Néon Genesis Evangelion Restart

Chapitre 2 : Divergence

Catégorie: G

Dernière mise à jour 10/11/2016 02:33

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NEON GENESIS EVANGELION Restart

 

Chapitre II : Divergence

 

Au fond des ténèbres, la lumière perça. Asuka s’éveilla. Son doux visage pris d’incompréhension, elle sembla ré-émerger d’un rêve, laissant totalement surprise de se retrouver dans un lit d’hôpital. Tout autour d’elle, le vide. Il n’y avait personne, hormis des machines médicales vérifiant le moindre changement sur son état. Etrangement, le psychographe ne nota qu’une brève montagne sur la ligne droite qu’était son rouleau de mesure.

La pupille tremblante, des images déferlèrent derrière ses yeux sans pour autant être compris. Sa mémoire était embrumée. Elle se souvenait d’une lumière. Une lumière perçant les nuages pluvieux qui l’avait comme transpercé la tête. Puis venait les images. Sombres, mornes et voilé d’une épaisse brume. Elle avait mal à la tête, elle vacillait.

Eteignant les appareils médicaux, Asuka, toujours confus, décida de quitter sa chambre et fut alors happé par la force de la gravité lorsque ses jambes furent incapables de la soutenir. Bien qu’usant de ses forces pourtant si grande à l’origine, la jeune rouquine resta cloué au sol. Une terrible faim lui torturant les entrailles. Puis apparut une main… ou du moins, elle donnait l’air de l’être. Il n’y avait ni peau, ni chair, ni os. Rien que des fils électriques, du plastique et beaucoup de métal.

Son regard remontant le long de ce qui devait être un bras gauche, un visage familier apparut. Légèrement décomposé mais familier.

 

Asuka : Toji…

Toji : Prends ma main.

Asuka (un peu étonnée) : Ce n’est… pas habituel.

Toji : D’avoir une main comme celui-là ?

Asuka : Non… que tu m’en tends une.

 

Asuka accepta l’aide offerte par ce membre de métal.

 

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Un quart d’heure plus tard, comme seuls clients d’un self-service, les deux adolescents débutèrent un déjeuner bien silencieux. Le regard plus fixé sur le nouveau bras gauche de Toji que sur l’appétissant repas posé sous son nez, Asuka sut bien vite que pas mal de jours s’était écoulé depuis son hospitalisation.

 

Asuka : J’ai entendu dire que tu avais perdu aussi une jambe… Elle aussi... Ils l’ont…

Toji (voix neutre) : Remplacée, oui. Tu ne l’as sans doute pas remarqué parce qu’elle a été recouverte d’une matière proche de la peau humaine. L’avantage de cette matière, c’est qu’elle chauffe au soleil. Donc, ma jambe n’est pas froide au toucher.

 

La jeune fille continua la discussion pour ce qui est de l’apparence inachevé du bras.

 

Asuka : Et celui-là ?

Toji : Dans une demi-heure, je dois passer voir mon mécano. Il va me terminer ça.

 

Devenu très observatrice sur les détails depuis son réveil, la jeune fille remarqua bien vite à quel point cette greffe de membre mécanique ne sciait pas à Toji. Mangeant sans hâte son repas, l’adolescent n’utilisait à aucun moment son nouveau bras. Bien sûr, il était capable de le bouger mais préférait ne pas s’en servir. Car cette greffe ne signifiait qu’une chose : Sa réintégration au poste de pilote d’Eva.

 

Le fameux quart d’heure passé, Asuka se retrouva assise sur une chaise roulante. Fixant derrière une baie vitrée Toji en pleine « réparation ». Son patient allongé sur une sorte de table d’opération, une ravissante femme brune de l’âge de Misato terminait les derniers réglages sur un mini ordinateur de poche qui était relié au bras mécanique de Toji. Ceux-ci terminés, le bras métallique reçut son revêtement. A en juger par l’air morne du 4e élu, il n’était guère ravi.

 

Hikari : Asuka…

 

Un bento dans les mains, la déléguée d’une classe maintenant dissoute s’étonna de rencontrer Asuka, cependant cela ne l’empêcha pas de se placer au côté de la rouquine.

Dans l’état actuel des choses, l’amitié entre Asuka et Hikari n’était plus au beau fixe. Devenu très distante avec sa camarade, Asuka avait sans le vouloir mise à mal leur relation. D’ailleurs, toutes deux n’arrivaient plus à se regarder en face. Si Hikari était venu à l’hôpital, c’était uniquement pour connaître l’état de santé de Toji.

 

Asuka (ouvrant la conversation ; voix neutre) : Comment ça se passe au collège ?

Hikari : Il a été fermé, mais il va bientôt rouvrir.

Asuka (désignant Toji de la tête) : Et lui ?

Hikari : Il tient. Il a besoin de temps. Sa sœur… me demande souvent pourquoi il ne va plus la voir.

Asuka : Shinji vient, lui ?

Hikari : Ah, oui. Tu n’es pas au courant.

Asuka : De quoi ?

Hikari : Shinji… a essayé de se suicider.

Asuka (pas concernée) : Vraiment…

Hikari : D’après des infirmières, il était dans ta chambre avant de passer par une fenêtre. Et oui,… il venait beaucoup te voir.

 

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Le sergent était patient… et d’un calme olympien. Affalé sur le volant de sa jeep, ses yeux, cachés dans les ténèbres de ses lunettes noirs et dans l’ombre de sa casquette militaire, observèrent avec son habituel air contrarié l’atterrissage d’un immense avion de transport. Le crissement des pneus au contact de la piste lui faisant mal aux oreilles, il tourna la tête sur le côté et se boucha un orifice de la pointe de son doigt. Puis, le silence partiellement revenu, il téléphona.

 

Le sergent (à son portable) : Le colis est arrivé. Je peux quitter mon poste ?  …Reçu.

 

Il raccrocha et quitta l’aéroport de Tokyo-3. A travers des jumelles, Misato analysa chaque parcelle comportementale du sergent américain. Vu son zèle, celui-ci n’était guère content d’avoir eu à poireauter tout la matinée sur une piste d’atterrissage. Cependant, il n’y avait pas de doutes possibles. Quelqu’un de plus haut placé que lui y tenait. Habité par sa curiosité plus que maladive, le major Katsuragi décida de se rendre sur place et de connaître précisément la nature du colis tout juste arrivé.

Arrivé face au colis qui mesurait une bonne trentaine de haut et bien plus en longueur, Misato se heurta à la sécurité.

 

Un militaire de la Nerv : Je suis désolé, mais cette zone est confidentielle. Veuillez circulez.

Misato (montrant sa plaque) : On se fixe !

Le militaire de la Nerv (au garde-à-vous) : Major !

Misato : Repos. Je veux inspecter le contenu de cette grosse boîte de ferrailles.

Le militaire de la Nerv : J’aimerais bien, major, mais j’ai reçu des consignes. Le « colis » ne doit être ouvert sous aucun prétexte.

Misato (soupçonneuse) : Qui a donné cet ordre ? Pas les américains, j’espère. Nous somme au Japon, ici. Ils n’ont aucun droit à faire valoir.

Le militaire de la Nerv : En fait, cela vient du Vice-commandant Fuyutsuki, Major.

 

La réponse sonna creux.

 

Misato (très étonnée) : Le vice-commandant ?

Le militaire de la Nerv (sincère) : Les ordres sont formels.

Misato (en pensées ; songeuse) : Qu’est-ce que ça veut dire ? Pour quelle raison le vice-commandant aiderait-il les américains ?

 

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La chambre était plongée dans une blancheur presque divine. Paralysé dans la fosse qu’est l’inconscience, Shinji dormait paisiblement. A son chevet depuis presque une heure, la seconde élue, le regard vitreux, observait le jeune garçon. Très vite, des souvenirs firent écho à ses oreilles. Des souvenirs sans image, rien que des paroles circulant au fur et à mesure du hasard. Elle entendait Shinji. Les sons résonnaient sans ordre chronologique, sans vrai sens car de simples échos se mélangeant dans sa tête. La jeune fille ne parvenait qu’à saisir qu’un mot… son propre nom.

 

Voix de Shinji : Asuka…

 

Il semblait l’appeler, du moins l’avait-il fait avant. Mais la rouquine l’avait ignoré. A présent, il n’y avait plus rien, hormis le morne silence de la chambre d’hôpital. D’un coup, l’humidité gagna les genoux de la jeune allemande. Ses joues mouillées de larmes, Asuka eut un geste hésitant. Comme si elle avait peur d’être mordu, sa main glissa sur les draps du lit et se joignit à la main presque froide de Shinji. Une fois agrippée, elle ne la lâcha plus, la serrant autant que possible malgré les tremblements qui l’a parcouraient. Puis, rassemblant son courage, elle parla.

 

Asuka (trop triste pour vraiment être désagréable) : Te suicider… Je te croyais idiot, mais il s’est avéré… que t’es vraiment le dernier des imbéciles !

Shinji :

Asuka : Enfin… c’est pour dire que… t’as plutôt intérêt de te réveiller. Sur qui je vais me défouler si tu n’es pas là.

Shinji :

Asuka : Non, en fait… c’est mieux… que tu sois inconscient pour le moment. Ça m’évitera de… trouver mes mots pour t’expliquer.

Shinji :

Asuka (tremblante de peur) : Shinji… cela fait un moment qu’on se connaît. On… a partagé bien des choses sans vraiment y mettre de l’importance. Toi, tu t’es contenté de ne pas comprendre et moi, de faire la désintéressée. Au final, on sait ce que ça a donné. Je déraille et tu sautes… Oui, je sais, ce n’est pas drôle. C’est pour dire que… (Les larmes coulèrent à ses joues encore humides). Je… je… Je tiens beaucoup à toi… même si tu es le roi des imbéciles ! Je veux… qu’on reparte à zéro. Qu’on parte sur de nouvelles bases. Je sais, tu vas encore tout faire pour m’énerver et je vais sûrement te frapper pour me calmer. Les mauvaises habitudes, quoi ! Mais je veux vraiment que cela change, je veux… !

 

Malgré la bonne lancée qui avait réussi à redonner sourire à la jeune allemande, celui-ci s’effaça devant l’indifférence du jeune garçon, toujours dans le coma. Ne sachant plus quoi faire Asuka décida de quitter la chambre, le cœur lourd. Mais avant, elle déposa un baiser sur la joue du jeune garçon. Une tentative qui s’avéra aussi vaine que les précédentes.

 

Une voix d’homme : Mlle Soryu Langley ?

Asuka (dans un sursaut ; joues roses) : Hein, oui ?!

 

Juste à l’entrée de la chambre, un homme en costard-cravate noir salua la jeune fille très poliment. Son allure et sa chemise en cuir dans la main gauche lui donnait l’allure d’un avocat.

 

Monsieur Zaibatsu : Pardonnez-moi de vous déranger, mais puis-je m’entretenir en privé avec vous ?

Asuka (interloquée) : Euh… mais bien sûr.

 

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Les machines ronronnaient, sereine. Néanmoins, derrière une fenêtre vitrifiée, le commandant Ikari cachait mal sa tension. Désireux d’entrer dans la chambre, il se heurta à une infirmière.

 

L’infirmière : Je suis désolé mais vous ne pouvez pas entrer.

Gendo : J’aimerais lui parler.

L’infirmière : Ce n’est pas conseillé.

Gendo (insistant) : Rien qu’une minute.

L’infirmière : …*soupirs*. D’accord, mais vite.

 

Le commandant remercia la jeune femme et vint au chevet de Rei, toujours hospitalisée. A son approche, elle ouvrit les yeux et esquissa un bref sourire.

 

Gendo (prenant place à une chaise) : Comment te sens-tu ?

Rei : Mieux. Je ne sens plus la douleur.

Gendo : Nous avons procédé à de nouveaux traitements. Une fois la racine leurre reconstituée, nous pourrons te soigner.

Rei : Cela prendra du temps ?

Gendo (hésitant) : …oui, un peu.

Rei : J’attendrais alors.

 

Petit pause.

 

Rei : Qui est le sergent ?

Gendo (distrait) : Comment ?

Rei : Le sergent, qui est-ce ?

Gendo : Pourquoi cette question ? Tu l’as rencontré ?

Rei : Oui. Il… est fait peur.

Gendo : Certes. Tu voudrais le connaître ?

Rei : Non. Je ne dois pas le connaître.

Gendo : Pourquoi dont ?

Rei : A cause de ses yeux.

Gendo : … ?

Rei : Il… me hait.

 

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Ses pas étaient d’un silence digne du plus discret des prédateurs. Son arme pointant le ciel, prêt à être abaisser, un jeune homme à casquette et à gilet de sport bon marché s’introduisit dans le jardin d’une maison horriblement silencieuse. La respiration sereine et contrôlé, il toisa du coin de l’œil tout mouvement suspect. La porte d’entrée atteinte, le non-verrouillage de celle-ci l’inquiéta. Une main sur la poignée et l’autre pointant qui se manifesterait, l’adolescent pénétra dans la maison et découvrit, sans grande surprise, les traces visibles d’un mobilier saccagé.

Ses traits durcis par cette découverte, le jeune homme craignit le pire. Et cela ne s’accentua qu’en apercevant le corps inerte d’une dame d’âge mûre étendu sur le sol. A en juger par les petites traces de sang sur les murs, l’interrogatoire fut violent. Vérifiant les alentours des yeux, l’ado s’approcha, mettant sa main sur  l’épaule de la femme afin qu’elle passe du flanc à la position allongée. Ceci fait, celle-ci reprit vie.

Le visage tout boursoufflé, le jeune homme peina à la reconnaître mais s’empressa de trouver un coussin à lui mettre derrière la tête.

 

La vieille femme (très faible) : Tu arrives en retard… cela fait un moment qu’ils sont passés…

 

Face à elle, l’adolescent ne chercha pas à cacher la couleur rouge sang de ses yeux.

 

La vieille femme : Je te connais, tu sais… le lieutenant Kaji me parlait de temps en temps de toi. Il disait… que tu viendrais sûrement si…

Le jeune homme (le sergent américain ; voix calme) : Evitez de parler.

La vieille femme : …il a réussi à le voler. C’est pour ça… qu’ils sont venus. Pour le récupérer…

Le sergent : Avez-vous parlé ? L’ont-ils emporté ?

 

La vieil dame répondit d’un signe de tête négatif, puis pointa faiblement du doigt une lointaine gamelle pour chien en plastique. A première vue, cette gamelle était des plus banales mais était faite d’un seul bloc en plastique, ce qu’il parut étrange. Tapotant d’une articulation de l’index, un son creux alerta le sergent qui l’ouvrit sans attendre. A l’intérieur se trouvait une boîte en métal fin, très banale elle-aussi. Mais en l’ouvrant, une tension traversa le corps du jeune homme. Son petit être trempant dans son propre jus, un fœtus blanc à l’œil rouge fixa le sergent avec une intensité aussi puissante que malsaine.

Seul à entendre « la voix », le sergent, sans arriver à détourner le regard du fœtus blanc, se sentit partir comme étourdi. Puis, la main tremblante et hésitante à la fois, il chercha à toucher la petite créature du bout des doigts mais referma la boîte immédiatement, se libérant de la « voix » et la pression d’une volonté autre que la sienne. Il soupira.

 

Le sergent : Je vais le mettre en lieu sûr.

La vieille dame : Des gens ont tués pour l’obtenir…

Le sergent :

La vieille dame : Allez-vous le détruire ?

 

Revenant au chevet, le sergent plaça la position assise. Trop faible et endolori, la vieille dame se laissa faire mais s’aperçut trop tard qu’un bras avait ceinturé sa gorge et une main pris son front. D’un mouvement sec, la nuque de la vieille femme se brisa. Son dernier souffle expiré, le jeune homme la reposa au sol, lui joignant les mains sur son ventre.

Un peu plus tard, l’adolescent quitta la maison comme si de rien n’était. Puis sortant un briquet de sa poche, il l’alluma et le jeta dans la maison avant de fermer la porte d’entrée.

D’un coup dans son gilet, un couinement plaintif grouilla et dévoila une petite tête de chiot juste sous la gorge de l’adolescent.

 

Le chiot (aboyant) : Waf !

 

Comme en répondant les fenêtres de la maison explosèrent, laissant déferlés flammes et fumées.

 

Le sergent (les yeux rouges comme deux soleils au crépuscule) : Le détruire… quelle étrange idée.

 

 

A SUIVRE…

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