The Rescue's Hope par

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Side Story / Drame / Romance

8 Chapitre 8

Catégorie: T , 2428 mots
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Alors qu’il mettait de l’ordre dans les nombreux dossiers qui jonchaient le bureau de son Capitaine, quelqu’un frappa au-dehors. Intrigué, Izuru Kira s’approcha de la porte et l’ouvrit.

–  Hisagi ?

Son meilleur ami arqua un sourcil.

–  Kira ? Qu’est-ce que tu fais ici ?

–  Ce serait plutôt à moi de te demander ça.

–  Je cherche Tsunata, tu ne l’aurais pas vue ?

–  Elle est rentrée se reposer depuis…

En axant son regard bleu clair sur le ciel orangé, le Vice-Capitaine de la Troisième Division déglutit de travers.

–  Oh non, elle va me tuer…

***

Quelques kilomètres plus loin, dans la semi-pénombre de ses appartements, Tsunata Nara s’étira d’aise. Izuru avait eu raison : s’autoriser une sieste ne lui avait pas fait de mal, bien au contraire ; à présent les idées claires, il lui serait plus facile de se remettre au travail avant que son coéquipier, le beau Shûhei Hisagi, termine sa journée. Ainsi, tous deux pourraient rattraper les trois derniers jours que la jeune femme avait passé au bureau.

Ouvrant doucement les yeux, comme par peur d’être éblouie par les rayons du soleil, elle fut surprise de constater que la lumière avait grand mal à pénétrer chez elle ; sa pièce principale était bien trop sombre pour qu’elle ne parvienne à se l’expliquer.

Tsunata se redressa, s’extirpa de ses couvertures et se rua vers son unique fenêtre. Là, elle comprit que ses craintes silencieuses étaient fondées.

–  Le coucher de soleil ?

Sans plus de cérémonie, elle fit volte-face vers sa pendule et grimaça en découvrant l’heure à laquelle elle venait de se réveiller.

–  Il se fiche de moi !

La blonde saisit son haori à la volée et se précipita vers la sortie. Alors qu’elle ouvrait sa porte avec une force herculéenne et fonçait à l’extérieur, elle percuta de plein fouet le Vice-Capitaine de la Neuvième Division qui, bien que surpris, la rattrapa in-extremis avec une agilité traduisant une certaine habitude face à ce genre de situation.

Une fois sur pieds, elle se massa douloureusement le bout du nez ; Shûhei, lui, analysa son visage.

–  Tsunata, tu vas bien ?

–  Ça irait mieux si je ne venais pas de me casser le nez contre ton torse, ronchonna-t-elle. T’as du béton à la place des muscles, c’est ça ?

Le ténébreux ricana. Lorsque la douleur fut dissipée, Tsunata considéra son coéquipier avec intérêt, toujours dans les bras de ce dernier.

–  Tu as déjà fini ta journée ? demanda la jeune femme.

–  Pas exactement, non.

–  Alors, pourquoi es-tu ici ?

–  Je suis venu te chercher, avoua-t-il.

Un sourcil arqué, la Shinigami aux cheveux d’or répondit :

–  Si c’est Rangiku qui t’envoie, dis-lui pour la cinq-cent-cinquantième fois que je ne suis pas intéressée par vos « soirées saké ».

–  Ce n’est pas pour ça, Tsunata.

–  Alors quoi ? (Elle écarquilla les yeux.) Ne me dis pas que la réunion de l’Association des Femmes Shinigami est ce soir ? Je ne me suis pas préparée ! Faut que je me dépêche !

Elle tenta de partir, mais Shûhei renforça sa prise sur elle pour l’empêcher de s’éloigner.

–  La prochaine fois, si c’est pour que je récupère une pile électrique pareille, je dirai à Kira de ne pas t’envoyer te reposer.

–  Hé ! s’offusqua-t-elle.

–  D’aussi loin que je me souvienne, l’Association des Femmes Shinigami se réunit dans deux semaines.

–  Tu ne pouvais pas le dire avant ?

–  Si tu m’avais laissé en placer une, je l’aurai fait.

Détournant le regard, la joue gonflée, Tsunata marmonna :

–  Si t’évitais de te la jouer à la Sherlock Holmes, on n’en serait pas là.

–  Sherlo-quoi ?

–  Laisse tomber, soupira-t-elle.

Relâchant enfin sa coéquipière, Shûhei annonça dans un sérieux qui ne lui ressemblait guère lorsqu’ils étaient ensemble :

–  Suis-moi, le Commandant nous attend.

–  Le Commandant ? s’étonna Tsunata. Les Kurotama ont réussi à infiltrer Rukongai ?

–  Non, et cesse de poser tout un tas de questions : tu sauras le pourquoi du comment quand on y sera.

Résignée, la jeune femme se plia à la volonté de son acolyte. De la sorte, tous deux empruntèrent la route menant aux bureaux de la Première Division.

Lorsqu’ils arrivèrent à leur destination, le Capitaine-Général, les joues rougies et le regard brillant, les accueillit dans un sourire fatigué en levant sa coupe de saké à leur attention.

–  Tiens, les membres de mon petit Shûnata adoré !

Tsunata, en voyant les nombreux cadavres de bouteilles revêtir le parquet, adressa à son supérieur un sourcil arqué.

–  Où est Nanao-san ? s’inquiéta-t-elle.

–  Elle avait quelques petites affaires à régler. Je vous en prie, approchez, je ne mords pas !

Ne pas mordre, certes, mais empester l’alcool, c’était une toute autre histoire. Cependant, les deux partenaires lui obéirent et s’avancèrent.

–  Vous vouliez me voir, Commandant ? s’enquit la blonde.

–  Effectivement, Tsunata-chan. Avec Shûhei-san, nous devons te faire part d’une affaire importante.

Elle tourna un regard inquiet sur son coéquipier, puis répéta d’un ton trahissant sa surprise :

–  Shûhei ?

–  Exactement, appuya Shunsui. Au fait, voudriez-vous une petite coupe avec moi ?

–  Euh, sans façon…

–  Ah ! quel dommage. Bon, venons-en à ce qui nous intéresse ce soir !

Posant sa liqueur sur son bureau, le Commandant des Treize Divisions plongea son regard brumeux dans celui du Capitaine de la Troisième.

–  Un peu plus tôt dans la journée, alors qu’il se rendait ici, Shûhei-san est passé devant l’Académie Shin’ô. Là-bas, il y a fait la rencontre d’un jeune garçon plein de promesses et me l’a amené.

–  Tu sais à quel point le Gotei 13 a besoin de nouveaux soldats, ajouta le ténébreux.

–  Effectivement, on ne peut pas se permettre de perdre du temps dans des formations que nous pourrions accélérer, si l’on sort un peu du schéma traditionnel d’apprentissage.

–  Je suis au courant de tout ça, affirma Tsunata. Venez-en au fait.

Les deux hommes échangèrent un regard aussi hésitant qu’anxieux.

–  Eh bien… commença Shunsui.

–  On lui a fait passer quelques tests, cet après-midi, et il s’est révélé que son reiatsu dépasse l’entendement.

–  Il est si puissant qu’il en est dangereux. De toute ma carrière de Capitaine, je n’ai jamais vu ça ! Même Hitsugaya-kun semblait plus inoffensif le jour où il a franchi pour la première fois les portes du Seireitei.

Tsunata fronça les sourcils dans une moue des plus sérieuses.

–  D’accord, c’est une bonne chose pour nous, je suis heureuse de l’entendre ; mais en quoi ça me concerne ?

–  Comme le Commandant vient de l’expliquer, cet enfant est dangereux, aussi bien pour les autres que pour lui-même. Il ne contrôle pas sa pression spirituelle et peut la laisser exploser à tout moment.

L’ancienne remplaçante les gratifia l’un après l’autre d’un regard inquisiteur.

–  Ne tournez pas autour du pot, dites-moi en quoi j’interviens dans cette affaire.

Shunsui et Shûhei se regardèrent d’un commun accord et se tournèrent vers la blonde.

–  Oui, bien entendu, opina le Commandant. Comme nous le disions, cet enfant de Rukongai a besoin d’apprendre à canaliser sa force. Je n’ai accepté de l’intégrer dans nos rangs qu’à la condition qu’un Capitaine lui-même assure sa formation.

–  Et je t’ai proposé toi, Tsunata.

Les yeux écarquillés par l’incrédulité, la Shinigami pointa son doigt à sa propre adresse et s’exclama :

–  Moi ? Pourquoi moi ?

Elle se tourna vers le borgne.

–  Commandant, vous ne pouvez pas accepter une telle condition ! Je ne suis que Capitaine de substitution, je ne peux pas assurer la formation d’une nouvelle recrue ! Et si le Capitaine Ôtoribashi se réveillait ? Qu’adviendrait-il de ce garçon ?

–  Ôtoribashi-san ne semble pas près de se réveiller, Tsunata-chan. Et puis, je te sais tout à fait capable de superviser l’apprentissage de notre jeune ami.

La blonde, prise de panique, perdit son sang-froid.

–  D’autres Capitaines seraient bien plus aptes à assumer ce rôle !

–  C’est Shûhei-san qui a suggéré ta candidature, pas moi, rappela Shunsui en haussant les épaules.

Posant son index furibond sur le torse de son coéquipier, Tsunata siffla :

–  Pourquoi t’as fait ça, espèce d’imbécile !

–  C’était nécessaire, Tsunata.

–  Nécessaire à quoi ?

–  A ton bien-être !

–  Mon… quoi ?

Retirant son doigt de la peau du brun, elle observa le néant, puis émit un hoquet et redressa sur le Vice-Capitaine un regard dont la lueur à elle-seule suffit à lui serrer le cœur.

–  Ne me dis pas que…

Elle s’adressa ensuite à son supérieur.

–  Ce garçon dont vous me faites l’éloge depuis tout à l’heure, il s’agit bien de Sotaro Yoshida, n’est-ce pas ?

Après un soupir mélancolique, le barbu acquiesça silencieusement. Reculant d’un pas, pâle comme le clair de Lune, la Shinigami aux cheveux d’or ne parvint qu’à souffler un unique :

–  Je…

–  Tsunata ? s’inquiéta son coéquipier.

–  Tsunata-chan, quelque chose ne va pas ?

–  Ce n’est rien, c’est juste… Laissez-moi le temps d’y réfléchir.

Un temps hébété, Shunsui sourit tristement :

–  Ça va de soit. Prends le temps que tu estimeras nécessaire, Tsunata-chan. Je suis persuadé que ta décision sera la bonne.

Sans prendre la peine de lui répondre, la jeune femme, tête baissée, se tourna vers la porte et franchit les quelques mètres l’en séparant avant de se laisser engloutir par le crépuscule de Mai.

–  Tsunata !

Shûhei voulut la rattraper, mais le Capitaine-Général s’interposa.

–  Laisse-la partir, Shûhei-san. Comme on dit, la nuit porte conseil.

Ainsi, le ténébreux observa tristement la direction que sa coéquipière venait d’emprunter, se remémorant une scène similaire qui s’était tenue là, un jour d’hiver.

***

La nuit s’installa  dans le Seireitei et plongea les paysages dans une épaisse pénombre. Tandis que seules quelques flammes éclairaient la route sur laquelle il marchait, Sotaro Yoshida, dont l’attention était rivée sur un caillou qu’il malmenait depuis une bonne heure, fit grincer ses dents crispées.

Vêtu à présent du shihakushô réglementaire qu’une brune à lunettes lui avait fourni, la main sur le sabre qui l’accompagnait, il maudissait intérieurement la blonde à la tête de la Troisième Division du Gotei 13 : cette fille s’octroyait le droit d’insulter son frère adoptif, celui qui l’avait sauvé à bon nombre de reprises depuis leur rencontre, et maintenant, par la faute de ce punk de la Neuvième Division, il devait abandonner sa seule famille pour la supporter elle tous les jours que le Seigneur faisait ? Il en vint presque à regretter la misère de Rukongai.

Et puis d’abord, qu’est-ce qui avait bien pu passer par la tête d’Akio ? Il était indéniable que son reiatsu sortait du lot, mais de là à devenir un soldat de la Cour, c’était tout de même exagéré. De plus, la même frénésie s’était emparée des deux Shinigami qui lui avaient fait passer tous ces tests barbants – le punk balafré et le hippie borgne –, accentuant son idée que les Dieux de la mort possédaient tous de sérieuses pathologies psychiatriques.

Sortant de son fourreau le zanpakutô dont il avait hérité, le petit brun se demanda sérieusement comment il pourrait être un jour en mesure de se frotter aux Hollow et, pire encore, aux Kurotama. A cette question – qu’il avait posée à son entretien sans grande gêne –, l’homme à la veste fleurie lui avait répondu qu’il devrait s’en remettre à cette folle furieuse de Tsunata Nara. Il grimaça rien qu’en y songeant : que pouvait-il apprendre d’une fille d’à peine une tête de plus que lui qui se permettait des caprices de véritable vedette ?

Fermant ses yeux océans, il grogna de rage et jeta son sabre au sol. C’en était assez ! Il retournerait à Rukongai, qu’Akio le veuille ou non, et tant pis pour les Shinigami et la nouvelle guerre dans laquelle ils étaient d’ores et déjà enlisés des pieds à la tête !

Alors qu’il s’éloignait de son zanpakutô gisant au sol, plusieurs pressions spirituelles l’encerclèrent et l’oppressèrent de leur puissance. Interloqué, il tourna alternativement son regard tout autour de lui et vit se dessiner dans l’obscurité pas moins de dix silhouettes de carrure imposante. Face à lui en apparut une onzième – plus fluette, cependant – qui s’exclama de sa voix d’outre-tombe :

–  Ne t’a-t-on jamais appris à garder ton arme près de toi, Shinigami ?




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