Les deux soeurs

Chapitre 106 : Le baiser renversant

2470 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 17/06/2023 17:23


Episode 8 :  Le baiser renversant

 

Yami avait posé ses lèvres sur celles de la jeune fille. Leurs deux bouches se soudèrent l’une à l’autre. Aimy ne savait pas très bien comment réagir, elle ne bougeait plus, levant les bras pour toucher le corps de Yami. Sa main se posa sur sa poitrine, elle serra le tissu de sa chemise. Le pharaon savait que ce n’était pas ce que Miya voulait, mais il s’en fichait, tout ce qu’il voulait, c’était être avec Aimy. La sentir dans ses bras, contre lui. Il entendit une voix dans sa tête : « Elle est à moi ! ». Mais il n’en fit pas grand cas. Il se recula et fixa son regard dans le sien.

-         Je suis désolé, je… t’aime. Nous t’aimons tous les deux, fit-il en voyant Yugi sous forme d’esprit à ses côtés.

Aimy était figée, tenant toujours la chemise de Yami. Elle ne semblait plus avoir de réactions face à ce baiser.

 

Miya ouvrit de grands yeux en voyant le pharaon embrasser sa sœur. Ne lui avait-elle pas dit de ne pas s’en approcher, il était sourd ou complétement idiot. La jeune fille se précipita vers lui pour l’écarter de sa petite sœur. Sans le soutien de Yugi, cette dernière s’écroula en arrière, Seto fut assez rapide pour la rattraper et lui éviter une chute.

-         Putain, merde ! fit-elle en repoussant le pharaon pour venir près de sa sœur.

-         Tu as un baiser renversant, dit Seto en pouffant.

-         Il n’y a rien de drôle, Kaiba ! s’énerva Miya.

La jeune fille se redressa et se tourna vers le pharaon, qui ne comprenait pas ce qui se passait.

-         Tu n’écoutes jamais, s’écria Miya en poussant le pharaon, ce qu’on te dit, continua la jeune fille, combien de fois, je t’ai dit de ne pas l’approcher.

Elle avançait au fur et à mesure qu’il reculait complétement désemparer de la situation. Miya souleva le bras pour frapper Yugi, mais Kaiba retint son geste.

-         Je crois qu’il a compris. Que se passe-t-il avec ta sœur ? demanda-t-il.

Miya se dégagea du bras de Seto et le fusilla du regard à son tour. Elle les regarda l’un l’autre avant de revenir prés de sa sœur, inconsciente. La jeune fille s’accroupit près d’elle et pria tous les dieux que Zork n’est rien fait à sa petite sœur. Elle sortit son téléphone et appela Bakura.

-         Ouais !

-         Tu ramènes tes fesses, tout de suite.

-         Hé oh ! calme-toi ! Ne me donne pas d’ordres.

-         Bakura, tu rappliques tout de suite, on est dans un vieux hangar sur le port.

-         Ça va te couter un max !

-         Le pharaon … débile a touché Aimy.

-         J’arrive !

Elle raccrocha et leva son regard sur les deux garçons qui la regardaient comme des idiots.

-         Va attendre Bakura dehors, ordonna-t-elle à Yami en lui faisant le geste de quitter le hangar.

Yami la fixa un moment d’un regard vague avant de faire demi-tour. Elle ne savait pas ce qui se passait dans sa petite tête, mais elle n’en avait rien à faire.

-         On pourrait la ramener au manoir, proposa Kaiba.

-         Oui, c’est ça, pour qu’elle se fasse encore kidnappée. Tu n’es pas capable de la protéger.

-         Tu ne crois pas…

-         La ferme, Kaiba !

Miya s’assit et souleva la tête de sa sœur pour la poser sur ses genoux. Elle se pencha pour poser son front sur celui d’Aimy et se mit à chanter tout bas une petite berceuse. Seto soupira et fit demi-tour pour rejoindre Yugi dehors. Il trouva le jeune homme accroupit au sol, prostré sur lui-même.

-         Ce n’est pas la première fois qu’elle s’évanouit, fit Kaiba. Elle va s’en remettre. C’est sa sœur qui en fait trop.

 

Seto resta debout sans bouger à fixer un point à l’horizon avec Yugi à ses côtés, assis au sol, qui n’avait pas dit un mot. Bakura finit par arriver avec un sourire en coin, il se mit devant le pharaon.

-         Tu n’en rates pas une, pharaon !

-         Qu’est-ce … qui lui est arrivé ? demanda Yami en se relevant.

Il attrapa le revers du col de la chemise de Bakura et le fixait du regard, le jeune homme blond lui fit un sourire en coin et le repoussa.

-         Ce n’est pas à moi de te le dire.

Bakura entra dans le hangar et s’avança vers les deux sœurs. Il s’accroupit près d’elles et soupira en prenant Aimy dans ses bras sans un seul mot pour Miya. La jeune femme se redressa, récupéra les affaires et suivit Bakura et sa sœur.

 

-         On va où ? demanda Bakura à Miya.

-         Chez toi ! C’est plus prés.

-         Si tu veux.

-         Je viens, s’écria Yami.

-         Tu en as assez fait, s’écria Miya.

Seto proposa de les raccompagner, mais là aussi la jeune femme refusa, elle partit avec Bakura portant sa sœur.

-         On aurait pu prendre la voiture de Kaiba, se lamenta Bakura. Aide-moi à la mettre sur mon dos.

Ils firent le chemin dans un silence de mort, les seuls bruits qu’ils entendirent, furent les sons de la ville et ceux de leurs pas. Ils arrivèrent chez le jeune homme et il déposa Aimy dans son lit. Miya la couvrit et resta près d’elle.

-         Merci Bakura !

-         Je ne fais rien … gratuitement.

-         Je sais !

 

Aimy se trouvait dans un désert, il y avait du sable à perte de vue autour d’elle. La jeune fille regardait dans tous les directions, mais il n’y avait rien. Elle s’accroupit au sol et prit les grains de sable dans sa main, mais elle ne les sentait pas vraiment dans ses doigts. C’était un rêve ? Elle se pinça le dos de la main, mais ne ressentit pas la douleur attendue. Que se passe-t-il ? Où était-elle ?

-         Il y a quelqu’un ? cria-t-elle.

-         Je suis là, fit une voix dans son dos.

Elle se retourna pour faire face à Yami, il était là extraordinairement beau, vêtu à la mode égyptienne, comme un pharaon. Il avait le visage détendu et affichait un sourire. La jeune fille voulut se jeter dans ses bras, mais quelque chose l’arrêta sans savoir quoi. Yami leva les bras comme pour l’appeler à le rejoindre. Elle fit un pas de plus, mais il y avait quelque chose qui n’allait pas.

-         Viens avec moi, je t’attends depuis si longtemps, Merewt, ma douce et magnifique Merewt.

-         Mais….

-         Merewt ?

Aimy fronçait les sourcils depuis quand Yami l’appelait Merewt, et puis il n’y avait que ça, son regard semblait différent. Son sourire n’était pas comme d’habitude, il n’était pas rempli de mystère et de gentillesse, non il était plus mesquin et moqueur…. Hautain peut-être.

-         Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas…

-         Merewt, c’est moi voyons, tu ne me reconnais pas, je suis…

-         Non, je sais pas qui vous êtes, moi je m’appelle Aimy.

La jeune fille se mit accroupi et se mit la tête dans ses mains pour se protéger de la colère de … Yami, même si ce n’était pas vraiment lui. Mais qui était-il ? Pourquoi elle sentait qu’il lui voulait du mal ?

-         Merewt, je suis … Tout va bien, je m’excuse de t’avoir fait peur. Mais je suis ici seul depuis si longtemps. J’ai besoin de … sortir. Il m’a enfermé ici, comme il l’avait fait avec toi. Mais si tu m’aides, je pourrais sortir. Dis-moi que tu ne m’as pas oublié, dis-moi que tu te souviens de qui je suis, Merewt. Je t’en prie.

Aimy leva doucement la tête vers lui, elle le regarda vers Yami, mais malgré ses belles paroles, elle n’arrivait pas vraiment à le croire, elle ne comprenait pas qui il était, ni de qui il parlait. Une petite voix au fond d’elle lui disait de ne lui répondre, mais elle avait envie de lui répondre. Elle voulait se réfugier dans ses bras.

-         Ya… Je … sais pas. Je veux oublier, oublier, tout ça et rentrer chez moi. Je sais pas qui vous êtes, je veux… je dois… oublier, t’oublier.

Puis le rêve prit fin, elle se retrouva dans un espace noir, où il n’y avait plus rien, sauf une voix qui lui parlait. La voix l’appelait « Sunny », comme sa mère. Elle voyait comme une lumière qui brillait à chacune de ses paroles. Elle suivit la lumière vers… la sortie.

 

Bakura était assis dans son salon, pendant que les deux sœurs se trouvaient dans sa chambre. Aimy était vraiment la prunelle des yeux de sa sœur. Il ne fallait mieux pas la toucher. Le jeune homme ne savait pas très bien quel genre de liens pouvaient unir deux sœurs jumelles, qui n’avaient fait qu’une, il y a 5000 ans. Mais derrière la rancœur, non la haine qu’il avait pour le pharaon, il y avait un peu d’amour encore pour Merewt. Sa petite sœur. Miya était comme lui, et cela lui faisait plaisir de partager la colère qu’il avait contre « Yami » avec quelqu’un. Même si elle avait encore des réticences à l’idée d’aller plus loin dans sa vengeance. Toutefois, Bakura n’avait pas réussi à lier des liens avec Aimy, il le regrettait un peu, cela avait l’air d’être une chouette fille. Elle avait l’espièglerie de Merewt, et sa bonne humeur.

-         Elle est toujours inconsciente.

-         Je croyais que tu t’étais endormie.

-         Non !

Elle s’assit dans le fauteuil en face de Bakura et se recroquevilla en fixant le tapis devant elle.

-         On fait quoi s’il a … réussi !

-         On prend le pouvoir sur le pharaon, répondit Bakura. A trois, il est fini.

-         Mais je ne veux pas que ma sœur serve d’armes.

-         Tout de suite, les grands mots !

-         Tu sais très bien ce que je veux dire.

Miya n’avait jamais flanché pour protéger sa sœur, mais là ils avaient frôlé la catastrophe. Qu’est-ce qu’elle pourrait faire si Zork avait… Elle ne voulait même pas y penser. Elle se leva du fauteuil et s’installa sur les genoux de Bakura. Il fronça les sourcils en se demandant ce qu’elle avait en tête. Elle posa sa main sur l’anneau et envoya l’esprit au fin fond.

-         Ryô ? fit-elle.

Le jeune homme ouvrit les yeux, encore une fois, il était en compagnie de Miya. Il leva le bras pour se gratter la tête sans savoir ce qu’il devait faire avec la jeune fille sur ses genoux.

-         Tu veux bien me serrer dans tes bras.

Ryô entoura le corps de Miya et la serra contre lui, sans savoir pourquoi elle avait besoin de réconfort. Ils restèrent ainsi de longues minutes dans le silence. Miya était bien dans les bras du jeune homme, elle voulait juste se ressourcer et peut-être se faire câliner … un peu.

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