mais merci.

–  Tsunata, dis-moi ce qui ne va pas.

Pour toute réponse, la jeune femme, assignée provisoirement à la tête de la Division du désespoir, reprit silencieusement sa route, le regard perdu dans le néant.




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