Nouvelle vie

Chapitre 9 : Entre Paris et Princeton

Catégorie: G

Dernière mise à jour 09/11/2016 18:35

 

House pestait contre les Français et leur maudite connexion internet. Cela faisait plus de vingt-quatre heures qu'il n'avait plus accès à internet. Problème de réseau lui dit on à l'accueil de l'hôtel. On le préviendrait dès que tout serait rentré dans l'ordre. En effet, le lendemain en fin de mâtinée on lui annonçait que la connexion était rétablie.

Il alla immédiatement consulter sa boîte mail. Cuddy avait dû lui laisser plusieurs messages, s'inquiétant de son silence.

Rien ! Pas un seul courriel. House était déçu qu'elle n'ait pas essayé d'avoir de ses nouvelles. Il se dépêcha de lui écrire un court message.

"Désolé problème de connexion... Rassurez-vous je vais bien. Merci de vous être inquiétée !!!"

 

Et dire qu'il s'était demandé s'il devait lui téléphoner pour qu'elle ne s'alarme pas. Il aurait eu l'air malin. Et merde ! Même absente elle réussissait à l'énerver. Combien de kilomètres lui faudrait-il pour qu'elle quitte sa tête ? Il décida d'aller noyer le visage de Cuddy dans l'alcool.

 

Plusieurs heures et plusieurs verres de scotch plus tard, il retourna à son hôtel. Il s'arrêta en chemin pour acheter une bouteille du liquide ambré. Il vérifia ses messages électroniques. Toujours pas de nouvelle de Cuddy. L'alcool, la fatigue et la déception le mirent en colère. Après quelques nouveaux verres il ne put contenir sa rage. Il jeta deux ou trois objets qui eurent le malheur de se trouver sur son passage. Puis il retourna vers l'ordinateur. Il l'attrapa nerveusement pour le balancer à travers la pièce, mais il se ravisa à la dernière minute. Une lueur machiavélique traversa son regard bleu acier.

Il s'installa face au bureau et se mit à tapoter, difficilement, sur le clavier.

 

"Vous vous êtes bien foutu de ma gueule ! Votre gigolo est rentré plus tôt que prévu ? Ou y a-t-il un troisième homme dans la place ? Bafouées notre amitié et nos promesses... Je suis donc si peu important pour vous ? J'espère que vous vous êtes bien amusé avec le pauvre infirme et ses sentiments ! Remarquez j'aurais dû m'en douter à la vitesse à laquelle vous m'aviez remplacé lors de mon séjour en hôpital psychiatrique. Continuez à penser avec votre cul plutôt qu'avec votre cœur et vous finirez seule... J'ai connu des putes plus sincères que vous."

Et il tapa avec brutalité sur le bouton d'envoi de son ordinateur avant d'aller s'effondrer sur son lit.

 

Lorsqu'il se réveilla il avait un horrible mal de tête et la bouche pâteuse. Il avait beaucoup de mal à émerger et à retrouver ses esprits. Pourquoi s'était-il mit dans cet état ? Cuddy ! Comme aurait pu lui dire Wilson, elle était la seule a avoir autant d'influence sur lui, sur son humeur,... Il essayait de rassembler ses idées. Les mails... Oups ! Il lui avait envoyé un message. Qu'avez-t-il pu lui dire ? Se connaissant, il n'avait pas dû être très tendre. Elle réagissait toujours quand il l'a mettait en colère. Donc si son mail avait été assez virulent (et là il se faisait confiance) il trouverait une réponse...

Il se leva un peu vite et eu l'impression que tout bougeait autour de lui. Il avait dû vraiment forcé sur la bouteille. Il attendit un peu et clopina lentement jusqu'au bureau.

Toujours pas de message... Ce n'était pas normal ! Peux être n'avait-il pas été assez agressif ? Il alla dans sa boîte d'envois pour découvrir ce qu'il avait pu lui écrire. Wow ! Il y avait peut-être été un peu fort... mais alors pourquoi ne l'avait-elle pas insulté ? Pourquoi n'avait-il toujours pas de réponse ?

Il se saisit de son téléphone et appela Cuddy. Il tomba immédiatement sur son répondeur et raccrocha sans laisser de message. Etrange ! Elle n'éteignait jamais son portable.

House regarda l'heure. Il devait être pas très loin de neuf heures à Princeton, elle était donc à son bureau. Il composa le numéro de la ligne directe et attendit qu'elle décroche. Ce fut une voix d'homme qui lui répondit. House reconnu instantanément son interlocuteur.

"Princeton Plainsboro, bureau du docteur..."

"Wilson ? Mais qu'est-ce que tu fous dans le bureau de Cuddy ? Arrête tes salamalecs et passe la moi !"

"House ? House ? C'est bien toi House ?"

"Oui c'est moi, le seul, l'unique, le vrai... Bon maintenant tu sais ce que ça coûte un appel longue distance ? Alors, passe moi Cuddy, je n'arrive pas à la joindre sur son portable..."

"Normal elle est partie très précipitamment et elle l'a oublié. Je dois d'ailleurs lui faire parvenir aujourd'hui."

"Partie ? Précipitamment ? Où ? Pourquoi ? Me dis pas que je lui manquais tellement qu'elle vient me rejoindre ?" Demanda House en riant.

Le ton de Wilson était beaucoup plus froid.

"Sa sœur l'a appelé ce matin. Leur mère est morte !"

La voix de House avait perdu toute trace d'hilarité, on pouvait y décevoir l'inquiétude.

"Ne fais pas porter son cellulaire, ne lui dis rien, j'arrive !"

"Mais tu es..."

Bip... Bip... Bip... Le diagnosticien avait raccroché.

Wilson secoua la tête.

 

Trois heures plus tard House rappelait Wilson.

"Je serais à l'aéroport à vingt heures quinze. Tu peux passer me prendre ?"

Sans attendre la réponse de son ami il continua :

"N'oublie pas le portable et l'adresse. A ce soir !"

"House ?" trop tard il avait déjà mis fin au monologue.

 

A l'heure dite Wilson attendait son ami à l'aéroport. Ils se saluèrent. Wilson prit le sac de House et ils se dirigèrent silencieusement vers les parkings. C'est une fois dans la voiture que House rompit le silence.

"Que c'est-il passé ?"

"Crise cardiaque."

"Comment va-t-elle ?"

Wilson jeta un bref coup d'œil à son passager. Comment pouvait-elle aller ? Elle venait d'apprendre, brutalement, le décès de sa mère. Afin d'éviter les foudres de House, il se contenta de répondre :

"Elle est bouleversée ! Elle voulait prendre sa voiture. J'ai fini par la raisonner et elle est partie en taxi."

"Merci !"

"L'adresse et le téléphone sont dans la boîte à gant" dit-il en lui indiquant d'un signe de tête.

House se saisit du papier et du Blackberry.

"Ça va ?" S'enquit Wilson devant la mine renfrognée de son ami.

"J'm'en veux !"

"De quoi ? T'es pas responsable de la mort de sa mère !"

House ébaucha un sourire.

"De l'avoir laissée. Et de ne pas avoir été présent alors qu'elle en avait besoin."

Silence.

"A la mort de mon père vous avez été là pour moi."

"Tu étais en vacances et personne ne pouvait prévoir..."

"Elle ne voulait pas que je parte. Je n'aurais pas dû la laisser alors que Lucas était absent. Elle a besoin de moi et je suis loin. Même comme ami je ne vaux rien. Mais bon ça tu le savais déjà ! Tu comprends, maintenant, pourquoi elle a choisi Lucas."

"Tu as vu Lucas à ses côtés ? Et tu en connais beaucoup toi des hommes qui renoncent à leur vacances et ce tapent huit heures de vol et six heures de décalage horaire pour une femme qui n'est même pas la leur ?"

Le silence régnait dans la voiture.

"Et puis elle en dit quoi Hélène de ton départ précipité pour voler au secours de ton amie I E ? Vu que je suis certain que la femme de mon meilleur ami n'a pas dû tout apprécié."

"Je ne sais pas, je lui ai juste laissé un message sur son répondeur."

"Quoi ?" Vous êtes tout les deux à Paris et tu pars en laissant un message ?"

"Pas eu le choix..."

"C'est quoi encore cet histoire ?"

"Bah une fois dans l'avion on a eu comme un petit différent sur l'hébergement... Hélène souhaitait qu'on réside chez ses parents. Hors de question que je fasse leur connaissance. Alors, vivre chez eux... Non merci ! Elle voulait passer du temps avec eux. On a donc trouvé un compromis. Hélène passait la première semaine au boulot et le soir avec ses parents. La deuxième était pour nous. Elle devait me rejoindre à l'hôtel."

"Tu veux dire que vous avez voyagé ensemble et que tu ne l'as pas vu depuis votre arrivée à Paris ?"

"Oueps !"

"Oh mon Dieu ! Elle va te tuer !"

"Elle comprendra... C'est un cas de force majeure."

"Mais tu rêves là ! Pour Hélène tu es le sale type qui l'a laissé en plan à Paris pour rejoindre une autre femme, alors qu'elle rêvait d'une semaine romantique avec toi."

"Ce n'est pas une autre femme, c'est Cuddy."

"Cuddy est de sexe féminin et elle n'est pas Hélène. Elle correspond donc bien à la définition d'une autre femme."

"Je suis venue soutenir une amie qui vient de perdre sa mère..."

"Elle, tout ce qu'elle va retenir c'est que tu l'as abandonnée pour voler vers Cuddy, qu'elle considère comme sa rivale."

House regarde Wilson avec une expression de surprise.

"Elles se haïssent ! Ça devrait te plaire deux superbes femmes qui se battent pour toi !"

"Ça manque un peu de boue tout ça..."

"Quoi ?"

"Catch féminin dans la boue. Fantasme de tout homme qui se respecte." L'humour était là mais pas le ton.

"Ah !"

Silence.

"Bon OK vu comme ça j'ai peut être un peu déconné avec Hélène. Mais qu'aurais-je du faire ? Qu'aurais-tu fais à ma place Monsieur le spécialiste en psychologie féminine ?"

"Bah c'est simple ! Il s'agit de Cuddy... Euuuhhh..." Fit-il en faisant mine de réfléchir.

"Je t'appelle !" et il se mit à rire.

House répondit à son sourire, mais son esprit était ailleurs.

"Ça va ?" Lui redemanda Wilson.

"Elle pense que je l'ai abandonnée !"

"Cuddy ?"

House d'un ton exaspéré :

"Non, le Pape ! Oui, Cuddy ! Lorsque je suis allé la voir dans son bureau elle m'a dit -Alors ! Vous partez vous aussi !- Sa voix était froide, mais dans son regard j'ai pu déceler de la déception et de la tristesse. Mais comme un con et par fierté je suis tout de même parti. J'ai entendu sa prière muette, mais je ni ai pas répondu."

Ils étaient arrivés devant chez House.

"Entre ! Je rassemble quelques affaires et je me mets en route."

"House tu ne peux pas arriver chez les gens au beau milieu de la nuit. Profites-en pour dormir et récupérer du décalage horaire. Tu prendras la route demain matin."

"Tu as raison !"

"Je te laisse te reposer. Tu me tiens au courant ? Bonne nuit House !"

"Bonne nuit Wilson... Et merci !"

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