JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 61 : Let the Skyfall (Partie 2)

2125 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/04/2024 23:04




Guns : Et Rolliiiiiiiing Thunder ! Encore gagné ! Alors, tu as promis à Ève de m’exploser, n’est-ce pas, Jojo ? 


Shizuka : Hé, c’est pas juste ! Je suis plus petite que toi, tu devrais me laisser gagner ! 


Elle jeta la manette qui rebondit contre le sol et vint violemment lui toucher le coude. Shizuka cria de douleur et se mit à pleurer. 


Guns : Oh non, Jojo. Ne pleure pas, j-je… oh non, tu saignes ! Je vais vite vous chercher un pansement ! 


Le majordome courut vers la porte et la claqua violemment derrière lui. Les derniers témoins de sa présence n'étaient que les bruits qu’il provoquait en retournant la salle de bain à la recherche de bandages. Pendant ce temps, la tristesse s’effaça quasiment instantanément du visage de l’enfant pour écrire une mine satisfaite. 


Shizuka : Maintenant qu’il est distrait, je peux y aller. Si je cours, je devrais pouvoir rattraper Ève ! 


Elle dut s’y prendre à plusieurs fois avant de pouvoir se rendre parfaitement invisible (en même temps qu’une bonne partie du mobilier de leur chambre d’hôtel) et fila à l’extérieur. Elle descendit les marches de l’escalier à toute vitesse, trébuchant presque sur certaines. Arrivée dans la rue, la petite fille distingua une silhouette qui ressemblait à sa garde du corps et la suivit à pied puis dans le métro vers sa destination : un parking lugubre. Ève parlait à quelqu’un mais, même si elle entendait toute leur discussion, elle ne comprenait rien à son contenu. Etrangement, malgré les trois silhouettes qui faisaient face à sa garde du corps, elle sentait qu’Ève ne parlait qu’à trois coquilles vides. La seule autre personne dans la salle était cachée derrière un pilier à une dizaine de mètres. Elle ne pouvait pas le voir mais elle le “ressentait” comme si une force les liait. C’était la première fois qu’elle expérimentait cette sensation étrange. 


Ève : Retire tout de suite ce que tu viens de dire sur lui ! 


Sans comprendre exactement ce qu’il se passait, elle vit la silhouette fondre à toute vitesse sur les pantins comme un oiseau de proie sur des rats. Lorsque le poing d’Ève frappa le pilier de pierre, tout son corps vacilla en suivant le mouvement du sol. Elle comprenait peu à peu que ce n’était pas une simple ronde dans laquelle elle avait suivie sa garde du corps, c’était un véritable nid de serpents. Elle devait courir. Mais tous ses membres refusaient de bouger, tétanisés par la peur. Chaque respiration transperçait ses poumons, chaque contraction tordait ses muscles, chaque bruit perforait ses tympans. Seul son Stand restait impassible, totalement séparé des émotions de sa manieuse, et l’aidait à conserver son calme et son invisibilité intacte. 


Shizuka : R-respire, r-r-respire… tout va bien ! Ève est invincible, elle va battre le méchant et puis… et puis, vous allez rentrer à la maison… et peut-être même manger un taiyaki…


Elle était tellement concentrée qu’elle ne remarquait que trop tard l’inquiétante forme qui serpentait au sol arborant les couleurs chatoyantes d’un serpent venimeux. La bête allait l’engloutir en ouvrant ses bras comme des crochets prêts à s’enfoncer dans sa chair. 


Ève : Jojo ! Accroche-toi ! Boléro 6ème mesure ! 


La chimère de pigments fut balayée par l’onde de choc de l’attaque d’Ève et se réfugia derrière un pilier comme un animal apeuré, incapable de sortir de sa forme de peinture. La petite fille sortit de la protection des ailes de son Stand pour rejoindre celle des bras de sa garde du corps. 


Ève : Si je continue d’augmenter la puissance de mes Boléro, je risque de faire s’écrouler le bâtiment. Jojo, il faut que tu fuies au plus vite ! C’est beaucoup trop dangereux pour toi ici ! Guns t’a laissé partir ?!


Shizuka : N-non, j-j’ai profité qu’il ne soit pas là p-pour…


Ève : Peu importe, on a pas le temps de s’en préoccuper ! Redeviens invisible et cache-toi le temps que j’en finisse avec ces trois-là ! 


Shizuka : Ces trois-là…? Mais il n’y a qu’un seul méchant…


Ève : Un seul ? Qu’est-ce que tu veux dire ?


Shizuka : J-je sais pas trop pourquoi m-mais je sens qu’il y a quelqu’un derrière le pilier là-bas et c’est la seule présence que je ressens !


Ève : Derrière le pilier… mais ça voudrait dire que le manieur est ici…? Jojo, baisse-toi ! 


Un des acteurs de Kabuki avait surgi de derrière la fillette en un clin d'œil pour tenter de l’attraper. Il semblait davantage vouloir la capturer vivante que la blesser. Voulait-il en faire un otage pour attirer son père ? Ève donna un violent coup de poing à l’astre à ses pieds dont l’énergie traversa la constellation jusqu’au visage de l’ennemi qui atterrit au sol dans un impact de forme étoilée. Elle posa son pied sur la tête de l’imposteur pour s’assurer qu’il ne puisse plus l’attaquer. 


Ève : Je me suis laissée distraire. Jojo, va te cacher. Je mets les trois hors-d’état de nuire et je reviens te chercher ! 


Shizuka : Mais Ève, je te dis que le méchant est derrière le pilier !


Ève : Jojo, écoute-moi ! Il faut qu’on reste sur nos gardes… c’est beaucoup trop dangereux de foncer tête baissée ! 


Malgré la terreur qui l’envahissait, le corps de la jeune Joestar s’anima soudainement d’une détermination qui lui fit oublier le danger. Elle se mit à courir vers le lieu où se trouvait cette étrange énergie. La fillette se sentait comme les héroïnes de ses Comics sans peur face au mal. Sa rêverie l'éloignait progressivement de la réalité et des mises en gardes d’Eve qui n’atteignait même pas ses oreilles. Dans son imagination d’enfant, rien ne pouvait lui arriver. Les gentils triomphaient toujours. 


Ève : Jojo, attention ! 


La deuxième silhouette maquillée surgit de derrière une voiture et courut vers la fillette, bras en avant, prête à l’attraper.


Ève : Skyfall Verseau !


Une nouvelle constellation apparut sur le sol du parking. Ève s’apprêtait à frapper de toutes ses forces avant de se raviser et de réprimer son poing. Elle percuta l’astre de sa paume et les lignes de sa main se prolongèrent, suivant celles de la constellation jusqu’à pousser la fillette loin du danger. L’assaillant, quant à lui, passa au-dessus de la rambarde et chuta en contrebas, le corps visiblement brisé. 


Ève : Jojo, est-ce que tout va bien ?! 


Shizuka : O-oui, Ève… J-je suis désolé, je sais pas… je sais pas pourquoi j’ai fait ça…


Ève : Ne t’inquiète pas… On va rentrer à la maison saines et sauves, je-


Quelques instants après son sauvetage in extremis, le bras de la garde du corps se contorsionna dans un bruit de craquement inhumain comme si toute l’énergie de son coup de poing avait traversé ses os. Malgré la douleur, elle se mordit les lèvres et écarquilla les yeux. Sa main s’abattit une nouvelle fois sur l’étoile Albali pour projeter une nouvelle fusée lumineuse vers l’arrière du parking. Shizuka gardait une mine horrifiée devant le bras blessé de sa garde du corps.


Ève : Ce n’est rien… si je t’avais touché avec le Boléro, tu aurais été blessée… Il me reste toujours mon deuxième bras, tout va bien.


Ève lui caressait les cheveux en souriant pour la rassurer mais rien ne semblait empêcher les larmes de couler le long des joues de Shizuka et son regard de s’éloigner du bras mortifié et violacé de son idole. 


Ève : Allez, on rentre ? On a une partie à finir !


 La jeune femme tendit sa main valide à la fillette qui la serra fort comme pour catalyser ses angoisses autour d’une seul geste. Sa respiration se calmait peu à peu au contact de la main d’Ève et elle se sentait tirée d'affaires. Seulement, la main de son aînée serrait de moins en moins fort. Shizuka remonta la tête et tout son corps se figea. Un bras couvert de peinture transperçait le torse d’Ève et son regard s’évanouissait de plus en plus à chaque seconde. Au-dessus de l’épaule de la victime, un sourire survivait sur le visage sans vie du masque de Nô. À chacune des respirations difficiles d’Ève, une des étoiles de la constellation vacillait avant de s’éteindre. 


Ève : C-comment tu as fait… Tu étais prisonnier de ta forme de peinture, tu… tu n’aurais pas dû pouvoir m’attaquer… je ne t’ai pas quitté tes yeux…


??? : Peut-être que tu faisais attention mais ta délicieuse protégée n’a pas pu se retenir… comme c’est dommage… avec un bras supplémentaire, tu n’aurais eu aucun mal à arrêter cette attaque !


Shizuka : È-È-È-È-Èv-Èv…


Pour unique réponse, elle se mit à rire aux éclats. Un rire sincère que rien ne semblait arrêter, qui ajoutait à ce souvenir un goût encore plus amer, une réalité encore plus dure à avaler. Elle avait tué Ève et, de là-haut, elle devait continuer de se moquer de l’immaturité de Shizuka qui avait causé sa perte. 



***


Adam : Elle a ri à un moment pareil…? Effectivement, moi aussi ça m’aurait fait flipper…


Devant les larmes de la fillette, il comprit que l’humour ne permettrait pas d’apaiser ses souvenirs douloureux. Il se contenta d’un sourire compatissant en attendant que la fillette continue. 


Shizuka : Je ne c-comprends pas pourquoi elle a ri à ce moment-là… j’aurais préféré qu’elle me crie dessus, qu’elle me dise qu’elle me déteste… n’importe quoi d’autre ! Depuis… le son de son rire s’est imprégné dans ma mémoire... je n’arrive à me représenter son visage qu’avec cette expression…


Adam : Et tu te souviens de ce qui s’est passé après ? 


Shizuka : Pas vraiment… tout était noir… j’entendais Ève et l’inconnu discuter et je me sentais presque apaisée comme si une chaleur protectrice m’étreignait… je me suis réveillée dans les bras de Guns et il m’a ramené à mon père…



***



Shizuka restait assise à la table centrale de leur chambre d’hôtel, silencieuse pendant que son père hurlait sur tous les occupants de la pièce.


Joseph : Guns ! Comment tu as pu la laisser s’enfuir comme ça ?! Je te l’avais confiée parce que je te faisais confiance, elle aurait pu se faire tuer ! 


Le majordome resta silencieux. Joseph le gifla. Guns resta debout, la joue rouge et les larmes aux yeux. Suzie Q tendit un mouchoir à l’adolescent pour qu’il puisse essuyer le sang qui coulait de ses narines et tenta de calmer la fureur de son mari.


Suzie Q : Tu es fou ! Ce n’est pas de sa faute si Jojo s’est enfui ! Elle voulait simplement suivre Ève dans ses aventures, elle voulait imiter les histoires que tu lui racontes ! 


Joseph : Si j’avais su, je ne lui aurais jamais mis toutes ces histoires dans la tête… Ève serait peut-être toujours avec nous si j’avais réfléchi avant de le faire…


Suzie Q : Mais elle adore tes histoires ! C’est pour ça qu’elle veut qu’on l’appelle Jojo comme toi parce qu’elle t’admire ! 


Joseph s’essuya les yeux et prit une mine sombre.


Joseph : Très bien… dans ce cas, plus personne ne devra l’appeler Jojo dans cette maison. Si je surprends un de nos employés désobéir, il sera licencié le jour-même. Et Guns…


Le majordome releva sa tête à la joue et aux yeux rouges. 


Joseph : Cela vaut aussi pour toi… je suis désolé. 


C’était le jour où la jeune Shizuka Joestar avait perdu son nom et toutes ses chances de vivre les mêmes aventures que son père. Son unique tentative d’échapper à une vie de palais s’était conclue par la mort d’une des personnes qui comptait le plus pour elle. En voulant décrocher une petite étoile, c’était tout le ciel qui s’était effondré. 



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